moreve (THV) et non rioteucoy (S
Dans la pensée de Josèphe cela revenait au même : à chaque nation son dieu. Cependant le livre des Rois (IV Regn. xvur, 30 s.) énumère sans les compter cinq nations et sept dieux, —même on pourrait en compter huit dans les Septante, dont quelques-uns sont des déesses. Un copiste du xrm° siècle (ou environ) a écrit en marge de Josèphe : « prends note de ces cinq nations transportées d’Assyrie en Samarie. Et prends note aussi de leurs cinq dieux, et sache que c’est de là que vient ce qui fut dit par le Christ à la Samaritaine : tu as eu cinq maris. C'est-à-dire : tu as vénéré d’abord les cinq dieux transportés d’Assyrie. Maintenant que des prêtres ont été appelés d’Assyrie (?) tu as appris à connaître la loi de Moïse qui t'annonce Dieu, lequel n’est pas ton mari, à savoir un dieu qui en porte mensongèrement le nom, mais le vrai et réellement Dieu; tout à l'inverse les dieux des Assyriens et leurs idoles » (Nesr1e, Zéschr. f. nt. Wiss., 190%, p. 166). Cette opinion, reprise semble-t-il d’abord par Strauss, a été adoptée par « l'école critique » (encore Loisy, Bauer). Elle est cependant difficile à soutenir. Les faux dieux pouvaient bien, quoique à tort, être regardés par les anciens Samaritains comme des maris légitimes, et le Dieu d'Israël qu'ils prétendaient aussi avoir pour mari n’aurait pas accepté ce titre. Mais la situation avait bien changé au temps de Jésus; les Samaritains n’admettaient qu'un seul Dieu, le même que les Juifs. Le schisme ne portait pas sur ce point, mais sur le lieu du culte. La comparaison du Dieu d'Israël à un conjoint illégitime aurait eu quelque chose de choquant, et il n’eût pas été juste de rendre ces gens responsables des fausses religions des peuples transportés. Prendre Simon le Magicien pour le sixième ne remédierait à rien, car ce serait toujours du symbolisme. En se lançant dans une allégorie, et aussi obscure, le Sauveur eût manqué son but qui était d’éveiller dans la femme la conscience morale au contact d'un homme de Dieu; enfin et surtout elle n'aurait pu dire à ses compatriotes : il m'a dit tout ce que j'ai fait (29). Jo. aurait certainement compris combien ce symbolisme eût rompu désagréablement le fil de l'entretien. C'est invention de pédants trop au courant des livres. — Icho'‘dad est plus naturel et dans le ton des opinions populaires en suspectant la Samaritaine de passer pour une tueuse (involontaire) de maris; son dernier mariage n’eût été qu'un mariage blane, pour éviter un pareil sort à celui qui avait accepté de la soustraire à l’opprobre de la viduité. Mais alors elle n'eût pu dire : je n'ai pas de mari, elle en avait un juridiquement.
19) Le tour est des plus subtils. En apparence, la Samaritaine reconnaît ses torts, puisqu'elle avoue que Jésus a vu juste. Mais le terme même de prophète,
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ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, 1V, 20-21. Tru
18car tu as eu cinq maris, et maintenant celui que tu as n’est pas ton mari; [en] cela tu as dit vrai. » {La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne; el vous dites que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. » ?!Jésus lui dit : « Femme, crois-moi
dont elle se sert, lui permet de détourner une conversation qui n'est pas à son avantage. Puisque ce Juif est un prophète, c’est une bonne occasion de traiter avec lui une question religieuse. Sa conduite privée étant percée à jour, elle se lance dans la controverse, où il lui sera plus facile d’avoir raison. — Si elle admet seulement maintenant que Jésus est un prophète, sa demande du v. 43 n'était donc pas très sérieuse.
