A Madamoiselle Clémence de Bovrges, lion
NOIZE, page I. — Les trois anciennes e'ditions ne portent que ces lettres initiales : A M. C. D. B. L. Nous n'avons pas cru devoir les suivre, et commencer l'ouvrage, en quelque sorte, par une énigme. Les éditeurs de 1762, et celui de Brest, 181 5, ont fait comme nous. Je n'ajouterai rien à ce qui a été dit de Clémence de Bourges et de ses liaisons avec Louise Labé, dans la Notice de M. Cochard et dans les notes dont elle est accompagnée : on peut y recourir. On y trouvera aussi des remarques et des citations applicables au sujet de cette épître dédicatoire, et à la manière dont Louise Labé y défend la cause des dames contre le préjugé qui veut leur interdire la culture des sciences et des lettres.
2. — Mais Vhonneur que la science nous procurera , sera entièrement notre : et ne nous pourra estre oté , ne par finesse de larron, ne force d'ennemis , ne longueur du tems , même page. — On reconnoît là la pensée d'Ovide (Metam. xv, 872 -3) :
Jamque opus exegi, quod nec Jovis ira> nec ignés > Nec poterit ferrum, nec edax abolere vetustas.
et celle d'Horace (Od. m, 00):
Exegi monumentum aère perennius, etc.
Mais le passage suivant de Pline le jeune (Epist. i, 5), a un rapport encore plus frappant avec la phrase de Louise Labé, qui semble en être la traduction: « Efiinge aliquid et excude, '1 quod sit perpétua tuum. Nam reliqua rerura tuarum alium
iJ^ NOTES.
« atque alium tlominum sortientur. Hoc nuuquam tuum desinet « esse, si semel cœperit. » — « Travaillez à vous assurer une « sorte de bien que le temps ne puisse vous ôter. Tous les au- «< très, dans la suite des siècles, changeront mille et mille fois «< de maître ; mais les ouvrages de votre esprit ne cesseront « jamais d'être à vous. » (Trad. de Sacy.)
^•^ — Le plaisir que f estude des lettres ha acoutumé donner. ..:qui est autre que les autres recreacions, page 2. — Ici Louise Labé se rappeloit l'éloge que Cice'ron a fait des lettres dans son immortel Discours pour le poète Archias (n. 6) ; éloge magnifique et vrai que tous les littc'rateurs et tous les hommes de goût savent par cœur. Voy. Cice'roniana, ou Recueil des bons mots et apaphthegmes de Cicéron, suivi d'anecdotes et de pensées tirées de ses ouvrages, etc. (par M. Péricaud aîné, de Lyon, etparl'Auteur de ces notes), Lyon, 1812, in-8.", page 222.
4* — JJepuis que quelcuns de mes amis ont trouué moyen, àe les lire sans que Ven susse riett^ page 3. — 'Le privilège du, roi, daté du i3 mars i554, qui se trouve à la fin de l'édition de i556, in-S.**, est précédé de l'exposé suivant: «Reçue avons l'humble « suplication de notre chère Louïze Labé, Lionnoize, conte- « nant qu'elle auroit des long tems compose quelque Dialogue « de Folie et d'Amour : ensemble plusieurs Sonnets, Odes « et Epitres, qu'aucuns ses Amis auroicnt saustrait& et iceux « encores non parfaits, publiez en diuers endroits» Et doutant « qu'aucuns ne les vousissent faire imprimer en cette sorte, « elles les ayant reuuz et corrigez à loisir les mettroit volon- « tiers en lumière, à fin de suppremer les premiers exemplai- « res, etc. » Ces termes annoncent que les amis de Louise Labé avoient mis au jour, à son insu, soit séparément, soit dans des recueils de poésie, une partie de ses productions; on ne trouve cependant aucune trace de ces publications anticipées. Il, est aussi à remarquer qu'elle mentionne, parmi les ouvrages qu'elle veut faire imprimer, des Odes et des Épîtres, et qu'il n'existe aucune pièce de ce genre dans ce qui nous reste d'elle. Il es.t
NOTES. i57
vrai que , par compensation , le volume qu'elle nous a laissé contient trois Élégies dont le privilège ne dit mot,
5. — Voyez sur le mérite et le sujet de cette composition ingénieuse, et sur les imitations qui en ont été faites, la Notice sur Louise Labé, et les notes que j'y ai ajoutées.
