XVII
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cet évangile même...
Philad. vir, À vd rvedux où mhavära, amd 0eoù dv: oùdev yhp nôûev épyerar xl mod Éréyer, xal Tr xpumrd ÉAÉYHEL.
‘Ignace ne cite pas Jo., mais ne le contredit pas non plus. Tandis que l’homme ordinaire ne sait pas où va l'esprit (ou le vent), l'Esprit, lui, sait où il va. Von der Goltz objecte que l'idée d'ékéyyetv n'est pas dans le texte de Jo. Mais c'est bien le propre de l'Esprit dans $ Jo. xv1, 8.
Magn. vi, 1 Gomep oùv ë ETC veu +0Ù marpds obdèv énoincev, ÉVOUÉ-
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Rom. vi, 3 oùy fôouat tpown pÜo- =.
pis, où Hôovatç voù Biou vobrou. dorov 6eoù 0élw, 8 éoriv oùpë ’Inooù Xptotod, F0 êx omépuatos Aubi3, xat roux GÉAuw rù cine advoÙ, 0 éctiv évérn dllæpros.
Magn. vin, 2 ele 0ede Écrtv, Ô Ta posas Éaurov dx ’Incoù Xotorob, roù uioë adtoB, 8 Éoruw aûroÿ Àoyos, drù otyñe rpreh0üv, Ôç xauTk TAvra ebnpéornsev ro mépyavre aÜTOv.
Eph. v, 4 now p&llor buäc maxe pitu, roÙs Évxexpauévouc aûto (l évêque) A os % ExxAnota ’Inood ee xat QE
’Ioodc por ro matol, Îva mdvra êv ÉvéTntt cuupuVa À.
Smyr. vil, L Edyaptorias xat mpocevyns drépovrat Où To ph émodoyeiv,
can be any doubt that Ignatius has digested and assimilated to an extraordinary degree. the teaching that we associate with the name of St. John. Dans la première édition 8.) Loisy n'est guère moins formel : « mais il a dû le connaitre assez longtemps évant d'écrire ses Épiîtres, pour s'être pénétré de sa doctrine et de son esprit au degré que nous voyons. » Dans la 2° édition (p. 8) :
« on ne sait pas sûrement s’il a comu
La chose est possible, probable même ».
L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE. XXVI
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Ovhoxououv. cuvéyene Où arois dyaTüv, Îva xat évasroaiv (À).
Si l’on admet la leçon (1, 43) ox & afudrov où: êx Oehnuuros GapxÔs oùd êx sAmuuros avôpos GAN êx Oeoù yevvén, on la trouvera confirmée dans Smyrn. 1, À vidv 0eo5 xarà GEAnux xt Güvav Deoû yeyevnuévoy dAnbos x mapÜévou.…
On a objecté que si Ignace avait connu do., il eût dû Île citer pour quelque point d'histoire, comme il a fait pour Mt. Mais cela se réduit pour Mt. au baptême du Christ (111,15 et Smyrn. 1, 1), qui ne se trouve pas dans Jo. Qu’il ait employé plus souvent Mt. pour des paroles du Sauveur, cela s'explique par la place hors pair que prit de bonne heure le premier évangile.
On a fait remarquer aussi que si Ignace avait connu le séjour de l'apôtre Jean à Éphèse, il eût dû parler de lui aux Éphésiens comme il leur a parlé de Paul (Éphés. x11, 2). Maïs outre que Paul fut le fondateur de l’église d'Éphèse, et qu'Ignace connaît ses rapports avec cette église par l’Écriture, comme il le dit expressément, il cite Paul parce que pour lui aussi Éphèse est en quelque manière sur le chemin du martyre : mépodds re rüv ei; 0sdv dvarpouuévuv, Havhou uuuécran…. où yévourd quot ÜTd rù
Lyvn ebps0fivar… ds êv réon érioToN} uvnpoveiet oucv… Rien de tout cela n’était applicable à l’apôtre Jean.
