ex touteu tou xoouou 1° (H) ou ex tou x. toutou (TSV
el
22) Supposition plus malveillante que dans vi, 33, d'autant que le suicide est un crime très grave. Mais il est assez vraisemblable que ce sont les mêmes auditeurs : Voilà qu'il répète encore que nous ne pourrons le suivre : serait-ce donc à la fin qu’il va se tuer? Assurément nous n'avons aucun désir de le retrouver dans la Géhenne : cf. Jos. Bell. IH, vin, 5 : GX pv ñ adroysipix rat fe xouwñs érévruv Towv ebseuwxs AXGTELOY at nobs tov xtisavra Deby fus dort cébeux…. boots D na0” Eaurüv Eudynoav ai yeïpes, toftwv &dns uèv Déxeter très duyàs sxoteivétepos. Si Jésus parlait du ciel, les Juifs ne seraient pas embarrassés de le suivre; c’est donc qu’il veut aller à l’abime, le seul lieu qui ne soit pas fait pour eux. À un avertissement sévère, mais qui les invite au repentir, ils répondent en retournant les ternies au gré de leur orgueil.
23) Les Juifs ont parlé sans s'adresser directement à Jésus : il ne leur répond pas, et continue plutôt ce qu'il avait à leur dire (xet Ekeyev et non pas Eksyev oùv). Pourquoi ne peuvent-ils pas aller où ira le Christ? Parce qu'étant d’en haut il remo ntera en haut, tandis qu’ils sont d'en bas; cf. mr, 31. Ils sont d’en bas par leurs idées, leurs aspirations, leurs pratiques, et non pas seulement par leur nature humaine (contre Zahn); ce qui est expliqué d’une autre manière : appartenir à ce monde, y être comme engagé sans tendre en haut (vu, 7); de cette façon Jésus n’est pas de ce monde, quoiqu'il y Soit venu pour le sauver (mr, 17; Vi; 54).
24) Ayant ainsi montré comment les Juifs étaient sur le chemin dela mort, il répète donc (oëv) sa menace, mais en y insérant l'espérance du salnt, à savoir s'ils croient en lui, qui seul peut les préserver de leur perte (tu, 46). Ils doivent eroire Bt éy ele (cf. 28; xmr, 19), c’est-à-dire celui qu'on attendait (Mc. xux, 6), qui est en situation, ici de préserver de la mort, de sauver. Ce n’est pas sans raison que Jésus ne dit pas : « que je suis le Messie». Il évite, dans Jo. comme dans les synoptiques, un titre qui avait des inconvénients dans la disposition des esprits, trop attirés en bas, et vers ce monde. Mais peut-être a-t-il voulu faire allusion à : « Je suis celui qui suis » (Ex. ru, 14).
25) La première partie est claire. Jésus n'ayant pas dit qui il était, les Juifs pouvaient assez naturellement lui poser la question; cf. Épict. nt, 4, 22 © oëv tk el; ce qui ne va pas sans une certaine impatience, surtout avec 06 en vedette.
Au contraire la réponse de Jésus offre une difficulté célèbre et a donné lieu à bien des interprétations. Les versions ne sont d'aucun secours; l’ancienne latine, syrsin., boh. sah. ont traduit littéralement sans suggérer un sens clair. La pes.
venir. » Les Juifs [se] disaient donc : « Est-ce qu'il veuf se tuer, qu'il dit : Où je vais, vous ne pouvez pas venir? » 3Et il leur disait : « Vous êtes d’en bas, je suis d’en haut; vous êtes de ce monde, je ne suis pas de ce monde. Donc je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans vos péchés. » #Ils lui disaient donc : « Qui es-tu? » Jésus leur dit : « Faut-il même seulement que je vous
a bloqué avec ce qui suit : « quoique j'aie commencé à parler avec vous », etc... ce qui est un contresens. La Vulgate-Clémentine : principium, qui et loquor vobis offre un sens très clair; la réponse est positive : « je suis le principe, moi qui
vous parle ». Mais qui n’a pas de répondant en grec, et la vraie leçon de la Vg. hiéron. est quia (WW), ce qui n’a rien d'’intelligible.