DISCOVRS I.
6. —Et rauir les filles h leurs mères, page 9. — Allusion à l'enlèvement de Proserpine, fille de Cérès, par Pluton, dieu des enfers.
7. — // n^y ha œil d^ Aigle ^ ou de serpent Epidaurien , qui me sache apevceuoir, page II. — On sait que l'aigle a la vue très perçante. Il en est de même du serpent. Celui d'Épidaure étoit consacré à Esculape, comme le symbole de la vigilance nécessaire aux médecins. Louise Labé a emprunté l'expression dont elle s'est servie à Horace (liv. I, Sat. 5, v. 26 et 27):
Cur in amicorum vitiis tam cernis acutum, Quam aut aqiiila aut serpens Epidaui'ius
OU plutôt à Érasme, qui a mis en prose ces deux vers d'Horace dans sonEncomium Mori» (Éloge de la Folie). Voyez page 28 de l'édition d'Amsterdam, Henri Wetsten , i685, in-12, où on lit : « Ut qui in amicorum vitiis tam ccrnunt acutum, quam aut « aquila aut serpens Epidaurius.» D'autres rapprochements que je ferai plus bas, prouveront que notre aimable Lyonnoise avoit lu avec fruit l'ouvrage du savant Hollandois.
8. — Et ne plus ne moins que le Caméléon , ie pren quelquefois lasemblance de ccus auprès desquelz ie suis, mèmepage. — C'étoit autrefois une opinion très accréditée que le caméléon prenoit la couleur des objets dont il s'approchoit; et de là est venu l'usage de comparer à ce reptile les hypocrites et les flatteurs. « Le
itiS NOTES.
« flatteur, dit Plutarque, pareil au caméléon, qui peut revêtir « toutes les couleurs, excepté la blanche.» (Traité de la manière de discerner un flatteur, page 29, trad. de DîJTllEiL.) On connoît ce vers de La Fontaine sur les courtisans:
Peuple Caméléon , peuple singe du maître.
(Livre VIII, fable l4 )
Mais, d'après les observations de nos naturalistes modernes, qui préfèrent la vérité aux fictions même les plus ingénieuses, les anciens se trompoient : le Caméléon n'a point la propriété qu'on lui supposoit, et ce fait doit être mis au nombre des erreurs de la fabuleuse antiquité avec le prétendu chant du cygne mourant, et la prudente prévoyance de la fourmi qui, disoit-on, faisoit des provisions en été pour se nourrir pendant l'hiver.
9. — Tu as fait aymer lupiter : mais ie Vay fait transmuer en Cîgne j en Taureau ^ en Or ^ en Aigle : en danger des plumassierSj des loups, des larrons^ et chasseurs, page 12. — La Folie se dit l'auteur des métamorphoses de Jupiter : Jupiter, dans Lucien (11.^ Dialogue des dieux), impute ces métamorphoses à l'Amour : «Examine, petit scélérat, si c'est peu de chose que « les outrages que tu me fais, car il n'est rien en quoi tu ne « m'aies transformé, satyre, taureau, or, cygne, aigle.» (Trad, de Belin de Ballu.)
La phrase entière de Louise Labé peut s'appeler une phrase rapportée: les plumassiers se réfèrent au oigne, les loups au taureau, les larrons à l'or, et les chasseurs à Vaigle. Ln inconnu, dans l'Anthologie de Planude (1. i, c. 38, ép. 2), a employé le même genre de figure pour indiquer les maîtresses de Jupiter et les métamorphoses qu'il avoit subies pour chacune d'elles. C'est un distique qui a été ainsi rendu en latin : Fit cycnus , taurus, satyrus, fit Jiippiter aurum, Ob Ledam, Europen, Antiopeii, Danaën.
( Hier. Angerianus. ) Le cygne répond à Léda, le taureau à Europe ^ le satyre à An-tiope , etl'o?- à Donné. M. Peignot, dans ses Amusements philo-
NOTES. i59
logiques, sans conti^edit le meilleur des Ana (page i32 de la seconde édition, Dijon, 1824? in-S."), cite plusieurs exemples de vers rapporte's ; il auroit pu ajouter le distique qu'on vient d-e lire.
