‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 183 sur 326 · om. ve &. Xaën (H) où add. (FSV · texte numérisé non relu

om. ve &. Xaën (H) où add. (FSV

sa doctrine eucharistique toute idée de la Passion, d'autre part que ce trait x été ajouté pour désigner Jésus comme la vraie victime pascale. D'ailleurs Jo. a'insinue en aucune manière que ce repas ait remplacé le repas pascal; c'était tout au plus une Pâque mystique (Loisy), dont le sens symbolique s'appuie surla proximité de la Pâque juive. La présence de l'herbe en quantité (10) est déjà un indice, car elle prouve que Ia saison des pluies avait passé.

5) Il y à ici une différence assez notable entre le récit des synoptiques et celui de Jo. D’après ce dernier on dirait que Jésus se préoccupe de nourrir la foule. aussitôt qu’il la voit arriver. D’après les synoptiques, Jésus entre en contact avec Ja foule par une Jongne prédication (Mc.), par des miracles (Mt.), par la prédication et les miracles (Lc.); puis ce sont les disciples qui prennent l’initiative en priant Jésus de renvoyer cette foule: tout cela est parfaitement naturel, et c'est bien ainsi que les choses ont dû se passer. Mais Jo. pouvait supposer tout cela connu, et écrire sans même se préoccuper d’une concordance précise, en tracant le début à vol d'oiseau, sauf à donner ensuite quelques détails nouveaux. La donnée nécessaire au miracle était la présence de la foule; il la montre à son arrivée, son assiduité et l'obtention des guérisons ayant déjà été décrites (2). On reconnaît l'homme qui est au courant des lieux et qui en tient compte pour sa propre perspective. Si Jésus se propose de nourrir la foule dès son arrivée, c'est qu’elle arrive tard, ayant fait à pied le long crochet qui lui permettait de rejoindre Jésus venu en barque. D'ailleurs on peut très bien supposer une première intervention des disciples, car Jésus parle à Philippe comme si l’on était déjà d'accord qu'il fallait nourrir ces gens : mais où prendre du pain dans cette montagne où il n’y a pas de villages? Philippe était déjà connu comme disciple (1, 43 ss.). Il avait assisté au miracle de l’eau changée en vin à Cana. Il eût dû savoir que Jésus pouvait en faire autant pour la nourriture. Cyrille, s'appuyant sûrement sur l'incident de la cène (xiv, 8), juge Philippe « curieux d'interroger parce qu'il veut savoir, mais pas très prompt à com-

prendre avec chaleur les convenances divines » : 8Ebe dE où May sie tb Dévaolar

ouviévar Gepuôs Tù Geonperéotepa. — obv se rapporte à toute la situation.

6) C'est pourquoi Jésus voudrait exciter cette confiance aimante (retpéGwv) ; il le met à l'épreuve, non pour lui tendre un piège, mais pour lui faire dire : Seigneur, vous pouvez tout, vous savez ce que vous avez à faire. Jésus le savait en

les yeux et vu qu’une foule nombreuse arrivait auprès de lui, Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour que ces gens mangent? » 6Il disait cela pour l’éprouver, car il savait bien ce qu'il allait faire. 7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne leur suffiraient pas, pour que chacun recoive quelque petite chose. » 8Un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit : °« Il y à ici un jeune garçon qui à cinq pains d'orge et deux poissons :

effet; Jo. le note; cependant au v. 5 il a montré Jésus levant les yeux et apercevant la foule qui vient. Il a toujours sa conception très arrêtée du Fils de Dieu qui est un enfant des hommes.

7) Philippe répond froidement comme quelqu'un qui s’est déjà posé, ou quia entendu agiter la question, que deux cents deniers ne suffiraient pas. C’est le chiffre de Mc. dans la bouche des disciples, lesquels insistent moins sur l’insuffisance de la somme que sur l'impossibilité de l'opération. Philippe ne prétend pas non plus que la compagnie dispose de tout cet argent, qui représente le salaire de deux cents journées de travail. La foule comprenait donc à ce moment beaucoup de monde : le chiffre sera donné plus loin (10).

8) André est « un des disciples » ce qui n’était pas dit de Philippe; peut-être parce que Jésus a pris Pinitiative de lui adresser la parole comme à l’un des siens. André intervient de son propre mouvement; Jo. rappelle donc qui il est (1, 40 ss.); Simon-Pierre est encore censé le plus connu.

