‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 188 sur 326 · àôwety vury (T}) plutôt que sv Sosa (HS · texte numérisé non relu

àôwety vury (T}) plutôt que sv Sosa (HS

par les synoptiques pour l'institution de la Cène, est cependant placé dans une très belle perspective historique.

25-40. Exposition du premier thème : Jésus est le pain du ciel.

25) Si Jésus était à Capharnaüm, il était aisé de le trouver; mais pourquoi ne # pas écrire : l'ayant trouvé là? Le texte semble dire : quelque part au bord du lac. Ce ne fut peut-être pas le jour même de leur arrivée. Le discours qui suit fut prononcé dans la synagogue de Capharnaüm à titre d'enseignement (59). Si … ce fut à la réunion du jour du sabbat, ce ne put être le jour de l'arrivée des Juifs, qui n'auraient pas fait la traversée un jour chômé. ;

La question zx « comment » eût paru plus naturelle, mais peut-être aussi … trop directe. La foule, naturellement représentée par quelques meneurs, demande seulement « quand », ce qui, avec le parfait yéyovx, signifie presque « depuis quand es-tu là? » Cela suggère un certain intervalle depuis qu'ils l'avaient vu. D'autre part yéyova a été employé plusieurs fois dans le sens d'arriver commeun aoriste; cf. Pap. Preisigke 1854 &de yiyova (MM).

26) Jésus ne répond pas à la question, parce qu'il désapprouve cet empressement. Puisque le premier miracle n'avait pas produit sur eux un meilleur effet, il était inutile d'attirer leur attention sur le second. C’est sur leur tentative elle-même qu'il se prononce, telle qu’elle s'était produite après la multiplication. Si Jo. avait choisi librement sa mise en scène, le discours qui suit eût dù être placé plus tôt. Jésus ne reproche pas à ceux qui le cherchent de n'avoir pas compris qu'il avait fait un miracle : c'est pour cela même qu'ils avaient voulu le faire roi. Mais il ne dit pas non plus : « Il aurait fallu comprendre que Jésus est le pain de vie, il fallait voir dans la multiplication des pains le symbole de la cène et du mystère chrétien » (Laisy, p. 232), exigence qu'on attribue à Jo. pour le rendre ridicule; il y a seulement dans le texte qu'ils n’ont vu dans le miracle qu'une satisfaction grossière de leurs appétits. Ce n'est pas en tant que signe, appelant leur attention sur le pouvoir de Jésus et sur la doctrine qu'il leur proposait d'ordinaire, mais en tant que leur laissant entrevoir des jouissances de vie plantureuse qu'ils l'ont interprété, et ils ont cherché le Rabbi pour en faire un roi temporel. Il est sous-entendu d'après les synoptiques que Jésus prêchait le règne de Dieu et faisait des miracles (snusïx au pluriel) pour exciter la foi. Le titre de Rabbi qu'ils viennent de prononcer en est un mdice. — Sur sruetoy cf. n, 44,

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, Vi, 27-28. 173

cherchant Jésus. % Et l'ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu venu ici? » ? Jésus leur répondit et dit : « En vérité, en vérité, je vous [le] dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains, et que vous avez été rassasiés ; ?7 procurez-vous, non la nourriture périssable, mais la nourriture qui demeure pour [la] vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donne, car c’est lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » 28 Ils lui dirent donc :

27) Aussi Jésus oppose-t-il immédiatement à la nourriture périssable celle qui demeure dans l'éternité, nourriture qu’il a précisément pour mission de prêcher et même de donner, lui qui est le Fils de l'homme. — teyéÇesûa:, ordinairement travailler, mais ici se procurer, comme souvent. Pourquoi se remuer pour ce qui sera donné? Il n’y a pas contradiction : recourez à celui qui donne! C’est le pendant de l’eau offerte à la Samaritaine (1v, 14) : là-bas la métaphore de l’eau venait de La circonstance du puits; ici la nourriture corporelle suggère une nourriture spirituelle. Pour réaliser sa mission, Jésus n’a pas besoin qu'ils le couronnent roi; il a déjà le sceau de son Père; comme dans les synoptiques il évite le titre de Messie, et se contente de celui de Fils de l’homme qu’il avait accepté en prenant la nature humaine. Le sceau est la ratification par les miracles; c’est le témoignage du Père (v, 36) scellé par lui; à cause de laoriste (ésppéyuev), on l’entendra surtout du pouvoir accordé de faire les miracles. Cyrille a entendu ce sceau de l'image du Père qu'est le Fils : Expiobnv, zat raxespoayiolnv rapà ToÙ Ocoë al Ilarobs els GrapéAhaxtoy ôpoudtnta, rny Es robs abrév. — Si le Fils peut donner le pain de la terre par un miracle, il peut aussi donner le pain du ciel. — Le Père est Dieu; ce nom suffit pour le Fils; à 0eds est ajouté pour les Juifs. — La leçon Gtôwstv buiv (T) est peu soutenue : ND syreur d e ff°? aur., mais elle est intrinsèquement préférable car il semble bien que buiv Guise est une correction en- vue du don futur de l’Eucharistie.

28) Les Galiléens répondent en vrais Juifs. L'idée d’un don de Dieu passe inaperçue pour eux. Ils ne songent qu'aux œuvres qu'ils auront à faire, et ils prennent oydÇeoflar dans ce sens. Il ne s'ensuit pas cependant que les œuvres de Dieu (cf. 1x, 3) soient les œuvres déjà commandées par Dieu (Bar. n, 9) ou simplement voulues par Dieu (Jer. xLvi, 10), car ces œuvres ils croyaient les connaitre par la loi et par les prophètes, el rien ne prouve qu'ils aient répondu avec suffisance et insolence (Chrys. Cyr.). Il y à dans leur réponse du moins une apparence de bonne volonté. Ils.ont compris que Jésus avait en vue une nourriture spirituelle, une œuvre divine (cf. Apoc. 1, 26), et ils ont encore une certaine confiance dans les indications qu’il peut leur donner; ils parlent donc d'œuvres spéciales dont ils demandent le secret à Jésus (Schanz, Loisy, contre Zahn, Tillm., Bauer). Le rapport avec la question du riche (Mc., x, 17 et parall.) est assez éloigné, et il n’y en a aucun avec le doute sur le principal comman-

dement (Mc. xn, 29).

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