‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 91 sur 93 · RUE BELLE -CORBIÈRE · texte numérisé non relu

RUE BELLE -CORBIÈRE

■uagu ia> Lgu»

Jua rue Belle Cordiere , qui prend son entre'e , du côté du midi , par la place Lévisle , et qui va aboutir à la rue Confort , contient, d'après le dernier recensement, 26 maisons , 269 ménages , i436 individus, 93 ateliers et 2 35 métiers d'étoffes de soie. Ce ne fut pendant long-temps qu'un chemin étroit qui servait à la desserte de quelques maisons isolées et de quelques fonds en vignes et jardins , qui étaient situés dans ce canton. Les Jacobins y avaient un enclos de vigne. Le passage n'a été élargi , à ce qu'il paraît , que durant l'occupation de Lyon par les protestans , en 1662 : on fit alors , de toutes parts , des ouvertures au clos de Bellecour , propriété particulière , qu'on transformait en place publique. On donna d'abord à la nouvelle rue , le nom de rue neuve de Confort , puis celui de rue ou ruelle Régnier , et seulement vers la fui du seizième siècle , le nom qu'elle porte actuellement.

Le sol des rues Belle Cordiere et Bourgchanin , qui sont parallèles , est un des plus bas de la ville et des plus exposés aux inondations par les infdtrations souterraines du Rhône. La longue stagnation des eaux

dans les caves de ces deux rues , aux mois de janvier et de février i823 , époque d'un débordement simultané du Rhône et de la Saune , produisit dans le quartier une espèce d'épidémie qui fut des plus meurtrières.

C'est dans la maison de cette rue , qui porte le n.<^ 14 , que les Israélites de Lyon ont leur synagogue.

Les bureaux de l'académie provinciale se trouvaient aussi dans cette rue. On sait que cette association , formée en 1826 par les rédacteurs du journal de \ Indépendant ^ MM. Morin, Charles Durand, De Loy , etc., était un projet de ligue des départemens pour s'opposer au monopole de l'esprit et des lumières que s'arroge la capitale. La société devait se cornposer de cinquante membres ayant le titre d'académiciens , de dix membres ayant celui de membres du comité des beaux-arts, de cent correspondans résidant dans les départemens de la France ou à l'étranger, et de mille souscripteurs qui auraient eu le titre d'associés. Ce n'est que par des publications que l'académie provinciale devait agir, et elle correspondait avec tous ses membres par son journal et par ceux des départemens. Elle comptait publier douze volumes par an , choisis parmi les manuscrits qui lui auraient été soumis par les sociétaires. M. de Chateaubriand avait été nommé président honoraire et perpétuel ; M. Charles Nodier , président annuel ; M. Charles Durand, secrétaire. L'idée était bonne; mais l'exécution n'y a pas répondu , et à peine une année s'était-elle écoulée depuis sa création, que la société provinciale a cessé d'exister avec le journal qui lui servait d'organe. M. Morin semble avoir voulu essayer de la faire revivre, en publiant, tous les mois, un recueil périodique, in- 8.°, sous le titre de la France provinciale ; mais il n'a donné que deux numéros, ceux de juin et de juillet 1827.

La dénomînalion de la rue Belle Cordlère lui a été imposée par l'usage , et non par l'autorité municipale ; elle rappelle la mémoire de la célèbre Louise Labé , dont le mari , Ennemond Perrin , riche marchamd de cordages , possédait sur cet emplacement , vers le milieu du seizième siècle, un jardin (i) et une maison. Cette maison forme aujourd'hui l'angle oriental de la rue Belle Cordière et de la rue Confort. Ennemond Perrin , mort en i565 , la laissa à sa veuve , qu'il institua son héritière , et celle-ci la légua , à son tour , à deux neveux de son mari , Jacques et Pierre Perrin , en leur substituant l'aumône générale dans le cas où ils mourraient sans enfans. Par l'effet de cette substitution , l'immeuble entra dans le domaine des pauvres. Vendu à un sieur Berthier , conseiller au parlement de Grenoble , il passa ensuite à un sieur de Courtine , puis à Louis Dupré , marchand cartonnier. Il est resté long-temps dans la

(i) Un peu plus haut que la plaine Ou le lione impetueus Embrasse la Sone humaine De ses grans bras tortueus , De la mignonne pucelle Le plaisant jardin estoit , etc.

