‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 200 sur 326 · autos (TS) plutôt que aurots (HV · texte numérisé non relu

autos (TS) plutôt que aurots (HV

{0. om. wc a. èv xpurtw (T) plutôt que add. (HSV). 12. mept aurov nv (HV) ou nv 7. «. (TS).

nomme le sens littéral : «le temps n’est pas arrivé pour lui de faire ce qu'on lui demande » (p. 255). Les frères peuvent disposer librement leurs projets et agir selon ce que paraissaient suggérer les circonstances; mais tous les actes de Jésus sont subordonnés aux desseins de son Père; les frères devraient le savoir. Cetté réponse générale sera quelque peu précisée plus loin (8); ici nous devons lui laisser sa portée assez ample pour résoudre tous les cas particuliers. Elle laisse d’ailleurs pressentir déjà que si Jésus refuse de s'associer au projet de ses frères, le temps viendra où il aura peut-être à prendre une décision qui aura quelque analogie avec cette démarche.

7) La phrase précédente commence par ce qui regarde Jésus, puis passe aux frères. Celle-ci part des frères et se termine par ce qui regarde Jésus. Les deux forment donc une période, et le contexte est assez étroit. Si les frères sont libres de leurs mouvements, c’est que le monde ne les hait pas.

Le monde est sans doute le même qu’au v. 4, représenté en fait par les Juifs de Jérusalem.— Givatu, cf. Sap. x1, 20 pour le sens d'être exposé à : ici; être dans la disposition de...; le monde ne saurait haïr ceux qui partagent ses sentiments ; spécialement les Juifs de Jérusalem n'ont rien à reprocher aux Galiléens de la trempe des frères. Mais le monde hait Jésus parce que toute sa vie est un témoignage rendu contre le monde, ici encore surtout les Juifs de Jérusalem, auxquels il a précisément reproché de chercher la vaine gloire (v, 40 ss.). Quand Jésus se manifeste tel qu’il est, cette haine le poursuit : il ne doit pas s’y exposer avant le moment voulu.

8) avéénxe n'est pas un ordre : puisqu'ils veulent aller à cette fête, libre à eux. Mais lui ne montera pas à cette fête. Il faut ici noter la reprise du mot dvabalvev : c'était une sorte d'expression consacrée pour « se rendre » à l’une des trois grandes fêtes de pèlerinage. Or ces pèlerinages étaient eux-mêmes organisés, surtout à l’arrivée, comme des processions solennelles, ainsi que nous l'avons déjà indiqué (2). Il faut aussi noter tabrnv. Jésus ne fera pas une entrée solennelle à cette fête, et cela parce que son temps n'est pas venu. Cette fois,

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nest pas encore venu, mais le vôtre est toujours prêt. Le monde ne saurait vous haïr, mais moi il me haïit, parce que je rends de lui ce témoignage que ses œuvres sont mauvaises. $ Vous, montez à la fête: moi je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n’est pas encore révolu. » ? Après avoir dit cela, lui-même resta en Galilée. 10 Mais lorsque ses frères furent montés à la fête, alors il monta lui aussi, non pas au grand jour, mais en secret. !! Les Juifs donc le cherchaient à la fête et disaient : « Où est-il? » BEL il y

xauods paraît bien désigner le temps de la Passion, causée par la haine des Juifs : le moment venu, il s'y exposera. Déjà ce temps est proche; la haine cherchera à se satisfaire, mais le temps n’est pas accompli, et Jésus ne doit pas etne veut pas le prévenir. Il est donc très suffisamment clair que Jésus refuse de monter gavepäx, dans l'éclat d'une procession solennelle, à cette fête-là. Ce qu'il fera en particulier et comme en secret n’est point en question. Il est bien évident que Jo. n'a entendu lui prêter ni un changement soudain de résolution, ni une restriction mentale mensongère, mais il n'avait pas à faire de confidences à des personnes mal disposées.

Nous avons lu ovx avaéarve (TS) et non ourw avaBaivw (HV) soutenu par B avec 13 onciaux de Tisch. auxquels il faut joindre maintenant 0 et W, parce que ovrw est manifestement une correction provoquée par le blâme des païens, attesté pour Porphyre par Jérôme (c. Pelag. 11, 17) : latrat Porphyrius, inconstantine ac mutationis accusat. Et cette correction, satisfaisante en apparence, ne dissipe pas l'obscurité, car Jésus aurait donc consenti à se présenter à Jérusalem, mais plus tard, laissant les frères dans le doute sur le sens de sa démarche. Mieux vaut un refus net de ce qu'on lui propose, sauf le droit pour lui de poursuivre son but particulier, mais de telle façon que la haine des Juifs sera impuissante cette fois.

