‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 202 sur 326 · om. o a. avüpwnoc (TSV) plutôt que add. (H · texte numérisé non relu

om. o a. avüpwnoc (TSV) plutôt que add. (H

lui-même qu’il avait Beelzeboul et qu'il agissait en vertu de son pouvoir (Me. mu, 22; cf. Mt. x, 24; Le. xx, 45) ce qui est beaucoup plus venimeux que la boutade de la foule, car on peut être possédé malgré soi sans être un démon (cf. x, 20).

21) Jésus ne tient aucun compte de la réflexion malséante; cependant il s'adresse à tous, chefs et foules, et met à jour leur grief, la guérison du malade de la piseine. Parmi d’autres miracles de Jésus, celui-là seul est retenu par eux, parce qu’ils y ont vu une dérogation à la loi du sabbat. — Oavuétw dans le sens d'une surprise qui mécontente (Pap. Ox. x, 123, 5 : « je m'étonne fort de n'avoir pas encore reçu de lettre »; MM.), presque d'un scandale (Sir. xt, 2). Ce verbe est très rarement accompagné de dé comme sujet de l'étonnement; mais cf. Apoe. xvn, 7; Mc. vi, 6. On peut donc mettre à la fin de ce verset di roüro (Schanz, Zahn, Bauer) qui a donné tant d’ennui aux exégètes qui l'ont placé en tête du v. 22 avec latt. syrr. vg. sah. boh (mss.) contre q boh (en plus grand nombre). L’omission dans N seul et le déplacement s'expliquent par la rareté : de l'expression Oavséter àà et la fréquence des phrases qui commencent dans Jo. par Biù +oëro.

22) Au v. 19 Jésus a dit aux Juifs qu'aucun d'eux ne pratique vraiment la loi comme il faudrait, mais il n’a pas nié, contrairement à ce qu'il avait reconnu (v, 39), qu'ils attachassent beaucoup d'importance à la suivre à la lettre. C’est par fidélité à cette loi qu’ils pratiquent la circoncision même le jour du sabbat, parce qu'elle était fixée au huitième jour après la naissance de l'enfant (Lew. x, 3). Une sorte de parenthèse rappelle que la circoncision remonte plus haut que Moïse, aux patriarches eux-mêmes (Gen. xvnr, 42). Si on la plaçait dans la bouche du Sauveur, ce serait pour donner plus d'importance à la circoncision qu'au sabbat (Schanz), ou pour mieux faire entendre que la valeur obligatoire date de Moïse (Zahn); mais ces deux modes auxquels on pourrait en ajouter d’autres non moins sublils sont en dehors de l'argumentation. H faut simplement voir ici une note de l'évangéliste, écrivant pour tout le monde, particulièrement pour des gentils, et tenant à préciser ce point d'histoire (Calmes).

— La jurisprudence à laquelle Jésus fait allusion est bien celle qui fut admise sans difficulté. Le principe est formulé clairement : « Tout ce qui est nécessaire à la circoncision se fait le jour du sabbat » (Michnah Chabbat, xix, 4); mais il ne put prévaloir à propos des prosélytes (contre Schanz) que rien n'obligeait à circoncire un jour plutôt qu'un autre. — Sur Aer cf. Comm.

cherche à te faire mourir? » 2! Jésus répondit et leur dit : « J'ai fait une œuvre, et vous en êtes tous étonnés. ?? Moïse vous a donné la circoncision », — non qu'elle date de Moïse, puisqu'elle vient des pères — « et vous la pratiquez sur un homme un jour de sabbat. #3Si un homme reçoit la circoncision un jour de sabbat, afin que la Loi de Moïse ne soit pas violée, vous vous irritez contre moi parce

Mt. p. 328. — Justin (c. Tryph. xxvu, 5) s'appuie probablement sur notre texte.

23) Un argument semblable est attribué (Mekilta, sur Ex. xxxr, 13; p. 103b — Tosefta Chabb. 15, 16. 134, 13, cité par Schlatter) à Éléazar b. Azaria (jusqu’à environ 1430 ap. J.-C.), lorsqu'il s’agit de sauver une vie : « si la circoncision qui ne touche qu’un membre de l’homme l’emporte sur le sabbat, combien plus tout le reste du corps »! Comme il est dit expressément ici l'argument procède selon la règle du 92 Sp, non pas dans ce sens que la permission du moindre comporte la licéité du plus grand, mais dans ce sens que si l’on peut enfreindre le sabbat pour un petit avantage, à plus forte raison le pourra-t-on pour un plus grand. Des deux côtés il s’agit d'assainissement, la cireoncision étant regardée comme une sorte de purification très opportune sinon nécessaire. Mais avec son apparence de bon sens, l’argument d'Éléazar n'était pas en réalité très rigoureux. La vraie raison pour les Juifs de pratiquer la circoncision le jour du sabbat n’était pas l'intérêt du patient, qui ne risquait rien à attendre, mais la nécessité de satisfaire un article de Loi très formel. De plus, l’argumentation rabbinique parlant de sauver une vie suppose que dans ce cas on ne pouvait attendre. Jésus ne pouvait raisonner de la sorte, puisque son malade attendait déjà depuis si longtemps. On aurait pu objecter à Éléazar que le sabbat, loi divine, devait être observé, sauf une loi contraire, même au risque de la vie. Il n'avait pas résolu ce point.

Aussi Jésus prend-il les choses beaucoup plus directement et à fond. L’avantage à pratiquer la circoncision, c’est d'éviter d’enfreindre une loi de Moïse (qui d’ailleurs porte sur une seule partie du corps); l'avantage que lui-même a eu en vue, c’est la guérison d'un homme (portant sur tout son corps). Il reste bien une opposition entre les objets assainis, mais elle est implicite et tout à fait secondaire; ce qui est grand dans le miracle, c’est une guérison totale, et c’est cet acte de charité qui l'emporte sur l'observation du sabbat, plus encore qu'une loi particulière. C'est toute la raison d'être du sabbat qui est en question, dans le même esprit que dans Mc. m1, 4 et parall. : est-il permis de faire le bien le jour du sabbat?

Le cas est complètement résolu par Jésus : le sabbat est une loi divine qui cède à une autre loi positive : combien plus à la loi divine de la charité! À ces hauteurs on n’a pas à s'inquiéter de savoir si Jésus n'aurait pas dû se contenter de guérir, sans faire emporter le grabat. L'acte principal comprend tout ce qui en dépend, comme le pansement du circoncis suivait la circoncision elle-même. On remarquera que dans Mt. xu, 5 la personnalité du Sauveur est plus en

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208 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, Vil, 24-26.

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