20) Du puits de Jacob, la Samaritaine pouvait montrer non pas le sommet, mäis les premières pentes du mont Garizim, où le prêtre Manassès avait élevé un temple rival de celui de Jérusalem (Jos. Ant. XI, vin, 2). Elle oppose très habilement dues, vous autres, les Juifs d'aujourd'hui, aux pères dont les Samaritains suivent la tradition. Ces pères sont à tout le moins les fondateurs du Temple, époque déjà assez lointaine. Le Temple avait été démoli par Jean Hyrcan en 429 av. J.-G., mais le culte se célébrait toujours sur la montagne, et aujourd’hui encore on y immole la Pâque (cf. RB. 1922, p. 434 ss.). Mais les Samaritains ont sûrement appuyé leur coutume sur des autorités plus anciennes, comme lorsqu'ils ont remplacé l’Ebal par le Garizim dans leur texte du Pentateuque (Dt. xxvur, 4), et ils ont dù alléguer la présence de Jacob aux environs, et l’autel qu'il avait dressé (Gen. xxx, 20) près de Sichem; pourquoi ne serait-il pas monté au Garizim pour prier? De même pour Abraham. Tandis que les Juifs lisaient Moriah le lieu du sacrifice d'Abraham (Gen. xxu, 2 cf. Jos. Ant. I, x, 4 <d Moov ëpos) et l’identifiaient avec l'emplacement du Temple (i Chr. 1, 1), les Samaritains lisaient Moreh, ce qui équivalait à désigner la montagne qui domine Sichem (Gen. xx, 6). Lorsqu'elle dit « nos » pères, la Samaritaine a pu avoir la pensée d’opposer les Juifs modernes à leurs ancêtres communs, ou simplement de désigner les pères comme mieux représentés par les Samaritains que par les Juifs. De toute façon on voit qu’elle a confiance dans son argument qu'elle sait appuyé par les savants de la nation sur de bonnes preuves. Chrys. croit qu’elle a fait allusion à une tradition sur Abraham, car « on dit » (oasl et non dicebant) que c'est là qu’il a conduit son fils. Elle se tient d’ailleurs sur la défensive, ne prétendant que défendre le droit de ses compatriotes menacé par l'esprit exclusif des Juifs qui n'admettent pas qu'on adore en dehors de Jérusalem. Mais avec quelle habileté leur prétention est réduite à peu de choses : « vous » en opposition avec « nos pères »; vous « dites », opinion de peu de poids contre une coutume aussi autorisée; « un lieu à Jérusalem » plutôt que « sur cette montagne » citée par Moïse; dei, « il faut » : sur quoi peut reposer cette nécessité?
21) Cette toile d’araignée est balayée d’un mot. Jésus refuse de discuter les titres des deux montagnes; il oblige la Samaritaine à élever son âme (Chrys. Sravlarnouw adeñs Thv uyfv); désormais le culte du Père ne sera pas restreint
.Evy T@ bper roûrw obre ëv ‘Teposohüpots moocxuviaete ro maxpl. 2? bpeïc mposxuveire © obx oldare, ÂUEÎS TPOHUVOUMEV 6 oùdauev, Or curnpla Ex
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à l’un de ces deux endroits. Reconnu comme prophète, Jésus demande à la femme de le croire (Schanz, Zahn), car il va précisément faire une prophétie. — mpooxvésere ne doit pas s'entendre des Samaritains et des Juifs (Mald.), puisque l'opposition revient au v. 22, mais pas davantage dés Samaritains seuls, {Schanz, Zahn), car ce serait annoncer leur conversion en masse, ce qu'on ne peut déduire de Act. vin, 14, encore moins du mouvement qui va être raconté. Il semble donc que le pluriel s'adresse à tous ceux qui ont Dieu pour Père (Origène), c'est-à-dire à tous les hommes qui seront désignés au v. 23. C'est par un juste sentiment exégétique que rposxuvfoste a. été remplacé par rpooxvwsovst dans quelques mss. Du moment que le privilège de Jérusalem était annulé, ce devait être au profit de toutes les nations (Mal. 1, 11).