9) La réponse d'André, à peine moins décourageante, mais plus à propos, suppose clairement qu'il s’est préoccupé de la question, sûrement avec d’autres disciples. Ils n’ont rien trouvé que cette piteuse ressource. — ratddptoy peut signifier un jeune esclave, mais le sens le plus normal est : un jeune garçon. Loisy traduit jeune garcon, « serviteur, mais pas esclave » (p. 225), pour en faire « le diacre de cette cène typique ». Serviteur de qui? Il n'appartient sûrement pas au groupe des apôtres, puisqu'André révèle sa présence. IE semble bien plutôt (Schanz) que c’est un de ces petits camelots qui se trouvent toujours dans les rassemblements pour vendre des denrées. Naturellement il ne demande pas mieux que de céder ses provisions — pour de l'argent. L’orge est ordinairement l’aliment des bêtes de somme. On en faisait cependant des pains (Jud. vu, 43; Ruth 11, 17), nourriture de la classe pauvre (Jos. Ant. V, vr, 4: Bell. \, x, 2). Les synoptiques n'avaient pas dit la nature des pains. Dans le miracle d'Élisée (IV Regn. 1v, 42-44) ce sont aussi des pains d'orge, &otovs #pufivous xat ralébas. Jo. qu’on représente si soucieux de rehausser les actions du Verbe incarné qui avait changé l’eau en un vin exquis, Jo. qui voyait dans la multiplication un symbole de l’Eucharistie, laquelle se faisait avec du froment, ce même Jo. aurait-il mis ici des pains d'orge si tel n'avait pas été le cas? Noter que la multiplication n’a pas changé leur nature (v. 13). Il est bien vrai que les pains de IV Regn. 1v, 42 sont des pains de prémices, mais on ne peut dire que le pain de Jo. soit là comme « pain de la saison, pain rappellant les fêtes pascales » (Loisy, p. 225), car la Pâque n'avait pas encore eu lieu; onne

ous; ADetmey 8 ‘Inoods Ilougsare vod avBporous avareceiv. fv dÈ motos mode v To té. GvÉTESA où où dvdpes Tv apilpèy DÇ TEVTAmoyiuon 1EAafey oùy rod dproue à ’Incoëc vai ebyapiorioas diéduwxey moïc dvameumévorc, épolws nai Èx TOY bbapluv, bo Hhehor. los GÈ Èverhhoônoa Réyer rois mabmrais abroÿ Zuvaydyete Tà TeptooeboavTtæ x ao uote, {va ph T1 axOANTaL. 13 quvtyayoy oùv xaù Eyépusay Dudexx noplvous phaçuéruv Ex Tôv mévre dpruv Tüv xpthivuy & érepioseuouv vois Bshpw- LOG IV. | 14 Ot oùv dyfpuror iDbvres Ô émofnsey anmeioy ÉAEYOY ext

10. om. &e p. euxev (TH) plutôt que add. (SV). 13. exeptocevoxv (TH) plutôt que exeptoceusey (SV). 14. 0. onperoy (TSV) ou a... cnpetx (H).

mange pas d'œufs de Pâque avant Pâque. — &bäptov ne se trouve dans la Bible que dans Tob. 11, 2 (ms. sinaïtique) au sens général de petit mets, et dans Jo. (ici et xxr, 9. 10. 13) au sens de poissons (petit plat [ëpov] de poisson). C’est l'équivalent des deux poissons ({x06s<) des synoptiques, sans dépendance verbale.

10) Même chiffre que dans les synoptiques, avec une nuance d’approximation (&), comme dans Mt. et Le. mais non dans Mc. A propos de ces cinq mille, ef. Jos. Bell. IE, xunr, 5, où l’on voit un révolutionnaire égyplien grouper autour de lui trente mille hommes. La circonstance de l'herbe, comme dans Me. et Mt., en ajoutant év 1& réxw, comme pour dire qu'on n’eût pas trouvé facilement dans la région un endroit aussi favorable.

