‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 184 sur 326 · Jésus sur LA MER (Mt. xiv, 22-33; Mc. vtr · texte numérisé non relu

Jésus sur LA MER (Mt. xiv, 22-33; Mc. vtr

Même parallélisme que dans le récit précédent, mais avec Mi. et Mc. seuls. Les divergences sont plus nombreuses. Jo. seul (14-15) assigne la raison de la retraite de Jésus, et ne contient pas la tentative de Pierre propre à Mt. (28-31).

44) Les règles de la critique textuelle nous obligent à préférer 6... ompetov avec N A D W, etc. à &... onpera qui n'est appuyé que par B@ a boh. syr. de Jér.

Bréc Eoruy aAn0dc à mpopirns à ÉPACHEVOS els Toy xoomov. 15 Imooës oùv yvods bre éAkouoty Épyesbat toù &emdbew œbrèv va rorfowouv facthéx GVELOPNIEY TARN els rù 6pos aùTèç ULOVOc. 15 "Qc dè dla byévero ratéfnouv où padnroi adroù émi vhv OGAzoouv, 17 ua Epfdvres sic

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arm. D'ailleurs cette dernière variante, comme correction, était assez ralicnnelle. Si le miracle des pains et des poissons a donné le dernier branle, il est clair que les miracles précédents avaient fait une profonde impression, pour mettre sur pied cinq mille hommes; n’ayant pas emporté de viatique, ils se proposaient peut-être déjà de ramener rapidement Jésus chez eux. Un miracle opéré en faveur de tout un peuple leur paraît un signe décisif que Jésus a une mission relative à tout Israël. Ils se disent qu’il est vraimént — donc ils s'étaient posé la question? — le prophète, celui qui était annoncé par Dit. xvrm, 15, et qui vient, c'est-à-dire au nom du Seigneur (Ps. cxvr, 26), dans le monde (style de Jo.). Dans 1, 21, on distinguait ce prophète du Messie; mais c'était une précision de Pharisiens; le peuple saluait le prophète et pensait que c'était son devoir de le proclamer roi.

15) Jésus s'aperçoit de leur dessein, qui ne pouvait se dissimuler d’après leurs colloques; ils étaient déjà sur place, et n'avaient pas à venir (épyesûa), mais les meneurs devaient se détacher des autres et s'approcher de lui pour le contraindre à se mettre à leur tête. Il se retira donc. — ré est difficile. Bauer et Loisy font remarquer que Jésus n’a pas quitté la montagne : il n'est pas descendu vers la foule, et les disciples vont descendre. C’est parfaitement exact; d’après la nature des lieux au delà du lac, Jésus ne pouvait en effet quitter la montagne, et en effet rien n'indique qu'il ait changé de place. réluw répond donc plutôt (Zahn) à un fait que Jo. n'avait pas énoncé, mais seulement suggéré (3), qui était écrit en toutes lettres dans Mc. vi, 31, dans Mt, xiv, 43, dans Le. 1x, 10, à savoir que Jésus en allant de l’autre côté du lac cherchait la solitude, d’après Mt. à cause de la mort du Baptiste. S'il ne voulait pas faire ombrage à Hérode Antipas en demeurant en Galilée, combien plus devait-il éviter un soulèvement populaire! Cet accord tacite avec les synoptiques est beaucoup plus efficace qu’une harmonie évidente pour prouver que Jo. table sur des souvenirs et des faits. Naturellement cette nouvelle retraite du Maître, presque une fuite cette fois, et sans ses disciples, se fait dans la montagne, en un lieu plus écarté où on l'aura perdu de vue. Les anciens n'avaient eu aucun scrupule à comparer cette montagne à celle de la tentation (Mt. 1v, 8), mais on ne peut pourtant pas dire que Jo. l’a prise dans Mt. ou dans Le. au chapitre de la tentation, puisqu'elle se trouvait à la fois dans les synoptiques et dans la nature à propos du miracle des pains. Loisy estime que la eyauté refusée n’a aucun caractère historique : 4° parce que l’auteur prépare la déclaration du Christ à Pilate (xvim, 36); 2° parce que c'est tout ce qu'il pouvait retenir de la tentation diabolique pour un royaume terrestre. — Mais la déclaration à Pilate s'explique suffisamment par les circonstances, et, à supposer que la royauté refusée au peuple. et à Satan ne représenterait pas deux

lui, le prophète qui doit venir dans le monde. » # Jésus donc, sachant qu'ils allaient venir et s'emparer de lui pour le faire roi, se retira de nouveau lui seul dans la montagne.