Parmi les Pères, on ne trouve rien chez les plus anciens; Origène devient ‘lacuneux à ce verset même. Les Latins ont tablé sur la traduction latine. Si Augustin s’est aperçu que principium représentait un accusatif, ne voulant pas renoncer à la réponse positive : « je suis le principe », il a eu recours à une tournure forcée : (je déclare être) le principe.
Au contraire les Grecs sont assez unanimes sur la traduction à laquelle nous donnerons la préférence.
Si l'on élimine la réponse positive : « je suis le principe », il reste à discuter plusieurs points.
Les premiers mots, tv &pyfv, peuvent signifier : au commencement, et même depuis le commencement, ou bien « absolument ». On peut lire x conjonction ou # (de 6stw), soit comme régime, soit même adverbialement. Enfin 1x « parler » peut être employé comme 2éyw « dire » dans le style de Jo. et spécialement dans cette péricope. En partant de celle dernière supposition, plusieurs combinaisons sont possibles.
a) Je suis absolument ce que je vous ai toujours dit (Schanz).
b) Je vous le dis depuis le commencement (Mald., Field).
Entre ces deux modes il n’y a guère de différence pour le sens, si ce n’est que le premier est plus affirmatif. De toute façon Jésus se réfère à ce qu’il a déjà dit; s’il refuse de le répéter expressément, il le maintient cependant. On a cité l'analogie de Plaute, Captiv. IL, 4, 91 : « Quis igüfur ille est »? « Quem dudum dici a principio tibi. » Ce sens est plus satisfaisant sous le mode b), car cette manière voilée de parler s'entend mieux d’un refus de s'expliquer davantage que d’une réponse qui réitère ce qui a été dit. Mais on ne voit pas que dès le début Jésus se soit exprimé clairement. Le R. P. Condamin (RB. 1899, p. 409 ss.) propose de traduire : « Et d’abord, qu'est-ce que je vous dis? » — Vous demandez qui je suis? Il faut avant tout me demander quelle est ma doctrine, car ce sont mes paroles qui rendent témoignage pour moi, etc. — Ge serait une autre manière, plus subtile, de renvoyer les auditeurs à ce que Jésus leur a dit; mais pour aboutir à ce sens il suffirait de +', sans & et surtout sans xaf qui est gênant.
Nous passons aux systèmes qui entendent Adlw dans son sens plus normal de.
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parler, s’entretenir. On pourrait entendre : « Depuis si longtemps que je parle + t + avec vous! » ou en interrogeant : «Depuis si longtemps que je parle avec vous?» __ C'est-à-dire : Avez-vous sujet de m'interroger encore? Cela paraît être le | Ï s
sens de Nonnus : 8rrim<o duiy àE àoyñis dpiVov; « alors que je converse avec vous depuis le commencement? » (et non pas quod vobis ab initio dii). Maïs si tv apy# peut en effet signifier « au commencement » (Gen. xum, 18; Dan. vu, 1 [Théod.]; 1x, 21 [LXX]), ou même « depuis le commencement », avec ce sens <hv 4oyxv serait mieux placé à la fin, outre que xxl devrait signifier « pourtant» et&= pris adverbialement devrait signifier « alors que », deux significations ” peu naturelles avec cet arrangement des mots. : è e) Le mieux est donc de s’en tenir à l'opinion des Grecs. Non seulement Jésus ne répondra pas, mais il s’étonne même qu'il ait pu parler peu ou prou avec de pareils gens, sv &eyxv signifiant 8e. Chrys. =05 8kux dxoderv rüv Aéywv züv | rap uoÿ avétrol Eat, unitrye xat pañetv Boris y® etux . Théod. de Mops., en syriaque - (et cela après que le texte a été donné d’après la peschitto) : « il est juste que je ; ne daigne mème pas parler avec vous ». k
Cyr : Eder yéo pe, proiv, oùy duiv Elo roosksAfioat xarè rhv apy#v. De même
