‹ Évangéline [microforme]Chapitre 27 sur 30 · CE · texte numérisé non relu

CE

ito. Les contes merveilleux de la femme des bois, ; N Et les sons lents et doux de sa magique voix. Elle s'imaginait étre au loin transportée g jour ne Au splendide horizon d'une terre enchantée, à: Verx des cieux inconnus ron cœur prenait l'essor, . La lune se leva comme une bout,

Fur les pics dentelés de On N Ven chauves, ir. f . Su mystique lueur glisen dans LE MC, roles. Les voûtes, les.arceanx des lointaines forèts,

| Et des gites enchés elle vit les secrets,

nt. La tente de in vierge apparaissait plus blanche : mt, La mue ot le rosou¹ le gazon et la branche. .

Exhalaient des soupirs longs et myxtérieux ;

Les ruisseaux murmurnient des bruits harmonieux

Et de tièdes xéphirs volaient sur les prairies. © 4

La vierge abandonnait aux douces réveries 5

Son ésprilenivré, son cœur lune, aimant,

Mais une vague hofrour, un noir pressentiment

——— — — eee ——ů—

162 f ÉVANGÉLINE

We glissaiont dans son âme et troublaient son ivresse, % 5 -

: Ave d'omme un serpent impur se glisse avec adresse, | Jeun Roulant ses orbos froids sous les buissons épain, l 5 j À Elle Dans fe nid du moineau dont il trouble ln paix. 1 3 | ; ‘ Je Ce triste sentiment n'était point de ln torre. d Su De célestes esprits omblniont, avec mystère, 5 0 ‘10 Ii ufer lours socrots dam l'air calme des nuÿts, K | | D 5 * LL 1 A] N 1 ! Lu ere Elle sentit soudain redoubler ses ennuis. 104 de “Où 2 Quelque chose lui dit dans un secret langage. * 8 + ETS „ Que; pareille en sa course à la vierge sauvage, 4 do Elle aussi poursuivait un fantome menteur. Lx 5 LA \ Mais bientot un sommeil calme et reparatetir, 1 — 5 + Ko Versant sur an paupicre un merveilleux arome, b — N 9 Chuszt de son esprit lu crainte et le fantome. Lx 4 : n Et le * à - 9 — * Si i Oui qu'appurut l'aube du lendemain 1 LA ve Le

Les voxute nrx. dispos, reprireut leur chemin.

EVAN atis

Avec eux s'éloignait la plaintive Shawnée,

Jeune et pourtant au deuil à jamais condaninée.

Elle dit à ln vierge : ‘ Ecoute-moi, ma sœur, .

„Je connais tous des lieux comme le vieux chasseur,

„Sur le flane de ces monts où l'aigle n fait son aire

Lo flanc que le soleil en se couchant éclaire,

„Kat assis tin village, une humble mission

Où reste un homme blane comme ta nation :

„Cost le chf du hamenu :; c'est une Robe-noire.

„Son souvenir toujours rern das mn mémoire,

+ Déson peuple souvent j'ai vu le tendre cœur

; + Éclater de plaisir où saigner D ui Pre RE | 5 f | Pendant qu'il lui parlait de dn vie éphémère, * 91 + De l'aimable Jens et de cn bonne, mère.” | 1

Et In viorgo aussitôt dit à ses compagnons : 7

ss

+ Ni nous changeons de rote et ki nous atteignons

„FCC

A 13 Io bourg que ce mont semble enlever «ur son nile, | DEEE ù l

* Peut-être aurons-nous là quelque*bonne nouvelle." ee E pi

” Sv

ÉVANUÉLINE :

A peine ent-elle dit que los aventuriers

8 U 4 8 4 8 à 7 2 + aero vors les monts lours fnpidés coursiors. 8 Quand le weil entra duns son lit de nue \ La troupe voyageuxe, unte (ane, + Détourna la montagne’ ot découvrit au loin F. Une grasse prairie où moutoniait le foin, ’ L Où sorpentaient dos eaux d'une vive fontaine: 8 . * alle entendit chanter plus d'une voix lointaine, a & 0e Et vit le groupe gni des tentes des chretiens 1 A L Unis dans ces denerts pur de sucres lies, Q Sous un chene orgueilleux dont l'antique feuillage Dé son ombre voilait les tentes du village, Kiniont agenouilles, avec soumission.