22) Le v. 21 se continue ou plutôt est repris au v. 23, à cause de l’incise du v. 22. L'ordre n'est pas selon les règles de la composition écrite, mais nous assistons à une conversation. Ce n’est pas un retour à la controverse amorcée
. par la Samraritaine; la question du lieu de culte a été tranchée contre les deux prétentions rivales. Mais l’ordre nouveau ne sera pas la suite d’une révolution; il est dans les desseins de Dieu, il était donc préparé. Le salut devait venir des Juifs qui avaient conservé le dépôt de la révélation mieux que les Samaritains. C'est à tort que Maldonat a cherché à établir un contexte plus étroit, une logique plus stricte dans l'entretien : sensus tgitur est, quod vos in monte isto adoratis, nescitis quid faciatis. En effet « d » est le terme de l’adoration, par conséquent Dieu lui-même. Cependant l’antithèse doit être dégagée, pour être comprise par d’autres que des Sémites, de ce que l'opposition a de heurté. Ni l'ignorance des Samaritains n’était absolue, ni la science des Juifs parfaite (vi, 28). On pouvait dire avec le Psalmiste (Ps. Lxxv, 2) Yvwotbs Ev 19 ’loudaiz ô eds, mais avec Isaïe (1, 3) ’Iopaÿl dé ue oùx Éyvw, selon les dispositions du peuple. Mais enfin, en n’acceptant que le Pentateuque, les Samaritains avaient interrompu une révélation qui était un progrès dans la lumière, et s'étant figés dans une situation de révoltés, ils avaient perdu le sens des desseins de Dieu. — ôr n'est pas « à savoir », mais « c’est pour cela que ». Le salut sortira des Juifs, cf. Is. 11, 3 et Rom. mr, 4 ss. 1x, 4.5. Le Verbe incarné se range parmi les Juifs; il est venu vers les siens (r, 41). On voit d’ailleurs par les hérésies de Simon le Magicien, de Ménandre et de Dosithée que les Samaritains ont admis
plus facilement que les Juifs EE erreurs grossières sur la nature de Dieu (Evs. N° Fin, 26; 1, 29).
23) C’est bien la suite du v. 21, mais en tenant compte du v. 22, la restriction en faveur des Juifs, qui oblige à une opposition, à\A4. Ce privilège des Juifs va cesser. La reprise Épyetar &oa (21) est corrigée ou plutôt précisée (contradictio in adjecto), par at vüv èou, comme dans Jo. v, 25, et I Jo. 11, 8, ce qui prouve bien que c’est du style de Jo., car dans Rom. x, 11 s.ilya plutôt synonymie.
l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 2? Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut doit venir des Juifs. Mais l'heure vient, et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité; aussi
Bauer cite Polybe (Hist. IV, 40, 10) Éotar dÈ noù mepi to Müvroy maparkiotov” xal yiverar vôv. L'heure viendra, et ce futur sera maintenu par rpooxuyfoovot, mais c'est déjà maintenant puisque l'œuvre est commencée — ähnÿwds au sens de réel, digne de ce nom (PLAT. Rep. 499 B : aan0wvñs gthocoplas &Anfivds Écws). — Èv &xnêeia, non point uniquement selon la vérité objective, ou comme dit Origène, ëy aXnôelg nat uh tôxot, mais dans une disposition sincère à l'égard de la vérité connue et possédée; cf. I Jo. mm, 18; I Jo. 3.4; IT Jo. 1, 3; IL Cor. vrr, 14; ï Tim. u, 7. Il faut donc entendre aussi ëv zveépart d’une disposition humaine; l'esprit de l’homme est ce qu'il y a en lui de plus pur, de plus semblable à Dieu : c'est par cette faculté qu'il doit le chercher en l'adorant. L'action de l'Esprit-Saint peut être aisément déduite, mais n’est pas indiquée expressément. Ce sont ces adorateurs que le Père désire, car il n’est pas indifférent à la nature des hommages qu’il recoit. Ce dernier trait n’est pas le moins beau. Les philosophes qui ont le plus exalté la nature divine affirment volontiers que Dieu n'a pas besoin de nos hommages, quels qu'ils soient; cela est très vrai, mais plus il est élevé au-dessus de nous, plus nous avons, nous, besoin de savoir s’il agrée nos hommages et lesquels. Or Jésus ne parle pas ici de la nature des dons qu’on prodiguait à la divinité en forme de sacrifices ou d'offrandes, mais seulement des dispositions des adorateurs tels que Dieu les requiert (rotobrous Entet). — C'est ici une parole décisive dans l’histoire religieuse de l'humanité, une vue