‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 175 sur 326 · Bntaôa plutôt que Bnôzaÿa (THS) et non Bnôecda (V · texte numérisé non relu

Bntaôa plutôt que Bnôzaÿa (THS) et non Bnôecda (V

Mais si l'on place le chap. vr avant le chap. v, avec la lecon à £opth, ce sera

Ja fête de Pâque annoncée comme prochaine dans vi, 4. Si au contraire on lit

£opr4, Jésus aura laissé passer la Pâque et sera venu pour la Pentecôte. De

- toute façon il n'y aura qu'une Pâque outre celle qui suit le miracle de Cana et

celle de la Passion, même si Jésus avait passé en Samarie en janvier, avant l'unique Pâque de vi, #et de v, À

2) Grosse difficulté textuelle. Premier cas : nous lisons ënt 19 rpo6atxÿ avec la grande majorité des témoins, car la suppression de ext rn (K a Vg.-Clém.) est une correction pour éviter une difficulté; de même la suppression de ext + roo6atuxn (syrsin); ev tn (A D O a b ff?) est bien soutenu, mais ne donne aucun sens. Ce premier point peut être regardé comme résolu. — De même à ërtkcyouévn est sûr au lieu de rù Acyduevoy de Tisch. soutenu seulement par N. La leçon sd ksyduevov avait pour but de distinguer un édifice commençant par Beth, «maison », de la piscine; scrupule d’ailleurs mal fondé, vu le grand nombre de noms très divers qui peuvent commencer par Beth.., en hébreu et en araméen (comme « maison des mains » pour « gants » etc.). — Pour le nom propreil ya en présence : Bnôoædx (B © boh. sah Vg Tert. Jér.) suspect à cause de l’étymologie trop facile (maison de pêche) surtout pour le latin piscina, et trop restreint comme tradition; 8n0:odx (A G les Antiochiens et les syriens) trop exclusivement syrien, et suspect aussi par l’étymologie facile (maison de miséricorde). Ces deux : leçons rejetées sans trop d'hésitation, il reste à choisir entre deux formes, en atha ou etha. Le son e se trouve sous la forme B:AKeûa (D d r), betzeta (b), bethzetha (ff?), bethzeta ou bethzeda (trois mss. de la vg.); à ma connaissance la forme bezetha ne se trouve nulle part. Le son & est incontestablement mieux attesté : il se trouve sous la forme BnôC«îx (préférée par THS) dans NL 33 (betzatha), mais sous la forme Bntala dans Eusèbe (Onom.) et dans e : bezatha. On trouve le même flottement entre a et e dans Josèphe, du moins Niese donne à la nouvelle colline de Jérusalem le nom de Bete0é (Bell. Il, xv, 5; II, xx, 4; V, 1v, 2 (bis); V, v, 8), mais il signale la variante Betaüa. Jamais Josèphe n’a Bn0Çalx ni Bn0%:0x. Si le même nom est visé, il faudra donc adopter a avec les meilleurs mss. de Jo.,et supprimer 8 avec Josèphe, car la présence du 8 s’explique par la tendance à compléter cette leçon dans le sens des autres, Pnôsaida, Pn0eodx.

Nous lisons donc fnfaî«, comme Eusèbe, qui connaissait la prononciation de Jérusalem. L'étymologie, déjà indiquée par M. Conder a été solidement établie

par M. Burkitt (The Syriac Forms of New Testament Proper Names, p. 20); c'est

l’araméen NNYTA « coupure », où NAYYTA «coupure, fente ». En effet Bezetha

ou Bezatha) était le nom d'un quartier nouveau, séparé de la ville par un fossé: Josèphe (Bell. V, 1v, 2) xal toû iepoÿ tà npocdoutia mods Tù Àdpw ets (réunissant à la ville) èx’ 094 éAlyoy mpo%Aov, xat téraptoy reprouxnbver Adgov, Bc