) Le peuple ot le pasteur de l'humble mission.

B Voile par une vigne un erneitix de marbre

Avait éte fixe dans l'écorce de l'arbre

are

À travers-les ramenux du chene solitaire .

La prière et le chant s'élovaient de la terre

Basile, un peu confus, d'une voix héxitante, , L'assura d'un respect profond et filial. | | 10 A

Eentendant parler son langage natal Î

ÊVANGÉLINE PS

Et omblnit roposer un regard triste et doux

Sur les pieux chrétions tombés à ses gonoux.

Et montaiont vers los cieux comme un divindneens,

Les voyageurs, touchés de cos pieux necents,

N'avancèrent sans bruit, lu tète découverte,

Ne miront i genoux sur In pelonse verte,

æ à . | Et priérent longtemps avec dévotion,

æ 1 11 Quand le prétre eut donné 1 bénédiction . 1 xs : x 14

Qui tomba de en main sur la foule attendrie

Comme le grain de blé tombe sur ln prairie

De In robuate main de l'actif moissonneur.

f II nvanen vers eux sollicitant l'honfeur 8 | Î

De les avoir longtemps pour hôtes daus «tente.

166 ÉVANGÉLINE 2 0 * * 5 à Au milieu de ces monts, de ces forêts sauvyéres, Que n'évoillent jamais que les grossiers uh; o. 9 2 f à ét 5 ce 2 4 L Des ignares tribus qui peuplent ces déserts,

Ou des ours ot des loups les discordants conicerts,

Le prètre catholique eut une grande Mio.

En suivant un sentier où la,verdure ondoie,

Il guide à son wigwam les voyageurs laxnex,

Puis il los fait usseoir sur des ramenux cassés 5 *

Rovouverts dela pon de riche bete fauve ;

Et, signant de lu croix son front anguste et chauve,

Il partage avec eux sex ggiteaux de mais,

À Mets de toux les repas dans ces lointains pays,

A chaeun à son tour, en souriant, il passe,

Pleine d'eau jusqu'au bond, a vieille enlebanse,

Riontot les voyageurs disent, en peu de mots, Le but de leur voyage et leurs penibles maux. .

vrts,

hauve,

+ hyanuËiNr | 167- Lo prètre leur répond d uno voix solennelle : : — * Laube u' pas ix foin aix cieux tendu sou aile, “ Le soleil ne nent point six fois non plus oufui, 8

* Depuis que Gabriel, dos trappours avec lui,

= Fm

„Sent asnin sur lu natte où lu viorge est assise.

“ Pour so rendre-à mes vœux, d'une voix indécise «À

„Ames dit longuement son funeste destin, „ Puis il continua son voyage lointain."

La voix du vieux pasteur était bien onctueuxse :

C'étuit le doux écho d'une ume vertuense.

Lau vierge, cependant, sentait fniblir son cœur ; Chaque mot lui seniblait éldgner le bonheur, Et tombait lourd ot froid dans son me trémblante, Comme durant l'hiver ln neige ruisselante Tombe dans un chand nid d'où, s'est enfui l'oiseau. — II va chasser un nord dés ni pays nom ven,

Continua le prötro, “et l'automne preghaino,

I revient avec hous prier sous le grand chêne." dé

Fe

bit tine, alors, dit àr humble pasteur :

tu

D'une vob plug ru de RE y

+ Mon père, cooles qu'en ce gen)

* * attendre lépou on ou bien” ven à

11 LT fut convommé l' holocaunte divin, ,

EU fit seller soù une mexicain,

La

1 il s'achemina ders ses lointains rirugos,

N'ayant plus avec lui qhe ses guides sauvages.