Les Odes de Salomon (2).
Les critiques sont d'accord — à quelques exceptions près — pour dater les Odes de Salomon du début du second siècle, sinon des dernières années du premier. MM. Rendel Harris et Mingana estiment aujourd’hui qu'elles ont été écrites en syriaque, parce qu’elles semblent faire usage de la version syriaque de l'A. T. et du Targum (3). L’argument n'est pas
(1) Von der .Goltzn’a cité que les derniers mots, alors que tout l’ensemble est très frappant. Ceux qui mangent la chair du Christ ont la vie et ressusciteront, les autres n'ont pas la vie; la chair donnée pour le monde est expliquée après l'événement : Ia chair qui a souffert pour nos péchés : &yann, ayaräv dans Ignace paraît donc synonyme de vie spirituelle. :
(2) Traduction et Commentaire par M. Labourt et Ms° Batiffol, 1911, par M. Tondelli, 1914, mais surtout nouvelle édition du texte, traduction, avec nctes et une introduction par MY. Rendel Harris et À. Mingana en 1916 et 1920 : The Odes and Psalms of Solomon, etc. Manchester, at the University Press.
(3) Op. cit. II, p. 162 ss.
XXVIU : | " INTRODUCTION.
décisif, parce que l’auteur grec a pu s'inspirer de l'esprit du Targum,
et le traducteur de réminiscences d’une traduction, d'autant qu'il est #
reconnu que les Odes ne contiennent pas de citations proprement dites. Les mêmes savants, appuyés par M. Burney (1), ont avancé des raisons de croire que ces Odes étaient connues de saint Ignace d’Antioche. Les rapprochements paraissent concluants, mais la dépendance serait plutôt du côté des Odes (2). En effet, dans Ignace les images employées ont toute leur valeur dans un contexte suivi, tandis que dans les Odes ce ne sont que des réminiscences qui ne vont à rien et ne sont même pas sans bizarrerie.
La dépendance des Odes par rapport à Jean, évangile, première épitre et apocalypse n’est pas douteuse :
Od. xx, 3 : « je n'aurais pas su aimer le Seigneur, si lui-même ne m'avait aimé »,; cf. I Jo. 1v, 19.
Od. x, 5 : « Ils ont été rassemblés en un seul groupe, les peuples qui étaient dispersés »; cf. Jo. x1, 52.
Od. xvurr, 6 : « Que la lumière ne soit pas vaincue par les ténèbres, et que la vérité ne fuie pas devant le mensonge »; cf. Jo. 1, 5.
Od. xxx, 1-2 : « Remplissez-vous des eaux de la source vivante du Seigneur, Car elle est ouverte pour vous. Venez, vous tous les altérés, prenez la boisson et reposez-vous auprès de la source du Seigneur »; cf. Jo. vu, 38 s. ; 1v, 40.
Od. xz1, 11-15 : « Son Verbe est avec nous pour toute notre route; le Sauveur qui donne la vie et ne rejette pas nos âmes, l’homme qui a été humilié et a été exalté par sa propre justice; le Fils du Très-Haut est apparu dans la perfection de son Père; une lumière a lui du Verbe, qui était en lui dès le principe »; cf. Jo.r, 1 ss., vi, 33.37; 1, 4.8 (3).
De ces rapprochements nous ne concluons pas ferme comme M. Burney que le quatrième évangile a été écrit à Antioche. Si les Odes y ont été composées, ce qui nous paraît le plus probable, à cause de leur esprit targumique ou sémitisant, il suffit que l'évangile ait été connu à Antioche au début du second siècle, ce que nous savions déjà par saint Ignace.
(1) The aramaic origin of the fourth Gospel... 1922, p. 159 ss.
