‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 156 sur 326 · RÉPONSE Du BAPTISTE · texte numérisé non relu

RÉPONSE Du BAPTISTE

Une âme moins ardente et moins aimante eût cru faire beaucoup en se

résignant à une situation diminuée. L'humilité du Baptiste est d’une autre

nature; humilité profonde, certes, mais débordante de joie, parce qu'il aime celui qu’on lui présente comme un rival. Il est satisfait, parce que Lui va grandir, Lui qui est le fiancé, dans l'éclat de sa beauté, et dont la voix le fait tressaillir. Se souvenant peut-être du cantique des cantiques, il se laisse envahir, lui l’ami austère, par un saint enthousiasme.

21) D'après Chrys., Jean invite ses disciples à reconnaître dans le succès un don de Dieu. Les modernes sont presque unanimes pour ce sens (Schanz, Kn., Loisy, Calmes, Zahn, Tillmann). Nous avons peine à comprendre qu'on ait pu imputer à cette âme si haute une maxime de rabbin à la Gamaliel (Act. v, 34 ss.). Sans doute personne ne réussit sans la permission de Dieu (xx, 41), mais la prospérité d'Hérode n’a pas empêché Jean de lui faire des représentations énergiques. On prétend que ce sens répond seul aux paroles des disciples choqués du succès de Jésus. Mais au fond ce succès ne Les fâche que parce qu'il marque une déchéance pour leur maître. L'acceptera-t-il? C’est à leur pensée qu'il répond en refusant de prendre ce que Dieu ne lui a pas donné. C'est ce qu'Aug. a très bien compris. Ils disent : Quid dicis? non sunt prohibendi,

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: : Re ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, an, 28-29. | donc une contestation avec un Juif à propos de purification. %Et ils vinrent vers Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, auquel tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tout le monde va à lui. » ?’Jean répondit et dit: «Il n'appartient pas à l’homme de prendre ce qui ne lui est pas donné du ciel. #Vous-mêmes me rendez témoignage que j'ai dit : Je ne suis pas le Christ; mais : j’ai été envoyé devant celui-là. 2Celui qui a l'épouse, est l'époux, mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’entend, éprouve la joie la plus vive, à cause de la voix de

ut ad te potius veniant? II répond : Quasi homo accepi, ait, de caelo. De même Cyr. d’AL, Belser. — àvaolat « être en disposition de », vi. 7; Mc. 11, 19 « convient-il »? Ou même « serait-il possible »? Ne serait-ce pas de ma part une tentative insensée, si c'était sans un dessein de Dieu? La proposition esy générale, pour amener doucement les disciples, par une affirmation de sens commun, à régler le cas de Jean. — Aapédvew en soi peut signifier recevoir (vi, 7; xiv, 47 Bauer), mais ici ce serait une tautologie : il est clair qu'on ne reçoit que ce qui est donné. Donc « prendre » (Loisy) « s’arroger » (Calmes), comme dans Héb. v, 4, avec la même idée. ëèv un, exception qui ne correspond pas exactement à ce qui précède : « personne ne peut prendre que ce qui est donné » serait contradictoire; le sens est : « personne ne peut prendre sans permission; il faut se contenter de ce qui est donné »; nous avons signalé une brachylogie semblable pour st ui (1x, 43).

28) Ce verset ne fait bien suite qu'avec le sens que nous avons adopté. C’est un argument ad hominem. Vous venez de rappeler mon témoignage : puis-je me mettre en contradiction avec moi-même? Non seulement Jean a déclaré gu'il n’était pas le Christ, il a même reconnu qu'il était envoyé (non pas devant lui, qui serait aÿro) devant celui dont ils parlent (éxetvou). — Chrys. à remarqué avec raison le tact et la douceur de Jean, qui ne brusque pas ses disciples. Leur zèle venait de leur affection pour sa personne. Ils ne peuvent trouver mauvais qu'il reste dans son rôle, assez glorieux. Et son humilité de serviteur, indigne de délier les cordons de la chaussure du Messie (1, 27) s'épanche dans la joie de l'ami, car il n’est rien moins que l'ami de l’époux. Que ses disciples sentent leur tristesse se fondre dans sa joie!

29) Rien n'indique qui est l'épouse. La communauté d'Israël n’a pas été prise pour épouse, et ne s’y dispose guère. L'humanité sera-t-elle digne de cet honneur? L'Église n’est pas encore en vue. Il n'y a done ici qu’une comparaison, et elle porte surtout sur l'époux. C'est lui qui a l'épouse, c’est-à-dire qui est le héros de la fête, celui qui est au comble de ses vœux et comme ravi de joie, « le jour de ses épousailles, Le jour de la joie de son cœur » (Cant. 1n, 41). Le rôle de l'ami est effacé : sa joie ne peut être qu’un reflet de celle de l'époux. Jésus lui-même a usé de cette comparaison en sa personne (Mec. 11, 19; Mt. 1x, 43; Le. v, 34). IL n’est pas nécessaire que l'époux parle à son ami pour qu'il s'associe à sa joie; l'ami, celui qui à été désigné comme étant le plus intime

Thy quvhy toù vumplou. abrn oùy à yapa À ÈuN Terhpwrar. 30 Exeivoy dei abEaverv, Euë dÈ Ehatroüchat. 31 °O &wey Épydpevos Eravo révrwy Éotiv. à y Ex tic vis Ex This AG ÉoTiy nat Ex Tic Yi Awkeï’ à ëx Toû obpavoÿ épyomevos 26 Ewpansy nat fuousey paprupet, Xat Tv

31. OM. enavw Tavrwy ect p. epyomevocs 2° (T) plutôt que add. (HSV). 32. om. vouro p. nxouoev (T) plutôt que add. (HSV).

pour faire honneur à l'époux, se tient debout pendant la cérémonie, et il suffit que l'époux exprime son bonheur pour qu’il se réjouisse avec lui. Cette joie, quoiqu’elle ne soit que dérivée, Jean l’a goûtée dans sa plénitude relative : Ego sum in audiendo, ille in dicendo; ego sum illuminandus, ille lumen; ego sum in aure, ille Verbum (Aug.). Sur celte plénitude de joie, cf. xv, 41; xvr, 24; xvir, 43; I Jo. 1, 4. — Ésraxws, cf. xvr, 18. 25.

30) Après cela le sacrifice de l'abaissement sera facile, car il sera compensé par l'élévation de l'ami : deï, cela est réglé par Dieu, mais avec quelle convenance! — On a souvent remarqué que la fête de saint Jean coïncide presque avec le solstice d'été, Noël avec le solstice d'hiver; mais il ne semble pas que ce symbolisme ait influé sur le choix des jours de ces fêtes.

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