les disciples de Chrys. Le sens d' 8kux pour tiv &px#v remonte à Xénophon (Thes.) et il suffit de citer Hom. Clém. VI, 11 : rdv Xdyoy Eyxépzs Égn por € un rapaxokouÿeïs ofs Xéye, ti mal iv &oyñv Bxkéyouxt, tellement semblable que c'est … peut-être une imitation. Pour l'idée, cf. Épict. 1, 5, 7: Ex soie Duekéyouæ; 4 « Vais-je encore m'’entretenir avec un pareil homme », et Ach. Tat. vi, 20 : oùx ayants Br cot xù LaS; « n'es-tu pas ravie que je veuille bien parler avec toi»? où le xat répond très bien à celui de Jo. C’est le sens de Zahn, Bauer, Calmes,
la marge de la version anglaise révisée : How is it that I ever speak to you at ali? etc... : | 26) Jésus en était à regretter d'être engagé dans des entretiens si mal écoutés; c'est tout à fait la pensée de Le. 1x, &1. Il devait cependant enseigner selon les
intentions de celui qui l'avait envoyé. Aussi, quoiqu'il ait largement à parler sur les Juifs, paroles qui aboutiraïient à un jugement, c'est-à-dire à une condam- . nation, il s'abstient cependant de suivre cette voie, pour s’en tenir aux instruc- | tions de son Père. C'est le sens des Grecs (Chrys. Cyr.), quitient compte de . l'opposition, äk4, portant sur ce que Jésus dit de la part de son Père, lequel .
est véridique : puisqu'il enseigne la vérité, c’est cela qu'il faut dire. Cette idée ___ d’un enseignement qu’il y a lieu de tenir en réserve est bien de Jo. (cf. x, 12; . II Jo. 12; III Jo. 43). La seule difficulté est que l’épithète &\n8#< est un peu vague; :
que Jésus juge ou qu'il parle d’autre chose, il dirait toujours la vérité, parce que son inspirateur est véridique. Il faut donc entendre ici véridique de l'intell-
— gence de la situation, perçue dans la lumière de la vérité (cf. vu, 18). Et en
LA tof où
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, VIll, 27-28. 239
parle? #/J'ai beaucoup à dire à votre sujet, et à juger : mais celui qui m'a envoyé est véridique, et ce que jai entendu de lui, c’est de cela que je parle dans le monde. » Ils ne comprirent pas qu'il leur désignait [son] Père. 2 Jésus donc leur dit : « Quand vous aurez dressé en haut le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle là-dessus
somme la véracité du discours tenu en réserve n'avait pas à étre affirmée aussi |
nettement que la véracité du discours que Jésus refuse d'interrompre. On pourrait aussi entendre SAnûgs « fidèle à ses promesses » (Rom. ur, 4) : quel que soit le résultat de la prédication, Dieu veut que Jésus poursuive son thème (Bauer). Ou s'étonne que Loisy ait approuvé la correction de Wellhausen : « J'ai beaucoup à parler de moi », sous prétexte qu'il ne s'agissait pas des Juifs, mais de Jésus. En effet, c’est bien des Juifs qu’il s’agit dès le début; ils ont essayé de détourner la conversation sur lui-même, Mais lui ne veut ni satisfaire leur curiosité, ni se laisser aller à des représailles; il continue de dire ce qui leur est utile, puisqu'il n’est pas venu pour juger, mais pour sauver; Cyr : roy ets awrngiay 2a)00yza Téhwy Gvaurovoéusvos (reprendre le fil) Adyov, érireiver + TApOiEG.
27) La Vg.-Clém, a bien rendu le sens : et non cognoverunt quia Patrem eius dicebat Deum, en ajoutant eius (pour eis) et Deum (om. WW). £ksyev comme dans v1, 71, « désigner»; cf. 1,45; Mec. x1v, 714. Donc ils n’ont pas compris que celui qui avait envoyé Jésus était son Père, c’est-à-dire que lui était proprement le Fils de Dieu. Plus haut (18) Jésus avait ajouté 6... 2-19, aussi semble-t-il qu’alors on avait compris. Nous devons donc supposer que l'auditoire n’est pas le même, et que Jésus n’a pas voulu jusqu’à présent s'expliquer avec lui aussi clairement à cause de l’insolence de ses interlocuteurs (22). Il va le faire, et alors il obtiendra du moins partiellement un bon résultat. Il est impossible d'attribuer de pareilles modalités à un parti pris de composition didactique. Ce sont des traits de la physionomie variée de ces entretiens.