Ainsi commence la description du jardin de la Belle Cordière dans une pièce anonyme à sa louange, imprimée à la suite de ses oeuvres. Il faut lire en entier cette description , morceau plein de fraîcheur , de grâce et de poésie. C'est là que sont désignées trois fleurs sous des dénominations inconnues des botanistes modernes , les inastis , les bruntttes et les damas , et un arbuste que le poète appelle le cerverin , qui ont fourni dernièrement le sujet d'une discussion intéressante.

famille de celui-cî : car ce n'est que depuis deux ou trois ans que Taliënation en a été faite par Madame R.avier du Magny , épouse de M. le président du tribunal civil de Lyon , et fdle de feue Madame Tavernier , née Dupré. Les propriétaires actuels l'ont fait presque entièrement reconstruire. Il y a grande apparence que ce n'est pas la première fois que cette maison a été rebâtie depuis l'époque où elle appartenait à Louise Labé.

Louise Charly , dite Labé , qui dut le surnom de Belle Cordîère aux charmes de sa personne , a laissé un nom distingué dans les lettres. Elle était fdle d'un cordier qui possédait une fortune considérable et qui lui fit donner une brillante éducation. Elle naquit en i525 ou 1 526. Douée d'une imagination ardente , avide de tous les genres de gloire, elle suivit, en i542 , âgée d'environ seize ans , l'armée de François L^^ (i) au siège de Perpignan , où la firent remarquer sa bravoure et

(i) Quelques auteurs , tels que PouUin de Lumina , Abr. chronol. de Vhist. de Lyon, pag. 186, M. Fortis , Voyage pilloresque à Lyon, tom. I, pag. 210 et 2 12 , M. Jal , Résume de Vhist. du Lyonnais, pag. 24^, etc. , (lisent que Louise Labé fut présentée à François L^% passant par Lyon pour se rendre à Perpignan , et qu'elle charma tellement ce prince , ami des lettres et du beau sexe , par son esprit et par sa beauté, qu'il lui permit de suivre la cour ; mais ce sont là des particularités qui ne se trouvent confirmées par aucun document historique , et qui paraissent avoir été inventées à plaisir. Il en est de même de quelques autres circonstances rapportées par M. Fortis dans l'endroit que nous venons de citer, où, suivant son usage , il use largement du privilège accorde' par Horace aux peintres et aux poètes.

son intre'pidilé , ainsi que son habileté et sa grâce à monter à cheval. Elle s'était déguisée en homme , et on l'appelait au camp le Capitaine Loys, De retour à Lyon , elle y épousa Ennemond Perrin. Sa maison devint bientôt le rendez-vous de tout ce qu'il y avait de personnes recommandables dans la cité par le rang qu'elles y occupaient , ou par leurs goûts littéraires. Maurice Sève , alors célèbre comme poète et comme chef d'une école poétique , ami et patron de Marot , avocat et échevin , appartenant à une illustre famille piémontaise dont une branche s'était établie à Lyon , un des hommes les plus considérés de cette ville ; Claude de Taillemont , qui fut aussi échevin , et qui pareillement cultivait les lettres avec beaucoup de distinction ; Gabriel de Saconay , comte et précenteur de l'église de Lyon , auteur de plusieurs ouvrages estimés ; Clémence de Bourges , la perle des damoiselles lyonnaises , suivant l'expression de du Verdier , etc. etc. , étaient les principaux ornemens de ces réunions , où l'on admettait encore les savans et les littérateurs étrangers qui se rendaient en foule dans nos murs pour y surveiller l'impression de leurs écrits. L'imprimerie de Lyon était en ce temps-là très-renommée ', les Sébastien Gryphe et les Jean de Tournes l'avaient élevée à un haut degré de splendeur, et c'est vraiment alors plus qu'à toute autre époque, qu'on voyait couler, dans les remparts de cette ville.

