‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 186 sur 326 · Le cadre et l'auditoire · texte numérisé non relu

Le cadre et l'auditoire

La concordance avec les synoptiques cesse ici. Le. a déjà pris une voie différente après la multiplication des pains. Mc. et Mt. mentionnent beaucoup de miracles, avec cette différence que dans Mc. c’est Jésus qui parcourt la contrée, tandis que d’après Mt. on apporte les malades. Aucun des deux ne fait allusion au grand discours sur le pain de vie, mais il va sans dire que cette occupation d’une journée aurait aisément sa place dans leur cadre. Néanmoins les deux ont surtout en vue l'effervescence populaire, que Jo. note aussi, mais pour indiquer un refroidissement dont les deux ne font pas mention, mais que suppose bien le redoublement des attaques (Mc. vu; Mt. xv).

Pour Jo. donc, il s’agit de mettre en lumière la crise du meéssianisme. Pour cela fallait-il placer en présence de Jésus la foule qui voulait l’acclamer

2 Ty émaiprov à Byhos à Eormnos mépar Tic Oakdoons elèoy 6tt m'hotdpiov : No oùn tv Enet ei ph Év, nat Ote où ouvetomAdey vois pabmraic aire 6 ’Insodc ic ro mhoîoy AAX puovor of mafntat abroë rABoy" 23 SAAX FABEV mhotx Ex TiBeprdoc yyds ToD Témou bmou Épayov rdv dprov ebyapiorioavros où œuplou. 2hbre oûy efdey 6 ByAoc Ori ‘Inooës obx Ecru Eneï où oi

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23. n6ev (HV) plutôt que nà0ov (TS). — mhox (H) plutôt que rhotapta (TSV).

roi? Mais Jésus s'était dérobé à cette démonstration populaire; il ne pouvait s'expliquer avec cette foule. Puisque Jo. l'a compris, il n’a donc pas eu le dessein ridicule de transporter les cinq mille hommes sur l’autre rive pour placer à Capharnaüm l'explication dont il avait reconnu l’inopportunité. C’est pour lui faire dire des choses invraisemblables et contradictoires qu’on parle ( Well.) d’une véritable flotte partie de Tibériade, des barques « aussi nombreuses qu'on le pouvait souhaiter, et qui n'avaient rien de mieux à faire que d'offrir leurs services à la foule errante » (Loisy, p. 231). Cette notion de foule est naturellement très vague; le récit doit être entendu dans le sens raisonnable dont il est parfaitement susceptible. On reconnaît d’ailleurs que ce petit prologue n’a pas la netteté attique, et que sa construction est même embarrassée.

Au w. 22 Zahn lit Tdwv (et non «eidoy) et ne fait qu'une phrase de 22-24, avec une anacoluthe, du v. 22 au v. 24, le v. 23 étant une incidente. Mais la lecon <dov (THSV) est beaucoup mieux soutenue : ABLO a d f l q sah. boh. syrr. 1] faut donc admettre au v. 24 une sorte de reprise (cf. I Jo. r, 3-8). Cela a été écrit un peu gauchement, mais n’accuse pas une main différente ni un remaniement; on trouve des cas semblables dans les classiques (Deb. $ 467).

22) On peut supposer, d’après notre typographie moderne, une parenthèse qui encadrerait le verset en commençant à eidov. De cette facon le sens du plusque-parfait serait suggéré assez naturellement. En effet, ce n’est pas le lendemain, c'est le jour même que la foule avait pu faire cette constatation. « La foule » indique ici ceux qui étaient descendus près du rivage, pensant qu'ils ne manqueraient pas Jésus au moment où il viendrait pour s’embarquer; la constatation indiquée par le texte était aisée. Cependant on peut entendre eïôoy d’ume information indirecte. Le lendemain, le gros de la foule s'étant naturellement dispersé dans la poursuite inutile de Jésus, quelques-uns, s’y étant acharnés, encore assez nombreux pour représenter cette foule, apprirent sur le rivage ce qui s'était passé.

23) Tibériade était, avec Capharnaüm, le port le plus important de la rive

occidentale. C’est surtout après un gros temps que les pêcheurs se mettent en route, ou bien la navigation interrompue reprend. Gn voit dans Josèphe (Bell. UT, x, 9) que la navigation y était très active. D'ailleurs Jo. ne dit même pas zou à propos de ces bateaux. Il est clair qu’il ne facilite pas les choses en faisant venir ces barques de Tibériade : venues de Capharnaüm elles pouvaient

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