encyptoev (TSV) plutôt que execônxev (H
ciples, mis en scène dès le début et que Jésus associe ici à son œuvre (1v, 38), en conformité avec la tradition synoptique (Mc. vi, 7 ss. et parall.). Le devoir pour l’envoyé de Dieu et pour ses disciples est de travailler tant qu'il fait jour. C’est comparer leur activité à celle des bons ouvriers qui ne s'arrêtent qu’à la nuit; car dans les civilisations anciennes, spécialement en Judée, tout travail cessait à la nuit. Cependant Éeyxeta viE introduit la nuit comme une personne, si bien que le sens allégorique se présente naturellement : c'est la mort qui arrête même les plus ardents. Mais ce n’est ni uniquement la mort du Christ, ni le jugement dernier; c’est un terme propre à chacun quoique le même pour tous.
5) Jésus suppose que son activité à lui-même sera interrompue d'une certaine manière, et on entend bien que ce sera par la mort qui le fera sortir de ce monde; mais tant qu'il y agit comme homme, il est sa lumière. Ce n’est pas précisément parce que cette lumière ne peut supporter la cécité comme une sorte de résistance à ses bienfaits qu'il guérira un aveugle, puisqu'il ne les guérit pas tous; mais parce que cette guérison sera la figure de la lumière qu'il est venu répandre (cf. 1, 8 s.; 11, 49; vin, 42; x11, 35). — Gray quandiu (Vg) cf. Le. x1, 3% et non quandoquidem, car si le Verbe est toujours la lumière du monde (1, #), il s'est manifesté cependant d’une manière spéciale durant sa vie mortelle (vit, 42). — Il faut se garder de rattacher trop étroitement ce v. au précédent, comme si le Christ était la lumière nécessaire à son propre travail, ce qui serait une image étrange. Le dessein de travailler aux œuvres de son Père étant pris, Jésus s'approche de l’aveugle, et fait cette réflexion qu'il est la lumière du monde. La leçon yä&s au v. 4 n'est donc nullement impossible (contre Loisy).
6 s.) Jésus qui est la lumière, se dispose donc à donner la vue à l’aveugle. Il prend très nettement l'initiative, comme les Pères l'ont remarqué, et procède sans demander son avis à l'infirme dont il se réserve d’éprouver la foi d'une autre façon. Ce qui suit est très mystérieux et a été interprété de bien des manières, selon de multiples combinaisons. Il faut partir de ce point reconnu de tous, semble-t-il, que le miracle ne s’est fait que lorsque l'aveugle s’est lavé dans la piscine. Nous en concluons qu'on peut très bien n'attribuer au premier acte aucune vertu efficiente. Jésus s’est servi de sa salive comme moyen de guérison (Mc. vi, 33; vi, 23), mais ici ce qu'il se propose d'employer, c’est de la bouc; s’il crache à terre pour cela, c'est sans doute qu'il n'a pas d’eau sous la main. Il fait donc de la boue, et il en oïint les yeux de l'aveugle. C’eût été le condamner à ne pas voir, s’il n'avait déjà été aveugle : c'est cécité sur eécité, L'idée ne pouvait venir à personne que cette boue avait le pouvoir de
travailler. Durant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » 6Ayant ainsi parlé, il cracha à terre et fit de la boue avec la salive, et enduisit ses yeux de cette boue, 7et il lui dit : « Va, lave-toi à la piscine de Siloé », [mot] qui signifie envoyé. Il alla
guérir. C'était donc une manière de rendre la cécité encore plus évidente avant de la guérir (Chrys.). Le miracle, opéré au moment voulu, n’en serait que plus extraordinaire. Mais n'est-ce pas là une action symbolique à la façon des anciens prophètes (IE Regn. xx, 11; Is. vin, 4-4.18; Jer. xix, 1 SS., xxvIr, 2 ss.)? Plusieurs Pères l’ont pensé. Irénée (V, xv, 2) a cru que Jésus symbolisait l'acte de la création de l'homme et se mettait donc sur le même rang que le Créateur, mais ne voyait pas là comme Loisy l'indice d’une création spirituelle. Des deux façons l’analogie est trop éloignée, car la boue appliquée sur les yeux ne peut être censée réparer la lacune laissée par le Créateur à l'enfant dans le sein de sa mère, puisque c'est l'eau qui fera le miracle. Si elle ne fait, comme nous l'avons dit, qu’extérioriser la cécité, on pourra croire avec Érasme qu’elle marque le renoncement à la lumière propre : plus quam caecus fiat oportet, qui velit accipere lucem a Christo (cité par Schanz). L'aveugle, avec ses yeux ouverts, avait l'apparence de la vue ; il lui faut renoncer à une Connaissance d'apparence pour recevoir la vraie lumière du Christ (Zahn), ou, comme dit Augustin, il entre d’abord dans les rangs des catéchumènes, ce qui suppose l'humilité et la disposition à accepter les ordres du Christ.
L'ordre du Christ c’est d'aller se laver à une piscine, épreuve pour la foi plus sérieuse que celle de Naaman $e syrien (IV Regn. v, 1 ss.), puisque Jésus a commencé la cure d’une si étrange façon. Si son remède ne pouvait rien, qu'ajouterait l'ablution qui le ferait disparaître? Cette piscine est celle de Siloé, récemment découverte par M. Fr. Bliss (Jérusalem... par les PP. Vincent et Abel, t. I, ch. xxxIv, $ 2). Le nom de no (Is. vin, 6) à été rendu ZtAwau par le
ms. sinaïtique. C'émait un nom propre qui désignait d’abord le canal amenant l'eau de la source intermittente nommée aujourd’hui ‘Ain Sitti Mariam, et qui par conséquent signifiait quelque chose comme l'envoyeur, celui qui transmet l'eau. De ce nom vulgaire, Jo. fait un nom symbolique, qui signifiera l’envoyé, comme si la forme était passive, c'est-à-dire l'envoyé par excellence (cf. mi, A7; 1v, 255; v, 24.30.36; VI, 29.38.44.57; vit, 16.18.28.29.33; virr, 16.18.26.29. 42; 1x, &), Jésus lui-même. Comment donc Jésus envoie-t-il l'aveugle à Jésus? Il l'envoie plutôt à la piscine qui porte son nom, et où son action se fera sentir par le baptême. Il n'y à aucune discordance à attribuer à Jésus lui-même ce symbolisme après les déclarations à Nicodème (mr, 5 ss.). L'aveugle obéit ponctuellement, et s’en va ayant acquis la vue.
__ Nous lisons éx£ypisev car éxéônxev n'est soutenu que par B et un autre ms., et peut-être C; ils ont pu l'emprunter au v. 15. — adroù ne peut se rapporter à Jésus; c'est le complément de voès éplauois, placé en avant pour mettre l’aveugle en relief, et corrigé en ait par quelques mss. — vipat sis cf. Me. 1, 9; non pas en entrant dans la piscine, mais simplemeht en se penchant pour
y laver ses yeux.
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