9) Éuetvev, V'aoriste ; Jésus resta quand les autres partirent.

40) S'il y avait quelque chose d'énigmatique dans les paroles de Jésus, l’évangéliste explique ici quelle avait été sa pensée. Il n'avait pas voulu monter à Jérusalem avec ses frères, parce que ceux-ci faisaient partie du cortège des Galiléens ; mais après ce départ officiel il y monta lui-même comme à la dérobée. Cela d’ailleurs ne l'empéchait pas d'emmener avec lui quelques disciples. L'essentiel était qu'on ne le vit pas arriver, qu’il n’y eût pas de démonstration; et en effet Jésus vint si discrètement qu'on ne se douta pas d'abord de sa présence. — 6x avant év nevrti adoucit un peu, et évite de dire que Jésus se cachait, Jui qui n'avait rien à cacher. Nous omettons cet és avec ND, trois mss., les versions abder sah syrsin et cur.

11) Cette recherche des Juifs indique bien qu'ils avaient craint quelque machination. Tant qu’ils n’ont pas trouvé Jésus, ils éprouvent une certaine inquiétude. Les Juifs sont donc, comme d'ordinaire, des adversaires. — oëv « donc », parce qu'ils ne l'avaient pas vu avec les autres.

42 5.) yoyyosuds « MUrMUTE » mais non pas nécessairement contre quelqu'un,

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mapenaia Ehdher mepl abroù dia Tèv péfor tv ‘Loudofwr. H'Hon dà ris éoprhs mecoüons àvéfm ’Inoods elc Tù iepoy nat EMdgones. 15 £)abpatoy oùy où ’Ioudaior Aëéyovres Ilüs obros ypéupara oîèey ui uepalmuoc; lÉérenpiôn oùy adroïc ’Inooës nat eîmev ‘TH Euh didayh oùx

puisque c’est un équivalent ionique de l’attique rovôousu6s (Phrynichus). C’est un bruit confus dans la foule parce qu’on ne s’entend pas, et qu’on ne veut pas avoir l'air de critiquer l'autorité, ou comme trop indulgente, ou comme trop hostile. Tandis que les Pharisiens avaient pris parti contre Jésus, dans la foule, peut-être surtout parmi les Galiléens, il avait encore des partisans. — Il n'ya aucune raison de ne pas prendre rapensla dans son sens grec de « franc-parler ».

Le départ pour la fête des Tabernacles et les noces de Cana.

Bauer et Loisy y voient une grande ressemblance. A Cana la Mère de Jésus, cette fois ses frères, font une demande qui est d'abord repoussée, puis Jésus cède.On en conclut que « Mère et frères représentent le messianisme juif pressé de voir des signes » etc. (Loisy, p. 256). Et en effet le schéma de l'entretien a quelque analogie. Mais cette ressemblance dans le cadre peut avoir au contraire pour but de mieux faire ressortir les différences de fond. La Mère de Jésus demande un miracle et fait précisément l'acte de foi que Jésus exige, Vadhésion de l'esprit et du cœur à lui et à son œuvre. Et après un premier refus qui provoque cet abandon, Jésus fait en réalité le miracle. D'ailleurs Ja Mère était poussée par la compassion, nullement parce qu'elle était pressée de voir des signes messianiques. Ce sont bien ces signes et leur publicité que souhaitent les frères, qui essuyent un refus complet, car Jésus ne se prête nullement à leur dessein. La Mère de Jésus si elle représente le Judaïsme, c’est celui qui eroit et qui obtient; les frères ne croient pas et n’obtiennent rien. On conviendra que la ressemblance est plus que superficielle : c'est une opposition antistrophique, sur le même rythme tout au plus, ce qui marque simplement le procédé littéraire du même auteur. S'il y a un symbolisme, il va de soi qu'il a pour base la réalité des personnes et des circonstances. Dans le cas présent il n'y a même pas ici « l’invraisemblance » d’un miracle, et la personne de Jésus y est exposée aux altaques des myopes comme Porphyre; Bauer et Loisy ne sont pas de ceux-là, mais le sens figuré qu'ils ont cru voir dans Jo. n’exige nullement le sacrifice de la réalité.

14-24. DÉFENSE DE JÉSUS ‘AU SUJET DU SABBAT CONTRE LE PARTI PRIS MEURTRIER DES JUIFS.