Los jours se succédaient lenteinent, lentement

Le maïs parfumé qui semblait seulement

Dé pou

Bes vi

Eu rin Elles à Lappe

Sans }

. Auprè

Alors Le pre Un ca

Et lo «

Un us dont duvet répandu sur la terre,

peut! lu v vierge » arriva dus le bourg solitaire,

s vierges rougissaient quand leur petite main „ | v N 8 Déponillaient des épis aux graines de carmin. Len vierges rougissaient et cachaient leur visage,

Eu riant, en secret, de l'amoureux présage.,

8 2 à 1 — 2 Elles riniont encore à ¹ν-0e épi tortu,

N 1 L'âppelaient un voteur dans los blés descendu, N . 8 .

a, Sans pitié le jetaient au loin avec fudéise. ron. „ Auprès d'Évangetine étrangère à l'ivresse

Alors nul blond épis n'amenn Gabriel.

Iss prètre lui disait : + Lève toujours au ciel Un our plein de foi vive, une humide paupière

Et le ciel, à ln fin, entendra tu prière,

IM est, duns nos déserts, une plante au front pur | Ton

9 * i 2 , R i 12 3 ï Comme l'étoile d'or dans ln plaine d Maur; e

Na flour mystérieuse un nord toujours s'incline . Le y C'est une douce fleur que la bonte divine Lab

Nème, de place on place, en nos pres ctendus I. b

Tour diriger les pas des voyagours perdus, | 11

ss Semblable à cette flour est lu Foi dans notre and. „ Cab

Les fleurs des passions ont bien plus de dictume, La !

Plus de vives couleurs, plus de pompeux éclats ; Flux

Mais soyons defiants, elles trompent nos pas, | Que

à Le

Et leur baume suave est, helus ! bien funeste. G ; , : 0

f 2 : + Seule ici-bas ln Foi, cette plante céleste, .

à Eat le guide éclairé. de nos pas chancelants : 2 ne

Ensuite elle orne, au ciel, nos fronts étincelünts. Où d

Eva

AA

g Oub Ainsi venaient déjà les benux jours de l'automne. à | ; 2% „lat t.

Es passèrent pourtant ! Les fruits de leur couronne

Dit.

Tombérent, un par un, sur le guéret durei :

Ginbriel ne vint il l'hiver s'enfuit aussi ;

Le printemps embaume s'ouvrit comme une rose ; L'aboille butinn ln fleur nouvel-éelose :

L'oiseau bleu fit pleuvoir sur les feuilles des bois Les suaves accords de su joyeuse voix, Gubrielne vint pas! Cependant sm son aile . U * La brise de bete portait une nouvelle lux douce que l'urome et l'éclat des bonquets : Que le frais coloris et l'odeur des bosquetx. + Gabriel le chasseur avait planté sa tente Au fond du Michigan, sous Li voûte flottante, Sous les pesants areentix des antiques foréts, / Où de lu Saginaw roulent les flots muets.” Evangéline, entin rendue à Fespérance, Oubliant en faiblesse, @ublinnt en souffrance,

no. 9 , | - + Éttout co qu'a d'amer une déception,

ronne 2 17 1 7 Dit un dieu pénible à l'humble mission.

Cherchant à fuir sos maux, n triste destinée, Avec elle partit

Après avoir li a

Après av ir hélas ! plus d' ang Fois souflert

i. aiguillon- de la ſuim ot d' un “ Tag 3 Après oi couché, sang abri, aur l herbe ET Eh! vignit des bois éloignes vers le Nord, 2 3 + He la Sagiunw suivit au loin le bord,

DE + x Un soir elle aporçut, un fond uno ravine, ] La tente du chasseur... Elle étfit en ruis !.…

x, 8 #2 ve * 7

Sur les ailes du temps x Ni pat lex nuinonms, r > .

Lu pauvre Ee angéline, : aux laingnins Khan, L 1 5 4 Ne voyait pas end. le-bonheur apparaitre Un profond dre mai tont À on ro, * a”

de, Sone los feux de eben, Jus ri

LUN ain en ne on bié

Tantôt on ln voyait aux missions moraves,

Priant Dieu de briser sex terrestes entraves ;

Sur un champ de bataille aux malheureux blessés Tantôt olle portait des secours ‘emprensés ;

Elle ontrnit aujourd'hui dans une grande ville,

Et demain ke cachait dans un ume tranquille,

Comme un pile fantome on d voyait vonir, Et souvent do sn fuite on n'avait souvenir.

