‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 76 sur 93 · B. Rousseau l'a employé au figure dans son Épîtrç à Cle · texte numérisé non relu

B. Rousseau l'a employé au figure dans son Épîtrç à Cle

ment Marot :

Contre tous ceux qui sont assez sensés Pour mépriser leurs vers rapetassés.

ResCOVS, partie, passé de rescourre ^ recouvré, délivré, dégagé, du latin recuperatus. Il signifioit aussi exempté:

Par vous , par votre lescherie, Suis ie mis en la confrairie Saint Arnoul, le Seigneur des coux.

Dont nul ne peut estre rescoux.

( Le Roman de la Rose.)

On a dit depuis recoiirre et recous. Voy. Ménage (Observ. sur la langue franc. , chap. ccxxii).

Reseintir (se), se ressentir, sentir de nouveau.

Respect, rapport, relation, du latin respectas . Pour ce respect, sous ce rapport. lY'auoir point respect ans noms, page 71, n'avoir aucun égard aux noms.

Retendre, tendre de nouveau.

Ton dous lut tu retendras, page i5i,

c'est-à-dire, tu tendras de nouveau les cordes de ton luth. Le vers est duriuscule.

Revoqver, redemander, aller chercher. Comme iadis Orphée, reiioquer leurs amours perdues , page Ç>G.

Riens, rien, du latin rem, accusatif de res , chose. Voy. Pasquier (Recherches de la France, liv. Viil, c. 53, intitulé : De cette diction. Riens). Riens avoit le même sens que chose, et étoit primitivement féminin.

Sur toutes riens gardez ces poincts :

A donner ayez clos les poings.

Et à prendre les mains ouuertes.

( Le Roman de la Rose. )

DE LOUISE LABÉ. 3o9

ROBBER, dérober. Robber l'autruy, page Si, dérober le bien d'autrui.

RocBON, petite robe.

RoMMAiN, Romain.

ROMME, l^omc. Homme est plus conforme à la prononciation que Rome: car le nom de cette ville, tel que nous le prononçons, rime parfaitement avec homme , et ne rime point du tout avec tome, par excinple. Il est cependant quelques mots, où orne simple se prononce omme.

RONE, Rhône, le Rhône, fleuve. On écrivoit aussi, et plus communément, Rosne et Rhosne. Ce fleuve s'appeloit en latin Rhodanus , d'où est dérivé sa dénomination actuelle. Suivant Pline (Hist. nat. Ifl, 4) f Rhodanus viendroit à Rhodiis , des Rhodiens qui lui auroient donné leur nom : ce qui s'accorde avec l'opinion de ceux qui veulent, d'après un passage du Traité des fleuves, attribué à Plutarque, que deux princes grecs, originaires de Rhodes, nommés Momorus et Atépomarus, qui avoient été chassés du Languedoc où ils s'étoient d'abord établis, aient fondé la ville de Lyon (Lugdunum) , environ trois siècles et demi avant que Plancus y amenât une colonie romaine. Bochart (Phaleg, iif , 6) donne à ce nom une autre origine tirée de l'ancienne langue celtique ou de la langue phénicienne dont elle étoit la fille. Munster, dans sa Cosmographie, le fait venir du latin rodo , parce que ce fleuve ronge ses bords. Pétrarque avoit déjà adopté cette étymologie:

Rapido fiume , che d'alpestra vena

Rodendo intorno, onde ^1 tuo nome prcudi , etc.

(Part. I, son. 173 ) ;

de même que Maurice Sceve, dans le CCCCX\ii.^ dixain de sa Délie, ainsi conçu:

Fleuve rongeant pour t'attiltrer le nom De la roydeur en ton cours dangereuse, Mainte riuiere augmentant ton renom, Te fait couiir mainte riue amoureuse,

3io GLOSSAIRE

Baingnant le plecl de celle terre heureuse

Ou ce Thuscan Apollo sa ieunesse

Si bien forma, qu'à iamais sa vieillesse

Verdoyera à toute éternité ,

Et ou Amour ma première lyesse

A desrobee à l'immortalité.

ROVTE. Mettre en route , mettre en déroute.

ROYNE, reine. Voy. SVTIL.

RvER, 7). act., jeter. Voy. Ivs.

RviSSELET, diminutif de ruisseau , petit ruisseau.

Sacrer, consacrer.

Sagette, flèche, du latin sagitta. La Fontaine employé ce vieux mot (liv. Viii, fabl. 27). Voy. la note 12 de M. N. S. Guillon sur cette fable.

Saillir, sauter, faire sauter. Te saillir hors de Varcon, page i5o, te de'sarçonner. Saillir a perdu cette signification active' il n'est plus que verbe neutre.