lem. ?0r il y à à Jérusalem, près de la [porte] des Brebis une

xakeïtat BeGe0o, xeluevos uèv dvrixpd ts Avtwvlas, änoteuvôuevos D épiyuatt Ballet, — ärotepvépevos nous met sur la voie de l’étymologie. Parmi les noms des communes de France on trouve Le Fossé, La Fosse, Fosses, Rochetaillée, étc.; en Palestine Pierre-encise. Il est vrai que Josèphe aussitôt après feteôé a écrit ro vedxtiotoy uépos, à webepunveuduevoy ‘EAXGD YAwoon av AËyorr” &v mél. Mais ce n’est là qu’un équivalent, aussi peu sérieux que acapla rendu par xsvtexootv (Ant. III, x, 6). — On sait qu’on a retrouvé la piscine aux cinq portiques à l’église de Sainte-Anne, située précisément au nord-est de l’ancienne ville, et non loin de l’Antonia (Vincenr et A8ez, Jérusalem, II, 4). En araméen cette piscine a très bien pu s'appeler piscine de Bezetha ou Bezatha (l’araméen expliquerait même les deux formes), c’est-à-dire du nouveau quartier portant ce nom, quelque chose comme Fossanova en Italie. — Le texte ainsi établi, il semble que ërt 1% rpo6atxÿ signifie « contre la Porte des Brebis », en sous-entendant « porte ». La porte des brebis (II Esdr. xiv, 1. 32; xxn1, 39) à nûAn à mpo6atixf était bien au nord du temple. On lit dans la vie de Polycarpe par Pionius (1ve s.) 3, ërt rhv nadovuévnv ’EgestaxÂv, Le mot niAn étant sous-entendu. La porte qui appartenait à l'enceinte du Temple ayant été détruite, il se peut que la piscine, étant d'utilité publique, ait été épargnée ou même restaurée par les Romains. Ce qui est sûr, c’est que les Pères, depuis Origène, appliquent le nom de probatique, non point à la porte, mais à la piscine, et c'est sûrement de là qu'est venue la variante qui supprime ër 1%. Il faut surtout citer Origène (Pr. 533) perè yap vas êv nd veocdpas péonv etyev Étépav. npo6atixn dè xoAvu6H0pa EAÉyETO àrd roû rà moocayôueva mpé6ata tais Éoprais êxei ouvalpolteofar, at dnd tüv Ououévov rüv roo6drwv év êxelvw mAdveodat rü Üdatr TX ÉVXATA. :

Origène ne connaissait donc qu'une piscine, qu'il nommait probatique; malheureusement le nom araméen n’a pas été conservé dans ses œuvres. — ëmk:youévn (leçon certaine) n’est pas synonyme de pelepunvevduevov (Jo. 1, 38. 42; Mc. v, 45, etc.), comme si le nom de la piscine probatique (d’après la leçon de la Vg.- Clém.) était en araméen Bethsetha, par exemple Nn‘w 72 « maison de la brebis ». éépaiotl, en hébreu, ou plutôt en araméen, selon toutes les variantes.

Loisy : « La piscine, disent les interprètes, était sans doute enfermée dans une construction pentagonale » (p. 200). Puis il suggère que les cinq portiques sont une invention du symbolisme : « Les anciens qui voyaient dans la source un symbole du judaïsme, et dans les cinq portiques une allusion aux cinq livres de la Loi, rencontraient probablement la pensée de l’évangéliste » (p. 200). Tout cela est fort léger. Origène avait déjà noté que quatre portiques flanquaient le rectangle de la piscine, et que le cinquième la coupait én deux : disposition qui a été inconstestablement révélée par les fouilles. Mais lui-même ne parlait plus de la porte, qui avait dù disparaître. Jo. s'exprime donc ici comme un témoin de l’état des lieux, et son £oxv, sans indiquer nullement qu'il a écrit avant la ruine de Jérusalem est une indication qu'il se transporte par le souvenir au temps de Jésus ou plutôt qu'il vise une situation inchangée. On trouvera dans la Jérusalem des Pères Vincent et Abel une restauration appuyée sur les monuments et conforme au texte de Jo.(Op.l., p. 685 ss, et pl. LXXV).

h émueyonéon EBporort Bnlaôd, mévre otoûc Éyouoat $Ey vrairouis vatéxeiro mAÿ0oS Toy aobevobvrwv, TupAGV, yuAdY, Enpov Éxdeyouévuy Tv toù Üdaras xivnaiv. H[dyyehoc yap Kopiou xarà napèy xatéBouvey Ev- 13 AoAvp Op nat Etdpacce Tù Üdwp' à oÙv rpüros Epfac uerx Thv Tapayny

3, exdeyopevuwv… xtvnotv (V) plutôt que om. (THS). . 4. le texte d'après V.; om. THS.

