‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 177 sur 326 · LP · texte numérisé non relu

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ne pèche plus, de peur qu'il ne t’arrive pire. » {L'homme s’en alla,

et dit aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. ISEt pour ce motif les Juifs. persécutaient Jésus parce qu'il faisait de pareilles choses pendant le sabbat. {Mais il leur répondit : « Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis. » ‘Sur quoi les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, parce que non seulement

voit plus loin (v, 49-24) que Jésus a tenu plutôt à montrer aux Juifs qu’il ne violait pas le sabbat ni la loi de Moïse. Ce doit être ici le cas. Le sabbat a été établi comme une imitation du repos de Dieu après la création (Gen. 11, 1-3; Ex. xx, 14; xxx, 17), et cependant il est certain que Dieu agit toujours (Philon, souvent), toute l’histoire d'Israël en est une preuve; autrement il ne serait pas le Dieu vivant. La conciliation de ces deux vérités préoccupait les sages d'Israël, en particulier Aristobule, cité par Eusèbe (Praep. ev. xur, 12, 41) vd tè tacavobuevov Di Ts vouoleclas aronenauxévat rdv eby y adt7, toëro oùy, &s Tives-

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réEiv adr@v obrus els révta TOY LpOVOY rerayéva (cf. CLÉM. AL. Strom. VE, xvi, Stählin, p. 504). — L'ordre de la création établi, il n’y avait plus qu’à le conserver. Dans Berechit rabba XI (Wünsche, p. 48), la création terminée, Dieu ne cesse pas pour cela de s'occuper des justes et des pécheurs. Mais quelle que soit la solution de cette difficulté scripturaire, le fait de l’action de Dieu prouvait que son repos ne devait pas être entendu d’une façon absolue, et par une conséquence naturelle on devait en dire autant du sabbat (Zahn, Tillm.). 11 y avait lieu de distinguer entre ce qui était contraire ou conforme à l'esprit de la Loi. Or, si le Père agit jusqu’à présent, c’est-à-dire continue à agir, il en est de même du Fils.

Telle qu’elle pouvait être comprise à première vue, cette parole n’affirmait pas l'unité d’action pour le Père et le Fils, mais bien le droit pour le Fils d’agir comme le Père, droit qu’il n'hésitait pas à exercer. Jésus, comme son Père, agit, et si l’action du Père n’est point en contradiction avec le repos que lui attribue l'Écriture, l’action du Fils dans sa manière de traiter le sabbat n’est point confraire à l'esprit de cette institution. Si cette parole est profonde et mérite d’être sondée, il ne faut pas perdre de vue la parfaite simplicité des termes. Rien de métaphysique en apparence. Dieu est comparé à un ouvrier qui travaille, et son Fils, en guérissant, travaille lui aussi à sa manière, même le jour du sabbat.

En résultera-t-il l’abrogation du sabbat? Cela n’est pas dit, ni même suggéré. Mais on voit que le Fils est libre et maître. C’est une autre forme, moins précise, de la déclaration qui est dans les synoptiques : xbpuos yép édttwy Tod oab6érov 0 vibe toë äavbowrov (Mt. xr1, 8 et parall.). — anerpivaro, forme moyenne, seulement dans ce contexte (v. 19) dans Jo. — £ws dow, « jusqu’au moment présent », {u, 10; xvI, 24; Mt. x1, 12; I Cor. 1v, 13; VIN, 1; xv, 6); mais ce moment peut durer (I Jo. , 9).

18) C'est également après les controverses sur le sabbat, spécialement après la guérison de l’homme à la main desséchée dans les synoptiques (Mt. xr, 9-14 et parall.), que les Pharisiens prennent la résolution de faire périr Jésus. Elle

est mieux expliquée dans Jo., puisqu'ils le regardent comme un blasphémateur.

4122 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, v, 19.

Ethrouy abrov ot ‘LouBator émoxreivar Gr où pévov Ave rù aéffarov SAXE | xaù marépa toy eye rdv 0ebv, loov éaurèv may vi 0eù. 17 /Arexpivare oùv & ’Incoëc voi Éheyey adroic ‘’Apv uv Xéyw byiv, ob Bévarar 6 vièc moi &o” Éauroë oùbèv &v ui mm PhéTrg Tv marépa mouodvra à yap

Ils ont très bien compris ce qui était clair dans la réponse de Jésus, qu’il nommait Dieu son Père à un titre si particulier qu'il se mettait sur le même rang que lui, ce qui pour eux était un blasphème : cf. Philon (Leg. alleg.1$ 49) : plhautos BE xal &0soç 6 voës olépevas loos iv 8e. On voit que sa théorie du Logos ne le disposait nullement à l'idée de l’incarnation de ce Logos; on pouvait, par abus, donner au Logos de nom. le Dieu; de la part d’un homme, s’égaler à Dieu, comme a fait par exemple Caligula, c’est un blasphème. C’en était un aussi pour Jo., aussi a-t-il pris soin de nous dire que le Verbe est Dieu (1, 4)- — Dià roëro est expliqué par 6 — uä@Xkov, non pas acriori animo (Schanz), mais « encore plus pour cette autre raison », « plus qu'auparavant » cf. xx, 8 etc. — Tôtov ne signifie pas « son », car tout Israélite pouvait nommer Dieu son père, mais « son propre père, son père à lui », dans le sens de l'égalité. La dernière | incise n’est pas une affirmation de l’évangéliste, mais ce qui fonde le grief des Juifs : pour eux, un homme qui s’égale à Dieu dit un non-sens.

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