‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 161 sur 326 · Entretien sur l'eau vive · texte numérisé non relu

Entretien sur l'eau vive

7) Cette femme était sans doute originaire de la ville ou du bourg qui vient. d'être nommé, mais peu importent ses attaches locales; c'est une Samaritaine,

son fils. 6 Là se trouvait la source de Jacob. Jésus done, fatigué du chemin, était assis à même près de la source; il était environ la

” sixième heure. ’Survient une femme de la Samarie, pour puiser de

l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire; » Scar ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres. °La femme samaritaine lui dit donc : « Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? » Car les Juifs n’ont

comme ses compatriotes seront des Samaritains. Jo. a tenu à mettre en relief leur nationalité, qui avait pris un caractère religieux spécial, ce qui ne les transforme pas en symboles. — Combien de fois n'a-t-on pas vu en Palestine les femmes plonger dans les grands puits des vases attachés à de longues cordes qu’elles tirent ensuite en prenant un point d'appui sur la margelle, y creusant ainsi des rainures parallèles! — Jésus demande à boire parce qu’il a soif, c'est vraiment un service qu'il sollicite de celte femme, service qui n’est jamais refusé. — ri (HT) contraction hellénistique pour zuiv (SV).

8) S'il a recours à elle, c'est que les disciples ont poussé jusqu’à la ville pour acheter quelque nourriture, sans quoi (vée) ils seraient intervenus. Il faudrait en conclure qu'ils avaient avec eux le matériel très simple qui permettait de tirer de l'eau, ou qu'ils l’auraient emprunté à la ville. On peut bien penser que si Jésus n'attend pas, c'est afin d'engager l'entretien avec cette femme dont il connaît les dispositions et qu’il voudrait ramener au bien.

9) Au lieu de se montrer d'autant plus empressée qu'elle reconnait en Jésus un étranger, un Juif qui a dû se faire violence pour lui parler, la Samaritaine n’est pas fâchée de signaler cette dérogation à la hauteur habituelle des Juifs. Elle est au courant des querelles religieuses, et partage le ressentiment provoqué chez les siens par le mépris des habitants de Jérusalem pour les Samaritains en général, et surtout pour ceux de Sichem : év duoiv ÉOveauv rpoowy0ioev à duyA mov, za to toitov oùx Loxuv Éûvoc" ol ualuevot èv Üpst Zauaoeias, Pulorein, xal & abs uoods 6 zarom&v êv Alors (Sir. 1, 25 s.). Les anciens Samaritains sont comparés aux Philistins; c'étaient presque des étrangers et des idolâtres, depuis. que les Assyriens avaient installé leurs colonies (IV Regn. xvu, 24 ss.), mais ceux de Sichem étaient plus odieux encore depuis que Manassès avait installé au: Garizim un temple et un sacerdoce rivaux (Jos. Ant. XI, vu, 2). Ce n'était pas un peuple, mais une secte détestée. D’après Josèphe, c'étaient les Samaritains qui commencçaient les hostilités (Ant. XVII, 1, 2; XX, vi, 4), et en effet leur caractère était turbulent. Aujourd’hui encore Napiouse est le point de Palestine où il est le plus difficile aux Juifs de pénétrer. — L'incise de la fin ov vap-lauagervars est omise par ND ab de; Zahn la regarde comme une interpolation très ancienne. En tout cas, cette réflexion n'appartiendrait pas à la Samaritaine, mais à l’évangéliste. Elle avait son intérèt en dehors de la Palestine, eb ne contredit pas la pratique des disciples qui vont acheter des vivres. Les Galiléens étaient sans doute moins méprisants que les Juifs puisqu'ils avaient l'habitude de traverser la Samarie lors des fêtes (Jos. Ant. XVII, 1, 2). Le traité des

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