(2) Les rapprochements les plus séduisants sont Odes xxxvux, 7-8 ; Ignace, Trail. vnr bavécusoy pépuaxov et les poisons de l'erreur, peut-être présentés sous une forme agréable; Od. xr, 6 et Rom. vu, les eaux parlantes qui viennent du Christ; Od. xvir, 10 ss. et Phil. vx, le Christ est la porte; Od. xx, 1 ss. et Rom. 11, « chanter dans mo du. Christ », ou Eph. 1v, « être reconnus de Dieu par le chant ».
(3) Pour l’Apocalypse, cf. Od. 1x, 11 et Apoc, 1x, 5; Od. xxn, 6 et Apoc. xII, 3.
L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE. XXIX
Papias et les anciens (1). a. Papias.
Papias, évêque d’Hiérapolis en Phrygie, est né vraisemblablement vers l'an 70, et c'est vers l'an 125 qu'il écrivit ses cinq livres d’exégèse sur les paroles du Seigneur : Aoylov xuptaxüv ÉEnyaceus (2).
Tout porte à croire qu'il s’est servi pour cela du quatrième évangile. Cela n’est attesté à vrai dire que par un prologue latin, conservé dans un manuscrit du r° siècle : Hvangelium Tohannis manifestatum el datum est ecclesiis ab Tohanne adhuc in corpore constitulo, sicul Papias nomine, Hieropolitanus, discipulus [ohannis carus, in exotericis, id est in extremis
quinque libris retulit ; descripsit vero evangelium dictante Iohanne recte (3). On ne sait trop que penser de ce texte étrange. L'auteur n’aurait-il pas dit de Papias ce qu’il savait par le Canon de Muratori? Il est plus sûr de rappeler que, d’après Eusèbe, Papias a fait usage, et plusieurs fois, de la première épiître de Jean (4). Aurait-il pu la connaître, lui qui s'informait de tout, sans avoir connu l'évangile? Si Eusèbe n'a pas parlé de son témoignage sur ce point, c'est sans doute parce que la canonicité de l’évangile n'était douteuse pour personne, sûrement aussi parce que son usage allait de soi dans un ouvrage exégétique sur les paroles du Seigneur. Le point de fait sera tranché par ce que nous allons dire.
Une question depuis longtemps et encore débattue est celle de savoir si Papias a été, comme l'a prétendu Irénée, auditeur immédiat de Jean l'Apôtre (5), celui qui pour lui est toujours simplement Jean. Eusèbe, qui lisait l'ouvrage de Papias, a distingué deux Jean, et a affirmé que Papias n'avait été le disciple d’aucun apôtre, mais bien d’un Jean l’ancien, distinct de Jean, fils de Zébédée. Nous avons toujours entendu ainsi le texte de Papias, reproduit par Eusèbe, et nous aurions souhaité ne pas revenir sur Ce point, mais il le faut, puisque l'on continue à faire cas du second Jean pour l'évangile (6), à la différence d'Eusèbe qui attribuait comme tout le monde l'évangile à l’apôtre, tout en proposant d'attribuer l'Apocalypse à Jean l'ancien.
Papias, qui s’est informé de la facon dont Marc et Matthieu ont été composés, prenait évidemment pour base de ses exégèses les évangiles écrits. Mais il attachait aussi un grand prix à ce que pouvait lui apprendre
(1) Nous nous sommes décidé pour le mot « anciens » traduction de mpeséürepor qui nous a paru plus exact que la transcription presbytres, laquelle suggère un groupe plus déterminé, une sorte d’entité particulière, qui ne résulte pas du mot grec.
(2) Eus. H. E. HE, 39, source presque unique sur Papias. Pour la date cf. Comm. Mi. P. XVI.
(3) Dans WorDSWORTH, N. T. latine, I, p. 491.
(4) xéxenrat D 6 adrès paprupiais dd TÂs "Lwkyvou Tpotépas ÉTLOTOAAS.
(5) ’Iwdyvou pÈv grovothc, ILolvxdprou dÈ Étaipoc yeyovos (A. E!, IL, 39, 1).
(6) Harnack et ses partisans. :