S'AINSI EST , s'il est ainsi. Aujourd'hui 1'/' ne s'e'lide plus dans la conjonction si, qu'avant le pronom masculin il , tant au singulier qu'au pluriel. Autrefois il s'élidoit devant plusieurs autres noms commençant par une voyelle; on à'isoit scelle pour si elle, s^on pour si on, s'un , s'une , pour si un, si une, etc.

SaltatiON, danse, pantomime. Ce mot a été employé par plusieurs écrivains de nos jours, et notamment par M. de l'Aulnaye qui a publié un ouvrage intitulé : De la Saltation théâtrale.

Saphon, Sappho, Ronsard et Desportes ont également dit Saphon, manière de franciser ce nom qui pèche contre l'analogie, les anciens noms en o ne devant être terminés en on que lorsqu'ils prennent en latin une n au génitif, comme Cicero, Ciceronis , Apollo , Apollinis , Plato , Platon; s , Dido , Didonis , Varro , Varronis , Juno , Junonis , dont nous faisons Cicéron , Apollon, Platon, Didon , Varron , Junon. Y oy. Ménage (Observ. sur la langue franc. , chap, CLV). Le génitif de Sappho est Sap-

DE LOUISE LABÉ. 3ii

phits. Cependant il y a quelques auteurs chez qui ce ge'nitif est SappJionis , et qui au pluriel disent Sapphones. Érasme (Encom. Morise, page i3) : «Ego sum Venus illa cujus favore Phaon ille « repubuit, ita ut à Sapphone tantopere deamaretur.»( L'ablatif Sapphone suppose le ge'nilif Sapphonis. ) Vossius ( De Poëtis grœcis, page 17) : « Distingue vero duas Sapphones ^ unam Ere- « triam (lisez Eresiam), alterain à Phaone adamatara, ut est « apud Athenœum (lib. XTir). >> Il est plus conforme à la manière dont les Grecs ecrivoient ce nom, de l'e'crire avec deux/? (Sappho) qu'avec un seul, comme ou le fait aujourd'hui communément. Ne'anmoins, comme Pontanus vouloit qu'en latin on écriyitSaphOj attendu que cette langue n'admettoit pas qu'un p ordinaire pût être suivi d'un p aspiré , on pourroit dire que la même règle est applicable à la langue françoise : du moins ne trouveroit-on, je crois, dans nos dictionnaires aucun mot qui offrît ces trois consonnes /7/?Z} placées ainsi à la suite les unes des autres.

Saye, s. m., Sayon, id. , habit court, justaucorps, robe de dessus, capote, du latin sagum, habit de guerre que les Romains avoient einprunté des Gaulois. Le Paysan du Danube, dans La Fontaine (liv. Xi, fabl. 7), porte un sayon de poil de chèvre, Voy. la note 5 de M. N. S. Guillon sur cette fable.

SCET (il-), il sait, tu scez, tu sais, du yevhe savoir. Voy. Sv. C'est par erreur qu'on s'est obstiné long-temps à écrire scavoir par un c : on supposoit que ce mot venoit de scire^ et on conservoit le c pour marquer cette étymologie, tandis que, dans la vérité, savoir dérive de sapere,

SeiovR, repos.

S'ELLE, si elle. Voy. S'AiNSi est.

Sellette, petite chaise, petit banc, petit siège, du latin sella ^ dont la racine est sedeo.

Semblable. Semblable (jumelle, page 142, semblable à elle. Faire le semblable , faire la même chose, faire quelque chose de semblable.

3i2 GLOSSAIRE

Semblance, ressemblance.

Sembler, ressembler.

EU' semblait pai'mi l'armée

Vn Achile, ou un Hector, page i36 ,

c'est-à-dire, elle ressembloit, au milieu de Tarme'e, à un Achille ou à un Hector.

Semhloit au plus cler cristal , page i4o.

c'est-à-dire, ressembloit au plus clair crystal.

Semiramfde (ailleurs lyem/ramtj^) , Se'miramis, reine de Babylone. Voy. notes 58 et 216.

