om. vote p. ueluowouv (TH) et, non add. (SV
paraît avoir mis personne au service du Christ. L’attitude si tendrement soumise de. Marie pouvait-elle paraître à Jo. une figure de la nation juive telle qu’il l'a dépeinte ?
— 6 tv Aéyn « quoi qu'il lui arrive de dire, même s’il donne plusieurs ordres ». Comme il s’agit d’un miracle, et non d’une façon normale de faire le nécessaire, les serviteurs ne devront s'étonner de rien. Et en effet Fordre qui leur sera donné pourra leur paraître une étrange plaisanterie. Cf. Denys d'Hal. viz, 26, 4 noueiv bre dy éxeïvor xeAebowotv (Bauer).
6) xatà xaûapioudv pourrait paraitre une construction prégnante : « selon Île besoin qu’en avaient Les Juifs pour leurs purifications », mais xaré « en vue de.» est. déjà classique : « venir pour voir » xàtà Qéav fxew (Thuc. vi, 31). Ces grandes urnes étaient le plus souvent en argile, mais on en a trouvé plusieurs en pierre. Celle de Patrium de la basilique d'Eudocie contient environ 180 litres. Celles de Cana n'étaient pas toutes de même grandeur, selon la facilité de trouver et de tailler les blocs. Une mesure, en hébreu un n2, contenait d’après
Josèphe (Ant. VIII, 17, 9) soixante-douze setiers, soit presque quarante litres. Donc pour les six de cinq à sept hectolitres. La quantité est considérable et dépasse de beaucoup l’usage présentement en vue. Le miracle ne lésinera pas. — Quant aux purifications, on sait qu’elles étaient fréquentes, et nécessitaient même des bains (cf. Comm. Mc. vr, 3 ss.). Probablement on ne remplissait Les urnes que selon les besoins, pour éviter que l’eau ne se corrompît. De moindres récipients suffisaient pour les menues purifications. É
1) Les anciens commentateurs se sont demandé pourquoi Jésus avait changé l’eau en vin au lieu de créer le vin dans les jarres. C'était d’abord pour que le miracle fût bien constaté (Chrys.); autrement on aurait pu croire qu’on avait mis par amusement du vin dans ces vases. Peut-être aussi était-ce pour figurer le changement de substance dans l'Eucharistie. Si les jarres doivent être pleines d’eau jusqu’en haut, c'est pour montrer la largesse du thaumaturge, et exclure le mélange.
8) Au moment où Jésus donne l’ordre de puiser, le miracle est accompli ou
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, IT, 9-f1. 59
qu’il vous dise, faites-[le]. » 6Il y avait là six urnes en pierre, disposées pour les ablutions des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. ? Jésus leur dit : « Remplissez les urnes d’eau. » Et ils les remplirent jusqu'en haut. 8Et il leur dit : « Puisez maintenant et portez au maître d'hôtel. » Et ils [en] portèrent. ° Lorsque le maitre d'hôtel eût goûté l’eau changée en vin, — et ils ne savait pas d’où il venait, mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient — le maître d'hôtel appelle l'époux {et lui dit : « Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand on est ivre, le moins bon; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » !!Tel fut, à Cana de Galilée, le
s'accomplit. Jo. n’en dit rien; nouvel indice de ce style en clair obscur, où la clarté se dégage d'elle-même malgré la réserve des mots. L'äpyurplxuvos n’est pas le fiancé ni son père, ni tel autre qui aurait présidé le festin, maïs celui que nous appelons le maître d'hôtel, chargé de veiller au service. Le mot est rare; Héliodore VIE, 27 äpyrrotékwor za oivoydor. Le rpixkwos « table à trois lits » se disait de la salle à manger. La jarre représente le xparip des Grecs, où l’on puisait avec des coupes.
9 s.) Le maître d'hôtel, n'ignorant pas que le vin manquait, soupçonne sans doute qu'on est allé en chercher ailleurs; les serviteurs se gardent bien de le mettre au fait, épiant l'inquiétude du dégustateur, qui n'était pas sans défiance. Ii est joyeusement surpris, et appelle l'époux en particulier, car ce qu'il va dire n’est pas à l'honneur de ses pratiques ordinaires au service d'amphytrions peu généreux. On ne sait rien d’un pareil usage, qui serait tout à fait contraire aux bonnes traditions d'aujourd'hui. Peut-être après tout est-ce une boutade d’un majordome mécontent de m'avoir pas été mis au courant des secrets de la cave. En tout cas son hypothèse n’est pas applicable au cas présent, où les convives n'étaient pas ivres; on a dû ménager le vin avant d’être obligé de constater le déficit, et Jésus n'aurait pas fait un miracle pour favoriser un tel excès. L’ivresse n’était pas inconnue des Hébreux, cela va de soi (Gen. xt, 34; Is. xxvur, 4, etc.) et les tessons trouvés à Samarie prouvent qu'on savait apprécier le mérite des différents crus. Sûrement l'habitude de boire après le repas s'était introduite avec les mœurs grecques, et c’est bien à ce moment que les maîtres de maison ont dù être tentés d’écouler leurs vins médiocres. Mais une maison de bons Israélites, amis de la sainte Famille de Nazareth, avait sans doute des mœurs moins relâchées, même dans la joie d’une noce.