Les ondes du Pactole et les eaux du Permesse.

Une bibliothèque nombreuse décorait le cabinet de Louise Labé. La musique où elle était fort habile , et d'agréables banquets auxquels elle présidait avec beaucoup de grâce , faisaient chez elle une aimable diversion

aux dei>îs littéraires. En un mot , comme l'a dit un de nos collègues , on peut regarder les assemblées que la Belle Cordière tenait dans sa maison , comme le type de celles qui depuis ont illustré le siècle de Louis XIV. Louise Labé savait le grec, le latin, l'italien, l'espagnol. On se fait aisément l'idée du charme que devait répandre autour d'elle une femme qui réunissait à une éclatante beauté la vivacité et les grâces de l'esprit le plus heureux et le mieux cultivé. Ses mœurs respectées , célébrées même comme pures et irréprochables par les auteurs qui ont vécu en même temps qu'elle , et qui l'ont habituellement fréquentée , n'ont été attaquées que sur la foi de du Verdier et de Rubys qui ne l'ont pas connue. Ces deux écrivains et ceux qui se sont faits leurs échos , nous la représentent comme une courtisane raffinée , comme une nouvelle Léontium , comme la Ninon de son siècle ; mais elle a trouvé d'ardens défenseurs dans les derniers éditeurs de ses œuvres : car elle a composé des œuvres qui furent publiées de son vivant et l'ont été plusieurs fois depuis : elle y chante , il est vrai , l'amour avec des expressions enflammées ; mais qui peut assurer que l'objet de sa passion ne fût pas ce même Ennemond Perrin qui était alors ou qui devait être un jour son époux ? ou pourquoi n'aurait-elle pas eu un amant imaginaire , comme les poètes célèbrent des Iris en ïaïr ^ des Phyllis , des Syhie qui n'ont jamais existé (i) ? Ce qu'il y a de certain , c'est qu'à moins d'adopter l'une ou l'autre de ces hypothèses , on est réduit à l'impossibilité

(i) Cette conjecture se trouve déjà dans les Recherches sur les théâtres de France , par de Beauchamps , Paris , 1755, 3 Yoi, in-i2 , tom. 1 , pag. 554'

absolue d'expliquer les éloges que lui donnent plusieurs poètes de son temps , qui vantent à l'envi sa vertu , sa pudeur , sa chasteté : éloges qu'ils n'eussent jamais osé proférer, et qui se fussent convertis dans leur bouche en reproches ironiques , en outrages sanglans , si la personne à laquelle ils s'adressaient , eût été une femme notoirement perdue de débauche , ou seulement une femme dont la réputation aurait été tant soit peu équivoque.

Le recueil de ses ouvrages, dédié à Clémence de Bourges , consiste en une petite comédie en prose , intitulée le Débat de Folie et d* Amour , ingénieuse fiction , fable charmante , admirée par Voltaire et imitée par La Fontaine ; en trois Elégies , tendres , touchantes , passionnées , pleines d*heureuses réminiscences d'Ovide , de Tibulle et de Properce ; et en vingt-quatre Sonnets , dont le premier est en italien , et dans lesquels , comme l'a observé tout récemment un critique , on reconnaît sans peine , à la douceur et à la pureté des sentimens et de l'expression , que la Belle Cordière soupirait non loin de la patrie de Laure.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur la biographie de Louise Labé , que nous ne pouvons traiter ici qu'accessoirement ; mais , en considération de la place remarquable que cette femme occupe dans nos fastes littéraires et de l'honneur que sa naissance fait à la ville de Lyon , à laquelle notre ouvrage est consacré , on nous permettra d'indiquer , dans une note , à ceux de nos lecteurs qui voudraient approfondir un sujet aussi intéressant , différentes sources où ils pourront puiser des notions plus étendues et plus complètes , et d'entrer en même temps dans quelques détails bibliographiques

sur les éditions des cÊUvres de Louise Labé , qui ont paru jusqu'à ce jour (i).

