PROMESSE DE L'EAU VIVE
C’est le dernier enseignement de Jésus à l’occasion de la fête des Tabernacles; il se distingue des précédents par son objet comme par l'indication du jour.
37) Nous pensons (avec Zahn) que ce jour fut le septième. Bauer objecte que le huitième était un jour d’assemblée (Lev. xxur, 36; Num. xxx, 35; Jos. Ant. III, x, #); mais précisément cela lui donnait un caractère particulier, tandis que le septième appartenait plus étroitement à la fête des Tabernacles, et il était très solennel, signalé par des processions répétées où l’on portait des branches de saule et où l’on récitait des prières spéciales, d'où son nom de Jour d’Hosannah (Ecsocen, Der jüdische Gottesdienst… p. 438 s.). D’après la Michna (Soucca 1v, 6), on faisait des libations chaque jour avec de l’eau qu’on allait chercher à Siloé dans un tube d’or; on doit supposer que le septième jour ce rite avait plus
A à a unes oe dces CS … Expaïsv kéyuy RS Si marco | DRE mate ere à payé, erucl Ex TRS xoixc aùre3 Éedecoa
uaturel qu'il ait servi de thème à l'enseignement de Jésus.
Le Sauveur ne S'assied pas pour enseigner, parce qu'il ne lance qu’une parole :
de circonstance, et comme un cri an milieu des acclamations : c'était par excel- lence un jour de joie.
7 s.) Le sens de ce verset et du suivant dépend de la ponctuation, ou plutôt on ponctuera d'après le sens qu'on déduit des termes. A) Si l'eau vive sort du Christ, on mettra un point après :% né B) Si elle sort de celui qui croit, à race commence une nouvelle phrase comme nominatif absolu. La grammaire ne peut trancher le cas, car cette dernière solution est possible, 8 =steiov demeurant en surplus comme une anacoluthe, et cette tournure, sémitique et grecque, n'est pas tellement rare; cf. Apoc. n, 26 ; m,42. 21 ; Me. 1x, 20 (ef. Deb. $ 466, 4; K.-G. II, 106 s.). Cette seconde ponctuation passe mème pour
- traditionnelle. C'est l'opinion d'Origène, et, semble-t-il de tout l'Orient, qui a
réagi sur l'Occident dès le temps de Jérôme et d'Augustin : depuis elle ne semble pas avoir été contestée. Le sens est très riche et l’enseignement a une
grande portée : celui qui s’est désaltéré auprès du Christ devient lui-même une source d'eau vive.
On pourrait done regarder comme étrange l'opinion de Loisy (dans les deux éditions) et de Grill (p. 16 n. 1) qui appliquent la citation de l'Écriture à Jésus lui-même et raltachent 6 #55 à ce qui précède, quoiqu'ils aient cité d'anciennes autorités. Le sujet a été repris par M. Turner (The Journal of Theological Studies, octobre 1922, p. 66-70), que M. Armitage Robinson (Texts end Studies, I, 3 (1891), p. 98) avait précédé dans cette voie. Il semble que cette ponctuation, quoique défigurée dans certaines éditions par suite du préjugé courant, était la plus répandue dans tout l'Occident. Irénée n'est pas douteux, surtout si l'on joint ses deux textes : V, xmu, 4 (trad. de l’arménien) : In emnibus autem nobis Spiritus et ipse est aqua viva quam praestat Dominus recte in se credentibus (de même le latin) et III, xxiv, 1: ef in eo disposita est communicatio Christi, id est Spiritus sanctus… quapropter qui non participant eur, neque «a mamillis matris nutriuntur tn vifam, neque percipiunt de corpore Christi procedegiem nitidissimum fontem. À la même époque l’église de Vienne Es. HE V, 1} écrivait (S 22) 50 =: opavios rnyie 108 Sacos sis Luis re5 uvre: Ex ti vnèdos ro5 Xwscoë… ce qui est une allusion à Apoc. xxr, 6, mais aussi à Jo. VE, 37. 38, vnèSos remplaçant xo-Aix: prohablement sous l'influence d’une version latine: et en effet d (comme D) et e présentent la même coupure.
___-M Turner cite encore Hippolyte in Dan. 1, 17, d’après l'ancien slavon (£a.
Bonwetsch et Achelis, Hip. Werkz, 1, p. 29).