profonde sur le culte dù à Dieu et une prophétie sur les destinées de ce culte. Dès lors que la religion se distingue de la magie, l'homme sent plus ou moins instinctivement que le culte rendu à la divinité serait vain sans une participation de ses propres sentiments, de ce qui est vraiment lui. il faut avouer que les cultes grecs, par ailleurs si beaux, développaient peu ce sentiment; aussi la critique rationnelle ne se souciant que de la moralité intérieure eut-elle souvent le courage de leur rompre en visière. L'Ancien Testament, tout en maintenant la nécessité du culte extérieur traditionnel, a insisté fortement sur l’inutilité des sacrifices sans l'attachement à Dieu et aux règles de la morale (Is. 1, 11 ss. xxx, 13; Jér. vi, 20; Amos v, 20-26; Ps. L, 7-23, etc.). Ces réserves sur les principales exigences de Dieu n’empéchaient pas les Israélites de croire qu'il ne pouvait être bien servi que par des sacrifices d'animaux immolés dans un lieu déterminé, par un sacerdoce national. Les philosophes grecs avaient souvent une conviction différente, mais les plus religieux, Socrate, Platon, Xénophon, ont pratiqué la règle de suivre le culte de la cité (véuw rdkews, XÉN. Mém. 1, 3, 1 et IV, 3, 16). Les stoïciens eux-mêmes entendaient justifier cet exclusivisme pratique. Les religions de mystère n'étaient pas affranchies de certaines attaches nationales, et atliraient les âmes par un culte tout autre que l’adoration en esprit. Philon, appuyé à la fois sur la révé- ÉVANGILE SELON SAINT JEAN. 8
95 \éyer.
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| vobg mpooxuvoüvras abrèv y mvebpatt. xal à Bnbee 3 det A : ar n yuv4 Ofda om Meoccias Épystau, 8 Aeyéuevos Xproros Eneivos, &vaæyyehet huiv dravra. 6Aéyes arf 6 ’Insoës Eye eu,
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maboy ô per yuvarxds éhdAer” oùdeis mévror eîrev TE Car tes TE
lation de l'A. T. et sur la philosophie, a dit une parole assez semblable à celle de Jésus (quod deter. pot. mnsid. Sol. $ 2; M. I, 195) : « il s'égare de la voie- de la piété, celui qui prend le culte pour la sainteté, qui offre des dons à celui qui n'en recoit pas et ne prend jamais rien de semblable, qui flatte celui qu'on - ne saurait flatter et qui aime un. service véritable, — à savoir celui d'une âme qui offre en sacrifice la seule et simple vérité, — mais qui se détourne d’un = \ service illégitime, consistant dans l’exhibition des biens extérieurs ». Mais si. lon avait consulté Philon sur ce qu'il fallait faire à Jérusalem, il eût répondu comme les socratiques : se conformer à la loi du peuple, c'est-à-dire à la loi 3 de Moïse, source de toute sagesse, sauf à la vivifier par un sentiment intérieur qui se développait seul dans les colonies juives en dehors de la Palestine;. cf. BRÉRIER, Les idées. de Philon.… p. 226 ss. La parole de Jésus est plus nette. Ce qu'elle annonce de positif, venant après la désaffectation des lieux de. culte au v. 21, loin d'indiquer un fléchissement du sentiment religieux, fort ordinairechez ceux qui attaquaient les cultes, lui donne son fondement le ples assuré et définitif. La religion doit être purement spirituelle. Elle ne dépendra ni des lieux, ni des langues, ni des nations, et'ne connaîtra pas les sacrifices. qu'on n'offre que dans des endroits déterminés, mais elle n’en sera que plus haute, allant à Dieu par l’esprit. Jésus demande aussi qu'on adore en vérité, c’est-à-dire par l'adhésion de l'esprit à la vérité, et par la sincérité du cœur. Est-ce à dire que la religion ne comprendra ni rites, ni symboles? Ce serait contraire à la pensée de Jo. (nr, 3); des actes extérieurs sont indispensables: à la nature humaine, et sont même grandement utiles, s'ils dépendent de l'action de l'esprit. En excluant ici les sacrements opérant ex opere operato, les protestants méconnaissent ce point. Ils s’empressent d'ailleurs de noter en s faveur de leurs communautés que le culte en esprit n'exclut pas les réunions ; à dates fixes, dans certains lieux, avec certaines formes. L'Église catholique: l’entend ainsi avec une universaïité plus réelle.