3) Question textuelle célèbre. Sans parler de l'addition de rapakurwy par D abe, qui semble avoir pour but de désigner d'avance la catégorie à laquelle appartiendra le malade, les mots éxbeyouévov tv toë Gdaros xlmouv sont omis par N BACL trois cursifs, syrcur. (sin. manque) sah. q. Mais ils figurent dans la masse, dans 6, dans La Vg. (WW ne citent aucun ms. pour l’omission), et aussi dans D et dans W qui n’ont pas le v. 4. On peut donc estimer avec Calmes qu’ils sont authentiques, alors même que le v. 4 ne le serait pas.

Le texte nous montre donc des infirmes de toute sorte rangés sous Les portiques. I est sans exemple que des eaux thermales aient guéri desaveugles, mais une vague espérance pouvait en attirer là quelques-uns, d'autant que les anciens attribuaient assez souvent aux eaux médicin ales une vertu surnaturelle ; chez les païens c'était l'influence du génie des eaux; chez les Juifs on devait penser à un ange. Le mouvement des eaux était probablement celui de nouvelles eaux plus pures, retenues jusqu'alors par une vanne et qui alors entraient dans la piscine. L'opinion commune était que ces eaux sortant de la terre plus récemment avaient plus de vertu curative.

D'ailleurs la science reconnait à certaines eaux, surtout thermales, des propriétés radioactives qui se renouvellent à la source et disparaissent ensuite rapidement.

4) Om. par NBCD 33 157 134 sah. syreur. q, mais si l'addition est cette fois dans À elle est absente de W fZ et la Vg. de WW, qui justifient l’omission soit par l'autorité de plusieurs mss., soit par la divergence des trois formes qui représentent le v. dans les mss. Nous en citerons deux : angelus autem domini secundum tempus descendebat in piscinam et movebat aQUamM . qui ergo primus descendisset post motum aquae sanus fiebat a quocumque languore tenebatur ; ou bien : angelus autem secundum tempus lavabatur in natatoria et movebatur aqua et qui prior descendisset in natatoriam post motionem aquae sanus fiebat a languore quocumque tenebatur. Ces variations prouvent que Jérôme n'avait pas fixé un texte, car elles sont l'écho des variantes du grec, plus nombreuses que dans le reste de l'évangile, ce qui est naturellement aussi un argument contre l'authenticité du grec. D’après Soden : de l'yap; om. yep; add. xvprou “P. ap; add. vou Üeov; om. xata xapov; ekoueto L. XATEGQVEN ; etTapasseto L. ETapas- Sev; eyeveto [. eytveto; otw L. w3; o av L. Gnrore, Dnrovrouy sans parler des transposilions. D'après les règles de la critique textuelle on ne peut donc admettre ce verset (avec THS contre V). Parmi les Pères, le plus ancien témoignage est de Tertullien (de baptismo 3) : piscinam Bethsaidam angelus interveniens commovebat,

piscine connue en hébreu sous le nom de Bezatha, et qui a cinq portiques; * dans ceux-ci étaient couchés un grand nombre d’in- firmes, aveugles, boiteux, perclus quiattendaïent le bouillonnement de l’eau. (*Car l’ange du Seigneur descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau. Le premier donc qui descendait

qui pourrait en somme être une interprétation personnelle ou reçue du v. 3. C’est ce que suggère le texte d’Aug. qui ne lisait certainement pas le v. 4 comme authentique, puisque l'ange était pour lui une conjecture : Subifo enim videbatur aqua turbata, et a quo turbabatur, non videbatur. Crenas hoc angelica virétute fieri solere. Cf. Ephrem, Moes. p. 446. — Pour le verset, Ambroise (de myst. u, 330; de sacram. n, 355) avec La forme movebatur aqua. De même Chrys.; Cyr. (sans le commenter). Parmi les catholiques, le v. n’est pas admis par Schegg, Schanz, Mader, Calmes, Mer Le Camus, Belser (qui l’attribue à un disciple de Jean).

