‹ Évangéline, conte d'AcadieChapitre 2 sur 17 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

en même temps dans des limites iixes. Il est le poëte des soleils bienfaisants et des cœurs purs, des brises clémentes et des âmes tendres. Ce qui le touche, dans la nature, ce sont ses mystérieux silences, ou ses éclats contenus ; ce qu'il exprime plus volontiers de l'âme humaine, ce sont ses pieux recueillements, ses tendresses peureuses et ses dévouements discrets. Comme il est plus sensible, dans le paysage, à ce qu'il a de clair, de reposé, d'ému, ainsi, dans le cœur, il va chercher tout d'abord les sentiments de charité, d'attendrissement et de résignation. Ses horizons, pénétrés, comme ses pensées, d'une lumière un peu diffuse, lui empruntent quelque chose de cet indéfini, de cet inconnu qui pousse en avant lecteurs et voyageurs. Au reste, il y a dans un autre de ses poëmes un vers qui donne bien la mesure et le ton de sa pensée :

Aimer, c'est du soleil, et haïr, c'est de l'ombre l.

Longfellow est tout entier dans cette idée touchante vêtue de cette claire image, et il suffirait de décomposer ce rayon de poésie pour montrer de quel arc -en-ciel de sentiments généreux et de formes gracieuses est fait ce talent sympathique.

Mais ce qui donne surtout sa valeur à ce poëme, c'est la

1 m Love is sunshine, hate is shadow! » ( The Song of Hiawatha, chant X.)

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