24) La raison dernière qui oblige à un culte en esprit, c'est que Dieu lui-même est esprit. Quelques Grecs l'avaient pressenti, qu'ils se servissent du mot voëe ou du mot rweÿua vospdv, mais ils ne tiraient pas la conclusion. Bauer cite: les Dicia Catonis (BAERRENS, Poetae lat. min. 11, p. 216) 4 : Si Deus est animus, nobis ut carmina dicunt, Hic tibi praecipue pura sit mente colendus. Cette maxime stoïcienne du res. ap. J.-C. est bien frappée, mais ne sort pas du panthéisme polythéiste.
25) La femme dit Messias sans article (à la différence de 1, 41), comme si c'était un nom propre; & Xeyduevos Xpiorde est une explication de Jo. Elle regarde: le Messie surtout semble-t-il comme un révélateur, c’est-à-dire un prophète.
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vérité. » # La femme lui dit : « Je sais que Le Messie doit venir,
celui qu'on nomme Christ. Lorsqu'il sera venu, il nous fera tout
-savoir. » #6 Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
?7Et là-dessus ses disciples arrivèrent, et ils s’étonnaient qu’il
parlât avec une femme. Cependant personne ne dit : Que désires-tu?
1 n’est pas douteux qu’à cette époque les Samaritains attendaient un Messie. C’est sûrement comme Messie que sous Ponce-Pilate un inconnu promettait de
retrouver les vases sacrés de Moïse sur le mont Garizim (Jes. Ant. XVIIL, 1v, 4). Origène dit cinq fois que Dosithée s'est donné comme le Messie (Le Messia-
nisme..…, p. 20, n. 3). Justin dit (I Apol. ur); ’lovdæior DÈ nat Damapets… àel roocdoxfoavres rdv Xouordy…. or il était de Naplouse. La littérature des Samaritains et leur foi actuelle connaît le Messie sous le nom de Ta’éb, « celui qui revient »; il était surtout pour eux un second Moïse, probablement d’après Dt. xvmr, 45, moins grand que Moïse : un prophèle qui serait en même temps prince temporel et conquérant (Monrcomeny, The Samaritans, etc., Philadelphia, 1907). =— &væyyéiko signifie proprement : annoncer au retour d’une mission (Act. x1v, 27; xv, 4); c'est peut-être un terme choisi à dessein pour le Ta’éb, s’il portait déjà ce titre. En tout cas il viendra avec une mission de l’ordre religieux pour
éclaircir tous les doutes et les questions controversées entre Juifs et Samari-
tains (Au), son autorité s'étendant à tous.
26) Il était donc possible que le Messie attendu par les Samaritains vint de
Judée, et Jésus pouvait se déclarer tel sans provoquer chez la femme une résistance de principe. Il n’en est pas moins très étonnant qu'il ait révélé sa qualité de Messie, qu'il recommandait à ses disciples de tenir secrète d’après les synoptiques (Mc. vi, 30 par). Mais il est clair qu'à ce passage en Samarie il n'y avait pas à craindre une agitation comme celle qui se produisit en Galilée après tant de miracles. Ayant été envoyé aux brebis perdues de la maison d'Israël, Jésus voulut annoncer la bonne nouvelle aux Samaritains, sauf à ne pas y envoyer ensuite ses apôtres (Mt. x, 5), auxquels il assignait un champ très déterminé dans leur propre région. On voil ici que Jo. n'hésite pas à présenter une attitude nouvelle par rapport à Mt. mais que Le. faisait déjà pressentir (x, 33; xvu, 29) si 30. Retour des disciples.