(i) Le premier ouvrage à consulter pour la biographie de la Belle Cordière , est le Discours sur la vie et les ouvrages de Louise Labe\ hyonnoise ( par M. Charles-Joseph de Ruolz (*) , de racadémie de Lyou ), Lyon , Aimé Delaroche , i ySo , in-12 de 63 pages •, le second est la Notice sur Louise Labé , par M. Cochard , à la tête de l'édition de ses œuvres, donnée en 1824, et dont nous parlerons bientôt*, le troisième et dernier est le recueil des Archives historiques et statistiques du département du Rhône , dont il est peu de n.*'^ qui ne contiennent quelques renseignemens sur Louise Labé. C'est ainsi qu'on trouve dans ce recueil , tom. I , pag. 55-4^5 ^^^^ copie de son testament , daté du 28 avril i565, pièce importante et qui était restée inconnue à nos historiens dont elle peut servir à rectifier les assertions sur plusieurs points (**); tom. Il, pag. 125-1289 une lettre sur deux anciennes éditions de ses oeuvres ; tom. III, pag. 160, son épitaphe , par M. Pericaud aîné; ibid. pag. 47^9 un article sur son portrait lithographie , à Lyon, par M. Ileverchon , et à Paris, par M. Serrur, et pag. 47^~48o, des notes sur cinq plantes cultivées dans son jardin , par MM. Vallot et Thiébaut de Berneaud -,

(*) Né à Lyon le i4 novembre 1708 , mort le 10 juillet 1756 , en traversant la rivière d'Ain qui avait grossi subitement, et en se jetant k la nage pour sauver sa femme et son frère qui périrent avec lui. 11 était conseiller à la cour des monnaies. Il a composé pour l'académie un assez grand nombre de mémoires et de dissertations. L'abbé Pernctti , Lyonn» dignes de jnéni. , tom. II, pag. /|Oi , se trompe en disant que nous n'avons de lui d'autre ouvrage imprimé que sa dissertation anonyme sur Louise Labé : le Journal de Trc</oux , septembre 1748 , nous a conservé des Recherches historiques et topo graphique s sur les villes d'Herculaîie et de Pompéie , qu'il avait lues dans les séances académiques des 22 novembre 174? et 25 avril suivant.

(**) Ce testament a été réimprimé à part.

La ville de Lyon est fièie , avec raison , d'avoir été le berceau de Louise Labé , comme autrefois Mytilène

tom. IV, pag. 217-220, une lettre sur un passage de l'ancien poète français, Guillaume Crétin, que l'on avait cru relatif a Louise Labë, et pag. 522-626 5 une seconde lettre sur des vers de Clément Marot , qui paraissent la concerner ; tom. V, pag. ii-i4et29, une comparaison de son Débat de Folie et cV Amour avec un poème de Wiéland , par feu M. le comte François de Neufchâteau 5 tom. VI , pag. 4^7-458 9 un jugement porté sur elle dans le Fort inexpugnable de V honneur féminin , par François de Billon, imprimé en i555 *, tom. VU, pag. 266-267, une note sur trois sonnets encore inédits qu'elle aurait composés en l'honneur d'Amélie de Mon tendre , suivant les éditeurs de Clotilde de Surville, et pag. 465-466, un article communiqué par un anonyme et destiné à réfuter un passage de la Gazette unii^erselle de Lyon , où l'on blâmait l'autorité municipale de ce qu'elle avait commandé à M. Foyatier , pour la galerie des Lyonnais célèbres fondée par feu M. Grognard , un buste en marbre de Louise Labé, qui a figuré à la dernière exposition du Louvre , etc. , etc. , etc. La plupart de ces morceaux ont été réimprimés dans les Lettres Lyonnaises ^ Lyon , 1826 , in-8.° et dans les Mélanges sur Lyon , extraits des Archii^es du lihdne. Ce sont autant de supplémens aux notes qui accompagnent l'édition des œuvres de Louise Labé de 1824.

