COURT SÉJOUR A CAPHARNAÜM
Nous lisons airoë après ddekpot avec T contre HSV qui suivent BLT a c e Ox? Or.; l'omission est plus élégante, mais suspecte par là même de correction. Il n'y à pas à tenir compte des variantes qui suppriment les disciples ou les frères ou mettent les disciples avant les frères.
Déjà au temps d'Origène on opposait à la véracité et à l'inspiration des évangélistes la divergence entre les débuts des synoptiques et ceux de Jo., spécialement sur ce point, car Mt. 1v, 13 place plus tard l'installation du Sauveur quittant Nazareth pour s'installer à Capharnaüm, après l’'emprisonnement de Jean. Origène conclut : « Je ne refuse pas de reconnaître qu’ils ont transposé dans l'intérêt d’un but mystique (symbolique) ce qui s'était passé autrement selon l’histoire », et il ajoute plus loin : « sauvant ainsi la vérité spirituelle, par ce qu’on pourrait appeler un mensonge matériel » (Com. sur Jo, n, 12 Preuschen, p. 475). IL attribue spécialement cette intention à « celui qui a raconté d'une façon plus rationnelle ce qui regarde le Verbe fait chair, et qui n'a pas cru devoir décrire l'origine de ce Verbe qui était au commencement auprès de Dieu » (eod. loc.,
p. 177). Rien n'empêche de faire un usage discret des transpositions, que tout le monde admet pour Mt. et qui peuvent être justifiées aussi bien par l'intérêt de l’enseignement mystique ou symbolique, que par celui de l’enseignement. didactique, tandis que la critique radicale d'aujourd'hui attribue à Jo. l’inven-
Après cela il descendit à Capharnaüm, lui, et sa mère et ses frères et ses disciples, et ils y restèrent quelques jours.
tion des récits dans l'intérêt de la théologie du Verbe incarné. Mais nous ne pouvons pas dire avec Origène que Capharnaüm vient après Cana comme la consolation après la joie.
Quel est donc le sens du passage dans la pensée de Jo? Deux opinions principales : a) C’est une nstallation définitive à Capharnaïüm (Zahn, Belser, etc.). On sait par les synoptiques, surtout par Mt., que cette installation a eu lieu : Mt. 1v, 43; 1x, À (c'est la propre ville de Jésus); xt, 23; xu, 46; xvir, 24-27 (c'est là que Jésus paie l'impôt); Me. n, 1; mr, 31 et même Jo. vi, 17. 24. 42. 59. Mt. ne suit pas l’ordre chronologique; Jo. a voulu indiquer d'une façon plus précise quand ce déménagement a eu lieu. (AuG. de Consensu ev. 1, xvn, 39 an forte Matthaeus quod praetermiserat recapituluvit). Zahn insiste sur ce que d’après Me. vi, 3 et Mt. xur, 56 les sœurs de Jésus seules sont à Nazareth, non les frères; c'est donc que ceux-ci sont à Capharnaüm lorsqu'ils viennent le trouver.
Ce dernier point serait décisif s’il était prouvé; mais si les gens de Nazareth ne parlent pas dans les mêmes termes des frères et des sœurs, ils ne disent pas cependant que les frères, qu’ils nomment par leurs noms, ne sont pas parmi eux. De ces noms nous avons conclu (Comm. Mc. p. 72 ss.) que ces frères ne sont que des cousins. On ne comprend pas pourquoi des cousins, établis à Nazareth, et peu dociles à l’enseignement de Jésus, seraient venus s'installer en même lemps que lui à Capharnaüm. C’est de loin, et une fois par hasard qu'ils se sont dérangés de Nazareth (Mc. 111, 31).
b) 41 faut donc dire (Schanz, Loisy, elc.) que Jésus, à cette date, n’est venu à Capharnaüm qu’en passant, pour quelques jours, comme le texte le dit expressément. De Nazareth pour aller à Jérusalem, c'était un très sensible détour, mais on s'y résignait sans doute pour éviter la Samarie, et la caravane n'était pas pressée. Capharnaüm fut peut-être choisie comme une ville où l’on s’arrêtait volontiers, à proximité de Bethsaïda, patrie d'André, de Pierre et de Philippe. C'était comme un rendez-vous, d'autant que Pierre avait sa belle-mère à Capharnaüm (Mec. x, 29 ss. et par.) Rien n'indique que Jésus ait commencé à s’y manifester. Il devait inaugurer son ministère à Jérusalem. Le miracle de Cana avait été accordé avant l'heure à l’intercession de Marie.
