‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 196 sur 326 · ex p. nokkot (H) ou om. (TS V · texte numérisé non relu

ex p. nokkot (H) ou om. (TS V

nuance n’est pas négligeable et permet de résoudre l’objection que les disciples lâcheurs n’ont pas été témoins de l’Ascension. Cet événement est d’ailleurs indiqué en termes correspondants à ceux du discours : Jésus est désigné comme Fils de l’homme, ainsi qu’au v. 53 (manger la chair du Fils de l’homme), et s’il remonte où il était, c'est qu’il en était descendu (33. 38. 51 cf. mm, 13). 63°) Ce verset a été le point d'appui de ceux qui ont entendu la fin du discours dans un sens spiritualiste. Le Christ détromperait ici ceux qui auraient cru qu’il leur parlait de manger sa chair; ils auraient dû l'entendre symboliquement (Caj.). Mais, comme le disait déjà Aug., pourquoi tant insister sur la manducation? Autant vaudrait dire que Jésus avait poussé un peu vivement une allégorie; il s’expliquait maintenant en dissipant le malentendu qu’il avait créé : il ne restait plus qu’à en rire. Augustin, Cyrille d'Al., etc. avaient déjà très bien compris ce qu'entendent les modernes (Schanz, Zahn, Tillm., Bauer, Loisy, ete.}, que la chair est toujours la chair du Christ, et que la réponse est bien un éelaïircissement qui ne retire rien de la doctrine proposée, mais en découvre: l'élévation à l'encontre de l'objection des auditeurs. Ils ont trouvé les paroles de Jésus intolérables, parce qu'ils imaginaient une chair (ou du sang) détachée du corps pour leur servir de nourriture. Dans cet état la chairne servirait de rien : Non prodest quidquam, sed quomodo illi intelleæerunt ; Carnem quippe sic niellexerunt, quomodo in cadavere dilaniatur, aut in macello venditur, non quoimodo spirilu vegetatur (Aug.). Encore l'esprit qui anime la chair du Christ n’est point un esprit ordinaire; Jésus est descendu du ciel; s'ils ne veulent pas le croire, ceux-là le croiront qui le verront remonter où il était. C'est le Fils de: Dieu, devenu Fils de l'homme, qui propose sa chair à manger pour donner aux hommes la vie éternelle; c'est son Esprit qui vivifie. Non qu'il se soit trop avancé en ordonnant la manducation de la chair ; mais elle tiendra toute son efficacité vivifiante de l'Esprit, et il faut s’en rapporter à lui pour la solution du mystère. Il ne faudrait d'ailleurs pas dire que le Christ est devenu esprit par l'exaltation en alléguant II Cor. nr, 17 (contre Bauer) ou I Cor. xv, 44-50, puisque Jo. a noté expressément qu'il ne faisait que reprendre sa place. C’est son état antérieur qui lui permet de donner à ses fidèles une chair vivifiante. 63b) La seconde partie du verset n'est Pas un appui en faveur de l'opinion symboliste, comme si Jésus avait voulu dire : mes paroles sont à prendre dans.

montant où il était d’abord? & C’est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien : les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie; fémais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas. » Car Jésus savait dès le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui Le trahirait. 6 Et il disait : « C'est

pour cela que je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par Le Père ».

‘De ce [moment], beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils

un sens figuré. Il conclut seulement que tout ce qu'il a dit du pain du ciel, de la chair, bref tout cet enseignement est une elffusion de l'Esprit et un don de la vie. — Ce sens fixé, on peut en déduire avec Aug.et Thomas que ces paroles doivent être entendues spiritualiter. Jésus est lui aussi maître de l'esprit et de la vie; ef. II Macch. xiv, 46.

. 64) Si les disciples trouvent dures les paroles de Jésus, c'est qu'ils manquent de foi. Ils n’ont pas fait le sacrifice de leur sens propre, ils se font juges. Jésus avait sondé leur conscience 2 4oyñs. Ce n'est pas de toute éternité, ni depuis le premier instant de sa conception (Cuj.); en effet Jo. ne parle pas ici de la science du Christ en elle-même, mais de son application à une circonstance donnée : cf. xvi, #3 I Jo. nr, 24; m1, 113 I Jo. 5. Cette circonstance ne paraît pas être le moment où ils ont perdu la foi (Mald., Zahn), car peut-être ne l'ont-ils jamais eue. C’est plutôt pour chacun le moment où il a commencé à suivre le maître. En effet la parenthèse a pour but d'expliquer co mment certains disciples avaient été admis par Jésus, l'un même parmi les Douze, et qui cependant ne devaient pas persévérer. Ce n’était pas qu'il n'ait toujours connu leurs dispositions dans le présent (oi miorebovec) et dans l'avenir; rapaduiowv, et non mapadois (Mt. x, 4) ou rapadtdoës (xIr, 11 ; XVIII, 2-5 ; Mt. xxvi, 25; Mc. xiv, 42), pour mieux marquer cette prescience. Ce participe futur est tellement rare que D a écrit rapaddoûs et N péMov rapadtdévar, comme dans xIT, 4,

