SOU PT
L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE. XXXIX
… Jeur avait donné l'entretien face à face, non pas avec un de leurs collègues, mais avec Jean, auteur de l’évangile, et apôtre, seul capable d'éclairer son texte jar d’autres paroles du Seigneur, ou par un éclair- cissement sur son âge.
Ceux qui reconnaissent avec Harnack, Corssen, Heitmäüller, d’autres - sans doute, que les anciens d’Irénée sont ceux dont il a trouvé les dires dans Papias doivent donc conclure que Papias a connu et commenté le quatrième évangile. Le lisant il y a vu que l’auteur était un des disciples les plus intimes du Sauveur, et par conséquent un apôtre. Précisément parce qu'il distinguait Jean l’Apôtre et Jean l'ancien, s’il rattachait J'évangile à un Jean, ce ne pouvait être qu'à l'Apôtre. La conclusion est inéluctable et il est piquant de voir par exemple Heïtmüller s’y diriger par plusieurs voies : il y aboutirait certainement s'il ne se -heurtait toujours à ce nouveau dogme de la critique : Jean, fils de Zébédée, est mort martyr en Palestine avant que Marc ait écrit son évangile : il ne peut donc être le Jean auquel on attribue le quatrième évangile.
Et pourquoi, pourrions-nous demander, ne l’aurait-il pas écrit avant son martyre? Il n'y a qu'une réponse décisive, c'est que l’évangile luimême suggère clairement que son auteur, qui ne peut être que Jean, Va écrit à un âge avancé, longtemps après le martyre de Pierre D (Jo. xxr, 45 ss.). — C'est donc, faut-il conclure, que son martyre n’était pas connu de ceux qui ont publié l’évangile, ni de Papias qui reconnaissait son autorité.
Nous pourrions nous en tenir là, mais puisque le nombre augmente ; toujours de ceux qui croient au martyre prématuré de Jean, fils de - Zébédée, il faut revenir une fois de plus à cette mauvaise chicane de la critique, qui pourrait bien être sa dernière cartouche pour combattre et mettre en désordre la tradition sur l'authenticité.
> Le premier argument est regardé par ces critiques comme le plus solide (4); c’est le texte de Mc. x, 39: xd rorhprov yo rivo miecde, xal vd Bdrruoua Ô Eye Barricopar Barrioisesde, prophétie adressée par Jésus aux deux fils de Zébédée (cf. Mt. xx, 23).
Le sens le plus strictement littéral, c'est que Jacques et Jean seraient associés à la destinée du Sauveur de façon à boire la même coupe, à être baptisés du même baptême, c’est-à-dire, si on l’entend de sa mort, à mourir avec lui. Mais ce ne pouvait être le sens de Mc. On pouvait assurément en tirer un autre sens moins littéral, que les deux frères,
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(1) «Il paraît assez inutile de contester que l’apôtre Jean ait été, selon Papias, marty- -risé parles Juifs, comme son frère Jacques, quand il est évident que l'auteur du second Évangile, en écrivant Marc, x, 39, savait fort bien que Jacques et Jean avaient dé;à subi le martyre » (Loisy, cité par Lepin, Origine. p. 87. De mème Heitmüller, etc.).