Les éditions qui ont été faites de ces œuvres , suivies des vers à sa louange par divers poètes de son temps , sont au nombre de sept. Les trois premières sortirent des presses de Jean de Tournes , en i555 et i556, pet. in-8.°; la quatrième est celle de Rouen, Jean Garou, i556, in-i6j la cinquième a paru a Lyon , chez les frères Duplain , en 1762, in-12 , et fut ^imprimée par Aimé Delaroche ; la sixième a été publiée à Brest, chez Michel (imprimeur et

se vantait de ce qu'elle avait été la patrie de Sappho , et

comme aujourd'hui Toulouse se rappelle avec orgueil

éditeur) , en i8i5 , in-8.°j et la septième , à Lyon, chez Durand et Perrin, en 1824» même format.

Cette dernière édition et celle de 1762 sont des moniimens élevés à la gloire de Louise Labé par quelques-uns de ses compatriotes.

L'édition de 1762 fut donnée par MM. Jacques-Annibal Claret de la Tourrette de Fleorieu , ancien prévôt des marchands , président honoraire à la cour des monnaies et secrétaire -perpétuel de l'académie de Lyon 5 l'abbé Antoine Lacroix, grand obéancier de St-Just; le P. Dumas, bibliothécaire des Gordéliers ; le P. Janin , bibliothécaire des Augustins •, Jean-François Tolozan , premier avocatgénéral à la cour des monnaies ; Biaise Desfours , conseiller à la même cour*, Ruffier d'Attignat, trésorier de France j Bollioud-Mermet, de l'académie de Lyon , et Pierre Adamoli, maître des ports , ponts et passages de la ville et du gouvernement du Lyonnais , Forez et Beaujolais. Ce dernier fut chargé du soin de diriger l'impression qui fut faite sur un exemplaire de i555 , fourni par M. de Fleurieu. Les dessins des gravures qui ornent cette édition , tirée au. nombre de 5^5 exemplaires , avaient été la plupart, quelques années auparavant, esquissés par M. de Lamonce ^ M. Nonnotte, peintre de Lyon, membre de l'académie et frère du fameux abbé Nonnotte ^ l'antagoniste de Voltaire , les retoucha , mais ils furent mal exécutés par le graveur de Paris , nommé Daullé , dont le burin manquait de force.

L'édition de i8?4 ^^t due également à une société d'amateurs et de gens de lettres lyonnais , appartenant presque tous à la magistrature , au barreau , a l'académie et au cercle littéraire. On voit figurer h la tête de la liste honorable des personnes qui ont fait les frais de l'impression et qui ont partagé les exemplaires, MM. le vicomte Paultre

qu'elle a vu naître Clémence Isaure. Ce sont là des gloires , pour ainsi dire , populaires , et qui ne sont que plus flatteuses. Le nom que le peuple lyonnais a donné à la rue qui est le sujet de cet article , est une de ces marques de souvenir qui recommandent encore plus les individus qui les obtiennent que ne le font les éloges des

de la Motte , lleutenant-g'^néral , commandant la ij}.^ division militaire ; le comte de Bastard d'Estang , premier président de la cour royale de Lyon , pair de France ; le comte de Brosses , préfet du département du Rhône 5 le baron Rambaud, maire de Lyon^ les membres de la chambre de commerce, représentée par son président M. le che- Talier Mottet de Gérando, etc. Des ecclésiastiques, des conseillers à la cour, des membres des tribunaux, des avocats , des médecins, des négoclans, une dame ( M.^^ de Sermézy), etc., complètent cette liste qui se compose de 4^ souscripteurs dont les uns ont eu 10, et les autres , 20 exemplaires chacun .'On trouvera dans les Arch, du ï\h.^ t. I,p. 77, rindication des divers papiers sur lesquels l'édition a été tirée. Les éditeurs ont placé à la tête du volume un Dialogue entre Sappho et houise Labe\ par M. Dumas, et «ne Notice sur Louise Labé ^ par M. Cochard, accompagnée de notes par M. Breghot du Lut , lequel a dirigé l'entreprise, collationné le texte avec celui des éditions précédentes , et rédigé le commentaire qui va de la page 1 55 à la page 256, et le Glossaire de Louise Labë qui remplit les pages 237-522. Le volume est terminé par des Additions et corrections et par la Liste des souscripteurs.