28) Plus baut (vu, 34) Jésus a dit aux Juifs : « Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ». Il serait assez étonnant qu'il ait annoncé ici leur conversion, sans parler du sentiment de Jo. qui regarde le judaïsme comme l'ennemi invétéré des chrétiens. Je croirais donc (avec Cyrille, contre Aug., Chrys., Schanz) que 55:50: ne s'entend guère que de l'expérience douloureuse des Juifs. Après qu'ils auront élevé le Christ sur la Croix, ce qui sera pour lui une élévation glorieuse et le signal de son retour en haut (nr, 14), ils comprendront qu'il est celui qui est, non pas absolument et par essence, mais Celui que Dieu avait envoyé pour les sauver (cf. 24). Il faudra bien qu'ils le comprennent lorsqu'ils se verront anéantis comme peuple, dispersés parmi des gentils empressés à croire en Jésus (Cyr.). — On a raison de faire dépendre aussi de ra les mots zai 4x Euavro8 roiG ». 7. À; cependant il faut bien reconnaître qu’au y. 29 commence une phrase qui ne dépend pas de 28*, et elle fait suite immédiatement à 28b. Il y a donc une transition insensible de l'expérience future des Juifs à leur situation actuelle. Ils reconnaitront que Jésus ne fait rien de lui-
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même (v, 19. 30). Même lorsqu'il remonte en haut, ce n’est pas comme ils l'ont
. insinué odieusement (22) en disposant de sa vie, puisqu’eux-mêmes en le cruci-
fiant l'exalteront, et déja maîntenant, lorsqu'il énonce ces choses (raÿra) c’està-dire toute cette allusion à ses destinées et à celles d'Israël, il dit la leçon du Père.
29) À la dépendance du Fils répond l'assistance du Père qui l’a envoyé; elle consiste en ce que le Pèreest toujours avec lui. Et en faît, à regarder sa carrière parmi les hommes, il ne l’a jamais laissé seul (16). Nous savons déjà pourquoi : mais Jésus nous dit encore que son action consiste à faire et toujours ce qui plaît au Père. Tout ce verset est construit selon un parallélisme déductif : l’attitude du Père, 6 réubac... ox &pñzev… est expliquée par celle du Fils : Eu. rot@. Faire ce qui plaisait au Seigneur ro dpeorév {ou au pluriel) était déjà l'idéal d’un juste de l'A, T. : zaù tà doeotà Evémdv cou Enoinoa (Is. xxxvin, 3 cf. Dan. 1v,
4 [LXX] etc.); c'est un idéal plus large que la simple observation de la Loi, mais irréprochable aux yeux des Juifs, puisque le Père de Jésus est leur Dieu, si mal qu’ils le connaissent. Assurément, même dans ce miracle qu’on lui a tant reproché, le point de départ de tant de haïîne, Jésus n’a voulu que plaire à Dieu : il est clair que le Fils de Dieu parle ici comme envoyé, c’est-à-dire de sa volonté humaine. — Bauer (cf. Loisy) voit dans cette déclaration de Jésus une protestation sinon contre l'abandon sur la Croix (Mc. xv, 34; Mt. xxvir, 46), du moins contre lexploitation de ces textes par les ennemis du Eten Il faudrait alors que obx &pfxev pût s'entendre de ce moment, c'est-à-dire qu 4 devrait être au futur, non à l’aoriste.
