nuov (TV) ou vuwy (HS
55. xav (TH) où sat eav (SV). — vuev (H) ou vuwy (TSV). À # d’un moment de répit pour l'inculquer. Avec lui on avait la liberté dès ce
monde, de plus on ne verra pas la mort (Le. 11, 26); à jamais, ce qui dirigeait les esprits vers l’éternité (v, 24; vr, 50). ; = 52) Assurément ce perpétuel malentendu avec les Juifs est étrange. Mais. ; avant d'y voir un pur artifice littéraire, il faut se demander sil n'était pas à dans la nature des choses. Ici on touche du doigt leur parti pris à la fois obstiné % et précipité, qui brouille tout. Les Juifs ne relèvent le mot de non-mourir qu'après avoir laissé libre cours à leur joie de tenir leur adversaire, étant sûrs à de mettre son affirmation en contradiction avec le fait d'Abraham, qu'il leur avait donné comme modèle. — « goûter » la mort est une autre métaphore que . voir la mort, avec une nuance légèrement plus accusée, comme si l'on pouvait \ échapper à cette amertume! — yeec0ar peut indiquer un contact agréable (Heb. VI, 4; T Pet. 17. 3), mais avec la mort (Mt. xvr, 28; Me. 1x, 1; Le. IX, 27; Heb. 11, 9} il est âcre (I Regn. xv, 32).
53) Jésus se met-il donc au-dessus des anciens? C'est surtout par rapport à Abraham que cette prétention serait étrange. Les Juifs raisonnent comme si * Jésus s'était flatté d'échapper à la mort; il fait bien plus en promettant ce privilège à ses disciples, seulement dans un sens spirituel. Abraham était cependant l’ami et le confident de Dieu : Et dileæisti eum, eË demonstrasti ei temporum finem solo secrete noctu (IV Esd. r, 14). — ocavrôv, « ta propre personnalité », plus À accentué que ce.
54) L'idée du témoignage rendu et de la glor
paroles de Jésus. Il a revendiqué le droit de se rendre témoignage (14), mais, parlant comme Fils de Dieu incarné, il laisse plus exclusivement à son Père le soin de le glorifier. 11 y a quelque chose de plus choquant à se rendre gloire à soi-même qu’à se rendre témoignage; la gloire n’est pas tout à fait synonyme ___deThonneur auquel chacun a droit; de plus, quand il s'agit de Jésus, il faut
tenir compte du dessein formé dès à présent (èoËétwv) par son Père de le glorifier.
Cette gloire future entrevue remplace peu à peu le témoignage qui convenait.
à la carrière mortelle de Jésus. uaprupeïy en parlant du témoignage surnaturel.
ification alternent dans les
parole, il ne verra jamais la mort. » ® Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous voyons bien que tu es possédé d’un démon. Abraham est mort, et [aussi] les prophètes, et tu dis : Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais la mort! Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort? et les prophètes [aussi] sont morts. Qui prétends-tu être? » 51 Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien; c’est mon Père qui me glorifie, dont vous dites qu'il est notre Dieu, Set vous ne le connaissez pas, mais moi je le connais; et si je disais que je ne le connaïs pas, je serais semblable à vous, un menteur; mais je le connais et je garde sa parole. ‘Abraham votre père a tressailli de joie [à la pensée] de
rendu à Jésus, si fréquent dans les premiers chapitres, se retrouvera x, 25; xv, 26, mais dofdçeu, réservé à l'avenir dans vu, 39, reviendra très souvent :
xx, 43 xt, 16. 23. 28 (ter); x, 31. 32; xvi, 143 xvur, 1. 5. 10. On voit donc bien nettement ici un progrès sur v, 32. 36. 37, où il s'agit seulement du témoignage. — Ôv dpsis Xéyete, non pas par erreur, comme le prétendaient les Marcionites et les Manichéens (Aug.), mais pour bien marquer qu'en parlant de son. Père il désigne celui que les Juifs reconnaissent pour leur Dieu. Comment Jésus est glorifié, Jo. l'a déjà dit (1, 11), et l'avenir le montrera bien autrement. — Après @eds nous préférons Auüv (malgré l’autorité de N BD etc.) qui a l'accent primitif du style direct, à 6u@v, plus naturel et plus élégant, mais que personne n'aurait été tenté de changer.
