ODE
J. OVTE bonté abondante Aus gouuerneurs des saints Cieus, Vn, qui de main foudroyante Estonne mortels et Dieus, Ensemença ces bas lieus De diuersité d'atomes Formez de ce vertueus Surpassant celui des hommes;
Lesquels d'une destinée Sous quelque fatal heureus^ Pour former une bien née
Furent ensemble amoureus:
Et goûtant le sauoureus.
Lequel ou l'Amour termine 5 Ou le rend plus doucereus, La font voir chose diuine.
Mesmement si familière ^
A la troupe des neuf Seurs^
Qu'elle l'ont pour leur lumière
Fait lampeger en leurs chœurs :
Là receuant les honneurs
De ceus, qu'on n'a laisse boire
Aus sourses et cours donneurs
De perpétuelle gloire.
Elle le fait aparoitre Au docte de ses escriz, Qu'on voit iournellement naître^ Et deuancer les esprits, Qui auoient gaigné le pris D'estre mieus luz en notre aage.
0 féminin entrepris De l'immortalité gage!
Qui une flame amoureuse.
Qui mieus les passionnez.
Et de veine plus heureuse Discerne les aptes nez, Et à l'Amour fortunez, De ceus, lesquels à outrance Seront tousiours mal menez.
Et repuz d'une espérance ?
i3o ESCRIZ
Qui de langue plus diserte Fait le Musagete orer Contre Feloquence experte Du Dieu, qui peut atlrer Par le caut de son parler L'erreur à la vraye trace?
Qui près d'eus peut sommeiller.
Comme elle, sur le Parnasse?
Donq que sur ses temples vole Ce A ert entortillonné Pris de la ramure mole De la fuyarde Dapliné, Et doctement façonné Pour orner la seur de celle.
Qui sortit, le coup donné, En armes, de la ceruelle.