27) L'étonnement des disciples ne porte pas sur É nationalité de la femme, mais sur le fait que Jésus conversait avec une femme. Aujourd’hui, il est tout à fait contraire à la coutume de s’entretenir avec une femme qu’on rencontre en
chemin ou près d’une source, quoique les femmes musulmanes de la campagne
bien c ce sont ceux-là que le Père devte pour adorateurs : #Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et.
ne soient pas voilées et aient une certaine liberté d’allure. Si l'on demande
son chemin, il faut le faire en peu de mots. C'était déjà la pratique juive (Eroubin 53b). Les disciples devaient naturellement supposer que Jésus demandait quelque chose (ri), ou alors pourquoi (rt) parlait-il? Il est possible que l’encratite Tatien ait été spécialement embarrassé de cette situation. D’après
Lakeïs mer” adrhc; 5 apñxey oùv vhv UBptav abris à yuvh nat GT AAEY ets rhy rôkuw al Réyet rote avbpôTou 29 Acte Îdere dvbpuroy Êç eÛTé pot TAVTE & Emolnou” pre oùrés Ésri à Xpuoroç; 085HA0ov Ex The moe Ka GPAOYTO TPÈS æbTOY. H2y rù petaëd mpwruv adrèv oi pabnTot Adyovres “Pañfi, qaye. 325 Dè elmey adrois ‘Eyw Ppootwy Éyw qayet fiv dyeïs oùx oldate. 33£Aeyov oùv où pabnrai mpès &hAhous M vis
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l'harmonie de Liège (p. 415) c'est à la femme que les disciples demandent « que cherches-tu »? Et peut-être est-ce le sens de syrcur : « que cherchet-elle »? Syrsin a représenté le Christ debout, pour indiquer un entretien moins familier.
28 s.) La Samaritaine était plus touchée qu’elle n'avait voulu l'avouer tout d'abord. Loisy objecte que « si l’auteur avait eu en vue la conversion de la femme, il n'aurait pas laissé ainsi l'entretien comme suspendu. L’attitude équi- . soque de la Samaritaine figurerait assez bien celle des Samaritains réfractaires à la prédication chrétienne », etc. (p. 485). Il faut donc absolument qu'elle soit un symbole, et : « peut-être aussi la cruche reste-t-elle vide auprès du puits pour insinuer que la Samaritaine n'avait pas reçu l’eau de l'Esprit », etc. (p. 186). Vide ou pleine — car nous n’en savons rien, — la cruche laissée sur la place marque agréablement l'empressement de la Samaritaine. L'arrivée des disciples mettant fin à l'entretien, elle court annoncer à ses compatriotes qu'elle à rencontré un vrai prophète. Si elle n'a montré aucune contrition jusqu'à présent, elle n'hésite pas maintenant à glorifier les connaissances surnaturelles de Jésus, au risque de confesser qu’elles s'étaient exercées à ses dépens. Si elle le qualifie de Messie sans paraître trop sûre de son fait, c'est qu'elle doit déférer au jugement des personnes compétentes; elle ne dit pas « croyez », mais « voyez », pour les amener à se convaincre par eux-mêmes (Chrys.). — En général ud ou ur supposait une réponse négative, mais dans la koiné, on trouve le sens de « ne serait-ce pas? » (Blass-Deb. $ 427, 2; K.-G. II, 2, p. 394); cf. Mt. xu, 23.
30) L'imparfait #oxovro, « ils étaient en train de venir», après l’aoriste #%0ov, exactement comme dans xx, 3.
— La meilleure preuve que la Samaritaine était convaincue, c'est qu'elle a su persuader.