‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 204 sur 326 · L'ORIGINE DIVINE DU MESSIE · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DIVINE DU MESSIE

Jésus met à profit ce qu'il y a de juste dans l'attente du Messie pour révéler son origine divine.

25) C’est à dessein que Jo. distingue quelques personnes habitant Jérusalem et mieux informées, de La foule, venue de toute part, et qui ne savait rien des projets des adversaires de Jésus. Elles se rappellent alors le complot, toujours en vigueur. On voit ici que le passage vu, 15-24 n’a pas été transporté dans cet endroit par un copiste qui l'aurait emprunté au ch. v. C'est bien l’auteur qui. suppose un certain intervalle entre les faits, intervalle dont la portée devait être peu sensible à ses lecteurs, surtout s’il ne contenait pas pour eux le ch. vi, d'autant que l’auteur a pris soin de rappeler la haine des Juifs (vu, 1). Que cette haine n’ait pas perdu de vue son but, cela est d'autant plus vraisemblable qu'elle était alimentée par les nouvelles venues de Galilée. — Le présent Cnroÿëou, parce que jusqu’à nouvel ordre rien ne prouve qu'ils ont renoncé à leur dessein. Le sujet est vague, mais se réfère aux adversaires de Jésus lesquels sont en contact plus ou moins immédiat avec les chefs. Cette réflexion, telle qu’elle est continuée au v. suivant, indique que les premiers interlocuteurs ont vidé la place sans répliquer, comme on le voit aussi dans les synoptiques (Mc. uni, 6; xu, 42 et parall.).

26) Ces personnes, qui paraissent assez loyales, constatent d'abord le mutisme des opposants. S'ils n'étaient pas d'accord avec Jésus, pourquoi ne pas lui répliquer ou lui imposer silence? La pensée ne leur vient pas que la résolution

des chefs est prise et qu'ils préfèrent réduire leur adversaire par un coup de force soigneusement dissimulé. Ils en viennent donc à énoncer l'hypothèse, invraisemblable cependant (u# note), où les chefs auraient changé d'avis. L’aoriste

que j'ai guéri un homme en son entier un jour de sabbat? 4 Ne jugez pas d’après l’apparence, mais que le jugement que vous portez soit selon la justice. »

* Quelques-uns de ceux de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas là celui qu’ils cherchent à faire mourir? #6 Et voici qu’il parle librement, et on ne lui dit rien. Serait-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu'il est le: Christ? ?’ Mais pour celui-ci, nous savons d’où il est; quand le Christ viendra, personne ne saura d’où il est. » ?8 Jésus donc, enseignant dans le Temple, s’écria et dit : « Vous me connaissez et vous savez d'où je suis; et cependant je ne suis pas

Eyvwsav (cf. vin, 27; x, 6) et non le parfait (vr, 69; vin, 52. 55; xiv, 9) indique en effet l'impression produite dans une certaine circonstance. L’apologie de Jésus autorisant son miracle par la pratique des Juifs était assurément très modeste et respectueuse de la Loi. — a&An&s indique un effort pour connaître la vérité; ces braves gens supposent quelque chose comme une enquête poursuivie de bonne foi.

— La formule oùôè, aër& Aéyous: est bien dans le style rabbinique (Schlatter)

et suppose une sorte d'approbation ou du moins de tolérance tacite, de la part de ceux qui s'étaient fait une habitude de critiquer sans ménagement ce qui paraissait contraire à la tradition. Ainsi quand les anciens virent que la reine d’Adiabène avait fait une tente riluelle de 20 pieds de haut : « ils ne lui dirent rien : » 327 19 TION NÔY (Tos. soucca, I, 1. 492, 10. Schl.). . 27) Mais ils se font à eux-mêmes une objection qu'ils jugent décisive et qui a dù frapper les chefs. Le Messie devait apparaître soudainement, sans qu’on sût d’où il venait (cf. Le Messianisme… p. 222 s.). Jo. se montre ici parfaitement au courant de l'opinion juive, attestée d’une manière indépendante par saint Justin (Dial. vm), sur l'existence cachée du Messie, laquelle n’impliquait pas nécessairement une préexistence auprès de Dieu. Or Jésus était connu depuis longtemps, on savait où il habitait avant que la question de son messianisme ait été soulevée; l'opinion publique de Galilée (1, 45; vr, 42) avait sûrement pénétré à Jérusalem, où d’ailleurs il était connu depuis longtemps.