10. — Qui fit prendre Mars au piège auec ta mère, si non moy^ (fui Vauois rendu si mal auisé , fjue ■venir faire un poure mari cocu dedens son lit mesme y page 12. — Rien de si connu que cette fable, racontée d'une manière très piquante par Ovide, de Arte amatoriâ (il, 56i et seq.), et par Lucien (xviri.* Dialogue des dieux), et sur laquelle roule l'épigramme suivante, due à un poète du t«mps de Marot, ou peut-être à Marot luimême :
Mars et Venus furent tous deux surpris Par Vulcanus couchez dedans un lict.
Qui de liens qu'il forgea, les a pris. Puis aux hauts Dieux va conter leur delict. Là viennent tous : lors un d'eux riant dit: Mon compaignon, si tu te sens fasché De CCS liens , dont tu es attaché , Je suis content de les porter pour toy : Que pleust aux Dieux que sans estre caché , J'eusse m'amie ainsi auprès de raoy.
Quant à l'emploi du mot cocu, qu'un auteur, et surtout une femme, ne se permettroit pas aujourd'hui, nous renverrons à ce que nous avons dit sur l'ancienne liberté du langage dans une des notes qui accompagnent la Notice de M. Cochard; nous ajouterons seulement une citation qui complétera notre pensée, et qui pourra servir aussi à justifier Louise Labé et son siècle: •« Le mot de cocu si souvent employé par ces deux auteurs ( Mont- « fleury et Molière), mais surtout par le premier, est depuis « long-temps proscrit au théâtre, et même dans la société. Ce « n'est pas qu'il y en ait moins : c'est au contraire parce qu'il « y en a davantage; car plus la société est corrompue, plus on « est attentif à proscrire tous les termes qui en rappellent les « dérèglements.» (L'abbé Sabatier, les Trois Siècles, article Montfleury.)
iGo NOTES.
11. — Défendre sa querele iniuste contre toute la Grèce ^ P'^ge 12. — C'est le sujet de l'Iliade.
12. — Qui ust parlé des Amours de Dido , même page. — C'est le sujet du IV.^ livre de l'Éne'ide.
13. — Mile autres hôtesses qui font plaisir aus passans, pagei5. — Brantôme parle quelque part d'une Romaine complaisante (Lucia Hostilia, femme de Caligula), qui faisoit à un amant « quelque plaisir et gracieuseté de son gentil corps. »
i4. —le crois qu^ aucune mencion ne serait d^Artemise ^ si ie ne lui usse fait boire les cendres de son mari , même page. — Artémise, sœur et femme de Mausole, roi de Carie, ayant perdu son époux, lui fit élever un superbe monument qu'on appela le Mausolée ^ et que l'on comptoit au nombre des sept merveilles du monde. Parmi les marques qu'elle donna de son désespoir, on raconte qu'elle parfuma d'essences les cendres de Mausole, les mit dans de l'eau, et les .avala. Voy. Hérodote, Histoire (liv. vu), et Aulugelle, Nuits Attiques (liv. X, c. i8). Jacques Yver , dans son Printemps d'Yver, Paris, lôys, in-i6, fol. 109 v.**, dit en parlant d'une uefue nommée Carite, « qu'elle « portoit son époux mieux au cueur que ceste Royne Artemise, « qui beuuant les cendres de son mary, luy bastit en sa poi- « trine un si précieux tombeau.»
l5.— Tu as ofensé la Royne des hommes , page 14. — I^a jolie édition de l'Éloge de la Folie, traduit du latin d'Érasme, par M. Gueudeville ( traduction revue et presque entièrement refaite par de Querlon), 1762, petit in-12, est terminée par un cul de lampe représenlant la Folie appuyée sur le globe du monde, et assise sur un trophée composé de sceptres, de couronnes et de plusieurs autres attributs, et au bas duquel on lit ces mots dans un cartouche : « La Pazzia regina del moudo. >» Le peintre n'a point oublié la marotte qu'on fait tenir ordinairement à cette reine du monde ^ en guise de sceptre, non plus que les grelots dont on garnit ses vêtements. J'ajouterai, puisque l'occasion se présente, que César Ripa, dans son Iconolo-
NOTES. i6i
•le, dt^peint autrement la Folie : il lui donne la figure d'une femme jetée à terre, riant aux éclats, et ayant à la main une lune, parce que les changements de ce.t astre exercent, dit-il, une grande influence sur les fous,
16. — O ciu^ll n'est pas dit sans cause , qii'il ne faut point reccuoir présent de la main de ses ennemis ^ page x5. — Louise Labé vouloit rappeler le fameux vers de Virgile (Enéide , II, 49) • ....... Timeo Danaos et doua ferentes,
et ce proverbe des Grecs : Echthrôn adora dora , qui perd toute la grâce de son expression dans la traduction latine : Hostium
munera non muucra.
