DE PLOIE. DE PLUIE ANNUELLE
Irlande orientale 210 950
Angleterre 156 800
Ouest de la France 152 625
Est lie la France 147 550
.\llemagne centrale lil 500
Hongrie 111 425
Russie Kazan) 90 350
Sibérie (Yakoustk) 60 225
Contrées à pluies rares. — Les contrées européennes où les j)luies tombent le moins fréquemment sont donc les steppes du sud-est, étendues herbeuses ou salines, qui comineiKM'nt à Fembouchure du Datiube, puis se continuent au nord de la mer Noire et au sud de l'Oural. Pourtant ce ne
sont pas des régions d'une stérilité permanente comme les steppes d'Asie; mais la sécheresse peut y causer de giands ravages. Ainsi la Crimée eut à subir, en 1832 et 1833, près de ving-tmois de sécheresse absolue. Les orag-es sans eau y sont très fréquents.
Action des montagnes. — Les chaînes et massifs de montagnes arrêtent les nuages qu'apportent les vents venus
A.Bsrthelot del
Fig.
— Moyenne des pluies annuelles.
H Plut «'« ico'
de rOcéan, et déterminent ains' dans les régions qui les ^voisinent une répartition très différente des pluies. Le versant qui est au vent, c'est-à-dire qui lui fait face, est naturellement le plus arrosé. Ainsi, le versant des monts espagnols et portugais incliné vers l'Atlantique reçoit environ 0"',70 de pluies annuelles; les plateaux de Gastille, sur lesquels n'arrivent que des nuag-es déjà dépouillés d'une partie de leurs eaux, souffrent au contraire de la sécheresse (O^i-iO de pluie seulement). De même, la France occidentale est, pour cette même raison, mieux partagée que la France ■orientale.
Répartition des pluies suivant les saisons. — L'Europe est située en très g-rande partie dans la zone des pluies d'été : c'est la rég-ion de l'Europe orientale et centrale. Les péninsules méditerranéennes sont soumises au contraire dans leurs parties méridionales au rég'ime des pluies d'hiver et subissent de longues sécheresses d'été. Dans l'Europe maritime occidentale la répartition des pluies entre les saisons est plus ég'ale, cependant elles sont un peu plus fréquentes dans les périodes les plus instables, au printemps et en automne.
Division en régions climatériques. — En somme, trois grandes régions climatériques se partagent l'Europe : deux zones maritimes, une zone continentale.
1° L'Europe méditerranéenne;
2° L'Europe atlantique ;
3° L'Europe orientale ou continentale.
De ces trois zones, une seule est proprement européenne : la zone atlantique, comprenant les régions occidentales et septentrionales. Les deux autres comprennent, outre les terres européennes, des pays asiatiques ou africains. Les diiïérences climatériques sont moindres entre Marseille et Alger qu'entre Marseille et Lyon, entre .Athènes et Alexandrie qu'entre Conslanlinople et Odessa. Dans ces conditions, le climat est plus un lieu entre l'Europe et les continents voisins qu'entre les pays européens.
Les deux zones maritimes sont assez nettement séparées par une série de terres hautes qui déterminent des rég-ions de climat spécial au.x. hivers long-s et rigoureux : le plateau castillan, les Pyrénées, le Plateau central français, les Alpes, les Balkans. Toutefois les deux zones maritimes se touchent sur un point, dans l'isthme français, trait d'union entre les climats comme entre les mers. La séparation est moins nette entre l'Europe atlantique et l'Europe orientale : elles sont réunies par une région de transition, sans caractère propre, l'Europe centrale, intermédiaire entre le type maritime de l'ouest et le type continental de l'est.
Climat de l'Europe méditerranéenne. — La zone d'inllu('ii(;o de la Méditerranée s'étend peu en profondeur; son action est, pour ainsi dire, toute littorale; mais elle a des caractères particuliers très nets. La température y varie modérément d'une saison à l'autre ; les hivers sont peu rigoureux, ce qui la distingue de l'Europe orientale, même
des pays riverains de la mer Noire, qui connaissent les glaces du nord ; mais les sautes de température d'une Iieure à l'autre sont brusques et parfois dangereuses. Le caractère propre est la clarté du ciel, l'extrême transparence de l'air, si différent du ciel charg-é de nuag'es des régions équatoriales. La Méditerranée est la zone la plus lumineuse du globe; il est vrai qu'en dehors de cette mer on trouve un régime analogue sur l'Atlantique au larg-e du Portugal.