#5) À vrai dire, les Juifs ne connaissent pas Dieu (cf. v, 37; vu, 28; vin, 19), quoiqu'ils se fassent une gloire de le connaitre eux seuls. La connaissance que Jésus a de son Père autorise sa. mission, et nous devons lui être reconnaissants de l'avoir dit si clairement. D'ailleurs pourrait-il dire qu'il ne connaît pas son Père? Ce serait nier ce qui est sa joie, et l’on peut dire, sa raison d'être, ce serait une atteinte à l'honneur de Dieu. Aussi bien ce qu'il en dit est moins pour $e glorifier que pour glorifier le Père, puisqu'il met son honneur à observer la parole que Dieu lui fait entendre comme un ordre. Aug. conclut par rapport à nous: Ergo arrogantia non ita caveatur, ut veritas relinquatur.
Le verset est mal coupé : xa oùx éyrxate adré doit se joindre très étroitement à ce qui précède; cf. TERT. adv. Praxeam 22, éd. Kroymann : quem vos dicitis deum esse vestrum nec noslis illum; et ego, etc. rat ayant presque le sens de « alors que » (Cyr. Aug.); contre quelques modernes Schanz, Bauer, Tillmann, qui mettent un point après le v. 54. Cette coupure admise, devsths pourrait encore se rapporter au v. 44 : « menteurs comme le diable votre père » : (Mald. Schanz), mais il se rapporte plutôt à ce qui précède (Chrys. Cyr. Thom. Loisy) : jes Juifs mentent en nommant « notre » Dieu celui qu'ils ne connaissent pas. D'ailleurs le mensonge des Juifs dans ce cas peut être plus ou moins inconscient.
36) Deux questions : à) Abraham a-t-il vu de son vivant ou après sa mort? b) que signifie « mon jour »?
: " \ Tv ÉpAv, ka eldev mai Eyépn. lelmav oùv of ‘Toudator tpès adrév Ilev-
a) Sur le premier point il y avait unanimité avant Maldonat. Du moins:il dit : Omnes auctores, quos legere memini, etiam qui diem Christi tempus incarnationis eius vocari putant, existimant aut sola fide, el figura, aut prophetica revelatione vidisse; donc du vivant d'Abraham, et ces auteurs sont Irénée (IV, vu, 1), Aug. Chrys. Cyr. Thom. etc.; Mald. prend la liberté de dire qu’Abraham a vu depuis sa mort, et celte opinion est devenue dominante parmi les catholiques (Schanz, Kn., Calmes, Till., Belser, etc.) de même Bauer. La raison qu'ils donnent, c’est que ce sens est plus littéral. C’est ce qui ne paraît pas exact, car Abraham, dans les limbes ou dans un paradis quelconque, a pu entendre parler du Christ: il ne l’a pas vu, et l'audition elle-même ne saurait être littérale à propos des âmes. S'il faut recourir à une métaphore, autant vaut-il admettre une vue par révélation. Raisonnant avec les Juifs, s’appropriant l'hommage à lui rendu par leur Abraham qu'ils viennent de relever si fort, Jésus argumentait naturellement de ce qu’enseignait l'Écriture. La joie d'Abraham dans le paradis eût été impossible à contrôler. Quand Jésus s'appuie sur le témoignage du Père, il renvoie à ses œuvres el à l'Écriture (v, 36. 39. 46). Enfin, ce qui paraît décisif, c’est l’analogie de ce passage avec la vue d'Isaïe (cf. x, #4), qui était bien vivant (cf. Hollz., - Zakn, Loisy). On peut donc très bien admettre qu'après un acte de foi Abraham a désiréure lumière plus complète qui lui a été accordée par révélation. Quand ? C'est la difficulté, qu'on a cru éviter en recourant aux limbes. La réponse dépend peut-être du second point.
