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Philon (Cherub. 172) : sbodasts yap afrioy pèv adroÿ (du monde) tv 0eov by? où yéyo- | yev…. Goyavoy GE Adyov 0eoë D” où areoxevéan. Le rôle d'instrument est exclu ici par la nature du Logos qui est Dieu. Cependant la tradition savait que Dieu avait créé le monde par sa parole et le même rôle avait été attribué à la sagesse de Dieu comme conseillère (Prov. var, 30; Sap. vi, 12). Le Logos, parole intérieure d’abord, c’est-à-dire concept intellectuel, était donc bien celui par qui Dieu 1 créé : Quicumque enim aliquid facit, oportet quod illud praeconcipiat n SU4 sapientia.… Sic ergo Deus nihil operatur nisi per conceplum sui intellectus, qui est sapientia ab aeterno concepta, Scilicel Dei Verbum, et Dei Filius; et Uleo impossibile est quod aliquid faciat nisi per Filium (Thom.). Ë
Le rôle de l'intelligence dans la création n’avait pas échappé aux Grecs, qui ont admiré l’ordre des choses. Mais en donnant Athéna comme conseillère 4 Zeus, ils divisaient la divinité en plusieurs dieux; Cf. ARISTIDE, Or. in Minerv.
xxxvir, 5 : où yèo dv GXkws 6 Lebe Enaota Busthev, eù ph répedpév te 20 géuéovkoy th Anvay racezabloato. >
C’est sûrement la doctrine de saint Paul que Dieu a créé par Jésus-Christ, non point comme incarné, évidemment, mais comme Fils de Dieu : [ Cor. vH,. G : etc eds 6 rate, É6 05 tù névra rai muets els aùtOv, za eîç xôptos ’Inooûs Xptotôs, 5° 05 <ù révre, et Heb. 1,2 Dieu et son Fils : dc” 0 xaù énolnoev vob aiüivas. Dans ce dernier cas, Dieu est le sujet, et il n'est pas douteux que le Fils soit en quelque façon intermédiaire. ne
j1 faut noter aussi Col. 1, 16 rà révrx 3e” adroë za el aûrov Éxtiorar, OÙ le sens est le même, quoique cette fois rx révrz soit le sujet. ee
C’est le cas de notre versel. Le R. P. Lebreton (Les origines du dogme de la Es Trinité, 4e éd., p. #19) estime que cette expression ne manifeste pas un principe initial dont le Verbe serait l’agent ou le ministre. Mais si les termes d'agent et de ministre indiquent presque une subordination et sont à laisser de côté, on entrevoit bien le principe initial par le seul fait de la préposition àé, qui ne : peut naturellement avoir pour régime la cause première. Il est vrai que d'après Chrys., Jo. a voulu relever la toute-puissance, d’après Hilaire l'éternité, d'après Augustin la consubstantialité du Verbe, mais Thomas a essayé de pénétrer plus avant, etil a constamment supposé le Père comme premier principe de la création. Quel est donc le rôle du Verbe? On peut l'entendre par simple appropriation. Lorsqu'il s’agit d’une opération ad extra, c’est Dieu qui agit, sans distinction de personnes, mais il agit par sa sagesse, qu’on attribue au Verbe. Mais il y a plus : Si vero ly « per » denotet causalitatem ex parte operati (comme pour un instrument employé pour un but déterminé) tunc hoc quod dicimus Patrem omnia per Filium facere, non est appropriatum Verbo, sed proprium eus; quia quod est causa creaturarum. habet ab alio, scilicet a Patre a quo habet ut sit; nec tamen propter hoc sequilur ipsum esse instrumentum Patris.… et la raison c’est que Le Fils opère par la vertu qu'il a reçue de son Père. Philon, qui n’admettait pas la divinité de son Logos pouvait le qualifier d'instrument (Cherub. 4172). La pensée de Jo. est simplement que le Verbe qui était Dieu coopérait à la
CS. : UE e Se PES SE ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, |
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création de toutes choses, étant la pensée que Dieu avait conçue et quil - exprimait au dehors en quelque facon. Le logos y collabore sans cesser d'être
Dieu. | : « K, £) Nous avons joint à yéyowv à ce qui précède avec Ti Vog. contre ES, et. 3 parmi les commentateurs avec Schanz, Holtz., Gnill, Zahn contre Loisy, A ; Calmes, etc. Sur la tradition : Soden cite pour la coupure (I) après & WCDLA(?)« 4 QY quelques autres de la tradition d'Antioche, plus e a b g f*f, les Naasséniens, rex. les Valentiniens, Héracléon, Théodote, Ptolémée, tous gnostiques; parmi les # ES catholiques : Théophile d’Antioche, Clément, Origène, Eusèbe, Cyrille de Jéru=. ne - . salem, Athanase, Tertullien, Hilaire, Ambroise, Augustin. Il eùt pu et dù En ajouter Irénée, Ambrosiaster, Cyrille d'Alex. le sah. syreur., probablement 2 Tatien (Moes. 5) et Ephrem.