^ DISCOVES ni.
xj, — Quand le fier Diomcde me naura ^ P^g^ i9» — ^oj* Homère (Iliade); Virgile (Enéide, xr, 276 et 277).
18. — Pour sauuer mon fils Enee ^ même page. — Voy. Virgile (Enéide, passim).
19. — Si mes pleurs pour la mort de mon yldonis te murent a compassion, même page. — Adonis, né du commerce incestueux de Myrrlia avec son père Cynire, fut passionnément aimé de Vénus. Grand amateur de la chasse, il fut déchiré par un sanglier. Descendu aux enfers, il s'y fit aimer de Proserpine; et lorsque Vénus eut obtenu son retour à la vie, l'épouse de Pluton refusa de le rendre au jour. Le père des dieux ne voulant mécontenter aucune des deux déesses, les renvoya au jugement de la muse Calliope, qui partagea le différend, en ordonnant qu'Adonis seroit alternativement avec l'une et l'autre déesse. Les Heures furent aussitôt députées aux enfers , pour ramener Adonis à Vénus. Celle-ci manqua bientôt à la convention ; ce qui causa entre ces déesses une grande querelle. Enfin Jupiter la termina, en ordonnant qu'Adonis seroit libre quatre mois de l'année, qu'il en passeroit quatre avec Vénus et le reste avec Proserpine. Théocrite et Moschus ont composé chacun une idylle sur la mort d'Adonis, dont M. Servan de Sugny, de Lyon, a donné
i62 NOTES.
d'élégantes traductions, pages 148 et 23i de ses Idylles de The'ocrite , traduites en vers François, Paris, 1822, in-18.
(La plupart des détails sur Adonis, contenus dans cette note, sont tirés du Dictionnaire de la Fable de M. Noël. Nous continuerons à puiser dans cet excellent livre, quelquefois même sans en prévenir, les explications mythologiques dont le texte de Louise Labé nous paroîtra avoir besoin.)
20. — Croyez que si elle 'vous ha fait tort, que telle punicion en sera faite , etc., page 20. — Cette phrase seroit irrégulière aujourd'hui, et devoit l'être aussi du temps de Louise Labé : le second que y est de trop.
o DISCOVRS IIII. ^
21. — Tout le bien qu^ay reçu, Vay plus tôt à par force et Jinesse, que par amour, page il\. — Jupiter adresse à l'Amour
la même plainte dans le ii.^ Dialogue des dieux de Lucien. Louise Labé avoit certainement ce dialogue sous les yeux, lorsqu'elle écrivoit son Discours IV , car on y retrouve le même sujet et les mêmes pensées. La ressemblance est frappante. Il est donc à présumer que la Belle Cordière avoit dans sa librairie un Lucien, sinon tout grec, du moins avec une traduction latine : il n'en existoit point encore, que je sache, de traduction complète en langue vulgaire. Quelques-uns des ouvrages du philosophe de Samosate avoient été translatés en françois par Simon Bourgoin, Gilles d'Aurigny, Loys Mcigret, Estienne Forcadel, Antoine Crappier, etc.; mais les Dialogues des dieux ne faisoient pas partie de ces translations , Il seroit néanmoins possible que le second de ces dialogues fût du nombre des trente Dialogues moraux de Lucien, dont Geoffroy Tory, au rapport de du Verdier, avoit publié la traduction à la suite de celle de la Table de l'ancien philosophe Cebcs, Paris, Jean Petit, 1629, in-12.
