‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 230 sur 326 · LE BON PASTEUR · texte numérisé non relu

LE BON PASTEUR

Les rois dans Homère sont les pasteurs des peuples; ce titre devait être

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pas écoutés. ?Je suis la porte; si quelqu'un entre par moi, il sera en sûreté, et il entrera et sortira et il trouvera des pâturages. 1° Le voleur ne vient que pour voler et pour égorger et détruire : Je suis venu pour que [les hommes] aient la vie, et une vie abondante. Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur offre sa vie pour les

encore mieux compris par des nomades. Aussi dans la Bible si Dieu est très souvent le roi, il est aussi le pasteur d'Israël : Les psaumes aiment à le rappeler (Ps. xx; Lxxiv, 4; Lxxwmr, 52; Lxxix, 43; Lxxx, 2; xov, 1) et les prophètes quand ils annoncent l’œuvre future de Dieu parmi son peuple là comparent aux soins les plus attentifs d'un bon pasteur (Is. x, 11; Jer. xxx, 40; Ez. xxxiv, 11-16). Comme David avait été pasteur, et qu'il était le type du Messie, il était nalurel de se représenter le Messie comme un pasteur. Dans Jérémie (xx, 4), les bons pasteurs succédant aux mauvais précèdent le germe de David, mais dans Ezéchiel (xxx1v, 23) on lit expressément : « Je leur susciteraï un seul pasteur qui les fera paître, mon serviteur David; c’est lui qui les paîtra, c’est lui qui sera leur pasteur. » Le Messie de Ps.-Sal. xvir, 45 sera romaivwv td rouuvioy avplou… ëv ti vouÿ ait@v. La fonction de pasteur est donc bien une fonction messianique en tant que le Messie est roi, en tant qu’il représente David, plus encore en tant qu'il est le représentant de Dieu, pasteur d'Israël. Dans les synoptiques on voit bien que Jésus propose la parabole de la brebis perdue (Mt. xvur, 12-44; Le. xv, 3-7), il se regarde comme chargé du salut des brebis dispersées d'Israël (Mt. 1x, 36; x, 6.16; xv, 24) et même il exercera le jugement suprême à la facon d'un pasteur (Mt. xxv, 32 s.). Mais il ne dit nulle part aussi nettement qu'il est le pasteur. Est-ce donc ici une claire revendication messianique? H ne semble pas, parce qu'il appuie moins sur les droits du Messie comme. roi-pasteur, que sur-les devoirs d’un bon berger, tels qu’il les à décrits dans la parabole, montrant maintenant qu'il ira jusqu'à donner sa vie pour son troupeau. Si donc il est Messie, ce n’est pas le Messie national et vainqueur, c’est un Messie du dévouement et du sacrifice, comme celui des synoptiques (Me. x, 453; Mt. xx, 28). C’est bien le ton qui convenait avant la passion de Jésus. Après on relèvera ce que le titre avait de glorieux (Apoc. um, 27; x, 5; xx, 45; Heb. xur, 20; I Pet. 1, 25; v, 4).

411) L'article redoublé 6 ouh Ô xaXds n'est pas une allusion au bon pasteur connu par l'Écriture, mais à celui que chacun considère comme étant vraiment le modèle des pasteurs : xækd n'indique pas la bonté débonnaire, mais la possession avec un certain éclat des qualités voulues. Tandis que les synoptiques disent doëver tuy duydv (Mc. x, 45; Mi. xx, 28). Jo. dit tudévar (15.47.18; xt, 3%. 38; xv, 13; I Jo. m1, 16); il semble donc que la leçon ddwot (iei N D c d ff? vgr) et 5%ou (au v. 15, N D W) est une assimilation aux synoptiques ou une explication d’une locution peu commune. Ce n’est pas précisément WD1 D", comme dans Jud. xur, 33 Sam. xx, 5; xxvi, 21; Job. xmt, 14, Car dans ces cas il ya de plus 722, « placer sa vie dans sa main », l’exposer, la risquer, mais avec l’espérance de s’en sauver, cf. Euripide, Fragm. d'Alemène : duyñv yèp dûXa tudepéumy Euñy 608 (Séob. vur, 42); tandis qu'ici la vie est offerte et toujours pour quel-

