‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 115 sur 326 · CONCLUSIONS. CXCIX · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS. CXCIX

dits johanniques ont été divulgués en Asie par un groupe de croyants qui ont voulu les mettre sous le patronage de l’apôtre Jean. Cet apôtre n’a été pour rien dans la composition de ces écrits (4). »

En apparence, rien n’est changé, la négation n’est que plus inflexible. Mais on reconnaît donc désormais le point auquel nous avons attaché tant d'importance : c’est l'évangile lui-même qui se trouve sous le patronage de l’apôtre Jean. Il ne suffirait pas de dire que la tradition a voulu un apôtre et a désigné Jean. Non, cette désignation émane de l'évangile. La critique s’impose donc le devoir de prouver que cette désignation est une fraude littéraire, et que cette fraude littéraire a été acceptée sans difficulté par toutes les églises comme par les hérétiques. Ce n'est pas tout. On n’a pas osé jusqu'à présent taxer tout l’évangile de fraude littéraire. Il faut donc y distinguer un document mystique, émané d'un contemplatif inoffensif, et une double série d’additions, opérées par des clercs d'Éphèse, emprunts faits à la tradition synoptique, pour concilier au livre l’opinion générale favorable aux synoptiques, et spécialement l’appui de l'Église romaine. Ainsi on nous demande de croire que ces aigrefins d'Éphèse, si parfaitement chez eux en Palestine, ont été assez maladroits pour compléter le mystique par une série d’additions dont la divergence avec les synoptiques a fait naître précisément la question johannique! Il eût été plus simple de ne rien ajouter du tout, ou, s’il y avait des éléments discordants dans l'écrit primitif, de les faire disparaître. La critique extrémiste a donc atteint un point où les gens de sang-froid et de bon sens devraient se sentir obligés à revenir en arrière.

(1) Le quatrième évangile, 2° éd., p. 38.

Page 1