D'après Zahn (Exeursus, p. 708) le plus ancien témoin connu pour l'autre cou- Tes pure (I) est Alexandre d'Alexandrie, au début des controverses ariennes. Elle à été soutenue par Chrys. Théodt., Jérôme. On pourrait donc préférer la eoupure I d'abord comme plus ancienne, ensuile parce que la coupure II a été introduite pour combattre l’arianisme. Cette seconde raison n'est cependant pas « valable, parce qu'Ambroise et les autres adversaires de l'arianisme n'ont vu aucun inconvénient à soutenir la coupure I. Quant à l'ancienneté, elle est, il est vrai pour I, mais avec cette ponctuation du moins implicite & yéyoe» £» «r®, Con àv. Or la lecon n'a été soutenue par les catholiques, notamment par - Aug. et Thomas, qu'en préférant expressément la ponctuation : à y<yorsr, à aùS Ton %v. D'ailleurs aucune de ces deux manières ne donne un sens satisfaisant.
La manière la plus ancienne, celle des gnostiques, est impossible, parce que Jo. « n'a sûrement pas l'intention d'installer les créatures dans le Verbe. Origène, en « les raillant, a admis ün sens assez plausible : ce qui est devenu dans le Verbe, | c'est-à-dire les hommes qui ont participé à sa vie, étaient vie, et en tant qu'ils étaient vie, ils étaient aussi lumière : ein &v xat Ver rüv face, &v xx sëc ëot:, mais il a eu le sentiment que ce sens demandait is : =5è pére yes rü évrtypéquv Eye, xx téyx oùx rdv" à y. su. Et surtont l'objection estfque Jo. parle du Verbe qui était la lumière des hommes, non de la vie et de la lumière dans les hommes, d'autant qu'ils ont agi contre cette lumière.
La manière d'Augustin aboutit à un sers admissible en soi : les créatures sont vie quand elles sont dans le Verbe avant d'exister, c'est-à-dire dans le Verbe comme cause exemplaire : foris corpora sunt, ir arte vita suut (Aug.). A cela on doit ohjecter que si juste que soit le concept en lui-même, il serait exprimé d'une facon bien énigmatique, et il n'aboutirait à rien dans le contexte de Jo. Les créatures ne sont ici que comme l'œuvre du Logos. C’est lui qui est seul en scène : il est la Vie et aussi la Eumière. Que les créatures soient vie en lui avant d'exister, cela est hors de propos et cela contrarie même Kittérairement V'atiribution au Verbe seul de la Vie. Ce n’est pas en tant que cause exemplaire des créatures que le Verbe est la Vie, est la Lumière : il l’est essentiellement.