Quant aux raisons internes, on prétend (Kn., etc.) que sans ces mots le v. Test inintelligible. Ce n’est sûrement pas le cas si on admet le v. 3». Même en supprimant 3b, il faudrait seulement supposer un récit incomplet, mais pas plus énigmatique que mr, 25 ou tant d'autres passages dont l'interprétation est controversée. Contre l'authenticité on fera observer que si Dieu envoyait un ange pour donner aux eaux une vertu curalive, il serait étrange que ce miracle ait été une fois pour toutes limité à un seul cas. Et d’autre part ce grand

” nombre de miracles successifs, devenus comme naturels, affaiblirait singulièrement l’effet du miracle de Jésus. On peut regarder ce verset comme une interpolation sans contrevenir au décret du Goncile de Trente, car ce n'est point une des parties de l'Écriture alors controversées, et il est plus probable qu’il ne fait pas partie de la Vulgate hiéronymienne. L'interpolation est d’ailleurs extrêmement adroite, bien faite pour rendre les faits plus plausibles par un recours au surnaturel. Me Le Camus (après Schanz) y voit l'expression d’une opinion populaire. L'ange n’est pas nécessairement l’ange des eaux (Apoc. xvr, 5), qui est préposé aux eaux comme un autre aux vents (Apoc. vir, 1). — Moqaddasi, cité par Wellhausen, attribue les inondations du Tigre à ce qu’un ange y plonge le doigt (x, 3), et aussi le flux sensible à Bassora à l'immersion du pied d’un ange (xx, 18); ce sont de vagues traditions sur des faits naturels. Sur d'autres cas de sources thermales regardées comme miraculeuses, cf. VINCENT et Avez, Jérusalem, 1, 4, p. 888. — ëv avec le datif après xoté6awev a des répondants dans la koiné, mais s’expliquerait mieux avec ékoÿero, le bain de l'ange aura paru choquant et aura été remplacé par une descente. — ræpéssw agiter, faire bouillonner (Is. xxiv, 14), et non pas troubler (les latins movebatur, jamais turbabat eu turbabatur sauf aur : conturbabat). — natà xatp6v en soi peut signifier au temps voulu par Dieu (Rom. v, 6), mais il s'entend très normalement de choses périodiques, réglées à des intervalles fixes, comme les recensements : Tais xatè xaupoy xat” oix(lav) [äJroyeæ(pais) (Pap. Lond. 974, en 305-6 ap. J.-C. dans M M.), ou sans dates fixes, de temps en temps. Ici on ne peut guère parler de dates fixes (Tert. LL. unum semel anno), encore moins d'heures (Belser, à la Pentecôte

Frs

roù Üdaros dy Eyivero © dimore natelyero voouan]. Sy dE ri dybpu— e . Der 1 moç Ênet tpiénovra xal dur Étn Éywv Ev 1 Gobeyela abrod' 6 robroy idoy

6 Tnooës naraxeluevov, nat yvods Om mohdv Kôn ypévor Ever, Aéyer -aÙT® Ode dyrne Yevéobou; 7émexpiôn adto 8 àcbeyüv Kôpue, &vôpumoy oùx

Eyw va Otav tapay0n 1 Due BéAn pe els sh xoAvU6 0 par" Ev & dÈ

Épyopar yo Ado mpè Euoÿ rarvabaiver, BAéye adr® 6 ’Inooëc Eyerpe

à 9 heures, midi, 3 heures); mais, puisqu'il y a tant de gens qui attendent, il faut que l'ange soit descendu assez souvent et avec une certaine régularité. — vécue est un hapaæ dans le N. T., mais l'expression xaréyeoôa vosuatt se trouve.