— perà robro indique un délai assez court; cf. x1, 7. 11; xx, 7; x1x, 28. Rien ne prouve la présence des frères à Cana; ils n’y étaient sûrement pas, n'étant nommés que maintenant. On admettrait plutôt un retour de Jésus et de sa Mère à Nazareth; mais peut-être chacun est-il venu de son côté à Capharnaüm, d’où la caravane est partie pour Jérusalem. C'est Jésus qui est en tête de la phrase, comme il convenait; aucun lien spécial n’est indiqué entre sa mère et ses frères, pas plus qu'avec ses disciples. Gelte association de parents el de disciples se comprend mieux pour une caravane que pour une installation définitive. On descend beaucoup de Nazareth ou de Cana vers le lac de Tibériade, qui est à deux cents mètres au-dessous du niveau de la mer. Héracléon y voyait exprimée la descente du Verbe dans la matière. M. Loisy nous dit que « le Christ johannique est toujours en mouvement, ressemblant en cela à tels « fils de Dieu »,
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15. ro xepua (TSV) plutôt que ra xepuara (H). — averpebey (H) plutôt que aveotpegev {TSV).
Apollonius, Simon le magicien, ete. » (p. 147). Ces mouvements cependant se répartissent sur plusieurs années dans un petit pays et sont précisément motivés dans Jo. par les fêtes. Qu'on n'oublie pas non plus que nous ne sommes informés sur Simon et sur Apollonius que par des documents bien postérieurs et tout à fait légendaires.
43-22. ExPULSION DES VENDEURS DU TEMPLE (Mc. x1, 15-19; Mt. xxr, 12-17; Le. x1ix, 45-48).
Les trois synoptiques racontent, chacun à sa manière, le même événement ; Le. est le plus concis, Mc. le plus détaillé, Mt. y ajoute des guérisons et le mécontentement des chefs contre les enfants qui saluent le fils de David. Cet événement est situé par eux avant la dernière Pâque et la Passion, quand Jésus entre à Jérusalem salué comme le Messie. On se demande depuis longtemps si c'est le même épisode que Jo. raconte ici. Il y a des différences : a) dans l'exécution; &) dans la raison donnée par Jésus; c) dans l'entretien avec les chefs des Juifs. Pour le dernier point on pourrait aisément supposer que Jo. a complété les synoptiques, sans toucher à ce que Mt. a en plus; et les autres différences ne sont pas telles qu’elles empêchent de reconnaître l'identité de deux faits qui ont tant de ressemblances. Ce qui a arrêté les interprètes qui croient à l'inspiration des évangiles, c'est que Jo. place l'épisode avant une première pâque, laquelle dans sa chronologie est antérieure d’au moins deux ans à celle dont parlent les synoptiques. On a donc craint de mettre les synoptiques et Jo. en contradiction sur le temps d'un même événement, contradiction qui disparait si l’on en admet deux (encore Belser). Assurément la foi à l'inspiration règle l'exégèse catholique, mais elle n'oblige pas à dire que les faits ont été rangés dans l’ordre chronologique. Si l’on professe ouvertement que ce n'est pas le cas pour Mt., l'inspiration est donc hors de cause. Dès lors ce point doit être résolu comme tout le monde le résout dans une histoire sérieuse : « On ne peut guère raisonnablement soutenir cette répétition » (Levesque, Nos quatre évangiles, p. 62, n. 1); c'est une question de dignité pour l’exégèse catholique.
I faut donc choisir, quant au temps, entre Jo. et les synoptiques.
Ee moment indiqué par les synoptiques parait plus vraisemblable : a) parce que cet acte extraordinaire, qui ressortit bien au rôle du Messie est placé très à propos après le triomphe des Rameaux; b) parce que la parole de Jésus aux chefs a été alléguée dans le procès de condamnation (Me. xiv, 58; Mt. xxvi, 61 ; xxv, 40) ce qui suppose un souvenir récent, à peine brouillé,comme il arrive
Sci
1SEt la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. #4 Et il trouva dans l'enceinte du Temple des gens qui vendaient des bœufs et des brebis et des colombes, et les changeurs sur leurs sièges, 5 et faisant un fouet avec des cordes, il les chassa tous de l'enceinte du Temple, avec les brebis et les bœufs, et il répandit
quand il y a plusieurs auditeurs d’une parole d’ailleurs obscure; c) parce que l’allusion de Jésus à sa mort s'explique mieux si la haine des sanhédrites était déjà résolue au crime.