16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent vers la mer, 1Tet, étant montés dans une barque, ilsse dirigeaient de l’autre côté de la mer vers Capharnaüm.

traditions comme il est certain, quelle est d'ordinaire en pareil cas l'attitude de la critique? Ne dirait-elle pas d’une seule voix que l'épisode très plausible de l'offre de la royauté a été transformé plus tard en une tentation messianique de la part du démon?

Nous devons seulement reconnaître que nous ne pouvons rendre raison du silence de Mc. sur ce point, et que ie départ furtif dans Jo. ne se concilie pas aisément avec le soin que prend Jésus dans Mec. de congédier les foules (Me. vr, 45 8.; Mt. x1v, 22 s.). En pareil cas cependant chacun peut raconter les faits à sa manière sans altérer le fond des choses; à ceux qui se montreraient plus pointilleux on peut toujours répondre que Jésus a congédié les gens tranquilles et s’est dérobé aux plus turbulents. Dans Me. aussi Jésus se retire seul, ce qui est souvent la meilleure manière de faire partir les gens.

16) Nouvelle difficulté : « Pour faire place au projet du peuple et à la retraite de Jésus, retraite dont on ne saurait d’ailleurs se représenter les conditions, motre auteur a mis dans la journée la multiplication des pains, que la tradition synoptique plaçait paturellement le soir » (Loisy, p. 228). — En fait, Jo. est parfaitement d'accord avec Mec. (vr, 47) et Mt. (xiv, 25), Sur le moment qui précède l'apparition, avec cette différence que ce sont les deux synopliques qui placent le soir au moment où Jo. (17) place déjà les ténèbres! Mt. il est vrai a employé plus tôt àpix (xIv, 45), terme vague, bien précisé à cet endroit par Lc. {x, 12) : «comme le jour commençait à s’incliner », done vers 2 ou 3 heures de l'après-midi. — Quoique la Pâque fùt proche, les Galiléens ne jeûnaient pas, et devaient sentir de l'appétit à partir de 1 heure du soir. — Comment se fait-il que les disciples descendent sans plus attendre leur Maître? Cela est-il en harmonie avec son départ soudain? On dirait qu'ils l'ont attendu jusqu'au soir, n'ayant pas reçu d'instructions. Cependant on croira difficilement qu'ils se soient embarqués sans lui, s’il ne leur en avait donné l’ordre. C’est donc que Jo. suppose Le récit des deux synoptiques, Sins vouloir reproduire les mêmes détails. Jésus avait sûrement promis à ses disciples qu'il les rejoindrait, sans dire où ni comment. Les disciples ne se sont sans doute pas pressés d’obéir à l'ordre de s’embarquer, espérant que le Maître allait revenir : cependant, le soir venu, ils descendent à la mer, et, ne le trouvant pas, ils s’'embarquent.

172 Si on lit rhoïov sans article, avec NBLA, suivis par THSV, il n’est pas dit que cette barque soit celle qui avait amené la compagnie, mais cela n'est pas exclu non plus : ils montent en bateau, que ce soit le leur ou un autre. — #pyoyro ne suggère pas qu'ils longeaient le rivage pour cueillir le Maître à son

arrivée sur le bord, mais simplement qu'ils avaient pris la direction de Caphar-

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naüm, où Jésus avait déjà séjourné avec eux (x, 12). — Quant au texte de Mec. vi, 45, aujourd'hui je traduirais volontiers : « le devancer sur la rive opposée, en face de Bethsaïda »; cf. Hérod. vi, 22 xt rpos dè Tuponvinv retoauuévn, « qui regarde la Tyrrhénie ». ï 47b Jo. parle des ténèbres, au moment que les autres désignent par le soir : il s’est écoulé un peu de temps depuis la descente de la montagne qui avait eu lieu le soir (otx). C'est une précision de son récit qui n’est pas en contradiction

avec les deux synoptiques qui emploient ô4{ pour la première fois, sauf Mt. x1v,

45. — C'est seulement alors que Jo. mentionne l'absence de Jésus : il eût été plus coulant de le faire avant l’embarquement : c’est un des exemples les plus saillants de sa manière de ne noter une circonstance que lorsque cela est devenu nécessaire, et non point au début de la narration.