5) Exwv se rapporte au temps de la maladie, et non pas directement à ëv aoûevela, cf. x1, 17, Épictète IT, xv, 5 : #5n° Toétnv fuépav Éyovros adroë tic aroyñs. H serait exagéré de dire avec Irénée (II, xxu, 3) que cet homme était demeuré tout ce temps à la piscine. Il y était depuis assez longtemps, c'est tout ce qu’on peut dire. Sa maladie n’est pas indiquée, mais les Pères le nomment couramment le paralytique, et c’est ce qui paraît résulter du v. 7, comparé avec Mt. 1x, 6. — On a cherché le sens symbolique de ces trente-huit ans et cité Dt. ur, 44, qui met trente-huit ans de Cadès-Barné au torrent de Zared. Mais la date normale du séjour dans le désert après la sortie d'Égypte est de quarante ans. Il faudrait

donc dire avec Apollinaire (Catena) que Jésus lui fait grâce de deux ans sur le.

temps normal des grands châtiments. Mais comment appliquer cela au peuple juif? A-t-il été guéri deux ans avant la passion du Sauveur? Cyrille dit seulement (Catena) que cette longue maladie symbolise l’infidélité des Juifs toujours guérissable. C’est tout ce qu’on peut avancer, mais cela n'explique pas le chiffre, lequel n’est donné ici que comme un détail de fait, attirant la commisération spéciale de Jésus. Peut-être aussi Jo. a-t-il cité ce chiffre comme indiquant une situation qui n'était pas encore désespérée : quarante est un chiffre définitif.

6) Sûrement Jo. attribue à Jésus une connaissance surnaturelle, qui paraîtra ici même (14), mais yvoÿ s'entend plus simplement d’une connaissance naturelle, comme dans 1v, 1. On peut en déduire que Jésus s’est informé, même qu'il a interrogé le malade lui-même sur le temps qu’il avait déjà passé là, et il ne sera pas sans vraisemblance de dire que le Sauveur est venu pour causer avec ces malades et les consoler. En tout cas Jo. ne dit pas qu'il soit venu expressément pour faire le miracle. Peut-être, comme dans son entretien avec la Samaritaine, at-il été amené par les circonstances et par Sa compassion à secourir ce malheureux. La question de Jésus n’est point tellement étrange qu'elle ne puisse s'expliquer que par le symbolisme ou dans un sens spirituel (Bauer, Loisy). Évidemment le malade désire la guérison: si donc Jésus l'interroge, c'est pour le faire réfléchir sur la manière dont il peut être guéri; c’est une avance, une

__ Suggestion que celui qui pose la question peut donner la satisfaction souhaitée.

1) Le malade ne répond pas oui, ce qu'il sentait être superflu; mais il ne juge pas non plus la question oiseuse ou impertinente; il voit très bien qu'on lui demande : veux-tu vraiment être guéri, en prends-tu les moyens, et, comme rien ne lui laisse soupconner que Jésus puisse faire un miracle, il

FE ae

après l’agitation de l'eau, était guéri de son mal, quel qu'il fût). SIL y avait là un homme, demeuré infirme depuis trente-huit ans. SJésus, le voyant couché et sachant que cet état durait depuis déjà longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri?» ?L'infirme lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne qui me jette dans la piscine lorsque l’eau a été agitée : pendant que j'y vais, un autre. descend avant moi. » 8Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat,

répond qu'il fait bien ce qu’il peut, mais qu'il ne peut rien. Il aurait besoin de quelqu'un qui le portât rapidement vers l’eau; Bé\ew, jeter dans l’eau (P. Oxyrh. v, 840, RB. 1908, p. 539 s.), mais ici plutôt « conduire » (Le. xnr, 58, etc.). Lui-même ne se meut que difficilement; quand il est prêt à descendre, un. autre l’a déjà précédé. Si l’on table sur le v. 4, cela s'explique assurément : une longue expérience avait appris que le premier était ordinairement guéri, mais le premier seul. Mais vainement chercherait-on dans la Bible et. dans. l'histoire chrétienne authentique un phénomène surnaturel de cette sorte. D'autre part si les eaux médicinales ont plus d'efficacité en sortant de la source, on n’est pas autorisé à restreindre cette efficacité à une seule personne. On est donc réduit à supposer que l’autorité compétente ne permettait qu'à une personne chaque fois de tenter la guérison, peut-être l’arrivée des eaux qui mettaient la piscine en mouvement se produisait-elle sur un point déterminé, où il n’y avait place que pour une personne; ou bien les autorités, moins confiantes que Le vulgaire dans la vertu des eaux, voulaient-elles éviter l’encombrement et un désordre inutile? — {va pour 6<.