30) C'est peut-être surtout cette déclaration rassurante qui a conduit quelques personnes à la foi : elles constatent que Îles tentatives des chefs ont été vaines, et ce ne peut être que par une protection de Dieu. C’est à cette protection que Jésus a fait allusion, et ne serait-elle pas la preuve qu'il cherche en tout son bon plaisir? Encore est-il que cette foi ne fut pas très solide; comme dit Schanz : « des Juifs croyants sont dans notre évangile une sorte de contradictio in adiecto ». Il était naturel que les discours de Jésus, comme ses miracles (u, 41. 23; 1m, 2; 1v, 53; vr, 26), fissent une grande impression (vu, 46) qui pouvait aller jusqu’à La foi (vir, 31); mais on n'était pas pour cela de vrais diséiples. C’est le thème de Jo., et il seraït malavisé de conclure à des retouches contradictoires parce que les nouveaux convertis vont se confondre parmi les Juifs incrédules.
31-59. Les FILS CHARNELS D'ABRAHAM, FILS DU DIABLE PLUTÔT QU'ENFANTS DE DIEU, REFUSENT DE RECONNAITRE LE FILS DE DIEU.
Ce discours du Sauveur roule sur les rapports des Juifs avec Dieu et avec Abraham, comme aussi sur les rapports de Jésus avec Abraham et avec Dicu :
comme mon Père m'a enseigné. ? Et celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, car je fais toujours ce qui lui plaît. » 30Comme il parlait ainsi, beaucoup crurent en lui. Jésus disait donc aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous demeurez en ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, ? et vous
ils sont vraiment les fils du diable, et retournant le reproche contre Jésus, ils veulent le lapider. En apparence, tout est adressé à ceux qui ont cru (30), et c'est bien eux que vise la première phrase (31-32). Mais aussitôt après (37) Jésus reproche à ses auditeurs leurs intentions homicides, et jamais il ne s’est élevé avec autant de véhémence contre leurs mauvaises dispositions. Comme cette intention homicide existait déjà parmi les Juifs (vu, 19) etqu'il n’y a aucune raison de l’attribuer spécialement aux nouveaux convertis qui n’ont pas eu le temps de passer aux extrémités de l’apostasie, il faut reconnaître que Jo. n’a vu ans leur conversion imparfaite qu’un incident, dont il se détourne aussitôt sans avertir pour exposer l'entretien de Jésus avec ses pires ennemis.
Le discours est sur un seul sujet, mais il a comme deux degrés. D'abord (31-47), les Juifs ne font que des objections modérées, presque en forme de réserves de 1eurs privilèges, et sur la défensive. Mais lorsque Jésus leur a révélé le fond de leur cœur esclave de l’esprit du mensonge, ils l’attaquent violemment et finissent par essayer de le lapider (48-59).
31-47. Les Juifs qui se disent fils d'Abraham et enfants de Dieu ont en réalité de diable pour pêre, puisqu'ils ne veulent pas croire à la vérité.
34 s.) Ces premiers mots s'adressent à ceux des Juifs, c’est-à-dire de ceux qui d'ordinaire représentent l’opposition, et qui cependant ont fait acte d’adhésion à la parole de Jésus. Il ne les repousse pas, ne les décourage pas, mais leur pose une condition (ëé) moyennant laquelle ils ne seront pas seulement des disciples se réclamant de son nom, mais de vrais adhérents à sa doctrine. — pévav & peut signifier conserver ce qu'on à déjà acquis d’une doctrine QU Tim. mr, 44); mais ce sens n’est pas assez fort ici : c’est s'installer dans la parole, en recevoir la sève, en vivre; cf, xv, 7; [I Jo. 11, 6. 24. 27; nt, 6; av, 45; surtout IT Jo. 9 : 6 pévowy ëv t7 diday7, oros ai Tov rarépa ral rdv vid Eye, passage qui est la transcription ecclésiastique des paroles de Jésus.
Rien n'autorise Bauer à supposer au contraire que ces paroles sont une transposition de la confession ecclésiastique, puisque la phrase de Jésus avec cette mention de ses paroles et de ses disciples est bien telle qu'il a dû la prononcer. — éote et non le futur, parce qu'il n’est pas nécessaire d’escompter une longue persévérance; il suffirait d’une volonté résolue, — ensuite de quoi (32) ils connaîtront mieux la vérité qu'ils acceptent déjà, cf. vn, 17; en effet, la pratique de la vérité conduit à plus de lumière (11, 21); — la vérité à son tour, une vérité qui est perçue et qui entraîne l'adhésion de l’âme entière, donne Ja liberté, c'est-à-dire que la foi en Jésus affranchit de la servitude du péché.