Si les Juifs ont résolu de tuer Jésus, c'est qu'ils le regardent comme un novateur, imbu d'idées subversives, ennemi de la Loi et spécialement du sabbat. En quoï ils se trompent, car Jésus n’enseigne rien que la doctrine de son Père. Ce sont eux qui poursuivent des visées homicides sans tenir compte de la Loi, qu'il n'avait pas violée en guérissant un malade le jour du sabbat.

44) La fête durait sept jours : un huitième jour y était ajouté comme clôture

ÉVANGILE SELON. SAINT JEAN, Vi, 15-16. 203

avait beaucoup de chuchotements à son sujet dans les foules : Les uns disaient : « Ilest bon. » D’autres disaient : « Non, mais il séduit la foule. » 13 Cependant personne ne parlait de lui librement, par crainte des Juifs.

14 Comme on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au Temple, et il enseignaït. 15 Les Juifs s’en étonnaient, disant : « Comment sait-il les lettres, sans avoir suivi de leçons? » ‘6 Jésus leur répondit et dit : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé;

(Lev.xxnt, 34-36; Num. xxIx, 35); si bien que l’on comptait huit jours (II Macch. x, 6; Jos. Ant. III, x, 4). La moitié était donc le quatrième ou le cinquième jour. Ce jour-là Jésus monta au Temple: il était donc à Jérusalem auparavant, mais avait évité de se montrer, surtout dans Le Temple, où il était plus facile de le reconnaître. S'il y parut alors pour enseigner, c’est peut-être parce que c'était un jour de sabbat. Les Juifs qui l'accusaient de FPavoir violé auraient-ils osé le faire arrêter ce jour-là? On « montait » au Temple (Lc. xvrr, 40), dominé il est vrai par quelques parties de la ville, parce que les entrées principales étaient du côté de la ville basse.

15) C'était la première fois que Jésus « enseignait » à Jérusalem, et sans enseigner à la façon des scribes, il montrait cependant une maîtrise incontestable, prouvant qu'il connaissait bien les Écritures, et probablement en prenant pour base leur texte, comme il avait fait en Galilée (Le. 1v, 47). Les Juifs, c’est-àdire les chefs, gens du métier, sont étonnés. Littéralement leur réflexion signifie : comment sait-il lire, sans avoir appris? En effet yeéupara ne signifie pas ici les saintes Lettres, mais les caractères qui servent à écrire. À la documentation très abondante de Bauer, on peut ajouter Par. Prot. 325 e avec pavdävev. Mais comment à Jérusalem savait-on que Jésus n’avait pas appris à Lire, reproche que les gens de Nazareth, seuls bien informés, n’ont pas articulé (Mc. vi, 2; ME. x, 55)? D'autre part on ne voit pas que les Juifs aient accusé Jésus de sortilège. Il faut donc admettre que leur expression est quelque peu exagérée et tenir compte pour l'expliquer de la situation de fait. En fait, on apprenait les lettres d’après la sainte Écriture; apprendre à lire, c'était être déjà un élève des Rabbins. Ce n’était pas le cas de Jésus. On pouvait savoir à Jérusalem qu'il n'était qu'un artisan. Comment donc faisait-il l'office d’un Maitre, et d’une façon à forcer l’admiration? Il suffit aujourd’hui encore à un rabbin de faire lire quelques lignes d'hébreu à un philologue peut-être très docte, pour se rendre compte qu'il n’est pas au courant de la tradition de l’école. Donc : « Comment sait-il si bien lire sans avoir été longtemps sur nos bancs?»

16) L'étonnement des Juifs contenait une suspicion très grave. Puisqu'il mavait pas été à l'école des Rabbins, Jésus avait donc acquis lui-même sa doctrine : n'était-ce pas un novateur, et comme on le disait déjà un séducteur (12)? C'est à ce grief secret que Jésus répond en se donnant comme l’envoyé de Dieu dans la nature humaine, quoique les termes conservent leur vérité et aient même tune portée plus grande si celui qui parle fait allusion à ses

204 EVANGILE SELON SAINT JEAN, vil, 17-18.

Eonv Euh GAÂX roù rémbavrés pe’ Ty ic 0EÂn 1ù OéAna abroù morctr, yrocerau mepl rüs days morepov Ex ToÙ Oeoù éctiv À Éyw ax’ Épaurod Rand. 188 do’ Éauroë Aakwy Thv déEav Thv av Entre à D EnTov Thy B6Eav Toë réphavros abroy oûros Ans Ectiv val adixix Ev abr@ ox £oruv. 190ù Movoñs Édwxev buiv Tdv vômov; at obdeis E5 Ddudv moret Tèv

vôpov. Ti de Enreire émonteïvar; 0 émexplôn à éyhos Aambviov Éyetc*

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