En faveur de Jo. on peut alléguer : a) qu'écrivant le dernier il a eu pour but de remettre certains faits à leur place; b) qu'ayant très bien pu mettre l'expulsion avant la mort de Jésus, il a donc choisi délibérément un autre moment, tandis que les synoptiques, ne racontant qu'un voyage à Jérusalem, n'avaient pas le choix; c) l'indication chronologique de l’an 28 (au v. 20) coïncide parfaitement avec la première Pâque.
Il semble qu’on concilierait tout si l’on admettait que Jo. a bien placé l'expulsion dans son temps, mais qu'il y a ajouté l'entretien avec les chefs qui est vraiment plus naturel avant la Passion, et que les synoptiques eux-mêmes n’ont pas rattaché explicitement à l'expulsion. Comme il ne se proposail pas de revenir sur les controverses de la dernière semaine, suffisamment traitées par les synoptiques, il a pu détacher ce trait de ses souvenirs et le placer après l'expulsion. Parlant de la première Pâque, il en aurait ainsi marqué la date, quoi qu'il en soit du moment où a eu lieu précisément l’altercation. L'essentiel est que les quarante-six ans correspondent bien au moment où les Juifs prononcent cette parole d’après Jo.
13) Sur la Pâque, cf. Comm. Me., p. 341. — Jo. ajoute « des Juifs », parce qu'il écrit pour les gentils, mais aussi parce qu'il a conscience d’appartenir à un groupe religieux qui n’est pas celui des Juifs (Or.). — Jésus est monté, ce qui est évident pour tous, s’il venait de Capharnaüm; d'ailleurs l'expression était consacrée : on montait à Jérusalem d’un peu partout. Jo. ne dit jamais ’fepousakiu, que Le. emploie si souvent.
44) Pour la situation, cf. Comm. Mc.; Jo. ajoute les bœufs et les brebis, ce qui est très naturel. Il emploie 4puarioths, inconnu ailleurs, mais issu de zeopatito et de zéoux petite monnaie; donc les changeurs.
13) Plus de détails que dans Mc. D'abord le gpæyékluov, transcription du latin flagellum, fouet improvisé avec des cordes groupées dans la main, à la façon des étrivières, mais celles-ci, plus dures, étaient des courroies. Cela n’a rien du redoutable instrument de supplice employé pour Jésus (Mc. xv, 45); l'emploi du fouet n'était même pas regardé comme infamant. Les Perses faisaient marcher leurs soldats à la cravache au grand scandale des Grecs (Hér. VIL,:66;-et002 naguère encore, pour dissiper un rassemblement, les cavaliers turcs distribuaient des coups de cravache, en l'air, mais aussi sur le dos des récalcitrants. Les hommes comprennent et s’enfuient les premiers, mais Jésus expulse aussi (en plus des synoptiques) les brebis et les bœufs plus lents à s'ébranler, ce que Loisy, attentif à un certain idéal de style et indiftérent à la réalité, regarde
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Onoav oùy of ’Toudaior vai eiray adro TÉ onueiov dernvbers Auiv, Ott Tadta
comme surajouté. — Les xo\vétsrol qui remplacent ensuite les xcppatiorés peuvent bien être une réminiscence des synoptiques, mais ce mot variait agréablement avant xéoux. L'usage fréquent de xéoua au singulier (MM) appuie la lecon commune contre le pluriel (H d’après BLX Ox? 33 b q) qui aura paru plus naturel de pièces répandues. — Il est difficile de choisir entre avatpéro (I avec B cette fois beaucoup plus soutenu, entre autres par Ox? W) et avactpépu. Nous préférons — légèrement — le premier comme plus précis, pour culbuter, ren- . verser du pied. -
16) Tandis que dans Mc. et dans Mt. Jésus renverse aussi les sièges des vendeurs de colombes, ce qui suppose que ceux-ci s'étaient enfuis, dans Jo. ils ont comme un traitement de faveur; leur commerce était moins sale que celui des troupeaux, sans parler des beuglements des bœufs. Le prix des colombes devait être à peu près fixé, et ne comportait pas de marchandage. Jésus leur enjoint seulement de partir de là, c’est-à-dire de l’enceinte du ne et il leur en donne la raison. Elle n’est pas, comme dans les synoptiques, tirée littéralement de deux textes (Is. Lvi, 7; Jér. vi, 11), mais c’est bien le sens, en des termes appropriés; ne citant pas l’Écriture, Jésus dit : la maison de mon Père, dans le même sens qu'il avait fait à douze ans (Le. 11, 49).