Quand elle commença st course longue et vaine

Elle était jeune et belle, et son nme était pleine Pr | „

es espoirs, dé tehdres Passions :

g 5 ‘ * 7 5 8 ' „ 7 In eau achévait duns les déceptions !

es, à

Elle avait nn, u jouc était funde;

Na benuté n'en alla nn nouvelle année Dérobait quelque charme à son regnnl 1 10 Vet H runnit sur son front lex rides du chagrin. On découvrait den. sur n tete flétrie,

Quelques chéVénx d'argent, aube d'une autre vie,

— es —

Aurore dont l'éclat mystérieux et doux Nous dit qu'un nouveau jour va se lever pour nons ; Comme dans l'Orient l'aube brillante ot. vive

Annonce à l'univers que le soleil arrive.

Dans cette heureuse terre où de flots nan rex

La Deluware arrose, en chantant vals et prés,

1 s'élève une ville harmonieuse ot fière

Qui baigne ses beaux pieds dans lu chaude riviere ; Qui gnrde avec amour, dans son bois enchanteur. Le vénérable nom de Penn, son fondateur.

La l'air est imprégné d'une douceur extréme :.

Do lu beauté ln pèche est le charmant emblème ;

La, comme un doux écho, chaque rue n xu voix

Qui murmure les noms des vieux arbres des bois,

Dont l'est Avai Et o Do u Une C'est Le p Elle Et li C'eln Et su Les | Aprè Pur 1 Ke to

Com

Come pour apaiser les plaintives Dryades

nous; Dont on a demoli des vertes colonnadlex. 7 ‘ ‘

C'est là qu'Evangéline, après sex longs travaux,

Avait enfin trouvé le calme et lo repos ; .

Et c'est là qu'était mort Leblanc, le vieux nogaire.

Do ses cent petits-fils, quand il quitta lu terre,

Un soul vint, un moment, s'usscoir à son chevet,

C'est dans cette cité que ln vierge trouvait

Le plus de souvenirs de su terre natale. 4

‘ ‘ 4 Elle aimait des Quakers l'existence frugale, "" 4 : 1

Et l'usage charmant de tous se tutoyer :

10e; Celn lui rappelait son antique foyer, 11:

nur,

“Et sa chère Acndie où se traitaient on frcrexs

Les habitants unis dans l'hour et les miséres,

Après qu'elle eut fini-ses courses iet-bns, | 5

Par un divin instinct, sos pensors ot sex pis

Ne tournérent d'accord, vers cette ville altière,

Comme ln feuille, au bois, se d

176 ÉVANUÉLINR

Quand In brise s'élève avec de frais matin | Te 1 5 4 À 7 5 1 : 2 Et-chanse les brouillarnds jusque dans lo lointain 3 " * g ; * à 0 * U Le voyageur usain le QU den montagnes : Le —— pit à 8 2 ! 25 à 2 ET Voit nuitre, nous sos pieds, de ritten Tce 5 Qu Par ; De longs russen d'argent franges de vorts ramonux, Po 8 ; | . * „es clochers orguoilleux t dl'agrestes hameontux : | te Ainsi qua los brouilfiandts ontuirent de son me, 110 N A . & a hen loin, uu dessous d'elle, des sentiers adde NAI e, 5 é 5 ?

+ ! 1 * n ne vit graviter le monde stine, * i 864 80 . lei les ent ieren que d'un pas chancelnnt ne A F f 2 Mlle avait rennmtes avec tnt de constanes *.

\ : 1 Nompbiniont courts maintenant, ot brilinient en distance,

N 3 l 11 7 1 7 * 7 1 Jependupé Gabriel n'etait pus délais * * | € — 1

In vierge, duns son cœur sous le deuil uſfnis se,

Gardait Adélement son image bene,

Palpitanté d'amour, charmante, rajeunie,

mohux

ums,

intance,

GVANdEH INR

Comme ‘ à ep jour hourvux où, In derniore foin, Anise À we coton, elle oel n volx,

L n n'avaient point pu changer cette Hure Qu'elle vit autrefois a placide ot si pure !

Pour elle non amant n dau 8 v oihi ;

Page 1