Le climat méditerranéen se distingue du climat océanique de l'Europe du nord-ouest par la rareté relative des pluies, les long-ues sécheresses d'été. Les inconvénients en sont masqués en partie par quelques grands fleuves tels que le Rhône et le Pô, alimentés aux réserves de neiges que les Alpes doivent aux vents humides de l'Atlantique. Mais la sécheresse estivale domine presque sans compensation dans les pays justement les plus articulés de la Méditerranée, tels que l'Italie méridionale, la Sicile, l'Archipel. En Espagne les plateaux massifs de la Gastille aggravent ce régime, qui s'étend aux deux tiers de la péninsule.
Observons aussi qu'à coté des pays les plus radieux, tels que la « côte d'Azur >', de Nice et de Gènes, la Méditerranée baigne des régions liévrfiuses telles que les Maremmes de Toscane, la campagne romaine, la côte orientale de Corse, aussi rebelles à l'acclimatation de l'homme, malgré les efforts séculaires, que maints pays tropicaux.
Climat atlantique des régions du nord-ouest. — Dans ces pays de climat océanique, l'écart entre les températures d'hiver et d'été est encore modéré ; les froids d'hiver ne font que de courtes apparitions entre un long automne et un printemps également prolongé.
Le trait distinctif, c'est la constance de l'humidité, la fréquence des pluies et des brouillards, le ciel presque toujours voilé de nuages. Le surcroit d'humidité se paie ici d'une diminution de lumière, et tout n'est pas également bienfaisant pour l'homme ou pour les plantes dans cette atmosphère humide et brumeuse, où la température indiquée par le thermomètre est due moins aux rayons du soleil qu'à l'action obscure de la vapeur d'eau apportée par les courants marins et les vents du sud-ouest.
D'ailleurs le thermomètre ne mesure pas exactement l'impression produite sur l'organisme par un froid humide, plus sensible parfois et plus difficile à combattre qu'un froid vif et sec. Les colons bretons, normands, écossais.
iiiantlais, établis au Canada, paraissent avoir gagné en vigueur sous le •climat continental, mais toni(iue, qui gèle chaque année les eaux du Saint- Laurent et mûrit les blés du Manitoba.
Le climat de l'Europe orientale est nettement continental, et caractérisé par un contraste violent entre les hivers rig-oureux et les étés chauds. Le contraste est rendu plus saisissant encore par la brièveté des saisons intermédiaires, automne et printemps, qui dispai^aissent presque complètement dans la Russie orientale. Le second trait est la rareté relative des pluies, surtout dans les steppes qui s'étendent de la mer Noire à la Caspienne; mais ailleurs l'humidité accumulée sous forme de neige pendant Thiver, renouvelée par les orag-es en été, fournit un aliment sufdsant à la culture et assure à la Russie centrale des conditions agronomiques plus avantag-euses qu'au plateau de Castille.
Zone polaire. — Enfin une portion très limitée du continent est comprise dans le domaine du climat byporborécn. La température y est glaciale et ne permet point à la civilisation de s'y dévelopjjer. Ce sont des régions de l'Europe aussi désertes et dépourvues de végétation que les plus hauts sommets alpestres.
Conclusion. — L'Europe doit à l'Atlantique, à ses courants, à ses tempêtes même, d'être habitable dans la majeure partie de sa superficie. Le climat maritime rend la vie possible en Norvège et dans les îles Britanniques, à la même latitude que le Labi\ador g-lacé et stéiMlc. L'influence des masses continentales, qui en Asie se manifeste sur d'énormes espaces par des températures extrêmes et par l'insuffisance des pluies, ne prévaut en Europe que partiellement : dans les plaines de l'est, par les froids d'hiver; dans la Méditerranée, par la sécheresse de l'été.