8) Les paroles de Jésus rappellent la guérison du paralytique dans les synoptiques, spécialement d’après la formule de Mc. qui a, lui aussi, le xpé6arros (Mc. n,9 ss.; Mt. 1x, 5 ss. ; Le. v, 23 ss.). Loisy : « C’est la guérison du paralytique de Capharnaüm, transportée à Jérusalem, non pour le grossissement du miracle, mais pour une meilleure adaptation à la leçon symbolique » (p. 203). Autant vaudrait dire que Jo. a inventé un miracle tout exprès, car il n’y a de semblable que cette formule, très naturelle en pareil cas, et dont Jo. a pu en effet employer les termes comme traditionnels. Ce n’est pas seulement le lieu de la scène qui est différent; c'est la portée doctrinale du récit. Dans les synoptiques le scandale naît de la rémission des péchés; ici de la violation du sabbat, liée à la formule « prends ton grabat ». À Bezatha le péché n’est qu’un incident relevé après coup. Aussi Loisy finit par conclure que « c'est la combinaison, avec le paralytique de Capharnaüm, de la guérison sabbatique ».. (Mc. 11, 1-6 et par.). Cela ferait bien des recherches érudites! Jo. aurait eu meilleur compte d'inventer, car son récit n’eût pas été autorisé par une allusion aussi énigmatique à deux miracles si différents. Sur une combinaison de l'exégèse postérieure, cf. Harwack, Marcion, p. 110‘ n. 24. Du point de vue de la critique, qui nous empécherait de dire qu’ « une tradition indépendante, touchant un miracle hiérosolymitain, ait été surchargée de traits empruntés aux premiers évangiles »? (contre Loisy, p. 203). La précision exceptionnelle du lieu garantit un souvenir précis.

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92) La guérison s'opère, l’homme en a conscience et obéit. A la différence du miracle de Capharnaüm, différence que peut-être Jo. a voulu souligner, le malade n’a pas été apporté dans son lit pour implorer un miracle, mais il y était depuis longtemps, et il n’a même pas compris d’abord que Jésus lui offrait la guérison.

9b-48. DISCUSSION AVEC LES JUIFS SUR LE SABBAT.

9b) La guérison du paralytique n’est pas représentée par Jo. comme un onueïoy (m, 41; 1v, 54); c'était simplement une œuvre de miséricorde (Zahn). Aussi avait-elle passé pour ainsi dire inaperçue, Jésus s’élant retiré aussitôt. Il n’est même pas dit que ses adversaires aient vu le miracle. Mais, comme il était naturel, le malade guéri a dù communiquer aux autres sa joie, mettre un certain temps à ramasser sa couche et ses accessoires. Or c'était un jour de sabbat.

10) Les Juifs, c'est-à-dire ceux qui représentent l'hostilité à Jésus, les chefs spirituels et temporels du peuple, comme toujours dans Jo. Ils s'adressent au délinquant, d'autant qu'ils n'ont peut-être pas entendu l’ordre qui lui a été donné. On lit dans Jérémie (xvu, 21 ss.) que le prophète avait interdit de la part de Dieu de porter des fardeaux le jour du sabbat, mais hors des portes de Jérusalem, c’est-à-dire pour des transactions commerciales, comme l'explique la mesure prise par Néhémie de fermer les portes (Neh. xut, 9 ss.). L'acte prescrit par Jésus était beaucoup plus inoffensif. Il n’était pas assujetti à la loi du sabbat, mais elle pouvait s'entendre plus ou moins strictement. Les Pharisiens la faisaient pratiquer en toute rigueur; une jurisprudence plus douce n'était pas contraire à la Loi. Il semble que Jésus n'aurait pas ordonné au malade quelque chose qui dût paraître évidemment une transgression grave.