On ne trouve pas dans Jo. (non plus que dans Mt. ni dans Le.) le trait de Mc. xt, 16: «il ne permettait pas qu’on portât des charges à travers le hiéron », car si vraisemblable qu'il soit, il n'appartient pas directement au thème du trafic.
47) Nous nous apercevons ici de la présence des disciples. Le v. 12 n'étant qu’une introduction au voyage à Jérusalem, Jo. nous a suffisamment avertis qu'ils étaient venus. Cet acte de zèle leur rappelle le passage d’un psaume (cux, 10), citation assez difficile à interpréter. De toute façon le ps. faisait allusion à un zèle ardent, tel que celui de Jérémie (xx, 9; xx, 9) ou du psalmiste (cxix, 139). Et ainsi l'application à Jésus était excellente, car ce qu'il venait de faire était un acte de zèle. C'était le temps où beaucoup de Juifs avaient montré un tel zèle, qu’on avait créé pour eux le surnom de Zélotes (EnAwrtss), désignant parfois des groupes, mais toujours une tendance à faire respecter les droits de Dieu quoi qu'il en coûte, et sans s'arrêter à aucune considération humaine, parfois avec tant d’indifférence sur le choix des moyens qu’on les nomma sicaires (cf. Le Messianisme.. p. 18 ss.). Mais les disciples ne songeaient pas à comparer Jésus à l’un de ces hardis partisans; le psaume qui leur fournissait un meilleur exemple de zèle, et pour la maison de Dieu, développait longuement tout ce qu'il en avait coûté au psalmiste de montrer tant d’ardeur. D'où la question de savoir ce que signiñe, même pour le psalmiste : « le zèle de ta maison m'a dévoré. »
la petite monnaie des changeurs, et il renversa leurs tables, et il dit à ceux qui vendaient les colombes : « Emportez cela d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » 17Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : « Le zèle de ta maison me consumera. » 8 Les Juifs donc prirent la parole et lui dirent : « Quel
Isolés les mots suggèrent que le zèle l’a consumé à l’intérieur comme un feu brûlant; mais comment trouver ensuite le parallélisme avec ce qui suit : «et les outrages de ceux qui t’insultent sont retombés sur moi »? Ce second hémistiche a précisément été cité par Paul (Rom. xv, 3) à propos du Christ. On peut donc croire que dans le ps. « le zèle m'a dévoré » doit s'entendre : « m'a valu d’être consumé de douleurs. » Le parfait étant dans le contexte, il est très probable que les Septante ont écrit xatépayév pe, changé en xatapdyetar dans les meilleurs ms., d’après Jo. Car il n'est pas douteux que le texte de Jo. soit ratapéyetat, un futur hellénistique de xaxeoûlo, formation hybride (Phrynichus 327 péyopat Bépéapov) de l’aor. sec. Épxyov, conservant la forme moyenne de Édopat. :
Les latins (/atf. et vg.) ainsi que les Syriens ont mis le parfait, ce qui a orienté l’exégèse vers le sens d’une consomption intérieure, mais les coptes ont bien le futur. Si donc Jo. a accepté des LXX ou plus probablement choisi le futur, c'était dans l'intention d’insinuer ce que ce zèle devait coûter à Jésus (Zahn, Belser nettement et même Schanz quelque peu), car son zèle était actuellement assez ardent pour qu'il n'ait pas eu à le consumer plus tard. — Autres allusions au sens messianique du Ps. Lxix, dans Jo. xv, 25; x1ix, 28, Act. 1, 20; Rom. xt, 9.