Senestbe, main gauche, du latin sinistra. M. de Roquefort, de

Lyon (Glossaire de la langue romane , 1 808 , t. H , p. 538), trouve

ce mot bien expressif, et regrette qu'on l'ait retranché de notre

langue pour y substituer celui de gauche , qui, dit-il, n'a pas

plus de cent vingt ans, et dont on ignore l'origine. La remarque

est juste, sauf que le mot gauche est plus ancien que ne le fait

le savant lexicographe, puisque, dans le Tre'sor des recherches

et antiquite's gauloises et françoises, imprimé en i655, et par

conséquent i53 ans avant i8o3, Borel recherche déjà l'étymo-

logie de ce mot, et le fait dériver du vieux veibe françois guen-

cher, se détourner, éviter, tourner; ce qui arrive, dit-il, quand

on gauchit, quand on tourne à gauche. Ce mot remonte même

plus haut : car on le trouve aussi dans le Grand dictionnaire

françois -latin de Nicod, dont j' i sous les yeux une édition

de i6o3; et je lis, page 210 du second volume des Méditations

historiques de M. Philippe Caraerarius, traduites en françois

par S. G. S. (Simon Goulard de Senlis), Lyon, 1610, in-4.°:

« La main gauche est moins habile à l'œuure que la droite; »

et dans la Continuation des Amours de P. de Ronsard, Paris,

Jean Dallier, 155/, in-8.° (page 95) :

Agitoit les rougnons gaillards De Catin à gauche et à dextre.

Montaigne (Essais, liv. i, chap. 25, et ailleurs) se sert de gauchir dans le même sens que Borel donne à guenchei-, et enfin

DE LOUISE LABÉ. 3i3

il emploie souvent le mot gauche , notamment liv. il, ch. 12: « La raison est un pot à deux anses qu'on pcult saisir à. gauche « et à dextre. »

SETVXrMFNS, sens, les cinq sens. Les plaisirs des sentimens , page 2, les plaisirs des sens.

Sep, cep, du grec caphos , tortu, courbé, ou du latin caput, tête, chef, ou du latin cippus , tronc. Quelle que soit celle de ces e'tymologies qu'on adopte, cep y est plus conforme que sep.

Serf, serve, esclave, du latin servus.

Serrer. Serrer 1er fenestres, page 35, fermer les fenêtres.

Servage, esclavage.

S'ESTANT, si étant.

Sevr, sûr, certain. Un des poètes qui ont écrit à la louange de Louise Labé, fait rimer ce mot avec grandeur et avec seur (sœur). Il y en a des exemples dans beaucoup d'autres poètes du temps, et Thomas Sibilet (Art poétique francois, chap. vm) approuve cette rime, quoiqu'il paroisse que seur (sûr) se prononçât comme nous prononçons aujourd'hui sûr: ce qu'il y a du moins de certain, c'est qu'on faisoit rimer le féminin seure (sûre) avec les mots en ure ^ tels que nature et dure, Voy. la pièce de St-Gelais, citée note i/\Q.

SevrtÉ, sûreté .

Sf, avec cela, néanmoins, au moins, du moins. Voy. S'AiNsr EST, S'VNE et S'ESTANT.

SiGNEVR, seigneur. C'est le signer des Italiens francisé. Seigneur se trouve aussi dans Louise Labé. Ce dernier nxot se rapproche davantage du latin senior, d'où il est dérivé , aussi bien que l'italien signor. Sieur, monsieur, ont la même étymologie. Voy. Pasquier (Recherches de la France, liv. Viii, chap. 5).

SiGNEVRiE, seigneurie.

SiMOEiVT, Simoïs, fleuve de l'Asie mineure, dans la petite Phrygie. Il faisoit en grec Simoentos, au génitif.

SiMPLESSE, simplicité.

SONE, Saône, la Saône, rivière qui traverse Lyon et se jette

dans le Rhône à rextiemitë méridionale de cette ville. Onl'appeloit Arar^ et plus anciennement Brigulus. Voy. le traité des Fleuves, attribue' à Plutarque. Son nom actuel, Saône, dans lequel l'a ne se prononce pas, paroît dérivé de celui de Sauconna, qu'elle a porté sous le Bas-Empire. Feu M. Claude-Xavier Girault, membre de l'académie de Dijon, et correspondant de celle de Lyon, a laissé un curieux Mémoire sur les noms et la source de la Saône, Paris, J. B. Sajou, i8i2,in-8.° de 26 pages: j'y renvoie le lecteur.

SoNGEART, sombre, rêveur, songe-creux.

SONGNEVSEMENT, soingneusement , soigneusement. On écrivoit antreïoissoing pour soin, et soingner onsongner pour soigner.

Sonner, jouer de quelque instrument de musique.

SOVCIEVS, qui prend souci à quelque chose. Soucieus de mon hien, s'intéressant à mon bonheur.

SOVDART, soudard, souldard , soldard , soldat; au pluriel, soudars ou soudarz,

SovEF, soefj doux, agréable, du latin siiavis, Souefuement , soefuement , d'une manière douce. Une souejflairante haleine (Muret, Commentaire sur le sonnet xxiii du i.^** livre des Amours de Ronsard).

SOVLACIEVS, recréatif, agréable, propre à consoler, à réjouir, du latin solatium , d'où l'on avoit d'abord tiré soûlas, récréation, plaisir, dont La Fontaine s'est servi plusieurs fois. En grand soûlas cette nuit se passa.

