‹ Évangile republicain, constituant l'alliance de tous les peuplesChapitre 41 sur 45 · I. — Politique générale · texte numérisé non relu

I. — Politique générale

Dans l'ordre politique ,

Vous avez :

Aboli la royauté ;

Proclamé la République ;

Ouvert à tous les citoyens les rangs de la garde nationale;

Décrété le suffrage universel et direct , exemple unique dans le monde d'une pratique

complète, absolue, du droit des citoyens, d'une application sans réserve, sans restriction, du principe de souveraineté du peuple;

Vous avez dissous la ch;iml)re des députés;

Défendu à in ciiambre des pairs de se réunir ;

Dissous le con-cil municipal de Paris et le conseil général de la Seine;

Délié les fonctionnaires publics de leur serment;

Supprimé le serment politique , comme une atteinte à la morale et à la liberté humaine ;

Rétabli sur notre glorieux drapeau l'immortel symbole de la République : Liberté , Égalité, Fraternité ;

Sanctionné le libre exercice de tous les cultes; et, associant le sentiment religieux au grand acte de la liberté reconquise , appelé sur l'œuvre du peuple la bénédiction divine;

Adopté les enfants des victimes du gouvernement monarchique; secouru les blessés; fait aux cifovens morts pour la République de civiques funérailles ;

Mis en liberté les détenus politiques;

Affranchi les journaux de l'impôt du timbre ;

Abrogé les lois de septembre ;

Détruit le monopole des annonces judiciaires;

Restitué à la presse, dans ses luttes contre les fonctionnaires publics , sa juridiction naturelle ;

Créé une commission des récompenses nationales;

Placé les propriétés publiques et privées sous la sauvegarde de la République;

Supprimé les titres de noblesse;

Décrété l'émancipation immédiate des esclaves dans toutes les colonies de la République;

Enlin, citoyens , vous avez aboli la peine de mort.

En même temps que vous consacriez par vos décrets la révolution accomplie en quelques heuies par le peuple de Pars, vous vous adressiez à l'Europe; et un manifeste, expression sincère de votre pensée, apprenait aux autres nations la conduite que la France voulait tenir envers elles.

Ain-i, dès les premiers jours, vos principes de politique extérieure étaient proclamés aussi hautement que les principes qui, au dedans, devaient fonder l'ordre nouveau.

<< La République française, disiez-vous , exercera par la lueur de ses idées , par le spectacle d'ordre et de paix qu'elle espère donner au monde , le seul et honnête prosélytisme de l'estime et de la sympathie. »

Cilovfns , les événements qui , dans toute l'Europe, ont éclaté comme un écho de notre de notre révolution, prouvent que vos prévisions ne seront pas trompées. La propagande des idées est plus puissante que celle des armes.

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