65) nat ÉAeysy parce que le discours a été interrompu par la réflexion de l'évangéliste. Jésus rappelle qu'il a déjà indiqué (v. 44) la raison dernière de leur incrédulité. Pour venir à Jésus, non pas avec une foi humaine de nationaliste, mais avec une foi surnaturelle, la foi véritable, il y faut l’action du Père, ce qui fait que la foi est justement caractérisée comme un don; cf. Mt. xt, 11. — à voëro elpnx buiv, d'après Schanz : « c'est précisément pour précipiter la crise que je vous ai parlé de la sorte ». Mais e'onx« est plutôt un renvoi au v. 44, et Dux roëro, vaguement : « à propos de votre manque de foi», comme à propos des murmures (43) — venir à moi, de la bonne façon. — èx pour bxo.

66) &x toÿrou comme exæinde peut signifier : « à partir de ce moment », ou bien « à cause de cela » (syrr. copt.); c'est le même cas que dans xix, 42. On inclinerait vers le second sens, car Jo. sait dire : « à partir de ce moment » (xx, 27), s’il était possible d'en donner une raison. Est-ce : « à cause que le Père ne l'a pas donné? » — Ce serait ne pas tenir compte du motif principal du scandale. Si c'est : « à cause de tout ce discours », cela revient à dire : « dans cette situa-

adroë mepemurouv. 67Eîmev oùv 6 ’Tnooës vois dwèexx Mn xot dpets béAere dmdyeuv ; Barexplôn adr® Eluwy Ilérpos Kôpie, rpèç rlva ameheuouela; pâuara tuñs aiwviou Eyets, Mot Gustc rertorelrauey nai Eyvüxa- pey bre où et 8 &yuog où 0eoë. émexolôn adrois 6 ’Incoës OÙbx Eyw duas

tion, à partir de ce moment ». D'autant que Jo. semble indiquer un moment important du ministère du Sauveur. — Plusieurs disciples, et l’on dirait bien tous sauf les Douze (70). — eis tà ôrlow comme xvinr, 6; xx, 14, mais ici au sens moral; cf. Le. 1x, 62. Ils s’en vont d’une seule fois (4x7\ñov aor.) et par conséquent ne marchaient plus habituellement (rsperérouv imparf.). Leur décision leur appartient bien. Au lieu de les absoudre, la parole de Jésus sur le don du Père les condamne. Et c’est sans doute pour les faire réfléchir qu'il n’a pas dit cette fois « ceux que mon Père entraîne », mais « ceux auxquels il est donné ». Car les Juifs connaissaient le moyen d'obtenir les dons du Père : c'était de les demander, de recourir à la prière que les exemples d'Abraham, de Moïse, de Daniel montraient être si efficace. Il faut donc croire qu'ils ne songeaient qu’à un Messie temporel et au secours qu’il était en eux de lui apporter. Ce Messie ne leur dit rien, ils le laissent. Pour une œuvre nationale, il eût suffi de quelque énergie naturelle avec la confiance dans un chef. Pour une œuvre divine, il fallait un don divin qu'ils ne demandaient pas, n’en comprenant pas la nécessité, malgré les avertissements de Jésus.

67) Sans avoir rien dit du choix des Douze, Jo. suppose qu'ils sont suffisamment connus de ses lecteurs; d’ailleurs les Douze, si souvent nommés dans les synoptiques, ne se trouvent après ce passage que dans xx, 24. Jo. ne les nomme jamais les 4xoszoko, quoique l’idée de mission lui soit familière (1v, 38; xu, 46: xvit, 18; xx, 21). Ceux-là mêmes sont libres de s'en aller, quoique l'appel de Dieu leur ait été si clairement manifesté. Jésus met donc leur volonté à l'épreuve, afin de leur donner une occasion de confesser leur foi dans une crise si redoutable.

68) Simon-Pierre n’a pas reparu en personne depuis que Jésus lui a donné le nom de Pierre (1, #3). Il se trouve à la tête des apôtres, comme dans les synoptiques, puisqu'il parle avec assurance en leur nom. Sa réponse est inspirée par le discours précédent sur les paroles de Jésus qui sont esprit et vie (63), et qui avaient si souvent trait à la vie éternelle. Il n’y a aucune raison de supposer entre celte déclaration et le premier départ des disciples un intervalle de jours ou de semaines (Zahn). Dans la perspective de Jo., que rien n'autorise à suspecter, la crise a été aussi prompte que décisive.