Jésus expliquera plus loin sa pensée. Doctrine nouvelle pour les Juifs? Autant que je vois, la délivrance du péché par la vérité ne se trouve nulle part dans VA, T, ni dans les écrits juifs du temps. Pourtant ils avaient le sens d’une
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, vin, 31-32, 241
2 4 L \ » \ PTE 38 Gmenoidnoav mods abrév Erépia Afpadu Eouey not obdevi dedcu}ed e! > pes F 34 Eh.
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2 n = » ? 7 LR ?
Bouhée éonv (rne apaprius). 58 3è Goÿhos où péver Êv TA otxiæ Eté Tov
libération spirituelle : xépts xai ptAla Ekeudepoi (Prov. xxv, 10, d'après LXX, Vg., mais sans texte hébreu). La victoire de la vérité est célébrée dans I Esdr. ainsi que sa connexion avec la justice : &exot révres oi vio! rüv avOpuirwv... nat où Loti y adroie aAfeta… nai N &AOeta pêver ral lobe els Toy aiéiva, xal Cf «ai zoatet (I Esdr. 1v, 37 s.). Les Juifs ont donc dù comprendre que Jésus parlait d'une délivrance spirituelle, sinon du péché, du moins de l'erreur qui est opposée à la vérité. — Bauer a rapproché les textes stoïciens; on sait que d’après eux, seul le sage est libre, il est même roi : roïro à éarl ro Doyuartitatov, ütt Ô copbs udvos Ekeb0epds te xaù dpycwv (PHiLon, De posé. Caïn. $ 138; M. 1, 252). Cette liberté vient de la vérité qui a fait connaître au sage qu'il doit être dégagé de tout ce qui n’est pas lui-même : tobro yép Éotiv n tais &hnetars Ekeudepia (Épict. 1v, 1, 143)- Mais cette liberté stoïcienne conduisait à la glorification du moi, indépendant de toute contrainte extérieure et de toute passion. Épictète le premier lui a donné un caractère religieux : fhev0épouat drd +05 @e05, Éprona adroë rès ÉvroAds, obnéte. oùdsts Oouhaywyioai ue Büvarar (iv, 7, 17), où l’on verra plutôt une influence religieuse du dehors qu’une déduction rigoureuse du Portique.
33) Sans attendre, ni demander une explication, les interlocuteurs se buttent à ce mot. Si Jo. composait avec une régularité parfaite, il faudrait dire que ce sont les nouveaux convertis, mais on devrait expliquer non seulement leur volte-face, mais leurs désirs meurtriers (37). Mieux vaut dire avec Aug. : non illi qui iam crediderant, sed illi qui in turba erant nondum credentes. Les Pères. se sont complu à relever la sottise, le mensonge impudent des Juifs (encore Schanz, etc.) qui se méprendraient lourdement et oublieraient tous les démentis que l'histoire donne à leur prétention (Égypte, Babylone, Perses, Lagides, Séleucides), aussi bien que leur situation actuelle qu'ils avoueront très bien (xx, 45). Loisy concède tout cela pour conclure que c’est là « une de ces méprises grossières qui constituent presque tout l’artifice des dialogues dans notre évangile » (p. 294). — Mais d'abord il est évident que les Juifs ne peuvent donner un démenti aussi effronté à toute leur histoire. A Masada, Éléazar, le plus ardent des zélotes, dit seulement que ses braves compagnons se sont résolus depuis longtemps à ne servir personne, ni les Romains ni d’autres, mais Dieu seulement (Jos. Bell. VII, var, 6). Encore, ce n'était pas l'esprit du parti pharisien au temps de Jésus. Quand ils disent : « Nous sommes la race: d'Abrahani », ils ne font pas nécessairement allusion aux promesses de domination universelle (Gen. xvur, 16; xxu, 17). Dans Le. 1, 8 (Mt. m1, 9), quand le Baptiste leur interdit de se réclamer de leur père Abraham, ils entendaient seulement se croire à l'abri du châtiment, étant meilleurs que les autres. Dans Isaïe (rr, 2) les Juifs sont renvoyés à leur père Abraham comme à un modèle de justice. Assurément les Israélites n'avaient pas toujours été fidèles à Dieu, mais il y avait toujours eu une élite croyante que les Juifs contem-
