Introduction
1) Le üé lie avec ce qui précède : les croyants imparfaits s'en tenant là, l’un d'eux fait une démarche. — &y0owros est probablement ici comme le terme le plus naturel, sans allusion aux deux mots semblables dans n, 25. Le nom de Nicodème est grec, selon une coutume assez courante chez les personnes de qualité, comme était celui-ci, &eywv c'est-à-dire membre du Sanhédrin. Il appartenait au parti des Pharisiens, qui furent hostiles à Jésus, mais qu’un acte
1Or il y avait parmi les Pharisiens un homme nommé Nicodème, l'un des principaux d’entre les Juifs. ?I1 vint durant la nuit le trouver et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es venu de la part
de zèle devait choquer beaucoup moins que les Sadducéens. Nous verrons plus loin que c'était un docteur. Jo. ne le présente nullement comme un personnage symbolique, lui accordant au contraire un rôle dans l’évangile (vr, 50; xx, 39), alors qu'il est loin de prodiguer les noms propres. Les critiques radicaux croient savoir qu’il a voulu donner un doublet à Joseph d’Arimathie qu'il connaît aussi (xx, 38)! — On s'est demandé si l'existence de ce disciple — car tout porte à croire qu'il se déclara enfin — n'est pas confirmée dans l'histoire. On ne peut guère s'appuyer sur Josèphe (Bell. II, xvu, 10) qui parle vers l'an 66 ap. J.-C. d’un Gorion fils de Nixouüns, car Nicodemi de la version latine seule aura été influencé par l’évangile; cependant le nom de Nixéènuos se trouve dans Ant. XIV, 1m, 2 (en 63 avant J.-C.). Le Talmud de Babylone (Ta‘anith 19b202) connaît un Bouni (ou Bounaï), riche bienfaisant de Jérusalem qui fut nommé ensuite Nagdémon (M2 NTP3 — Nixdnuoc) et qui était fils de Gorion. Le rapprochement des deux noms, dans le Talmud et dans Josèphe, quoiqu'ils soient intervertis pour la filiation, indique la même famille; mais notre Nicodème, qui n’était sûrement pas jeune lors de son entretien, étant un docteur renommé, aurait-il vécu jusqu’en 66? On a tenté de faire de Nagdimôn un disciple de Jésus d’après un autre passage du Talmud (b. Sanh. 432). Il est question de cinq disciples de Jésus qui ont comparu devant un tribunal juif : Mattaï, Naqqaï, Nécer, Bouni, Toda. Ils jouent sur le sens de leurs noms d’après les textes sacrés pour n'être pas condamnés à mort; on leur répond par d’autres textes. C'est une fantaisie exégétique, et les faits sont peut-être relatifs à la persécution de Bar-Kokébas, s’il y a du vrai dans ce récit (Srracx, Jesus, die Haeretiker und die Christen, p. 43). Pour y trouver Nicodème, il faudrait que ce soit Bouni, dont il avait porté le nom, ou Naqqaï, que Dalman (Grammatik… 2e éd. 179) regarde comme une abréviation de. Nicodème. Or les rabbins n'ont sùrement pas eu l'intention de compter parmi les disciples de Jésus un de leurs hommes illustres. Tout cela n’est donc pas très concluant. Nous constatons seulement l'existence du nom à cette époque. — Nicodème n’est connu que de Jo. dans le N. T. et revient dans les Clémentines (Rec. III, 68; Hom. Il, 1). Un évangile apocryphe porte son nom.
2) Nicodème vient de nuit, sans doute pour ne pas se compromettre, à en juger par ce qui est dit de Joseph d’Arimathie (xx, 38), mais peut-être aussi pour n'être pas dérangé dans l'entretien important qu'il voulait avoir. En * Orient et surtout parmi les gens modestes, entre qui veut, tout le jour et même le soir; la nuit est le seul moment réservé à l'intimité. Il nomme Jésus rabbi, comme les disciples (1, 38), mais sûrement au sens propre, puisqu'il regarde Jésus comme un maître, donc comme un égal. Quoique Jésus n'ait jamais fait parade d’études scripturaires, son enseignement à dû paraître inspiré par la connaissance des prophètes. La preuve que ce maître venait de la part de Dieu, Nicodème la trouvait dans les miracles. Cependant il n’ignorait pas que même
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