— #) La réponse de l'homme décline la question de principe. I s’en rapporte

à l'autorité de celui qui a fait un miracle. Non qu'il ait l'intention de le desservir. Peut-être imagine-t-il, dans sa simplicité, que son raisonnement convaincra les enquêteurs. Il répète textuellement les paroles de Jésus qui l'ont frappé. — xevos, car Jésus est éloigné.

À Lj ê \ ÉVANEILE SELON SAINT JEAN, V, 12-414. 139

et marche. » 9Et aussitôt l'homme fut guéri, et prit son grabat, et il marchait.

Or c'était un jour de sabbat. {Les Juifs dirent donc à celui qui venait d’être guéri. « C’est jour de sabbat, et il ne t'est pas permis ’emporter le grabat. » Il leur répondit : « Celui qui m'a guéri m'a dit : Prends ton grabat et marche. » f?Ils lui demandèrent : « Quel est l’homme qui t'a dit : Prends et marche? » #0r celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était, car Jésus s'était esquivé, la foule étant [compacte] en cet endroit. {#Après cela Jésus le trouve dans le Temple et il lui dit : « Te voilà guéri;

Jo. pratique volontiers l’asyndeton; aussi la vraie leçon pourraït bien être ansxoôn (D etc.) avec TV, et non prem. o à (NG etc.) avec S, où os de (AB), avec H.

42) ô &v0pwres, avec une nuance de dédain; cf. Pap. Berl. 1208 I. 25 (27-26 av. J.-C.) Ta dè elès ro 6p0puov (le premier haut fait), voÿ &vOew[rov (MM). Les Juifs ne disent pas « celui qui t'a guéri », mais répètent les termes qu'ils jugent délictueux et étranges.

13) tés éomiv et mon tis ñ (D, probablement d’après le latin esset) car la personnalité ne change pas. — ëxvéw, littéralement s'échapper à la nage, d’où s'échapper, ou simplement se retirer, se mettre à l'écart (Jusrin, C. Typhon, ix, 3). L'aor. est pour notre plus-que-parfait, l’action s'étant accomplie d'un seul coup et sans laisser de suites. En effet il faut que Jésus se soit retiré dès le premier moment pour que le malade n'ait pas eu le temps de lui parler et de lui demander à qui il devait sa guérison. Pourquoi ce départ soudain? La mention de la foule peut être là pour expliquer que ce départ ne fut pas remarqué, mais plutôt encore pour en donner la raison : Jésus ne se soucie pas de se manifester devant tant de monde.

14) perà raÿra, comme au v. 1; cette fois il semble que le délai fut très court. Mais ce n’est pas une raison pour dire avec Loisy que le paralytique avait porté son lit dans la cour du Temple. Ce savant prête une absurdité à Jo. pour conclure au symbolisme : le paralytique à porté son lit dans le Temple parce qu'il est le peuple juif dont le Temple est la maison! Nous ne savons même pas si les Juifs n’ont pas obligé le malade à laisser son lit où il était. En tout cas ilne pouvait le porter que dans sa maison discrètement, au lieu de braver l'opinion en traversant le Temple. Lui-même y est sans doute venu pour rendre grâce à Dieu. Jésus le trouve (cf. 1, 41. 43) comme par hasard, mais non sans un ‘dessein providentiel, dans le hiéron, c’est-à-dire dans l’un des parvis du Temple. La monition suppose que le péché avait causé la maladie (Sir. xxxvrm, 45) et relève la connaissance surnaturelle de Jésus, qui d’ailleurs savait que ce n'est pas toujours le cas (1x, 4-3). On s'étonne que le péché soit en cause seulement à propos de ce paralytique et de celui des synoptiques (Mt. 1x, 2 et parall.); mais n'est-ce pas à dessein que Jo. a évité de désigner la maladie? On ne peut

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