‹ Évangeline et autres poèmes de Longfellow [microforme]Chapitre 8 sur 28 · UX · texte numérisé non relu

UX

Berçant sa large queue, et fier de sa valeur, Trottinait pesamment, jappant pour faire peur Aux jeunes étourdis qui restaient en arrière.

Le jour, quand le berger dormait sous la bruyère, C'était lui qui gardait les timides brebis;

Et la nuit, quand les loups, affamés, plus hardis, Dans les bois d’alentour venaient hurler de rage, Il sentait redoubler sa force et son courage.

Quand la lune, plus tard, éclaira l'horizon, Que sa molle lueur argenta le gazon, Les chars de foin salin, jetant un âcre arôme. ‘'ontèrent des marais à la grange de chaume.

5 leurs selles de bois, peintes de tons choisis, Et d’où tombaient, flottants, de longs glands cramoisis, Qui rappelaient l'éclat de la rose trémière.

Humides de vapeurs, secouant leur crinière, Les chevaux hennissaient. Et, dans un coin du clos, La bouche ruminante et les yeux demi-clos, Les génisses rêvaient pendant que la laitière En écume d'argent, dans sa lourde chaudière, Faisait couler le lait. Puis, dans la basse-cour, Répétés par l'écho des granges d'alentour,

BTS

Page 1