‹ Évangéline [microforme]Chapitre 26 sur 30 · N 156 ÉVANGÉLINE · texte numérisé non relu

N 156 ÉVANGÉLINE

C'était une Shawnée. Hilo allait aux montagnes.

“Rejoindre ses parents ot ses jeunes compagnes Qu'elle avait dû quitter pour suivre son époux A la chasse aux castors, aux ours, sax caribous, Jusqu'aux lieux où l'hiver étehd son aile blanche. Mais elle avait vu, là, le féroce (manche.

Enivré de fureur, du tomahawk armé,

„ Massacrer, sous SON 9 — son mari bien-aimé, Un fier Visage-Pâle, un Canadien paisible.

Aueun 4 voyageurs no parut insensible Au récit de lu rare. à son affliction ;

Ils lui dirent des mots de consolation,

Et la firent asseoir à leur table modeste

Quand la braise eut doré le chevreuil gras et leste.

Lasse du poids du jour et du poids des ennuis,

Quand le repas fut ſuit, quo le voile des naits

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ÉVANUÉLINE

Hut ouvert, sous le ciel, ses grands replis humides, L'exilé d'Acadie et ses sauvages guides - Livrérent au repos leurs membres fatigués.

X : Pendant que les reflets capricieux ot fais * | k > 8 US, Du brasier allumé dans In vaste prairie che. Jouaient sur leur front blème et leur joue amaigrie, La Sauvagesse vint, l'âme pleine de deuil, S'assooir sur le’ gazon devant l'agreste seuil De la tente où veillait la triste Evangéline,

Puis elle fit entendre à la vierge orpheline, : \

Le récit douloureux de ses derniers malheurs,

. gs Q , ‘ 8 Elle lui-répéta, les yeux noyés de pleurs,

lde cette voix grave, humble ot mélancolique

Qui distingue partout l'enfant de l'Amérigye”

Sa premiere espérance et nes felicites,

Son amour, son hy men ot ses ndversités ;

Comme elle avait de joie.et de pour. d' re mère,

Et plaignait son enfant de n'avoir point de père !

Evangéline, émué à ces tristes discours,

Donna, pendant longtemps, à ses pleurs libre cours. Coms

Elle voyait près d'elle une autre infortunée, Mais

Une femme aux chagrins comme elle destinée ; Dans

Un cœur brûlant d'amour déçu, blessé, flétri, | Puis :

Et privé pour jamais de son objet chéri. Enie!

Los liens du malhour unirent ces deux femmes, Fianc

Et d'intimes rapports enchaînèrent leurs âmes. Qui »

Une :

La vierge d' Acadio à la femme des bois

Dit aussi ses douleurs et depuis quels longs mois Et du

Bien loin de sa patrie elle était oxilée. Quanc

Et la femme des bois, la figure voilée, Qui p

L'écoutait on silence, assise à quelques pas. Aux b

Sos yeux étaient de flamme ; elle ne pleurait pas. Son at Le sui

: Tenda

Quand la vierge eut fini son histoire pénible Sans r

L'Indienne résta sombre, morne, insehsibie, Avec |

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ÉVANGÉLINR

Comme si la terreur eut frappé son esprit :

cours. ; Mais un moment après, tressaillante, elle prit 2e Dans ses deux frèles mains les mains d'Evangéline. di Puis assise à ses pieds dans l'ombre. et la bruine, ( Elle lui répéta l'histoire de Mowis, Fiancée de la noige et brillant comme un lia, On, « .

Qui s'étant fait chérir d'une vierge enéor pure Une nuit partagen sa couche de verdure, N Et du discret wigwam sortit soudainement mois Quand le rayon du jour dora le firmament ; Qui pälit, se fana, se fondit comme une ombre, Aux baisers du soleil qui chassait lu nuit sombre. Son amante abusée, en proie à ses rogrets pas | : e

| Le suivit, en pleurant, jusqu'au bord des forèts, Tendant vers lui ses bras pour retarder sa fuite. Sans reposer sa voix elle redit ensuite,

Avec le mème accent et si doux et si beau,

Comment, pendant la nuit, la belle Lilinau,

‘Lmprodente, ot patois légère en sa conduite, |

Par un-méchand fantôme avait été Aduite. N ct Ft Le ntm venait, vers le déclin du jour, EI 8 Se cacher dans les pins qui voilnient le séjour | At De Lilinau In vierge au front ceint de liane : Ve

Et, lorsqu'elle passait le seuil de sa cabane. La

De sa noire retraite il sortait pour la voir. Su

Il soupirait d'amour 3 lo vent du soir, Sa

Et murmuruit tout bas de bien tendres paroles. Le

à g i Lilinau, se fiant à cos propos frivoles. | Et Recherchn sa presence et l'aima tendrement. La ; | .

Chaque soir il venait vers elle constamment, La à En cüressant, un jour, verdoyantes pla . Ex! . | Elle suivit Re vol à travers bois et brumeif 0 Les On ne la revit plus. Sa tribu la chercha ; Et

> Mais personne jamais, sans doute, np La Du gite où l'enchanteur la rotenait captive. Son | | Mui

Toujours Evangéline écoutait, attontive,

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