48) o0y se rapporte à l’acte de Jésus (16). La conséquence est très bien tirée. Les chefs du Temple, que Jo., selon son habitude, nomme les Juifs, se devaient d'intervenir. L'acte n'avait rien qui fût spécifiquement messianique, aussi ne lui demande-t-on pas s'il se pose en Messie. À cette époque où les esprits étaient surexcités, on vit sans doute plus d’un acte de zèle, comme celui qui coûta la vie à plusieurs Pharisiens (Jos. Ant. XVII, vi, 2 ss.) qui n'avaient aucune prétention messianique. Le peuple voyait cette ardeur d’un très bon œil comme en général toute action vigoureuse et hardie; on comprend très bien, même sans un miracle, sans un éclat terrifiant dans le regard de Jésus, que les marchands se soient enfuis sous les huées de la foule qu'ils avaient souvent exploitée. Mais quand on empiétait si manifestement sur les droits des autorités établies et sur les coutumes reçues, il fallait donner des preuves d’une mission divine. C’est ce que promettaient les agitateurs : « Car des hâbleurs et des charlatans, sous prétexte d'inspiration divine, profitant des révolutions et des changements, persuadaient à la foule de s'abandonner à un transport sacré, et les conduisaient dans le désert, comme si Dieu devait leur Y donner des signes de liberté » (Jos. Bell. TI, xx, 4; cf. Ant. XX, vin, 6). Très judicieusement, les chefs demandent que le signe soit donné à eux (Auiv), qui sont responsables du bon ordre, et non à une foule qui se laisserait égarer et conduire à sa perte dans quelque échauflourée. — La question des Juifs équivaut
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à celle que posent les Sanhédrites dans les synoptiques (Mc. xr, 27-33; M. xw, 23-27, Le. xx, 1-8) mais sans alléguer un acte particulier de Jésus. Les
Sanhédrites ont pu en effet dissimuler leur dépit, puis revenir à la charge en
affectant de ne point viser un incident qui n’était pas en leur honneur. EL cela
se comprend mieux si déjà leur décision est prise à la sourdine (Mc. xt, 18 par. }-
Mais qu'ils se soient redressés sur le coup, cela est non moins vraisemblable, et
même plus naturel si l’auteur de l'acte de zèle ne leur était pas encore connu.
Les deux interventions sont donc bien placées chacune selon les vraisemblances - de leur temps. — ôw, souvent ainsi dans Jo. vu, 35; vi, 22; 1x, 17; xt, 47;
xtv, 22; xvi, 9, « étant donné que » a une saveur sémitique, mais n’est pas un indice de traduction araméenne, d'autant qu'il se trouve dans Mc. 1v, 41;
SEC un d73-xNI, 3.
49) Jésus ne refuse pas de donner un signe, mais celui qu’il choisira et à son
heure, laquelle cependant dépend en quelque façon des Juifs. L'impératif Asare ne saurait être un ordre; après avoir montré tant de zèle pour la maison
de Dieu, Jésus ne peut commander aux Juifs de la détruire. Blass-Deb. l'entend comme une concession ($ 387) — y xat Aonte. « Quand bien même vous auriez
détruit »; mais les Juifs n’y songeaient pas. Il faut plutôt (Bauer) l'entendre
comme un futur; il est employé de cette façon à propos d’un signe dans
Is. xxxvit, 30 : tobto DE ot T0 omuelov'péye toÿroy tov éviauroy à Écrapuac. C'est
os une tournure connue en hébreu (Kautzsch, $ 110), cf. Ps. crx (ex héb..),
; cf. Mt. xx, 32; Jo. xmt, 27. è
— Aawet éyer . s'emploient pour des constructions : on devait assez naturellement penser que Jésus parlait du sanctuaire (vas), quoique, à propos d’un édifice détruit, on dise plus volontiers qu'on en bâtira un autre. Quelques-uns ont pensé qu'en parlant Jésus avait montré son corps pour leur indiquer le mot de l'énigme. Mais pourquoi ne pas noter ce geste? Jo. a très bien conscience que la parole, telle qu’elle est, ne pouvait pas encore être comprise. Zahn essaie de lui donner un sens : lés Juifs, par leur haine envers lui, seront cause de la ruine du Temple, ét lui en rebâtira un nouveau; c'est-à-dire son église. Mais ce n'est pas là ce que Jo. a entendu. Il faut donc simplement reconnaître que les Juifs ne sont pas en faute pour n'avoir pas pénétré ce mystère, pas plus d’ailleurs que les disciples (22). C'est précisément cette parole, mal comprise et transformée en une pensée hostile, qui fut alléguée dans l'interrogatoire de Jésus (Me. x1v, 58; ME. xxvr, 61; xxvir, 40). Le signe n’est pas nécessairement clair quand on le donne; il Le devient quand il est-accompli; cf. Mt. xir, 38 s. ; xvi, 4.
