LA MORT DE JÉSUS ET LE DESSEIN pu PÈRE
Jamais encore Jésus n'avait parlé aussi clairement de sa mort pour les siens. De la parabole du pasteur on pouvait conclure que cette mort était offerte librement, puisque le mercenaire savait se dérober par la fuite. Et il semblait aussi qu’il devait triompher de la mort pour remplir tout son office de pasteur même envers des brebis qui n'étaient pas encore dans son champ d’action. C'est ce qu’il suppose maintenant en se référant au dessein de son Père. S'il renonce à la vie, s'il la donne, il le fait librement, mais pour obéir à un pré-
cepte. Telle est la mission qu'il a reçue de son Père. et c’est parce qu'il Ia remplit que son Père l'aime. Le Père aime donc en même temps et son obéissance et la charité qui l’anime. On voit l’étonnante richesse dogmatique de ces
deux versets. La mort acceptée par Ie Christ librement, par amour pour les
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, x, 17-20. 283
elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur.
{TMon Père m'aime pour ce motif que j'offre ma vie, pour la prendre de nouveau. ‘Personne ne me l'a enlevée, mais je l'offre de moi-mème. J'ai le pouvoir de l'offrir, et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. » #
1911 y eut de nouveau un désaccord parmi les Juifs à l’occasion de ces discours. ? Beaucoup d’entre eux disaient : « Il est possédé
hommes, et cependant par obéissance envers son Père : le pouvoir qu'il &, non moins certain, de la reprendre. Et si le premier acte ne dépasse pas la générosité d'un cœur d'homme, le second correspond à sa qualité de Fils: de Dieu. L'œuvre du salut est consommée par la mort et poursuivie par la vie nouvelle du Christ.
47) diù roûro ne se rapporte pas à ce qui précède, mais à ce qui suit, comme d'ordinaire dans Jo.; cf. v, 16. — Dans ce v. comme dans le suivant tôévar n’est pas accompagné de dxée (cf. 14), car l'idée du dévouement pour d’autres ayant été suffisamment exprimée, ce qui est en lumière ici c’est l'opposition d'abandonner, de quitter, et de reprendre; cf. xrm, 4.12 tubévar et Xaubéverv avec tù ipétuæ.
« Quitter afin de reprendre » ne marquerait pas tant un sacrifice qu'un calcul; îva ne marque donc pas un but exclusivement visé, mais une eirconstance qui suivra. Jésus fait l'un comme l’autre dans une vue de charité qui lui vaut comme homme l'amour du Père. J
18) Au début, liberté absolue du Christ, parce qu’il à reçu la vie de son Père: en plénitude (v, 26). étouoix indique non seulement le droit, mais encore le pouvoir, même pour donner sa vie, car sans son consentement personne ne pourrait Ja lui enlever.
Et cependant il existe sur ces deux points un commandement fait au Christ : c’est sa mission. — Laleçon feev de K B seuls semble viser les tentatives: inutiles des Juifs pour tuer Jésus : peut-être aïe est-il une correction pour harmoniser avec tiônpt dans une considération absolue. En pareil cas la leçon concrète ne mérite-t-elle pas la préférence?