On notera aussi que dans les deux manières il serait peu grammatical de faire du parfait à +£yov:y le sujet de l'imparfait %». Ce qui est devenu existe, et c'est
4 En lui était [la] vie, et la vie était la lumière des hommes;
ans doute pour remédier à celte difficulté qu'est née la leçon sr au lieu de y 4°, soutenu par ND af it syreur. s0., c'est-à-dire qu’elle a été jugée indis- … pensable par de nombreux représentants de la coupure [. C’est dire qu’elle a le * caractère d’une correction : il en résulte qu’on ne peut pas l’admettre, ni l'exégese qui la rendait nécessaire : Aug. lisait vifu est. Thomas devait lire erat, mais il commente comme s’il y avait est : secundum quod suntin Verbo.
Bauer a bien-reconnu l'impossibilité d'aboutir à une cxégèse solide avec la coupure 1; il y remédie en effaçant & yéyo<v, qu'il est si simple de joindre à ce qui précède. Loisy explique &y ar& « en cela ». Au lieu de dire simplement : «ce qui fut avait la vie », ce qui serait assez banal dans ce contexte, Jo. aurait dit :
«ce qui fut, en cela même ül y avait de la vie ».Mais comment cette vie participée devient-elle la lumière des hommes? Cette solution cst encore plus déses- pérée, car 2 «ré ne peut s'entendre que du Verbe. Loisy reconnaît d’ailleurs {p. 94) que la coupure II « paraît commandée par le sens ». Quant à sa diffi- culté que la loi rythmique du morceau serait outrageusement violée, elle confond un rythme toujours assez souple avec un mètre strict, Burney suppose un - araméen N°37 signifiant « car était » en lui Ja vie, rendu : « ce qui arriva ». Mais outre que nous avons à expliquer un texte grec, on ne voit pas comment la Vie serait la cause de la créalion et au même temps (”) la lumière de l'humanité créée. Le texte prétendu primitif serait plus obscur que le grec qui serait censé le résultat d’un malentendu.
42) Ce qui regarde la création est terminé au v. 3 par une formule qu'on trouve pléonastique, mais qui est seulement arrondie et définitivement close. Il n’y avait pas à dire que le Verbe était Créateur parce que vivant, d'autant que la création comprend des étres qui ne vivent pas. C'est donc un relour vers le Verbe, mais qui n’est plus nommé le Verbe, parce que Jo. voulait faire apparaître deux idées importantes de l’évangile : vie et lumière, attributs essentiels du Fils de Dieu Sauveur de l'humanité. D'après Loisy, le Christ dira : «je euis Ja Vie » (Jo. xr, 25 ; xiv, 6), parce que « le Verbe devient lumière et vie pour les hommes par son incarnation » (Loisy, 4°, p. 161). Mais nous n'en sommes pas à Vincarnation. Et cependant ce v’est pas là une théorie, sur le Verbe en soi, auquel cas Jo. aurait peut-être dit : « Le logos était vie », mais un acheminement à l'œuvre du salut. 1 n’est pas probable qu'en évitant de dire : « il était la vie », Jo. ait éprouvé un serupule d'attribuer à Dieu la vie. Il l'a affirmé au contraire {1 Jo. 1, 5). C'est comme philosophe que Philon répugnait à attribuer à Dieu une qualité qui paraissait indiquer une succession; aussi a-{-il dit que Dieu est plus que la vie (De fuga et inv. 36; Cohn, WI, 152) 6 2 Ucos Los ri Co, Fr 700 Liv, Ds abtos Eire, GÉ/V406. Mais Jo. ne se préoccupait pas de ces distinctions métaphysiques (GRILL, p. 210). Envisageant le Verbe avant son Incarnation, non pas en lui-même, mais par rapport aux hommes, il était plus indiqué de dire : « en lui était la vie », donc il pouvait la communiquer, que de dire : « il était la vie », ce qu’on eût pu entendre de toute la vie divine.