48) I y a comme un crescendo de Mc. à Jo. par Mt. Dans Mc. le vent est contraire, ce qui exige plus d'efforts; Mt. parle de vagues; Jo. d’un grand vent qui agitait la mer. Il semble que c'est Mc. qui a le mieux analysé la situation ; Jo. ne parle pas lui non plus d’une tempête, mais le tableau qu’il esquisse est plus impressionnant : la nuit est tombée, Jésus est absent, la mer soulevée.

19) Ekadvew pourrait être « s’avancer », comme ont compris la plupart des versions, processissent (e). Mais il serait étonnant que Jo. ait pris ce mot dans un autre sens que Mc. auquel il est peut-être emprunté. C'est donc.« avancer à la rame », sens connu depuis Homère, et usité en Attique par un peuple de marins : Vg. remigassent. Ce serait-difficile dans l’hypothèse d’une grande tempête, car la rame alors s’abaisse sans rencontrer l’eau ou risque de se briser par sa résistance furieuse, si bien que la manœuvre devient impossible.

Josèphe (Bell. III, x, 7) donne au lac quarante stades de largeur, c'est-à-dire six kilomètres et demi. En réalité il a plus de dix kilomètres dans sa plus grande largeur; mais ici, le point de départ étant inconnu, on ne peut rien préciser. Me. parle du milieu de la mer (vi, 47; cf. Mt. xiv, 24), ce qui ne fixe pas le point. Ce qui suit comme dans Mc. et Mt. mais plus brièvement; il n’est pas question

d'un fantôme : les conjectures sur cette omission seraient inutiles, si l'on ne

constatait la même relation entre Le. xxtv, 37 (nvedua) et Jo, xx, 19. 11 semble donc que Jo. n’a pas voulu que l'hypothèse, même aussitôt réfutée, d'un fantôme ou d’un pur esprit hantât l'esprit de ses lecteurs : ce serait un trait anti-

— docétiste.

21) Beaucoup d'anciens ont pensé que les disciples n'avaient eu qu'une velléité de prendre Jésus avec eux, « afin », dit Chrys., « que le miracle opéré soit plus grand ». Loisy estime que ce miracle n’est pas superflu, afin de mon-

trer que le Logos-Christ « n’est pas soumis aux lois de la malière, pas plus à

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Et déjà l’obscurité s'était faite, et Jésus n'était pas encore venu auprès d’eux, ‘8et la mer se soulevait au souffle d’un grand vent. 1 Ayant donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils apercoivent Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la barque, et ils prirent peur. Mais il leur dit : « C’est moi; ne craignez pas. » Ils se décidaient donc à le prendre dans la barque, et aussitôt la barque fut sur la rive où ils allaient,

celle de l'étendue et de la distance qu’à celle de la pesanteur » (p. 230). Mais ce serait seulement le même miracle quelque peu prolongé. Le lecteur se demanderait pourquoi Jésus n'est pas entré dans la barque, comme il le fait si naturellement dans Mc. et dans Mt. Pour cela il n’y a pas à violenter le texte, mais à prendre é6ékew dans le sens d’une volonté agissante, comme nous l'avons fait pour 1, 43; cf. v, 35; vu, 44 (Zahn). Il y a peut-être un autre miracle, la façon rapide ou même instantanée avec laquelle les disciples abordent. Mais ils. étaient peut-être très près de la rive sans s’en douter; Capharnaüm en tout cas est beaucoup plus près de la rive orientale que Mejdel ou Tibériade. Ils abordent donc où le vent les avait poussés (Zahn) ou plus simplement où ils allaient, où ils avançaient (oxñyoy), c'est-à-dire près de Capharnaüm, et non dans son petit port, la ville n'étant pas désignée (cf. v. 25). Dans Mc. et Mt. la tempête s’apaise, el l’on aborde à Genésareth, qui était tout proche de Capharnaüm.

A tout prendre, il est clair que Jo. ne s’est pas soucié de suivre Mc. ou Mt., si bien que Chrys. a cru à deux événements différents. Augustin a été mieux inspiré en montrant l'accord sur toute la substance des deux récits, accord d'autant plus remarquable qu'il n'est pas cherché.

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