41) Il n'est pas dit comme dans les trois synoptiques que Jésus ait regardé vers le ciel, et il n'y a pas de fraction du pain, terme consacré pour l'Eucharistie (cf. sur Le. xxiv, 30); si donc Jo. mentionne l’action de grâces (ed yaotsrioas) au lieu de la bénédiction, c'est peut-être sous l'influence du rite eucharistique, mais c'était déjà le cas dans la seconde multiplication pour Mt. (xv, 36) et Mc. (vx, 6). Loisy a donc dit très justement (p. 226) : « La forme liturgique de l'action, son rapport avec la cène chrétienne ne sont pas plus sensibles ici que

dans les premiers évangiles. » Il faudrait conclure que Jo. n’a rien changé

aux choses pour leur imprimer un caractère figuratif; s’il ne l’a pas fait dans l'action principale, aurait-il inventé pour cela la proximité de la Pâque, le serviteur-diacre, les pains d'orge? Même il a passé sous silence le rôle des disciples, indispensable à vrai dire dans la réalité; mais comme l'aliment est miraculeux, c'est Jésus qui est le véritable auteur de la distribution. Les poissons viennent en rejet comme dans Mc. — Quoique &sov ñ8elov ne soit exprimé qu’à propos des poissons, il faut l'entendre aussi du pain. Mais il est de

-règle qu’on ait le pain à discrétion, non pas le plat qui est ajouté par surcroît.

12) Jo. qui n’a pas parlé du rôle des disciples dans la distribution (mentionné par les synoptiques), est seul à les mettre en scène pour ramasser les fragments sur l’ordre de Jésus : ne dirait-on pas d'un complément? Il semble que les synoptiques n’ont pu avoir en vue que les disciples pour cette petite opération.

mais qu'est-ce que cela pour tant de monde? » 1° Jésus dit : « Faitesleur prendre place. » Or il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ces hommes prirent done place au nombre d'environ cinq mille. 1! Jésus prit donc les pains, et ayant rendu grâces, il en donna à ceux qui étaient installés, et de même pour les poissons, autant qu'ils voulaient. 12 Et lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu. » Ils Les ramassèrent donc et remplirent douze corbeiïlles des morceaux qui étaient restés des cinq pains d'orge dont on avait mangé. {Les gens donc, voyant le miracle qu'il avait fait, disaient : « C'est vraiment

0: croira difficilement que le détail de Jo. lui donne un sens nouveau, à ce point que « sous les apparences de ce trait de ménage se cache une instruction pour la liturgie eucharistique et sur l'importance essentielle du « pain de vie » (Loisy, p. 226). Le but assigné expressément par Jo., c’est « afin que rien ne se perde ». C'était un usage juif de ramasser après le repas les morceaux tombés à terre (Wünsche, p. 520); et s’il s'y est mêlé de la superstition, on a toujours pensé et on pense encore en Orient que c’est profaner le pain que de le donner aux bêtes. Dans le cas particulier, c'était aussi une manière de constater et la grandeur du miracle, et la libéralité du thaumaturge, comme x Cana. Il semble que l’ordre du Sauveur dut être appliqué à l'Eucharistie.

Les chrétiens eurent à cœur de préserver de toute profanation ce qui restait des saintes espèces, et cela par respect. Bauer cite Tenr. de cor. 3 : calicis aut panis etiam noséri aliquid decuti in terram anxie patimur, et Const. Apost. vu, 43: Grav névres perakdéwot ral nôga, AaGdvres où diéxovor rà nepiooebaavra eiopepétwoav els Tà raovowdgua. Ainsi l'usage chrétien dépend peut-être des termes de Jo., appliqués à une matière plus sainte, mais ces termes, généraux, et conformes aux usages, ne dépendent pas de l'usage chrétien.

43) Mc. mentionne du poisson parmi les restes, mais il le met en rejet, après les douze corbeilles. Il n'y a donc pas de contradiction entre Jo. et Jui, même sur un point si léger. Jo. n’a pas parlé de la multiplication des poissons, parce que les pains seuls allaient servir de thème au grand discours de Jésus. Si les corbeilles dont le chiffre est fixé et qui ne pouvaient durer toujours, marquent « le caractère permanent du sacrement eucharistique et le caractère inépuisable du pain de vie » (Loisy, p. 227), c'est précisément dans la même mesure que d’après les synoptiques. — Jo. revient sur ce que les pains étaient d'orge, peut-être pour distinguer la simple multiplication de l'Eucharistie.

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