b) Le jour du Christ d’après Chrys. et Ammonius (Catena) est le jour de la Passion; d’après Cyr., l'Incarnation mais aussi la Passion; d'après Aug., l'Incarnation et la Trinité. Rien n'autorise à le restreindre à un seul moment donné € ce qu'Abraham a désiré voir, c'est sans doute ce qu'ont désiré voir les rois et les prophètes et que les disciples ont vu (Le. x, 24), à savoir l’action du Messie; Cyr. où” Erepdv + oo rapa rbv ris Emünulas xatoév. Le singulier fuéox peut indiquer une époque; cf. Le. xvir, 22. k
Si l’objet est aussi général, on ne doit pas non plus chercher dans la vie d'Abraham une circonstance particulière. Jésus n'argumente pas le livre à main et ne cite ici aucun texte. Ce que tout le monde savait, c'est que la révélation avait été faite à Abraham d’un descendant en qui toutes les nations de la terre seraient bénies. Il allait de soi qu'Abraham devait tressaillir de joie à cette pensée. De là le désir de contempler d'avance cet heureux avènement, désir qui fut en partie comblé par les autres révélations prophétiques diverses racontées par la Genèse. C’est la raison générale donnée par Cyrille üte xa0érep EN tv dylov rpopnrüv arexélubev 6 Deds td Eavroë HUGTHptoy.
Que si cependant il fallait avec certains Pères indiquer une révélation particulière, comme dit Cyrille dans l'intérêt des gtlouaéotecor, ce ne serait pas le jour du sacrifice d'Isaac qui figurait le Christ, car la joie n’y paraît ni dans le
— texte ni dans la tradition. 11 en est autrement de la naissance d'Isaac, dont le nom signifiait rire. Nous voyons par le livre des Jubilés que ce rire fut interprété d’une grande joie, qu'Abraham parlagea avec Sara (Jub. xvr, 19). De même dans Philon, où ce rire devient même un équivalent du fils intime de
voir mon jour; et il [|] a vu, et s’est réjoui. » ‘Les Juifs lui dirent alors : « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham? »
Dieu. Sur ce passage : « Je te donnerai un enfant » (Gen. xvir, 16), Philon commente : « Celui qui est par excellence le donateur, donne assurément quelque chose de spécial qui vienne de lui. Si cela est incontestable, Isaac ne sera pas un homme, mais le rire, synonyme de la meilleure des bonnes passions, de la joie, lui, le fils intime de Dieu qui le donne comme un adoucissement et un confort aux âmes les plus pacifiques » (De mutalione nominum, 8 430 s.; 1, 598). Selon une exégèse moins philosophique et plus messianique,. le jour d’Isaac, celui de sa naissance, figurait donc le jour du fils de Dieu, c'est-à-dire que dans la figure d’Isaac Abraham a vu le Messie, sa joie à la naissance d’Isaac devenant ainsi une joie pour la naissance du Messie. En. d'autres termes, Jésus fixerait ici le sens spirituel de la Bible, déjà entrevu, mais qu'il appliquerait à sa personne.
Quoi qu'il en soit, {va n’est pas final, mais « de », « dans l’espérance de »; cf. Eydonv va où aordçouar (BU 1v 1081 I. 3, cité par Deb. $ 392). eïèsv et yon. s'entendent plus naturellement d’une circonstance passée que de la vision actuelle dans les limbes. — Il va sans dire que « Abraham désira » serait plus naturel que « Abraham se réjouit ». Torrey (cf. Intr., p. cu) aboutit à ce sens en supposant que l’araméen Nya a 6té lu ya (12) « il a jubilé ». Mais si la forme ya a existé, il faudrait toujours s'étonner qu'elle ait sup-
planté dans l'esprit du traducteur une forme très commune et en situation.