69) Après sa question qui retentit presque comme un reproche affectueux, comme si léur Maître avait pu supposer qu'ils en cherchaient quelque autre! Pierre ajoute une confession de foi formelle. Les autres ne croyaient pas; les Douze ont cru et croient encore, et même ils savent : Credidimus enim ut cognosceremus : nam si prius cognoscere, et deinde credere vellemus, nec cognoscere nec credere valeremus (Aug.; de même Chrys.). Ce qu'Augustin condamne ici, c'est la prétention de connaître scientifiquement ce qui est proposé à la foi, car une certaine illumination, même surnaturelle, peut bien précéder

n’allaient plus avec lui. 67 Jésus donc dit aux Douze : « Vous aussi, voulez-vous vous en aller? » 8 Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur,

à qui irions-nous? Tu possèdes des paroles de vie éternelle, et

nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Jésus

leur répondit : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, les Douze? et.

la foi; cf. xvir, 8; E Jo. 1v, 16; voir : Rousseror S. J. Les yeux de la foi.

La leçon 6 &ytos toù 0soù n’est pas douteuse (THSV), et non pas Vg. Christus Filius Dei, avec quelques mss. grecs, pour se conformer à Mt. xvi, 16. — &yios (1 Jo. ur, 20; Apoc. 11, 7) en parlant de Jésus, et spécialement 6 &ytoç toù 0eoù est une désignation de l'élu de Dieu (x, 36), destiné à une mission spéciale et unique, associé à la sainteté de Dieu; cf. Comm. Mc, 1, 24. — Il est assez étonnant que Pierre n’en dise pas plus, après tous les discours où Jésus a parlé comme Fils dans ses rapports avec son Père : il ne les avait donc pas pénétrés. Il faut voir là un indice très significatif de la réserve de Jo. qui à reproduit telle quelle la réponse de Pierre. Cela prouve en même temps qu’il n’a pas transposé la confession de Pierre des synoptiques (Loisy); car s’il avait voulu en quelque sorte la démarquer, c'eût été pour la rapprocher des conceptions qu'it met en relief, non pour l’en éloigner : or la formule de Mt. xvr, 16 est plus johannine que celle de notre verset. Au surplus l'esprit des deux incidents n’est pas le même. Ici Pierre, au nom des Douze, refuse de quitter le Christ; la confession proprement dite ne vient qu’à l’appui. A Césarée, c’est cette confession qui est provoquée par Jésus. Au lieu de n’admettre qu'un épisode, celui de Césarée, parfaitement situé par les trois synoptiques et que Jo. aurait transposé. arbitrairement, il serait plus critique de reconnaître le caractère propre historique de la scène de la fidélité.

70) Jo. n’a jamais raconté le fait de l’élection des Douze, mais il le suppose constamment (xur, 48; xv, 46. 19). S'il le rappelle ici, ce n'est point pour les inviter à l'humilité comme il le fera (xv, 16), mais pour relever le fait inouï de la trahison d’un de ceux qu’il avait choisis pour être ses intimes, les Douze. — On ne peut effacer rois sur la seule autorité de N, Épiph. (contre Zahn, Loisy). — sai « et cependant » après que moi-même (èyt) j'avais fait le choix... déjà il est un diable, un démon. — àté6oXos ne peut être qu’un substantif; Loisy (p. 251) : « C'est Judas, qui, par un échange qui en dit long sur la méthode du rédacteur, reçoit l'épithète de « démon » attribuée à Simon-Pierre dans les deux premiers évangiles » (Mc. vi, 33; Mt. xvi, 23, oatav&ç). Ge reproche est injuste, d'autant que Le. avait usé du même procédé, taisant l’épithète de Satan à propos de Pierre, et notant que Satan entra dans Judas (xxr, 3). D'ailleurs les sentiments de Me. et de Mt. ne sont point différents, et l’on comprend assez que le reproche de Jésus à Pierre, si vif qu'il soit, a pour but de l’amener à comprendre les voies de Dieu dont il voulait écarter son Maitre. Ici le terme de démon est moins fort que la prise de possession de Judas par Satan, qui aura lieu graduellement (x, 2. 27); c’est une épithèle comparative : un véritable démon, aussi mauvais qu'un démon, etc. Il est théologiquement peu sûr de dire avec Cyr. Gorep yap & 2oXkbuevos To xvpiu EV nvedpa ÉGTI, oftw Onhovott na to Évavtiov, — mais il est

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