41) rarny sans article devant &py1v (d’après la meilleure leçon); non pas : älfit ce commencement », mais « tel fut le commencement ». Bauer compare Isocrare, Panég. X, 38 äW apyñv uèv Tabtnv nououto tv edepyeotüiv, tpopñv Toi Beopévors ebpeiv. Les onpetæ sont le mot de Jo. pour désigner les miracles de Jésus; de la part de l'écrivain 1, 23; IV, 84: vi, 2.14; x, 37; XX, 30; de Jésus, IV, 48 ; vr, 26; d’autres personnes nf, 2: vn, 343 1x, 16; x1, #7; XU, 18. Les synoptiques ne le disent pas des miracles de Jésus, sauf Le. xxur, 8, où il s’agit de Fespé-
rc l'alialas nai Epavépwoey rhv Ô0Eav adrod, xot émloteucay ets adrov oi
pabntai a«broÿ.
rance d'Hérode; mais les adversaires lui demandent des signes, Mt. xu, 38 $.; xvi, 1.4. Me. vin, 41 s.; Le. xt, 16. 29 s. Les Actes emploient ce mot sans difficulté. I1 appartenait donc à la langue chrétienne, quoique dans les synoptiques il ait été réservé pour les signes de la fin des temps (Mt. xxiv, 3.30; Le. xx1, 14.25), signes extraordinaires que les Juifs prétendaient obtenir comme preuve de la mission de Jésus. Dans Jo. le snpsioy est employé pour sa valeur propre de signe; c’est un miracle contenant une indication surnaturelle spécialement sur la personne de Jésus. Tandis qu’un miracle annoncé par Moïse manifeste la gloire du Seigneur (Ex. xvi, 7), Jésus manifeste sa gloire, cette gloire de Fils unique qui est en même temps celle du Père (1, 44). Ses disciples avaient déjà cru qu'il était le Messie, ils croient plus fermement encore, et leur foi se dirige simplement vers lui, ets adrév.
On a objecté contre la réalité de ce miracle des difficultés de détail assez futiles : Pourquoi la réponse de Jésus est-elle si dure? Comment Marie attendelle néanmoins un miracle? Avait-elle des ordres à donner? Jésus qui avait refusé cède aussitôt. Les serviteurs obéissent à un ordre bien étrange. Pourquoi tant de vin? etc. Et l’on conclut à une allégorie sans base dans les faits. Mais si Jo. avait composé librement une allégorie détaillée, elle serait sans doute plus claire, car de dire que la Mère de Jésus représente la Synagogue mise à l'écart par Jésus, n’explique ni la condescendance du Fils, ni l'abandon de la Mère.
Aussi bien Jo. a conscience de raconter un très grand miracle, qui est à la base dela foi des disciples. S'il ne parle pas des autres personnes, c’est qu'elles ne sont pas son objet actuel. Mais pourquoi ce miracle, dont les synoptiques n’ont pas parlé, qu'ils n'auraient pas approuvé, puisque, d’après Mt. et Le. c'était céder à une tentation du démon que d’user d’un pouvoir surnaturel pour subvenir aux nécessités de la vie (Mt. 1v, #; Le. 1v, 4)? — On peut répondre que les synoptiques ne font commencer la vie publique de Jésus qu'après l’emprisonnement de Jean-Baptiste, et qu'eux aussi ont raconté le miracle de la multiplication des pains et des poissons. Ils ont aussi établi le pouvoir de Jésus sur les éléments par la Tempête apaisée (Mc. 1v, 35-41 et par.).
En se montrant le maître de la nature dans une circonstance où le miracle était sollicité par sa Mère dans un sentiment de bienveillance et de gratitude pour des hôtes, Jésus ne donnait pas une vaine satisfaction à la curiosité; il excitait et confirmait la foi des disciples. Ce miracle, comme la multiplication des pains, est probablement aussi un acheminement vers l'Eucharistie. Isolé et envisagé par des incrédules, il leur paraît étrange, mais ceux qui croient au changement du vin au sang du Seigneur ne sont point étonnés qu'il ait changé de l’eau en vin. C’est par ses attaches avec l’ordre surnaturel que le miracle a sa-raison d’être.