Cyprien est très formel, soit de le texte authentique des Testimenia, 1, (éd. Hartel, p. 58), soit surtout dans l'ép. zuu, 8 (Hartel, p. 706) où il voit dans Jo. une allusion à Is. xzvm, 21, et ép. rxxmm, 44 (p. 786) : Clamat Dominus
d'importance, de mème que les processions. Il n'est pas signalé avant la Michna, mais rien ne prouve qu'il ait été inventé après la ruine du Temple. I est très
AT À ! AE UTER AE eue fs j RER r t je 1
#0r le dernier jour, le plus solennel, de la fête, Jésus se tenait debout et il s’écria : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne vers moi ef qu'il boive, #celui qui croit en moi. Comme à dit V'Écriture : des
ut qui sitit veniat et bibat de fluminibus aquae vivae quae de eius venire fluxerunt. De même dans l'anonyme de Rebaptismate (vers 256, en Italie ou même à. Rome), $ 14 et dans l’anonyme de montibus Sina et Sion (romain de la première moilié du mr s.) 9 (p. 87) : dicente ipso : qui sifit veniai, et bibat qui credit in me : flumina de ventre eius fluebant aquae vivae (contre la ponctuation de Hartel p. 415). Le dernier cité est Ambroise, qui a pratiqué l’autre coupure, mais qui est clair dans de Spiritu sancto, HI, xx $ 153.454, malgré la fausse ponctuation dans Migne, comme le prouvent les mots : Hic est utique fluvius de Dei sede procedens, hoc est Spiritus sanctus, quem bibit qui credit in Christum, où l’on retrouve, comme dans la lettre de Vienne, une allusion à Apoc. xx, 6.
L'opinion qui ne met ici en scène que le Christ et le croyant est donc la plus ancienne, du moins en Occident. Il ne faut pas confondre cette ponctuation 4 avec celle de Chrysostome (suivi par Ich‘odad), qui commence la phrase avec à rioteiwv, mais y joint étroitement : « comme dit l'Écriture » c'est-à-dire « celui qui croit en le Christ comme il convient de croire en lui d’après l'Écriture ». Cette coupure n'est qu’une échappatoire pour n'avoir pas à chercher dans l'Écriture le passage cité ensuite. AAC
Les odes de Salomon citées par Wetter (p. 56) en faveur de la ponctuation À ne sont pas décisives, car si certains passages regardent le Verbe comme une source de vérité, on y lit aussi (vi, 12) : « heureux donc les ministres de #ette boisson, ceux à qui a été confiée son eau » (Trad. Labourt). se
La tradition étant incertaine, il faut recourir aa contexte. On peut objecter à la ponctuation A que dans la citation ab+oÿ ne semble guère pouvoir s'appliquer à celui qui parle; c'est sans doute ce qui a déterminé les modernes. Cependant, dans une citation, quand elle ne serait pas formelle, on conçoit que le texte soit donné tel quel. ra
.En faveur de A il y a le parallélisme entre le mot de Jésus et son explication. Au v. 39 il sera dit que l'eau signifie l'esprit que recevront les croyants : ce © sont donc aussi les croyants qui viennent se désaltérer auprès du Christ. Si nous perdons ainsi la vérité supposée par l'interprétation B et qui garde sa valeur traditionnelle, de la fécondité des disciples du Christ comme dispensateurs de l'Esprit qu'ils ont reçu de lui, nous avons en revanche un texte précieux pour prouver que l'Esprit procède aussi du Fils, et c’est peut-être ce qui à mal disposé certains Orientaux pour la ponctuation A.
Aussi hien, si nous donnons la préférence à la ponctuation À, nous reconnaissons la probabilité de l'autre opinion.
De toute facon la parole de Jésus dépasse ce qu'il a dit à la Samaritaine (rv, 40), parce qu'on voit mieux ici que l’eau vive que Jésus donnera viendra de lui-même comme d’une source.
38) à yeaz# (IA fois dans Jo.) toujours dans le sens d'un texte particulier,
/ indiqué par le contexte, sauf dans xx, 9, où il y à un vague TEnvol à la doctrine de l'Écriture. Ici c'est bien une citation, quoique peut-être elle vise Je
Daroc Cüvros. 9 Toëro d eimey mepè vod rveiuaros où Euekoy dau=
, ï ns et 2 Q] dyeuv où muorstouvrec eïc abrbv’ oÙrw yap Gv mvedua, Gr Inooës cru
EdoËdoôn. 4/Ex roë Éyhou où axoboavres Tüv AGyuv Tobtuv Éksyov On
39. euedhov (HV) ou nusXhov (TS). — om. ayrov p. nveuux (TH) plutôt que add. (SV). — ovrw 2° (H) et non ouôerw (TSV).