(La Gageui'e des trois Commères, conte.)

SOVLOIR, avoir coutume, avoir habitude, du latin soleo. Deux parts en fit dont il souloit passer L'une à dormir, et J'autre à ne rien faire.

( Epitaphe de La Fontaine , par lui-même. )

SovvENTEFOis, souvent.

SovzRJS, souris, sourire.

SqvADRON , escadron. Les noirs squadrons des Ethiopiens , page 75. On trouve ailleurs (page i35) escadron, comme nous

DE LOUISE LABÉ. 3i5

l'écrivous et le prononçons actuellement. Ce mot ('toit alors nouveau: on disoit auparavant èaZatï/o/î. Voy. Lettres d'Estienne Pasquier (liv. Il, lett. 12.)

Sv (i'ay, ayant), j'ai su, ayant su. le su, je sus. On écrivoit alors plus communément sceit ou seu, ie sceu ou ie sceus , et on a écrit ainsi encore long-temps après. Voy. Introduction , page 249.

SVCCEDER, avoir du succès, réussir.

SVFVMiGACiON , fumigation , suffumigation produite au moyen de la combustion de matières odorautes, employée principalement dans les opérations magiques.

S'VNE, si une.

SVPERABONDANT, très-abondant.

SVPERNEL, ELLE, supérieur, céleste, du latin supernus.

Svs, prép., sur. De sus , de dessus. Par sus, pardessus.

SvTiL^ ILE, subtil. On trouve ailleurs subtil, comme nous l'écrivons. Apparemment qu'à Lyon le b ne se prononçoit pas dans ce mot: Estienne Pasquier, dans sa lettre à Ramus (liv. fii, lett. 4); blâme cette orthographe et cette prononciation. « Le « courtisan aux mots douillets, dit-il, nous couchera de ces « paroles , reyne , allét , tenét , ■venét , menét : comme nous « vismes un des Essars, qui pour s'estre acquis quelque repu- « tation par les huit premiers livres du Roman d'Amadis de « Gaule, en ses dernières traductions de Josephe et de dom « Flores de Gaule, nous servit de ces mots, amonncster , con- « tenner , sutil , calonnier , aministration. Ni vous ni moy (je « m'asseure) ne prononcerons, et moins encore escrirons ces « mots de reyne , allét , tenét , -venét et menét , ains demeurerons « en nos anciens qui sont forts, royne , allait, venait , tenait, « menait. Et quant à mon particulier , dès à présent, je proteste « d'estre résolu et ferme en mon ancienne prononciation à'ad- « monnester, cantemner, subtil , calamnier, administrer. En quoy « mon orthographe sera autre que celle de des Essars^ puisque « ma prononciation ne se conforme à la sienne. »

3i6 GLOSSAIRE

Tandis, tandis que.

Tandis du chef aiusi treiiché...

Distiloit du sang goûte à goûte, page laa.

Tandis rostir la perdrix on faisoit.

(Cl. Marot. )

Tandis la nuit s'en va, ses lumières s'éteignent.

(Malherbe.)

Tant, autant. Tant bien, si bien. Tant plus , plus. De tant plus ^ d'autant plus. lusques a tant que, jusqu'à ce que. Tant que, jusqu'à ce que, au point que, de manière que. A tant , alors.

Tart, ARDE, adj. La tarde 'vespree , page i49; 1g soir avance', La tarde seree (RonsARd).

Le repentir est une chose tarde.

(Le même.)

Tart (a), tard, tardivement, adi^.

Temples, s./., tempes, les deux parties de la tète qui sont depuis chaque oreille jusqu'au front, du latin tempora. Temple se disoit encore du temps de Me'nage (voy. ses Observ. sur la langue franc., chap. LXXiv), et on le trouve avec ce sens dans les anciens dictionnaires.

TendrELET, diminutif de tendre , adj.

ThraCIEN, de Thrace. Le Gradive Thracien , page i53, le Mars de Thrace.

TovRBE, foule, du latin turha, J. J. Rousseau (Disc, sur l'ine'galité des conditions) a dit: La tourbe philosophe sque.

TOVRMENTEVR , qui tourmente. Tourmenteurs de monde , page 9, qui tourmentent les gens.

TovRNER, retourner.

Pour à ton château tourner, page 149 ,

c'est-à-dire, pour retourner à ton château.

TOVT (dv), entièrement, omninb.

TbAnsmver, transformer, changer, âi\x\3il\ia.transmutare. TbayTREMENT, traistrement , traitreusement. Trebvcher, ^'. a., renverser, faire tomber. Aujourd'hui ce verbe est toujours neutre, et signifie tomber.

Où la droite raison trébuche à chaque page.

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