‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 51 sur 93 · IMITATION · texte numérisé non relu

IMITATION

Fleurs dont Labé fait sa parure.

Vous qu'elle place sur son sein.

Ou sur sa blonde chevelure, Ti-ois fois heureux votre destin'.

Vous que la prodigue nature Décora de mille couleurs.

Vous l'emportez par vos odeurs Sur les parfums de l'Arabie !

Plus brillante encor que ces fleurs j O Louise, 6 ma douce amie.

Autant que vous l'avez voulu.

Le ciel vous fit aimable et belle :

A vous former l'Amour s'est plu; Vous n'êtes point une mortelle.

Quand je vois vos divins appas, La crainte de ne pas vous plaire Dans mon cœur porte le tré^Jas; Mais cette céleste lumière

Qu'on volt briller en vos beaux yeux.

Pareille à l'astre radieux

Qui nous fait vivre et nous éclaire ,

Devient mon guide tutélaire ,

Et me ramène près des Heur

Que votre beauté vivifie.

Dans ce séjour délicieux

Si je pouvois couler ma vie,

A vous, amants les plus heureux.

Loin de jamais porter envie.

Je me crolrois égal aux dieux.

(Le même.)

EPITRE A SES AMIS, etc. (Page ll4.)

i85. — Cotte épitre est d'Olivier de Magny, qui s'y nomme lui-même. Né, comme Clément Marot, à Cahors en Quercy, Olivier de Magny fît partie de « cette grande flotte de poètes « que produisit le règne du roi Henri il, » suivant l'expression de Pasquier, Recherch. de la France, vu, 6. Il vint au monde en i52o, et fut attaché en qualité de secrétaire à Jean d'Avanson, seigneur de St-Marcel, conseiller du roi, et depuis surintendant des finances, à l'époque où ce magistrat fut envoyé en ambassade à Rome sous le pontificat de Jules m, dans l'intervalle de i55o à i555. Il paroît que , dans une course qu'il fit dans le midi de la France, par ordre de son patron, il s'arrêla à Lyon où il vit Louise Labé, qu'il célébra dans cette pièce et dans l'ode : Muses, filles de lupiter, etc. (page 121). Ces deux morceaux donneront une idée suffisante du talent poétique d'Olivier de Magny : dans le premier, on trouvera un peu d'aifeclation et de mignardise; dans le second, une imagination trop vagabonde, de l'emphase et de l'exagération, mais aussi une certaine chaleur, et parfois de la grâce. Il avoit déjà publié deux de ses principaux ouvrages: ses Amours, Paris, i55.'5 in-8.** (réimpr. depuis à Lyon, iSyS, in-16), et ses Gayetez, Paris, i554, in-S.". Il fit paroître ensuite des Soupirs, en i557, et des Odes, en iSSp.

2o8 NOTES*

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