CONVERSIONS IMPARFAITES A JÉRUSALEM
C'est une introduction à l'entretien avec Nicodème, pour nous renseigner sur les dispositions générales dont ce maître offrira un échantillon, avec un désir assez accentué d'aller plus loin.
23) La Pâque, comme fêle, durait huit jours que les pèlerins passaient ordinairement à Jérusalem. ëv +ÿ éoprÿ n'est pas une simple opposition à èv 1& réoya, mais indique cette période. La foi est un des thèmes favoris de Jo., avec etc qu'on trouve une fois chez les synoptiques (ME. xvir, 6), rarement ailleurs.
Ni: er.
ce temple, et tu le relèveras en trois jours? » 2! Maïs lui parlait du temple de son corps. ? Lors donc qu'il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se souvinrent de ce qu’il avait dit, et ils crurent à l'Écriture et à la parole qu'avait dite Jésus.
23 Or comme il était à Jérusalem pour Pâque durant la fête, beaucoup crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. ?*Mais lui Jésus ne se confiait pas à eux, car il les connaissait tous, # et il n'avait pas besoin qu’on rendit témoignage au sujet de l’homme, car lui-même savait ce qu'il y avait dans l’homme.
Cette préposition ne souligne pas une imperfection, même avec 1 bvoua, cf. 1, 12; m1, 48, comme s’ils avaient cru au nom du Messie, mais non à la réalité divine de Jésus; l’imperfection, indiquée au v. 24, n’est pas expliquée clairement : ils ne croyaient qu'à cause des signes, qui sont bien un motif pour croire, mais d’une foi qui peut demeurer théorique et ne pas dominer la pratique, ou qui n’est pas assez entière pour qu'on s'en remette à celui auquel on croit; c'est ce dernier sens que suggère le ch. nr. Il n’est pas dit qu'ils aient dès lors reconnu Jésus comme le Messie, ni qu’ils aient eu de la répugnance pour sa doctrine, car il a dù prêcher (mn, 2. 41). Ils étaient disposés à le prendre pour guide, comme les disciples de Hillel ou de Chammaï qui donnèrent leur nom à une école, mais non à s’en remettre à lui pour leur salut. On voit qu'en tout cas Jo. n’exagère pas l'importance des signes dans l’ordre du salut. Thomas : commendabiliores sunt qui propter doctrinam credunt.
94) IL faut lire abrôy — éavrév (qu'écrit Soden) avec HV, plutôt que avtév (T) qui revient aussitôt après. Zahn regarde cette tournure comme presque sans exemple, cependant Bauer cite PLur. Regum et imperatorum apophtegmata, p.181 d; on peut ajouter Hérodien vn, 5, 5 : rioteisu geautov ÉAridt xocittow, 7 Kévres rentoreduauev, au sens de se confier, s'abandonner à l'espérance. Cf. Sap. xIvV, 5 éhayiotw 65m muotefouaiy ävOpwnot duyds, « leurs vies », et aussi leurs personnes. Donc Jésus ne voulait pas se confier à eux. Mais avait-il quelque chose à redouter? Voulaient-ils l’entraîner dans quelque aventure ? On est amené au sens de Chrysostome : confier le secret de sa personne et de sa doctrine. Si Jésus avait révélé à ces convertis de la première heure, entraînés par des miracles, le secret de sa mission par la passion, il eût compromis même cette foi naissante. Cela est tout à fait conforme à sa pédagogie avec ses disciples dans les synoptiques; s'assurer de leur fidélité avant de leur annoncer sa mort. Il fera un pas dans ce sens avec Nicodème dont l'insistance paraissait un gage de bonne volonté, mais le résultat donnera raison à sa pratique.
25) Jésus était éclairé par sa science propre, qui pénètre au fond des cœurs. Les hommes ont besoin des témoignages que les uns rendent aux autres parce qu'ils les connaissent depuis longtemps. Jésus sait dès le premier moment à quoi s’en tenir sur les dispositions actuelles, et sur ce qu’elles présageaient.