AU SYSTEME DU DOCTEUR GALL
S’il y a quelque chose d’évidemment prouvé dans le système crânologique du docteur Gall , c’est que certaines dispositions du cerveau se rencontrent toujours avec certaines dispositions fortement prononcées pour telle ou telle faculté, pour telle ou telle affection ; et même avant de l’avoir observée avec autant de patience et de sagacité que le docteur de Vienne , n’étoit-il pas fort naturel de supposer qu’une pareille analogie devoit exister, soit qu’il fût possible de la reconnoître , ou non ?
Je ne comprends pas encore ce que c’est que l’organe du vol, ou l’organe re-
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ligieux; je ne comprends pas même trop bien, je l’avoue, comment l’organisation de l’œil et celle de l’ouie peut devenir susceptible de toutes les impressions que nous en recevons; mais je ne puis doutër que ces organes ne soient l’instrument sans lequel nous serions incapables de recevoir ces différentes impressions. Je vois encore que les fibres qui composent ces organes vont se perdre dans les circonvolutions de la membrane du cerveau. Je suis donc fort tenté de présumer que ces impressions doivent y laisser je ne sais quelle trace plus ou moins sensible, plus ou moins fugitive, plus ou moins profonde ; et dans ce cas je conçois encore comment une de ces circonvolutions de la membrane du cerveau peut se trouver mieux disposée qu’une autre à les recueillir et à les conserver.
D’après l’observation , si souvent con-
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statée, qu’il n’est aucune disposition naturelle du corps et de l’esprit qui ne se développe , ne s’accroisse et ne se fortifie par un exercice analogue au caractère , à l’étendue, à l’intensité de ses moyens, il me paroît encore assez probable que les circonvolutions de la membrane du cerveau la plus immédiatement en rapport avec l’organe de tel ou tel sens, de telle ou telle faculté, soient aussi modifiées d’une maniéré très sensible par l’usage que chaque individu peut avoir fait depuis son enfance de ce sens ou de cette faculté , que ce soit un premier penchant, un choix parfaitement libre, le pouvoir de l’éducation ou le hasard des circonstances qui l’aient ainsi décidé.
On a remarqué dans plusieurs individus, et dès la plus tendre jeunesse, une aptitude singulière à saisir , à retenir certaines impressions qui , chez d’autres , ne laissoient aucune trace , qu’une appli-
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cation même très soutenue , très opiniâtre , ne parvenoit à graver dans leur souvenir que d’une maniéré obscure et confuse. N’a-t-on pas aussi remarqué souvent que la maladie avoit effacé quelquefois entièrement , et quelquefois pour long-temps , l’empreinte des impressions les plus vives et les plus habituelles , dans d’autres circonstances seulement les signes convenus de ces impressions ou de ces images ? N’est-il pas à présumer que ces variétés si sensibles entre des individus de la même espece, dont la première éducation fut absolument la même, entre deux états du même individu , à différentes époques , doivent tenir à la diversité de leur organisation primitive et des altérations successives dont cette première organisation peut avoir été susceptible P
Si l’admirable labyrinthe des circonvolutions de la membrane du cerveau