où oùx Éoriv Ta mpoflara ia, Bewpeï Toy AÜkoy Épyémevoy nai Ggénou) 7x mphBara nai qelyer, — vai à Abuos dprater abrx —xoÙ oxopriter, — 13 êrx 4 puolorés Eariv nat où péher adto mepi toy mpoBdrwy. Î#Ew lux 6 momnv € 4 \ 4 Y CSS A 1 a LE 0] f 15 Y 14 Pr:

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14. yiwwoxovor ue va eux (TH) et non ÿivwoxouat Uno rwy euwy (SV). $ - 15. siôru (THSV) et non àôüvu. + 16. axovoovotv (THV) plutôt que — cwov (S). 3

qu’un (sauf 17.18). Dans ce cas les rabbins disent 1n3 (exemples dans Schlatter). + Avec D on ne peut citer qu'isaïe zut, 10, qui serait tout à fait parallèle si on lit D‘w (Vg. si posuerit), en supprimant le sacrifice pour le péché, notion $ trop spéciale, et qui eût été déplacée à propos du pasteur. PR 42 s.) À ce bon pasteur Jésus oppose le mercenaire qui fuit quand il voit le 4

loup. Les mercenaires sont d’après Aug. les Pharisiens, d'après Loisy : «l'aue teur pense à certains chefs de communautés chrétiennes ou plutôt encore aux sectaires peu courageux », elc. (p. 325). Le loup serait le diable (Aug. Chrys. encore Schanz). Mais c'est supposer que Jésus propose une allégorie complète, tandis qu’il explique plutôt la parabole, en développant le sens qu’elle renferme. Le loup n'est sans doute pas plus allégorique ici que le lion ou l'ours dans I Sam. xvn, 34-36. Le mercenaire figure moins ici pour son rôle propre que pour faire ressortir le bon pasteur par contraste; il n’est pas démasqué comme les voleurs du v. 8. — En qualité de serviteur à gages, il ne mérite pas le nom de: # pasteur (oëx au lieu de u# qui avait prévalu, peut-être pour nier plus énergiquement). Cf. Themistios (1ve s.) aûrbç Dè Éctat puodwroc &ytt Bouxékou (Bauer). Philon distingue, du moins dans l’ordre métaphorique du gouvernement de l'âme, celui qui entretient les sensations et celui qui les corrige (de poster. Caini, 98; 1,243): padlos pèv yèp Dy 6 äayelépyns ofros xaeïrat xTnvoTp Goo, &yabos DE ral croudatos … Ovopdtetat rom#v (de Agricult. 29; 1, 304), On saisit la différence entre l’allégorie 4 philosophique qui joue sur l’étymologie des mots et la simple manière parabo- lique du Sauveur. Dans tel cas concret, un salarié défendrait bien les brebis contre le loup, ne fût-ce que dans son intérêt personnel; mais comme tel il ne s'intéresse pas aux brebis; elles ne sont pas à lui, et par sa négligence les brebis sont perdues. Le loup est l'ennemi traditionnel des brebis (Sir. x, 16; Is. xt, 6; Mi. x, 16; Le. x, 3).

44) Deuxième affirmation que Jésus est le bon pasteur, pour introduire les rapports entre lui et ses brebis, que l'on doit entendre ici comme une métaphore pour dire ses disciples. Les vraies brebis se guident à la voix (4-5), les disciples sont connus et connaissent, de cette connaissance qui n’est pas spéculative, mais qui suppose une pénétration affectueuse (cf. Gal. iv, 9; 1 Cor. “ir, 3;

LR.