57) Les Juifs ne comprennent pas que Jésus parle d'une vue prophétique en. figure; Jésus prétend-il donc avoir déjà vécu au temps d'Abraham? Si Jésus avait voulu leur dire qu'Abraham voyait en ce moment son jour, le malentendu serait encore plus lourd, et il n’est pas nécessaire de leur prêter la. méprise la plas grossière. De plus, le moyen de la dissiper eût été de dire : Abraham vit encore. — Plutôt que de supposer tout d’abord que Jésus s’attribue une préexistence surnaturelle, les Juifs, suivant leur pensée, imaginent. qu'étant possédé il n'est pas dans son bon sens, et dit une chose absurde. — Le chiffre de cinquante a créé une difficulté célèbre. Irénée (1, 22, 5 s.) a conclu de ce passage que Jésus avait alors plus de quarante ans, mais ce qui est plus grave, il assure tenir ce point des anciens, qui eux-mêmes fauraient appris de Jean de vive voix; mais ces anciens sont sûrement ceux de Papias (cf. Introduction, p. xxxvi). D'autre part il ne discute pas l’âge de trente ans au baptème, et sans faire naître Jésus plus tôt que Le., il prolonge son existence jusque sous le règne de Claude, dont Ponce Pilate aurait été le procurateur : Nam Herodes rex ludaeorum et Pontius Pilatus Claudii Caesaris procuraior unili damnaverunt eum (Demonstratio ap. praed. trad. Weber, p. 100). En quoi il est logique, mais contraire à l'histoire. Il n'y a donc pas à tenir compte de son opinion. D'autre part il serait bien étonnant que Jésus ait eu l'apparence d’avoir passé la quarantaine. Mais, quand on parle d'Abraham, on compte par siècles, ce qui, dans le cas présent devait se réduire à un demi-siècle. Les Juifs, raisonnant avec un homme qui n’a pas sa.
rhrcvra En obrw Eyes tai ‘Afpaèn Ewpanec; elrey adroïc ‘Insoie à ’Apñy au Aéyo dpiv, toiv ‘Afpaan yevécôa Eye siue par cÙv, | Alec va Béhuoty tr” abtov" ’Inooës Dè ExpÜfn nai ETAGE Ex ob fepoë. à
tête, ne veulent pas s’exposer à une discussion sur son âge; ils font bonne mesure. — « Et Abraham l'a vu » eùt été plus logique, mais moins coulant.
58) Ils ne sont pas pour cela à l'abri d'une réplique. Au lieu de répondre : Abraham est encore existant dans les limbes, Jésus affirme qu'Abraham a pu « le voir durant sa vie, parce que lui existait déjà, puisqu'il existe : y lune marque pas seulement la préexistence, pour laquelle %» eût suffi; c'est l'existence sans modalité de temps, de celui qui dès le commencement est {1, 1.245. 4 30), opposée à l'existence acquise de celui qui est devenu; c'est la même oppo- 4 sition qu'entre le Logos oÿros %v et Jean : tyévero &v8cexos (1, 2.6). yévechat pourrait très bien signifier « naître », mais il semble que l'opposition est voulue entre « être » et « devenir ». |
L'idée que Dieu « est » était familière aux Juifs (cf. Ex. m, 14; Ps. xc, 2: Jer. 1, 6; Prov. vit, 25). — Cette déclaration répondait bien à la difficulté. Existant avant Abraham, sinon dans la chair, du moins en Dieu, le Fils avait pu se montrer à Abraham assez pour éclairer les figures; mais de plus l’affirmation dépassait singulièrement l'horizon où les Juifs s'étaient cantonnés. II leur faut bien reconnaître que Jésus s'attribue les attributs divins plus clairement qu'il n’avait fait jusqu'alors.
39) Si ce n'était une vérité, c'était un blasphème, qu'il fallait punir par la” lapidation (Lev. xxiv, 16). En pareil eas le peuple prenait le parti de Dieu et se déchargeait de la responsabilité collective de loffense, ce qui l’autorisait à agir par zèle, sans suivre les voies de droit. Les pierres ne manquaient pas dans l'enceinte du Temple, et le peuple savait s'en servir (Jos. Ant. XVIE, 1x, 3 — Bell. II, xx, 4) même contre des soldats romains. — Jésus échappe à leurs coups, sinon par un miracle, du moins par un effet très signalé de la Prowvidence qui s'est déjà exercée (vir, 30.44; vin, 20); parce que son heure n'était pas encore venue. Le conflit est entré dans sa phase la plus aiguë : de la part de Jésus, la lumière; l'aveuglement en vient aux voïes de fait.
