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III. — Géographie économique

Condition générale et situation. — Le nom seul de la Grande-Bretag-ne évoque aujourd'hui l'idée d'une richesse économique extraordinaire, d'une ag-riculture méthodique et savante, d'une industrie prodigieusement active, d'un commerce universel par son étendue et par son objet.

Production agricole. — La richesse ag-ricole de l'Angleterre a précédé de long-ue date sa puissance industrielle. L'ag-riculture rencontre, en effet, dans les Iles Britanniques des conditions favorables et dans la variété des terrains et dans la douceur d'un climat tempéré et humide. C'est l'Angleterre qui, de tout le royaume, possède les terres les plus fertiles : ses comtés de V£st et du Sud-Est rivalisent avec la Hollande, la Flandre et la Normandie pour l'élevag-e comme pour la culture des céréales.

L'Irlande et l'Ecosse sont moins favorisées : les montag"nes rocheuses et souvent dépourvues de sol arable en Ecosse, les marais en Irlande, léduisent la surface cultivable. L'humidité excessive de l'air, la fraîcheur de l'été excluent presque la culture des céréales et ne fivorisent que l'élevage.

L'Angleterre, à l'opposé de la France, est un pays de grande culture, où la majeure partie des terres est concentrée entre les mains d'un petit nombre de propriétaires qui les font exploiter par des fermiers. Les fermes elles-mêmes sont plus étendues d'ordinaire qu'en France. Le travail de la terre se .''ait en grand comme l'industrie, avec des capitaux considérables, des métbodes perfectionnées et à l'aide de machines nombreuses.

Mais l'Irlande, qui est restée dans la situation d'un pays conquis, a subi jusqu'à nos jours tous les inconvénients de la grande propriété sans en connaître les avantages. Là, on peut voir le contraste le plus attristant entre l'étendue démesurée des grands domaines et l'exiguïté des fermes (jui ne suffisent pas à nourrir leurs fermiers. L'Irlande presque tout entière est aux mains de 14 000 propriétaires anglais qui vivent du travail de 3 millions et demi de paysans irlandais. On voit des « Landlords » posséder à eux seuls lO fois plus de terres que les ,'ÎOOOO petits propriétaires irlaudais réunis.

La situation précaire du tenancier irlandais au xix« siècle lui faisait envier le sort des serfs du moyen âge, assurés du moins de mourir sur leur glèbe. Le gouvernement anglais s'est cntin décidé à intervenir et à racheter aux Hudlords leurs domaines, pour les revendre aux paysans irlandais qui deviendront propriétaires après le paiement de 60 annuités. Cette réforme généreuse, qui nécessite un capital de deux milliards et demi, est la meilleure affaire qu'ait jamais entreprise le i)eLiple anglais : elle paraît appelée à doubler la population et à quadrupler la valeur du sol de l'Irlande pacifiée, rendant ainsi à l'Angleterre plus qu'elle ne lui aura coûté.

Cultures alimentaires et industrielles. — L'aspect général (|uc donne aux Iles Brilunniiiues la répartition des cultures est très diflerent de celui des pays de France. La culture intensive modei^ne y a fait disparaître les forêts si étendues jadis : elles n'occupent plus même quatre centièmes du territoire. Mais ce n'est pas pour faire place comme chez nous aux céréales; tandis que les terres à blé et à céréales occupent en France plus de la moitié de la surface totale, en AngieteiTe elles représentent à peine la huitième partie. La majeure portion du sol britannique est exploitée en prairies naturelles ou artificielles et réservée à l'élevage : les g-roniers de T Angleterre sont ailleurs, dans l'Inde et au Canada. Cependant le rendement proportionnel des tertres ensemencées est assez considérable : sur une surface très restreinte on récolte 23 à 30 millions d'hectolitrçs d'avoine, 15 à 20 millions d'hectolitres de blé (à peine le cinquième de la production française), une quantité ég-ale d'orge.

L'Irlande cultive le li7i et les pommes de terre et fournit 55 raillions d'hectolitres sur 75 : la pomme de terre est le pain de l'Irlandais.

Le houblon nécessaire, ainsi que l'orge. i)our la fabrication de la bière, est cultivé dans l'Angleterre méridionale.

Les arbres à fruits sont moins nombreux qu'en France.

Élevage. — L'Angleterre est le pays classique de l'élevage. C'est une grande Normandie. L'humidité constante et la douceur du climat sont ici des conditions exceptionnellement favonibles. Les prairies naturelles de la verte Irlande, de l'Ecosse, du pays de Galles et de Cornouaillcs; les prairies artilicielles de l'Angleterre, nourrissent des races perfectionnées de bœufs, de moutons et de chevaux ;

Plus de 11500000 béfrsâ cornes. Sur ce nombre, l'Irlande en élève 4 500000; on peut la comparer à un

LES ILliS 15UITANN1QUES.

immense parc à bœufs. En Angleterre, le comté de Durham occupe le premier rang- pour cet élevag-e;

Environ 30 millions de moutons des races de Chcviot et de Southdo\yn, races à One laine, et de Pishley, élevés pour la boucherie ;

Plus de 2 millions de chevaux sont élevés surtout dans les comtés d'York et de Lincoln, ou en Irlande.

La pêche. — La pOcIie fournit un large supplément aux produits agricoles pour l'alimentation du [iruplc anglais. Les côtes des lies Britanniques, surtout celles de l'Ecosse, comptent parmi les plus poissonneuses de l'Europe. Les lleuves écossais sont fréquentés par les saumons. En somme, la pêche fait vivre 125000 pêcheurs brilauniques et fournit chaque année pour près de 295 millions de francs de hareng, de morue, de saumon, etc.

Productions minérales. — La houille. — Aujourd'hui la principale richesse de l'Angleterre est dans l'exploitation de son sous-SQJl. Jj 'Angleterre n'est plus comme au moyen

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