ëv rats tptoly fuépaus (aussi Mt. xxvir, 40) ne signifie pas « le troisième jour », ce qui serait absurde à propos d’une construction dont le propre est d’être conünue; cependant on a pu commencer tard le premier jour et finir tôt Le troisième; tandis que les faux témoins en disant dià toy fuepüv (Me. x1v, 58; Mt. xxv1, 61) suggèrent qu'il y faudrait intégralement trois jours.
iniväcle nous montres-tu, pour agir de la sorte? » 19 Jésus répondit et leur dit : « Détruisez ce temple, et je le relèverai en trois jours.» 2 Les Juifs donc lui dirent : « On a mis quarante-six ans pour bâtir
— ep, dans les synoptiques est employé au passif pour le Christ (cf. Mt. xvi, 21); il ne semble pas que Jo. ait voulu ici mettre en relief l’action propre
de Jésus, car le mot énigmatique ne comportait pas une autre tournure, si bien
qu'au v. 22 on voit paraître le passif tel qu'il figure chez les synoptiques (Mt. xxvHT, 6, etc).
20) Les Juifs n'ont pas compris que Jésus parlait de son corps, et Jo. n'ävait aucun motif de faire allusion à son âge, comme le prétend Loisy : « Jésus a,
figurativement, quarante-six ans accomplis quand il chasse les vendeurs du
temple; le commencement de la cinquantième année, l'année jubilaire, coin-
cidera avec son entrée dans la gloire éternelle par la résurrection » (p. 151). Et il n’y a pas le moindre indice que Jo. ait composé cette allégorie. Aucun
auteur ancien n’a eu cette idée saugrenue. Origène avoue qu’il ne sait pas comment le Temple a été bâti en quarante-six ans, mais il se moque de l’expli-
cation gnostique d'Héracléon. Le pseudo-Cyprien (de montibus Sina et Sion, #),
ayant trouvé qu'Adau — 46, adopte ce chiffre pour la passion du Christ, d'autant que le temple a été bâti durant ce temps, et qu'il figurait son corps;
mais c’est sa conjecture, il ne l’attribue pas à Jo. lequel ne pensait pas qu'on fût au moment de la-Passion. D'après Loisy (cf. Calmes), Jo. « doit penser au temple de Zorobabel; il parait avoir entendu de ce temple, symboliquement de l’âge du Christ, les sept semaines que Daniel (1x, 29) distingue dans la
prophétie des soixante-dix semaines d'années ; dans cette prophétie, une demisemaine (Dan. 1x, 27) est mise à part, où notre auteur à pensé trouver la durée du ministère du Christ; selon lui (vi, 57), Jésus avait, ou devait avoir, il
avait symboliquement près de cinquante ans quand il mourut » (p. 151). — Absolument rien n'indique que Jo. ait fait parler les Juifs du Temple de
Zorobabel. Pourquoi pas de celui de Salomon, comme pensait Origène? Jo.
aurait-il été le seul à ignorer que le Temple avait été bâti par Hérode? Et l’idée serait plus que bizarre de composer l’âge du Christ avec sept semaines en soustrayant une demi-semaine séparée des premières par soixante-deux semaines. On a pu plus tard être frappé de cette coïncidence d’une demi-semaine — trois ans et demi — avec le temps du ministère du Christ, évalué d’une certaine manière (cf. Introd. p. cxxix), mais Sans jamais lui appliquer les sept premières semaines. se
Aussi bien l’histoire offre une solution très simple. Hérode avait commencé les constructions du Temple la dix-huitième année de son règne (Jos. Ant. XV, x1, 1). Si Josèphe dit la quinzième année dans Bell. I, xxi, 1, c'est peut-être qu'il retarde le début du règne d'Hérode de trois ans, ou plutôt par erreur. Cette année du règne, d’après Schürer (Geschichte.… I, p. 369), Kroll (Pauly- Wiss.), etc. correspond à l'an 20/19 av. J.-C. Si l’on part de l’an 19, on aboutit aux quarante-six ans à la Pâque de l’an 28, ce qui correspond à la date que nous avons déterminée d’après Le. rt, 4. Un pareil synchronisme est tout à fait
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