Chapitre IX. La GuÉRISON DR L'AVEUGLE-NÉ. — Tout le chapitre 1x est rempli par la guérison de l'aveugle-né et ses suites.
a) Circonstance du temps. On s'étonne qu'après que Jésus a dù se cacher pour échapper à la lapidation, il semble circuler librement, et se trouver même à Ia fin avec des Pharisiens. Pour échapper à la fois à cette difficulté et à celle que présente vu, 21, si loin du miracle de Ja piscine de Bezatha, Tillmann a imaginé que l'épisode de l’aveugle-né devait se placer avant vu, 2 : mais ce dernier miracle n'a pas, comme le premier, mis au premier plan la question du sabbat. Il est possible en effet qu'il ait eu lieu avant l'explosion de haine de vin, 59; mais peut-être aussi bien après un peu de temps : une tentative vio-
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Tente et spontanée ne se recommence pas aisément : ce qui est étrange, c'est
que le mandat d'amener (vx, 32) n'ait pas eu plus de conséquences; mais Jo. nous en a avertis (vn, 45 ss.). Tout ce qu'on peut dire c'est que Jo. ne s'est pas soucié de dissiper la difficulté du rapprochement Kttéraire entre vnr,
58 Jésus leur dit : «En vérité, en vérité je vous [le] dis : avant qu’'Abraham füt, je suis. » Ils prirent donc des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
59 et 1x, 1, ce qui n’est certainement pas une objection sérieuse contre la réalité du fait. ;
D'ailleurs on voit très bien pourquoi il a placé ici ce miracle, ou plutôt comment cet épisode est parfaitement en situation dans la suite de l’histoire. On l’a comparé avec la guérison du malade de la piscine de Bezatha, mais les analogies sont purement extérieures : un miracle offert par Jésus, une piscine, un entretien avec le miraculé, l'irritation des Juifs. Ce qui est caractéristique, c’est que dans le premier cas les Juifs ne voient dans le miracle que la transgression du sabbat qu'ils poursuivent avec acharnement. Dans le cas de l'aveugle-né, c’est tout au plus si les Juifs concluent de la circonstance du sabbat que Jésus est un pécheur : ils sont tout autrement et uniquement préoccupés de nier le miracle lui-même. La cause de Jésus a fait des progrès, et les Pharisiens sentent que, si le miracle est prouvé, il en résultera seulement que Jésus comprend le sabbat mieux qu'eux, étant l'envoyé de Dieu. Ainsi Jo. insiste sur les circonstances, moins pour prouver le miracle à ses contemporains que pour mettre dans tout son jour l’aveuglement des Pharisiens. :
Si l’on avait été tenté de trouver durs les reproches du ch. vi, et la menace que les Juifs mourraient dans leur péché, on comprend maintenant l’obstination diabolique de ce péché qui demeure (41).
b) Caractère symbolique. Mais si les Pharisiens s’obstinent, le miraculé croit. Il est impossible de ne pas voir en lui le type de ceux qui seront guéris du péché et sauvés par la foi en Jésus, en fait par le baptême. Ge miracle est un fait symbolique, comme d’autres signes : opera, quia facta sunt ; verba, quia signa sunt… genus humanum est iste caecus… si enim caecilas est infidelitas, et illuminatio fides… lavit ergo oculos in ea piscina quae interpretatur Missus, baptizatus est in Christo (Aug.). Ces traits s’appuient sur le texte (5. 7. 39). Il n'y a pas lieu de les nier par crainte du système des allégoristes. Ceux-ci prétendent que le récit a été composé de toutes pièces par Jo. en vue d’un enseignement allégorique.. Rien de plus contraire à l'intention de l’auteur, qui insiste si fortement sur la réalité des faits. On a même regardé la précision des détails comme une preuve directe de cette réalité. Il doit être permis de rappeler que dès l'antiquité on excellait à composer des récits fictifs avec toutes les circonstances les plus menues. Tout dépend de l'intention de l’auteur, qui n’est pas douteuse ici, où il n’y a pas seulement précision des détails, mais contrôle, d'autant que l'enquête des Pharisiens ne saurait avoir aucun sens allégorique. Il reste donc que Jo. a raconté un fait dont il était aisé d'extraire un sens symbolique qu'il n’a pas hésité à mettre en lumière. Et pourquoi Jésus lui-même n’aurait-il pas fait un miracle pour montrer qu'il est la lumière spirituelle des âmes, qu’il est venu la donner dans la foi aux hommes de bonne volonté, conditionnant le résultat de son action à un acte où était symbolisé le baptême?
Le morceau a une unité parfaite. Nous distinguerons cependant :