Satis

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, x, 15-16. 284

brebis; celui qui est mercenaire et n’est pas pasteur, auquel les brebis n’appartiennent pas en propre, voit venir le loup, et il laisse là les brebis et prend la fuite, — et le loup les ravitetles disperse, — 13 parce qu'il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. #Je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, 5 comme [mon] Père me connaît, moi aussi je connais [mon] Père ; et j’offre ma vie pour les brebis. !6 Et j'ai d’autres brebis qui ne sont pas de ce bercail; il faut aussi que je les conduise, et

II Tim. u, 19). Jésus a commencé par sa prescience (r, 42) qui lui a permis de donner à Céphas le nom de Pierre, et Pierre a répondu par sa confession (vi, 68 s.). — La leçon yiwoxouoi ue rà ué est solidement fondée sur NBDLW latt. vg. boh. sah.; yivboxopat nd rüv Eov ne peut être qu’une élégance voulue. -

13) La première partie se rattache à ce qui précède plus intimement qu’à la. seconde, qui se soude à 44. La connaissance que le Christ a de ses brebis est à Vinstar de la connaissance qu’a de lui le Père, et les brebis connaissent leur pasteur à l'instar de la connaissance que le Fils a du Père. En tout cela le Fils figure non pas dans ses rapports métaphysiques avec le Père comme personne distincte de la très sainte Trinité, mais comme incarné (avec Mald. contre Schanz), d'autant que c’est bien comme incarné qu'il donnera sa vie, qu'il la donne déjà par sa résolution bien arrêtée. De ses rapports avec ses brebis Jésus est remonté à ceux qu'il a avec son Père, lien d’une connaissance amoureuse, qui lui fait pénétrer son dessein, si bien qu’en donnant sa vie pour ses brebis il sait qu’il accomplit la volonté du Père, comme il le dira plus clairement (17 s.). La connaissance réciproque du Père et du Fils comme dans Mt. x1, 27 et Le. parall., dans l’ordre de l’incarnation.

16) Dans la perspective du discours, ce qui va être indiqué suit le moment où Jésus a donné sa vie (xr, 52). Cependant il possède déjà d’autres brebis, non par la prédestination, qui est dans un autre ordre, mais parce qu’il connait déjà celles qui se mettront sous Sa houlette, ce qui l’autorise à parler par prolepse. — « Ce bercail » est manifestement le peuple d'Israël, qui forme un groupement séparé, le seul qui ait été jusqu'à ce moment sous la conduite du pasteur divin. Il n’y a donc pas d'autre bercai]l, car les peuples des gentils ont chacun leur dieu et leur religion; l’opposition ne porte pas sur taÿtns Mais SUr aëXñe (avec Schanz contre Mald.) : les uns sont dans un bercail, les autres sont. dispersés. — ayayei” ne signifie pas amener au bercail (perducere, adducere), mais conduire comme un troupeau (4.5). Dans la parabole l'essentiel n’est pas d'être au bercail, mais d’être conduit par le vrai pasteur — et à vrai dire, au sortir du bercail. — Celles-là jointes au troupeau, toutes entendront la voix de Jésus, c’est-à-dire embrasseront sa doctrine (iv, 23) et il n'y aura qu'un troupeau, c'est-à-dire une société de fidèles dont le caractère visible et l’unité se manifestent assez puisqu'ils forment un troupeau conduit par un seul pasteur. __ Évidemment l'image du bercail est plus expressive pour marquer une société strictement délimitée, mais elle n’a pas été employée ici, car on ne peut douter

nanciva Dei pue dyaryeir, ral ss guys mou Gnofoouov, ual yevhcovre We moluvn, ets moufv. 1Tg voûte pe 6 ravho àyanà Ori Eye riônur Tv Quyhy pou, va mat Adfuw abrhv. 1Bobdeic oev abriv ax” Emoë, &XX Eyo Tiômue adrhv dm’ Emauro. EÉouolay Eyw Oeïvar abTAv, nai EEouctay Eyw Tél Rafeiy arr Tabrmr Thv Evroliy Elafoy maox vo TaTpÔS mov. MErioux nékiw Eyévero &v vois ’Ioudaiors Gix rods Xbyouc mobroug. MEXeyoy dE moAkol EE abrüv Aapévioy Éyer na paivere” w

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