EVE TRE | ÉTAT INTRODUCTION A TES
Baplistae et Jacobi Apostoli, quem Herodes occidit. Heitmüller (1) me après Jean-Baptiste un sic/ indigné. C’est cependant la leçon primitive (2). Il ne pouvait venir à l'esprit de personne de séparer les deux frères; tout portait à les réunir en remplaçant Jean le Baptiste par Jean, fils de Zébédée. L'idée ancienne était de mettre ensemble deux personnages décapités chacun par un Hérode avant les innocents quos Herodes occidit. Nous avons déjà noté (3) que la tradition syrienne n’admettait pas le martyre de Jean, si bien que pour couper court à toute objection, le syrsin. a changé le texte de Mc. et le syrcur. celui de Mt. Aphraate a opposé Simon et Paul, martyrs parfaits, à Jacques et à Jean qui ont marché sur les traces du Christ leur Maître, comme pour donner à Mc. une interprétation spirituelle.
De sorte que l'argument tiré des martyrologes se retourne contre les critiques, en montrant comment dans Papias aussi le Baptiste a pu devenir le fils de Zébédée. Rien n’empêche donc de tirer de Papias les” conclusions qui découlent de ce que nous savons et des anciens et de lui-même.
Saint Polycarpe.
Le saint évêque de Smyrne écrivit aux Philippiens peu après le mar- iyre de son ami, Ignace, l'évêque d’Antioche, donc vers l’an 190. Il ne fait aucune allusion au quatrième évangile, mais on lit (vir, A): nùc yép, Ôç AV ph étokoyf “nooëv Xpiorèv év capxt éAnhuévar, évrrypiorés écrtv, ce qui est une allusion à I Jo. 1v, 2.3, ou à II Jo. 7, mais plutôt à la première épitre à cause du singulier. Aurait-il reçu les épitres sans l'évangile? Ce serait bien étonnant d'autant que cette phrase est le thème de l'évangile. On sait d’ailleurs par Irénée quels étaient ses rapports personnels avec Jean, qui, dans la pensée de l’évêque de Lyon, ne peut être que Jean J’Apôtre.
Seulement on refuse de recevoir le témoignage d'Irénée : s’il s'est trompé en faisant de Papias un disciple de l'apôtre, il a pu se tromper de même pour Polycarpe : qui sait si Polycarpe n’était pas simplement un disciple de Jean l’Ancien? Nous sommes donc contraints de lire dès maintenant les textes d'Irénée sur ce point.
- ‘ Entre Papias et Polycarpe il y a cette différence qu'Irénée ne dit
(1) Zn W. 1914, p. 190.
(2) Le mart. syrien, dont le ms. est de 411 est plus ancien que celui de Carthage dans son élat actuel (postérieur à 505), mais il porte beaucoup plus de traces de rema-
Ra et des noms de personnages non martyrs, sans parler de l'hérésiarque Arius Juillet).
Se (3) Comm. Mc. p. 262. À
L'AUTEUR DU QUATRIÈME ÉVANGILE. XLITL
amais avoir connu Papias, tandis qu'il rapporte sur Polycarpe des sou- . venirs personnels.
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y a plus : on semble admettre comme une chose évidente que l'erreur d’'Irénée sur Papias vient de ce qu’il a pris Jean l'ancien pour Jean l’Apôtre. Mais ce n’est pas ce qu'Eusèbe lui reproche : il note simplement que Papias ne s'est jamais donné comme disciple d’un Apôtre. Par ailleurs, Papias, étant contemporain de Polycarpe, qui avait connu à l'Apôtre, aurait pu le connaître aussi. Irénée a pu le conjecturer ou le déduire de certains ren$eignements autres que le livre de Papias (1). À vrai dire il semble qu'alors Papias s’en serait vanté, et nous préférons . concéder qu'Irénée a parlé dans ce cas un peu à la légère. Tout autre est son témoignage sur Polycarpe.
Pour mettre les choses au point, nous sommes obligé de prendre parti d'avance sur la question chronologique, quoiqu'elle dépende des textes -qui seront cités. ;
É Polycarpe est mort martyrile 23 févr. 155, fort âgé. Lui-même déclare au juge : « Je sers le Christ depuis quatre-vingt-six ans (2). » Sans voir là un indice qu'il n’est pas né chrétien et compte ses années à partir de sa conversion (3), son service du Christ n’a pas dû commencer avant . l’âge de raison, vers sept ans. Polycarpe serait donc né soit en 69, soit plutôt en 62. Il a pu être mis à la tête de l’Église de Smyrne par l'autorité de l’apôtre Jean qui vécut jusqu'à Trajan (98-117) d’après Irénée, qui suivait peut-être Papias.
Quant à Irénée, il était enfant et dans la première fleur de l’âge quand ila vu Polycarpe. C'est dire qu'il avait de quinze à vingt ans; mettons dix-huit. À quel moment de sa vie était Polycarpe? Nous ne saurions le dire. Nous ne pensons pas qu'Irénée ait été proprement son disciple, æt il a peut-être quitté l'Asie pour la Gaule plusieurs années avant 155. S'il a connu Polycarpe en 150, il sera donc né vers 432 (4), Florinus, + auquel il écrivait vers 490 (sous le Pape Victor), n'avait pas alors complètement rompu avec l'Église. Quand Irénée le connut fréquentant chez Polycarpe, Florinus occupait une situation brillante à la cour royale : cela ne veut pas dire que l’empereur ait été alors en Asie (5), ni même que Florinus ait occupé un emploi important : ces mots pourraient même s'appliquer au fils d’un haut fonctionnaire : un homme en place
(4) Harnack (Chronologie. p. 664) cite pour la même opinion Apollinaire, André, Anastase du Sinaï, Maxime le Confesseur, Georges Hamartolos.
(2) Martyr. Polyc. 1x, ôydoñxovra xai ËË Ëtn Sovhedew aùr® (au Christ). C'est la leçon de Schwartz dans Eus. H. £. IV, 15, 20. Harnack (Chron. p. 342) lit ëxw dou}edwy, construction embarrassée, -
(3) Zahn.
(4) Zahn en 115.
(5) Zahn, qui doit alors s'arrêter au voyage d'Hadrien en 129.