otxov (THV) et non toxov (S
cation aussi tranchée que celle qui séparait l'aristocratie romaine ancienne de la plèbe ignorante des formules sacrées, au point que les docteurs évitaient le mariage avec ces ignorants (Pesakhim 492). De plus, comme la cause de leur répugnance était religieuse, la plèbe ne se souciant pas de la Loi tombait sous la malédiction de la Loi. — ëréoaros hapax dans la Bible (LXX ërtatéoatos) cf. Drrr. Syll. 366 1. 23 (hs norvdv ris rdkews Avpeüva érépatov elvar Cnutodobat te 0x0 tv (&oydv)twv (env. 38 ap. J.-C.).
50) Après leur question ironique, équivalant à une négation (48), les Pharisiens furent sans doute assez mortifiés de l'intervention de l’un d’entre eux, ce Nicodème, qui, lui, avait tenu à se former personnellement la conscience en interrogeant Jésus. — 6 EAddy rpos adtby rodrepov est omis par T d'après l'autorité du seul N, autorité peu considérable en pareil cas, car cet excellent ms. est coupable de plusieurs omissions non justifiées. — vuxros a été ajouté par quelques mss. d’après xIx, 39.
51) Timide et hésitant, mais très consciencieux, Nicodème ne se range pas parmi les disciples de Jésus, mais il ne saurait approuver qu'on le condamne sans l'entendre. Sa réflexion, avec une modération voulue, n'en est pas moins un coup droit contre le parti pris des autres. Ils n’ont pas osé répondre : nous le coffrons d’abord, nous l’interrogerons ensuite à fond, parce qu'ils avaient laissé voir que rien ne changerait leur conviction, et qu’ils ne chercheraient qu'un prétexte pour justifier une condamnation déjà prononcée dans leurs conciliabules. D'ailleurs on ne doit arrêter personne sans un indice caractérisé. La cause de Jésus n'était point de l’ordre des crimes et délits vulgaires : c'était lui aussi un docteur à sa façon; il se fallait informer auprès de lui. La loi est ici personnifiée comme étant le juge qui écoute et s'informe avant de juger. C'est l'esprit des textes : Dt. 1, 16 s.; xvu, 4 ss.
52) L’emportement est mauvais conseiller. Au parti pris dont Nicodème les détourne en magistrat avisé, les Pharisiens opposent la partialité dont il ne se rend sans doute coupable que comme compatriote de Jésus. « Plaisanterie facile » (Loisy), qui trahit leur préoccupation et qui amène l'argument qu'on croit décisif : un prophète ne surgit pas en Galilée, ni en droit ni en fait. C'est cette double impossibilité qu'exprime très bien le présent éyeiostar. On a supposé qu'il avait remplacé la leçon ëyfyeprat (uniquement antiochienne), pour
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, VII, 53-VIII, 11. a?
19 Maïs cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits! » 50 Nicodème, qui était venu naguère auprès de lui, leur dit — [et cependant] il était l’un d’entre eux : — 5! « Est-ce que notre loi juge quelqu'un avant de l'entendre et de savoir ce qu'il fait? » 2 Ils répondirent et lui dirent : « Es-tu, toi aussi, originaire de Galilée? Examine et tu constateras qu'il ne surgit pas de prophète de la Galilée. »
53 Et ils s'en allèrent, chacun dans sa maison,
ne pas donner un démenti à l'origine galiléenne du prophète Jonas (IV Regn. x1v, 23). Mais si Jo. ou des copistes ont eu conscience de l'erreur des Pharisiens ils n’avaient aucun motif de la redresser. Il est plus probable que les copies antiochiens ont voulu réserver la mission de Jésus, né à Bethléem, mais dont la prédication officielle avait commencé en Galilée. D’après les Écritures — auxquelles doit se référer #pabvnsoy —, aucun prophète notable n'avait encore surgi en Galilée, mais on ne pouvait rien en conclure contre Jésus. La lecon ëyetoetar, la seule plausible d’après les autorités manuscrites, est aussi la meilleure pour le fond : les Pharisiens, qui méprisent la foule, partagent son erreur sur la véritable origine de Jésus (41).
vu, 53-vint, 41. LA FEMME ADULTÈRE.
Note préliminaire.
Sur la question vivement débattue de l'origine de cette péricope, on pourra consulter : pour l’origine johannine, Lepin, La valeur historique du quatrième évangile, II, p. 62-89; contre, Tiscæenporr, ed. oct. maior ad h. l. : v. Sopen, Die Schr. des N. T. I, 486-524; Wesrcort-Horr, Appendix, 82-88; Zann, Comm. excursus, V, p. 721-727. Ce dernier, protestant très conservateur, exclut même la péricope de son commentaire. Parmi les catholiques, Knabenbauer (p 272) note : eam (pericopen) autem ab ipso loanne esse scriptam non est ullo modo definitum, et semble pencher (comme Calmes et Tillmann) vers la négation de l'authenticité johannine. Belser (p. 274) admet l’origine johannine première, la rédaction étant d’une autre main. Vogels la met entre doubles crochets. Dans la RB. 1944, p. 96-102, le R. P. van Kasteren S. J. croit qu’elle a appartenu d'abord à l’évangile araméen de saint Matthieu.
Sans traiter la question à fond, nous dirons quelques mots : a) de la canonicité; d) de l'authenticité littéræire; c) de l'origine de la péricope; d) du caractère historique de l'épisode.
a) La canonicité de la péricope et par conséquent son caractère inspiré ne sont pas douteux. A Trente elle figurait dans le schéma proposé aux Pères, où on leur demandait : an quia de quibusdam particulis evangeliorum.… et Ioannis' 8 a quibusdam est dubitatum ideo in decreto de libris evangeliorum resipiendis sit nomüinatüm habenda ratio harum partium. Si la réponse avait été affirmative, la canonicité eût été définie expressément. Dans le vote du 1e avril 1546, il y eut dix-sept voix dans ce sens, mais trente-quatre (ou trente-cinq) contre. La majorité n’entendait pas rejeter ces parties, mais les reconnaître canoniques