connaîtrez la vérité, et la vérité vous libérera. » ®Ils lui répondirent : « Nous sommes la postérité d'Abraham, et nous n'avons jamais été esclaves de personne; comment peux-tu dire : vous
deviendrez libres? » 3%Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité je vous [le] dis, quiconque commet le péché est esclave (du péché). %0r l’esclave ne demeure pas dans la maison à jamais : le fils [y}
porains prétendaient bien représenter. Ils ne peuvent pas nier qu'ils ont été conquis et assujettis, mais sans cesser d'être attachés au Dieu d'Abraham qui ne les a pas abandonnés non plus. Lorsque la souveraineté étrangère a tenté de leur imposer l’apostasie avec Antiochus Épiphane, ils ont secoué le joug politique pour sauvegarder l'indépendance religieuse. Le sens est qu’ils n’ont jamais été esclaves de personne : au point de perdre leur liberté spirituelle. Leur réponse n’est point le mensonge historique évident que leur ont reproché
les Pères, mais une exaspération de leur nationalisme religieux, comme fils d'Abraham, chef religieux, avec une formule paradoxale (cf. Zahn, Tillmann, Bauer). Le stoïcien disait de l'individu : le sage est toujours libre; le simple nationaliste dit : Britons are no slaves (Tillmann); chez les Juifs il faut sousentendre de plus l'idée religieuse, toujours présente à leur esprit, et suggérée par le principe de la liberté promise, résultat de la vérité. IT est clair que la vérité ne brise pas le joug étranger à elle seule. Sur la servitude spirituelle, ef. Épiet. 1, 1, 243 2, 42; 111, 24, 67; 1V, &, 33.
34) L'entretien se poursuit, non pas comme dans un dialogue étudié, mais en relevant dans le dernier mot ce qui paraît répréhensible. Les Juifs ont été choqués qu’on leur promette une liberté qu'ils croyaient avoir toujours possédée. C’est cette prétention que Jésus conteste pour les ramener au sens profond de sa parole. Ils commettent sûrement le péché; ils sont donc des esclaves. C'est tout ce qu’exige le raisonnement. Aussi nous doutons de ts äpaprtias (avec Bauer, Loisy) om. par D syrsin (cur manque) Clém.-Al. (Strom. Ii, v, 22; cf. Sérom. I, 1v, 30). L'omission est peu soutenue, mais le sens est beaucoup plus fin, et l’addition s'explique par Rom. vi, 17. 20. De toute façon c'est aussi une maxime du stoïcisme ou plutôt de la sagesse populaire, car Horace même se laisse chapitrer par un esclave (II Sat. vu, 81 s.): Tu mihi qui imperitas, alii servis miser aique Duceris ut nervis alienis mobile lignum. Il y à peut-être cette nuance que les stoïciens craignaient surtout la contrainte des passions; ici le péché consommé est regardé comme un maître (surtout avec ris Œuaotlac), tandis que même Épictète (nr, 4, 23; 1v, 4, 3) y voit surtout un obstacle à la liberté. Toute l’ancienne histoire d'Israël oscillait entre ces deux termes : servir Dieu ou les faux dieux souvent représentés par les idoles; désormais ils prétendent ne servir que Dieu; mais s'ils commettent le péché, ils sont esclaves, et ce n'est pas de Dieu.
35) On a trouvé ici un peu d’incohérence. Le verset est au contraire essentiel à l'argumentation, qui, avec des Juifs, ne pouvait s’en tenir à un propos de morale courante. Leur fidélité à leur Loi était d’après eux une raison qui leur assurait le pardon. Les fils d'Abraham étaient aimés de Dieu dans ce monde
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, vin, 36-37.
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