‹ Évangéline [microforme]Chapitre 2 sur 30 · EE N · texte numérisé non relu

EE N

8 f AU LECTEUR

Henri IV. Dans les cu qui bordent le St.

Laurent, comme sur Fa rivages de l'ancienne Acadie où sont restés les descendants des fils do la France, le voyageur retrouve le mème attachement à la foi catholique,/attachement que les persécutions les plus à cruelles n'ont pu ébranler, la même urbanité, lo même

amour de la nationalité, amour sublime qui réunit

toutes les amours et prète a un peuple quelque faible

qu'il soit, une énergie et uné vigueur qui tiennent du

prodige.

Il est étonnant de retrouver encore des villages, des

cotés méme tout peuplés d'Acadiens, dans cette

Acadio où la cruellé Albion a promené la torche incen-

diaire et le fer mourtrier de ses soldats inhumains.

C'était le 5 septembre 1755, l'Acadie se mirait dans.

les flots de l'Atlantique et du Bassin des Mines, riche,

paisible et souriante comme une fiancée ; tout-à-coup, 5 4

l'Añigleterre jalouse de lu prospérité des colons fran-

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cnis, arme uno flotte: choisit les plus envieux de ses

enfants ot les plus barbares de ses soldats, et les lâche comme une meute a io sur l'heureuse colonie. On appelle l'hypocrisie et la trahison au secours de la violence, Come toujours la cruauté 9 Les Acadiens FRE dépouilles de leurs armes, sont enchainés comme des criminels, embarqués 99 95 méle sur los Vaissemgx Anglais, ot transportés . bords ctrangers où les attendent lu faim.et le dénüment, la persécution et lu mort: car bien peu ont les exilés

d'Acadie ont pu comme le père Basile Lajeunesse, l'un

des héros du poème, chanter l'hospitalité généreuse,

la richesse ot la liberté de lu grande colonie Anglaise,

La plus part au contraire ont été rcpoussés Avec ma-

lice, bafoués ot maltrnitén. Dans In Pennsilvanie, on

a voulu réduire en esclavage ces malheureux déportés,

Ce n'est pas ainsi aujourd'hui que l'exilé ext accueilli.

dans la grande république.

Qu'elle a done été lamentable la destinée de ce g pauvre potit pouplo Acadion ! et par quel prodige subsisto-t-il encore, disséminé, il est vrai, mais toujours reconnaissable, toujours le mème que le bon pouplo chanté par Longfellow. Aujourd'hui les bar. rières qui nous séparaient de ce peuple sont tombées. Nous n'avons plus qu'une mème patrie, le Canada. Le Providence qui fait surgir les 8 etqui js fait entror dans le néant, a sans doute les yeux ouverts our nous. Elle ne nous a pas dirigés pendant trois siècles à travors les écueils et les dangers de toutes sortes pour ensuite nous laisser périr tout-à-coup. Vn peuple qui aime sa langue, sa foi ot ses coutumes jusqu'au martyre peut bien ètre accablé, vaincu,

tyrannisé, mais il ne saurait périr tout entier.

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