Nous avons cru devoir , par les motifs indiqués plus haut , consigner ici ces détails historiques et bibliographiques dont nous garantissons l'exactilude, et que l'on ne pourrait trouver aussi complets nulle autre part.

savans et les honneurs décernés par les princes. Il est vra^ que c'est à sa rare beauté que Louise Labé semble , au premier coup d'oeil , devoir la place distinguée qu'elle conserve dans la mémoire de ses compatriotes ; mais si elle n'eût été que belle , on ne connaîtrait aujourd'hui que son surnom , et l'on se demanderait avec une sorte d'indifférence ou de vaine curiosité quelle était cette Cordière dont les charmes avaient fixé un instant les regards de ses contemporains. Ce sont ses talens , ce sont les œuvres qu'elle a laissées , où elle s'est montrée supérieure à son siècle, et où brillent le naturel, la délicatesse, la grâce , une sensibilité vraie et profonde , une riante et fertile imagination , qui l'ont garantie de l'oubli et qui lui assurent des titres solides à l'estime de la postérité.

La rue Belle Coi'dière peut aussi s'honorer d'avoir vu naître un homme qui s'est acquis de la célébrité par ses talens. Charles Bordes (i) y vint au monde, le 6 septembre 171 1. On sait qu'il fut l'ami de Voltaire , et on connaît ses relations intimes avec J.-J. Rousseau dont il devint ensuite l'antagoniste dans la fameuse dispute sur la ques^ tion proposée par l'académie de Dijon sur l'influence des lettres et des arts. Il écrivit en prose et en vers , et il fut , suivant l'expression de M. Barou du Soleil (2) , l'un de ces littérateurs distingués que les provinces opposent avec orgueil aux prétentions exclusives de la capitale. Plusieurs de ses ouvrages parurent de son vi-

(i) Il signait ainsi, et cependant l'acte de son baptême et celui de son décès portent, l'un et l'autre, Borde sans s. Voy. Archives du Rhône, tom. I , pag. 52 , not. i.

(2) Eloge de M. Prost de Royer, (Lyon ) , 1785, in-8.**, png. ig.

vant ; mais ie recueil n'en a étë publié qu'en 1785 , deux ans après sa mort (i) , par un de ses confrères à l'académie de Lyon , l'abbé de Caslillon , vicaire-général de M. de Monlazet. M. l'abbé Guillon de Monlléon fit paraître en 1785, sous le titre de Tribut de l amitié à la mémoire de M. Borde , un éloge intéressant de son ami ; et M. Pericaud aîné lui a consacré une notice biographique qui a été insérée dans le tom. I des Archives du Rhône , pag. 52 et suiv. , et réimprimée séparément. Le recueil périodique que nous venons de citer , contient en outre , tom. III , pag. 40"47 5 le discours de Bordes à sa réception à l'académie de Lyon , prononcé le 27 avril 174^ , et qui , au moment de (.ette insertion , était encore inédit. Ce fut Bordes qui , en sa qualité de directeur de la même compagnie, complimenta Voltaire , dans la séance publique du 26 novembre 1754. Ce discours , pareillement inédit , se trouvera à la page 61 des Méhinges sur Lyon ^ actuellement sous presse, et figurera sans doute dans \ Histoire de l Académie de Lyon , que M. Dumas est sur le point de faire paraître.

2Vb/a. Cette notice , re'dige'e par M. C. B. D. L. et destinée à faire partie d'une description par ordre alphabétique des rues , places et quartiers de la ville de Lyon , est extraite des Archives fils torique s et statistiques du département du Rhône ^ tome VIII 5 pag. 4'i9*

(i) Arrivée le i5 février 1781.

Page 1