28) La réflexion des hiérosolymitains n'avait guère été qu’un chuchotement entre eux. Mais il n'avait pas échappé à Jésus; en venant au Temple pour enseigner, il était résolu à se donner comme l’envoyé de son Père. Il attire donc l'attention de tous sur l’objection qui vient de lui être faite; « Crier » (cf. 1, 15; vu, 37; xu, 44) se dit d’un enseignement prophétique important et solennel (Is. Lvir, À &va6dnocov), et suppose. une certaine émotion (IV Mach. vi, 46). k

La réponse concède que les Juifs connaissent les origines humaines de Jésus; mais il est un envoyé, et s'ils ne connaissent pas celui qui l’a envoyé, ils ne peuvent pas prétendre connaitre sa vérilable origine. Ils attachent trop d’importance à un point secondaire, l'apparition soudaine d’un Messie inconnu, point

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LES - ‘ ; ne qu'ils ne sauraient d’ailleurs établir solidement, et ils ne portent pas leur atten- : = tion surleur devoir principal, s'assurer que le Messie est vraiment venu de Dieu.

Puisqu’il devait être homme, et descendant de David, pourquoi ne l’aurait-on pas connu avant sa manifestation? Ses origines humaines faisaient même partie

NUE une concession, mais le troisième est presque une opposition : si Jésus n’est pas venu de lui-même se donnant à lui-même sa mission, il faudrait connaître celui qui l’a envoyé; &Andwés (prédicat de 6 réubas pe) n’est pas synonyme d’alnôrs, « véridique », mais comme d’ordinaire dans Jo. « digne du nom de », quelqu'un dont on peut dire vraiment qu’il envoie. Et c’est Dieu, que les Juifsne ca connaissent pas (ef. v, 37), surtout en cette qualité, car ils en ont une connaissance quelconque (rv, 22). Il est donc vrai que les origines du Messie échappent 4

à une vérification humaine; ils n’ont pas le tort de le penser, mais ils devraient ë croire (à cause de ses miracles) en celui qui sait à quoi s’en tenir. = 29) La connaissance de Jésus est immédiate; Aug. avait parfaitement raison

de renvoyer pour cette connaissance à Mt. xr, 27 (et Le. parall.). De plus cette connaissance est fondée comme dans vi, 46, sur un rapport d'origine, as’ aèroë, mais en insistant sur l’existence ancienne et encore actuelle du Christ auprès &. __ de son Père. Aug. développe la notion de Filiation éternelle : quia Filius de Patre, et quidquid est Filius, de illo cuius est Filius… Quod autem videtis me in carne, « ipse me misit ». ‘ Jésus n’avait pas encore parlé aussi ouvertement de sa préexistence continuée ; il le fait à propos de l'objection des Juifs, alléguant que l’origine du Messie devait être mystérieuse : c'était plus vrai qu'ils ne le pensaient eux-mêmes, dans ce sens que le Fils de Dieu était veñu dans la chair pour vivre parmi eux, non dans. le sens de la manifestation théâtrale d'un inconnu. Combien la réalité dépaspie ie en inconnaissable le prélude à la mise en scène révélatrice qu'ils avaient imaginée !

