‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 159 sur 326 · rw a. Iwany (H) plutôt que om. (TSV · texte numérisé non relu

rw a. Iwany (H) plutôt que om. (TSV

Plusieurs critiques ont cependant noté que cette révélation que Jésus fait de lui-même, et à des Samaritains, n’est guère en harmonie avec le parti qu'il a adopté, d’après les synoptiques, de ne pas se manifester comme Messie, et de ne pas envoyer ses disciples chez les Samaritains, comme Mt. (x, 5) l’atteste expressément. Mais le même Mt. a bien raconté comment Jésus a dérogé à la loi de sa mission en faveur de la Cananéenne (xv, 21-28). Ici, le Sauveur du monde, provoqué par une femme pécheresse qui fait appel au Messie, ne se refuse pas à lui dire qu'il est ce sauveur. Cela était très opportun pour établir son autorité à proposer l’enseignement capital du culte en esprit et en vérité. Ce culte est le seul qui convienne à Dieu, qui est Esprit. Mais si Jésus dérange, pour parler à notre manière, ses plans les mieux arrêtés en faveur d’une femme, et pécheresse, est-il rien de plus propre à faire naître dans les cœurs cet amour qu’en fait l’histoire de la Samaritaine excite de génération en génération? De telles œuvres ne doivent pas être jugées seulement à la loupe. Qu'on les sonde dans tous leurs détails avec la minutie la plus exacte, c’est bien. Mais qu'on n'oublie pas à quelle hauteur elles se dressent, quelle lumière elles ont versé sur l'humanité, quel réconfort pour les âmes! Ce sera toujours un contresens paradoxal d'attribuer à un inconnu la pensée maitresse du christianisme, plutôt qu’à ce Fondateur devant lequel l’évangéliste s'incline si profondément. Renan lui-même, après quelques réserves sur les détails de la conversation, conclut-: « Mais l’anecdote du chapitre 1v de Jean représente certainement une des pensées les plus intimes de Jésus, et la plupart des circonstances du récit ont un cachet frappant de vérité » (Vie de Jésus, 19° éd., p. 243 note).

Nous ne prétendons pas cependant que l’'évangéliste ne soit pour rien dans la manière de présenter les choses; mais on aurait tort d'insister sur le caractère secret de l'entretien. Si tout d’abord les disciples ont bridé leur curiosité par respect, on peut bien croire que Jean, le disciple bien-aimé, s'est cru autorisé à demander à son maitre cette confidence, comme il a fait à la Cène pour un secret plus redoutable (xuxr, 24 ss.).

Ce long récit se subdivise aisément en plusieurs petites sections qui seront indiquées.

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