4) L'article cette fois devant tu, comme pour dire : cette vie dont il vient d'être question; cf. Apoc. 1v, 2. Cette vie était la lumière des hommes. Où
l'on voit bien que c'était à cause d’eux qu’il en a été fait mention. La vie véri- table d’un être qui est esprit, est une vie spirituelle ; donnée aux hommes c’est Ja Co perà goovfoews (Philon, 1. 1); en elle-même elle est donc une lumière pour l'intelligence. Cette déduction est assurément logique. C'est un fait cependant que Vie et Lumière ne se trouvent aussi étroitement associées que dans le Ps. xxxv, 40 : bte napà oo! rnyn Cuñs 2v T& url sou 6biuela pe. On peut seule- ment comparer Baruch, 11, 44 : xoù éottv pLaxpo6lwos xat Cu, roÿ étuy qéis CENT Y = za elpfvn, qui doit s'entendre de la vie et de la paix dans le service de Dieu. Philon n'offre rien de semblable. Il serait étrange que Jo. ait tiré toute sa théorie d’un passage isolé. C'est parce que le Christ lui est apparu comme une source de vie spirituelle dont l’action commençait par la lumière, qu’il a dès le début posé ce rapprochement. Jo. dit encore %v : nous ne sommes donc pas encore à l’Incarnation, qui apparaît tout au plus au v. suivant avec oxlver. Mais c'est trop spécialiser que de s'arrêter au Paradis (contre Schanz). Même avant l'Incarnation, tout ce que les hommes avaient de lumière utile, venant de la vie et conduisant à la vie, leur venait du Verbe. Pourquoi du Verbe, et non pas simplement de Dieu, comme l’affirme la théologie lorsqu'il s’agit des actions ‘divines ad extra? Maïs la théologie admet aussi les attributions de certains actes à une personne divine, comme on attribue au Verbe ce qui regarde la __ vérité, à l'Esprit-Saint ce qui regarde la charité. Dans le contexte de Jo., le Verbe seul s'étant incarné pour éclairer les hommes et les sauver, il était tés
conséquent de lui attribuer la révélation antérieure, comme au docteur de Thumanité, préludant à son action définitive. On sait comment saint Justin a accentué et développé cette idée du Logos révélateur dans l'A. T. et parmi les gentils; c’est ainsi que Socrate a connu le Christ « partiellement, car il était et est la raison partout présente, et c’est lui qui a prédit l’avenir, par les prophètes et par lui-même en devenant semblable à nous », etc. (II Apol. x, trad. Puech; Cf. LAGRANGE, Saint Justin, p. 137 ss.).
5) Ce verset offre deux difficultés : A) quel est le sens littéral? B) de quel temps faut-il l'entendre ?
A) De toute facon il y a une comparaison. Le Verbe est comparé, non pas à la lumière qui paraît dans sa splendeur et qui dissipe les ténèbres (I Jo, mr, 8), mais à une lumière qui est seulement assez claire pour guider quelqu'un qui est dans les ténèbres. De toute façon aussi, Jo, ne s'intéresse pas à une lutte cosmique des ténèbres contre la lumière, mais à l'attitude des hommes à l égard de la lumière. On peut cependant l'entendre de deux manières, selon le sens donné à xatéhuéev. 4° Le sens de xerahap6évo au propre est « saisir », non pas ici pour s'approprier, car la voix moyenne serait alors plus naturelle (Act. IV, 13; x, 34; Eph. mm, 18 et Sir. xvi, 7); ce devrait être ici saisir pour entraver, dominer (les Pères Grecs, Zahn, sens difficile à établir : on a cité XII, 35, où C'est plutôt « surpretidre »). Alors la lutte s'engagerait entre la lumière et les ténèbres qui représentent les hommes : ces derniers seraient comparés à un brouillard de plus en plus épais, qui menace d’offusquer la lumière. 2
2° Mais xarokau6dvw, comme le latin comprehendere peut avoir le sens de