30) Une déclaration aussi hardie déchaine une tentative pour s'emparer de: i Jésus, dont les auteurs ne peuvent être que les Juifs. Mais l'heure de la Passion | métait pas venue, Dicu ne permeltait pas qu'ils l’anticipassent. L'intention de

__Jo.est de mettre cet obstacle en pleine lumière, mais non point de dire que | . * Dieu l’a réalisé par un miracle. De ce qu'il n’assigne pas une cause seconde, on

ne doit pas conclure qu’elle soit exelue. Les circonstances comptent peu pour:

lui à côté de la volonté du Père; cf. vu, 45 s.; vin, 59: x, 39, (mais non xvur, 6,

qui est différent). On peut bien dire que les récits de Jo. sont peu circons-

0, ÉVANGILE SELON SAINT EAN, vit, 34-32. AA

venu de moi-même, mais il est dans la vérité [de son acte] celui qui m'a envoyé, que vous ne connaissez pas. ?? Je le connais parce - À que je suis d’auprès de lui, et c’est lui qui m'a envoyé. »*Hscher- 4 chaient donc à le saisir, et personne ne mit la main sur lui, parce os que son heure n’était pas encore venue. À. Fe 31 Parmi la foule, beaucoup erurent en lui, et ils disaient : « Le

Christ, lorsqu'il viendra, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n’en a fait? » % Les Pharisiens apprirent que la foule chuchotait de la

tanciés; on n’a pas le droit de lui attribuer le portrait d’un Christ qui se serait plus d’une fois et comme ad libitum, rendu invisible à ses ennemis ou intangible 4 (Loisy) : s’il en avait été ainsi, il n’eùt pas eu de précautions à prendre comme “ ie cela est indiqué (vir, 1).

31-36. LA DISPARITION DU CHRIST, MYSTÉRIEUSE COMME SON ORIGINE : EN VAIN LE CHERCHERA-T-ON PLUS TARD.

L'adhésion de plusieurs ne fait qu'exciter davantage la haine des Pharisiens. A cette occasion Jésus donne à la foule un grave avertissement. Le temps presse. Bientôt l'envoyé de Dieu retournera à celui qui Pa envoyé, là où les Juifs ne pourront le suivre. Leurs conjectures sur son départ ne seront pas moins vaines que celles qu'ils ont formées sur son apparition. : 31) Ceux de Jérusalem croyaient bien connaître les conditions de l’apparition du Messie (27). La foule avait interpellé Jésus très irrévérencieusement. Mais une foule n'a pas qu’une voix. Il s’y trouva des personnes assez nombreuses pour croire en Jésus à cause de ses miracles. Celui de Bezatha avait seul été incriminé à Jérusalem (21). La défense de Jésus étant solide, les autres, opérés à Jérusalem (x, 23) et en Galilée (vi, 3), devaient exercer leur séduction. L’accent n’est pas celui d’une conviction bien arrêtée, mais tout bien considéré, les miracles de Jésus le désignent comme Messie d’une façon plausible. ray Eôn fait partie d'une phrase toute faite : quand le Christ viendra, il fera beaucoup de miracles; la seconde partie est remplacée par une interrogation qui suppose | une réponse négative, laquelle ne laisse plus subsister la possibilité d’un Christ futur. — àv, attraction du relatif.

32) Les Pharisiens, toujours en contact avec la foule, s’apercoivent que ses dispositions deviennent plus favorables à Jésus. Au lieu d'employer une violence brusquée comme ceux du v. 30, ils complotent avec les grands prêtres une # arrestation en règle. C’est le Sanhédrin qui entre en scène (cf. vi, 45; xt, 47. #1; xvin, 3); aussi les grands prêtres sont-ils nommés les premiers, quoique ce l'initiative soit venue des Pharisiens. D’après Loisy : « il est clair surtout que le | rédacteur ne sait pas très bien ce qu'étaient les pharisiens » (p. 268); il serait plus juste de dire qu'il est moins précis quand il parie des Juifs; les Pharisiens sont bien dars leur rôle. Nous n'avons pas ici (Loisy, p- 268) « un doublet de la mesure de police qui vient d’être signalée » (vrr, 30), car c'est maintenant seulement que la police apparait, mise en mouvement par l'autorité des principaux membres du Conseil. — yoyyÿw, comme yoyyusués (12) d’un murmure confus

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