Aussi nous ne rejetons pas un certain sens allégorique, qui n'est point nuisible à la crédibilité du fait. Ce n'est qu'une nouvelle ordination du miracle vers les choses du salut, qu'on peut estimer être dans les desseins de Dieu quand l'allégorie est claire. Je. compte sur ses lecteurs pour la comprendre, eux qui
premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
savent que le Verbe, plein de grâce et de vérité, est le don de Dieu qui vient remplacer la loi de Moïse. Les urnes pleines d’eau, en vue de ces purifications où s’absorbent les Juifs, c’est une image de l’ordre ancien; l’ordre nouveau c’est la force et la joie que l'opinion générale attribue à l’action du vin. Et il paraît très naturel que les disciples aient eu déjà une certaine intuition de cet ordre nouveau. Car la véritable difficulté du récit, c’est que des disciples aient été éloignés de la compagnie du Baptiste, représentant de l’ancienne prophétie ascétique — Jo. n’y a pas insisté, mais le fait était notoire — pour chercher des leçons plus hautes auprès d’un Maître qui, ensuite, les conduit à une noce, où il change l’eau en vin pour donner satisfaction aux convives! Si Jésus l'a fait pour fixer sa doctrine au-dessus d’une ascèse étroite, et laisser entendre que le salut embrasserait tous les états, qu’il n’excluait ni le mariage, ni l'usage convenable des aliments et des boissons, c'était déjà une leçon utile, mais il fallait surtout qu'ils fissent un acte de foi en celui qui les avait appelés, et pour une œuvre nouvelle, laquelle serait dans l’ordre du salut ce qu'est un vin généreux qui donne la joie à l'âme (Sir. xr, 20), comparé à de l’eau qui ne lave que l'extérieur.
On trouve dans Bauer l'indication de plusieurs miracles relatifs au vin dans la légende de Bacchos-Dionysos. Ils sont à leur place dans le culte du dieu du vin. Nous ne voulons pas les dissimuler à nos lecteurs. Il y a d’abord : a) le mythe, connu comme tel, des Bacchantes qui font sortir du vin de terre; Eur. Bacch. 706 s.; Hor. Od. II, 19; Dronore de Sic, III, 66; allusion vague dans Pui- Losrr. Vita Apoll. III, 15; b) la tradition du temple d’Andros, d'où le vin coulait à la fête de Bacchus; Puis, H. N. Il, 231 Andro in insula templo Liberi patris fontem nonis Ianuariissemper vini saporem fundere Mucianus ter consul credit, et XXXI, 16, un peu plus fort, puisque c’est du vin qui coule durant sept jours, et qui loin du temple est changé en eau : Mucianus Andri e fonte Liberi patris statis diebus septenis eius dei vinum fluere, si auferatur e conspectu templi, sapore in aquam transeunte; Pausanas, VI, 26,2; c) le miracle de la fête des Thyia chez les Éléens. On renferme dans une chambre trois marmites vides, on met les scellés aux portes, et le lendemain on les trouve pleines de vin cf. Pausanias (vers 173 A. D.) VI, 26, 2; Athénée (vers 230) I, 61, p. 342; d) Paradoxographus Vaticanus 23, ed. Keller dans Rerum naturalium scriptorum graeci minores, I, p. 109, parle d'une source qui enivre ceux qui en boivent; e) dans la vie d’Apollonios par Philostrate (vers 240 ap. J.-C.), un gymnosophiste lui dit (VI, 40) qu’Apollon ne mêle pas de miracles à ses oracles; « quoiqu'il lui eût été facile de remuer le Parnasse tout entier, et de changer la fontaine de Castalie pour lui faire couler du vin », où je n'hésite pas à voir qu'Apollon dédaigne de transporter les montagnes et de changer l’eau en vin, comme il en est question dans l’évangile. Le lecteur choisira lequel de ces modes a pu inspirer l’évangéliste! S'il en reste vaguement l'idée d’un changement d’eau en vin, on ne voit en somme nulle part une transformation d'eau en vin opérée par un thaumaturge à l'époque historique.
12Merx roëro natéOn etc Kopapvæodu abrèc mat h mine abroi ‘at of àdehgot abtoë rat of abnrat abroë, nai Exeï Étuervay 0) moAdGc huépas.