‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 14 sur 93 · FIN DES ELEGIES · texte numérisé non relu

FIN DES ELEGIES

iMoN hauria Vlysse o qualunqu'altro mai Piu accorto fù, da quel diuino aspetto Pien di gratie, d'honor et di rispetto Sperato quai i sento affanni e guaî.

Pur, Amor, co i begli occhl tu fatt' hai Tal piaga dentro al mio innocente petto , Di cibo et di calor gia tuo ricetto , Clie rimedio non v'e si tu nel* dai»

0 sorte dura , che mi fa esser quale Punta d'un Scorpio, et domandar riparo Contr' el velen' dall' istesso animale.

Ghieggio li sol* ancida questa noia, Non estingua el désir a me si caro, Che mancar non potra ch' i non mi muoia.

(J beaiis yeus bruns , ô regars destournez , 0 chaus soupirs, ô larmes espandues, 0 noires nuits vainement atendues, 0 jours luisans vainement retournez :

0 tristes pleins, ô désirs obstinez, 0 tems perdu, ô peines despendues, 0 mile morts en mile rets tendues, 0 pires maus contre moi destinez.

0 ris, ô front, clieueus, bras, mains et doits;

0 lut pleintif, viole, arcbet et vois;

Tant de flambeaus pour ardre une femmelle!

De toy me plein, que tant de feus portant, En tant d'endrois d'iceus mon cœur tatant, N'en est sur toy volé quelque estincelle.

(J longs désirs, ô espérances vaines.

Tristes soupirs et larmes coutumieres A engendrer de moy maintes riuieres.

Dont mes deu^ yeus sont sources et fontaines

0 cruautez, ô duriez inhumaines j Piteus regars des célestes lumières ; Du cœur transi ô passions premières, Estimez vous croître encore mes peines?

Qu*encor Amour sur moy son arc essaie,

Que nouueaus feus me gette et nouueaus dars :

Qu'il se despite , et pis qu'il pourra face :

Car ie suis tant nauree en toutes pars, Que plus en moy une nouuelle plaie, Pour m'emplrer ne pourroit trouuer place.

JJepvis qu'Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine , Tousiours brulay de sa fureur diuine, Qui un seul iour mon cœur n'abandonna..

Quelque trauail, dont assez me donna, Quelque menasse et procheine ruïne ; Quelque penser de mort qui tout termine, De rien mon cœur ardent ne s'estonna.

Tant plus qu'Amour nous vient fort assaillir.

Plus il nous fait nos forces recueillir.

Et tousiours frais en ses combats fait estre :

Mais ce n'est pas qu'en rieii nous fauorise ,

Cil qui les Dieus et les hommes mesprise ; Mais pour plus fort contre les fors paroitre.

(jLERE Venus, qui erres par les Cieus, Entens ma voix qui en pleins chantera , Tant que ta face au haut du Ciel luira , Son long trauail et souci ennuieus.

Mon œil veillant s'atendrira bien mieus. Et plus de pleurs te Aoyant getera.

Mieus mon lit mol de larmes haignera, De ses trauaus voyant témoins tes yeus.

Donq des humains sont les lassez esprit? De dous repos et de sommeil espris.

l'endure mal tant que le Soleil luit :

Et quand ie suis quasi toute cassée.

Et que me suis mise en mon lit lassée. Crier me faut mon mal toute la nuit.

JJevs ou trois fois bienheureus le retour De ce cler Astre , et plus heureus encore

Ce que son œil de regarder honore.

Que celle là receuroit un bon iour.

Qu'elle pourioit se vanter d'un bon tour Qui baiseroit le plus beau don de Flore , Le mieus sentant que iamais vid Aurore 5 Et y feroit sur ses leures seiour !

C'est à moy seule à qui ce bien est du , Pour tant de pleurs et tant de tems perdu .' Mais le voyant, tant lui feray de feste.

Tant emploiray de mes yeus le pouuoir.

Pour dessus lui plus de crédit auoir.

Qu'en peu de tems feray grande conqueste.

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