22, — yimour se plait de choses égales , page 25. — Ceci rappelle la jolie pensée de Minucius Félix sur l'amitié : « Ami- « citia pares semper aut accipit, aut facit. » — «Toujours l'a-
NOTES. i63
« mitie nous trouve ou nous rend égaux. » Le nouveau traducteur de rOctavius, M. Pericaud aîné, nous apprend dans une note, que cette même pensée est une des sentences de Publius Syrus ; et il cite le mot de Pythagore : « Entre amis tous les « biens sont communs, et Tamilié est un commerce d'égalité.» (Cicéron, de Leg. i, 12.)
23. — Ce nest quhm ioiig , lequel faut qu^il soit porté par deus Taureaus semblables : autrement le harnols n'ira pas droit , page 25. — Ce que Louise Labé dit d'une liaison amoureuse, Oyide (Héroïd. IX, 29-32) le dit du mariage:
Quam maie inaequalcs veniant ad aratra juvencî,
Tam premltur magno conjuge nupta minor.
Non honor est, sed onus : species lœsura ferenteni.
Si qua voles apte nubere , nube pari;
passage qu'avoit en vue Jacques Yver, dans son Printemps d'Yver (1672, fol. IL2 rect. ), où on lit : « Car encor qu'on die que ce « u'estpas vice d'aimer en bon lieu, si est-ce qu'il me semble (sui- « uant l'auis de Deianire en Ouide) que comme pour tirer bien « une charrue, faut apparier des bœufs les plus esgaux en gran- « deur de corps et en force qu'on puisse trouver, afin qu'ils « aillent d'un mesme front au labeur : ainsi en mariage doit « auoir une égalité la plus parfaite, et unanimité la plus en- « tiere qu'on puisse trouuer : autrement l'un ne sert à l'autre « que d'espine au pied, pour l'empescber de s'aduancer. »
24. — Quand tu 'voud as estre aymè^ descens en bas^ laisse ici ta couronne et ton sceptre , et ne dis qui tu es y même page. — C'est le conseil que donne aussi l'Amour à Jupiter dans le n.* Dialogue des dieux de Lucien : « Si tu veux devenir aimable, cesse « d'agiter ton égide et de porter ta foudre, etc.»
25. — Tu dis beaucoup de raisons : mais il y faut un long temps y une sugeccion grande ^ et beaucoup de passions , page 26. — Jupiter répond aux mêmes raisons dans le Dialogue de Lucien ci-dessus cité : « Je veux aimer, mais je veux jouir plus « commodément de mes amours. >»
i64 NOTES,
DISCOVRS V.
a6. — Amour, la vrnye ame de tout VJ^nwers , page 27. — > « Amour, désir inné! âme de la nature! principe inépuisable « d'existence! puissance souveraine, qui peux tout, et contre « laquelle rien ne peut; par qui tout agit, tout respire, et tout « se renouvelle! divine flamme! germe de perpétuité répandu « dans tout avec le souffle de la vie! précieux sentiment, qui « peux seul adoucir les cœurs féroces et glacés, en les péné- « trant d'une douce chaleur! cause première de tout bien, de « toute société, qui réunis sans contrainte et par tes seuls at- « traits les natures sauvages et dispersées ! source unique et fé- « conde de tout plaisir, de toute volupté! Amour! comment « ne t'auroit-on pas divinisé?» (Buffon.)
27. — De tous aymé j page 29. — Nous avons préféré cette leçon de l'édition de i556, in-8.°, à celle de toutes les autres éditions : De tout aymé.
28. — Les roues des enfers soutiennent elles une ame plus détestable que cette cy! même page. — Allusion au supplice d'fxion attaché dans les enfers à une roue environnée de serpens, qu'il devoit rouler sans relâche.
2Q, — Les montaignes de Sicile couurent elles de plus exécrables personnes ! même page. — Allusion au châtiment infligé au «^éantBriarée, que Jupiter accabla du poids de l'Etna, montagne de Sicile.
5o. — Les Scythes deïjierent Pylade et Oreste , et leur dressèrent temples et autels, les apelans les Dieus d'afnitié , page Sa, — Ceci est tiré du dialogue de Lucien, intitulé, Toxaris , ou de l'Amitié. Voy. pages ii3-i74 du tom. m de la traduction de Lucien, par Belin de Ballu.
3i. — Les uns le faisant sortir (l'Amour) de Chaos et de la Terre, même page. —Voy. Hésiode (Théogonie, vers le com mencement),