Jésus VIENT À BÉTHANIE AVEC SES DISCIPLES
4) Assurément on eût pu écrire, — et pour des lecteurs qui ne sauraient rien ce serait le plus naturel : — il y avait un homme de Béthanie, nommé Lazare, il avait deux sœurs, Marie et Marthe. Cet homme tomba malade... (cf. syrsin). Si Jo., après avoir dit que Lazare était de Béthanie, nous dit que c’est le bourg de Marie et de Marthe et non le sien, c’est donc qu'il suppose qu’on connaissait déjà ces deux personnes. Elles pouvaient être connues par la tradition, mais elles figuraient dans Le. x, 38. 39 à propos d’une xwun. Il est donc assez clair que Jo. fait ici un rapprochement. On connaissait les deux sœurs, mais Le. avait évité de dire le nom de leur bourg, et qu'elles avaient un frère. Jo. s'arrange pour greffer son récit sur un souvenir précis. Ce serait une démission de l’intelligence que de voir dans cette manière d'écrire une surcharge de rédacteur échappatoire facile, qui ne résout rien.
Le récit commence comme 1, 4 et v, 5; le nom propre est indiqué comme pour Nicodème, à cause de l'importance du personnage, probablement connu de nombreux chrétiens, mais surtout à cause de ses deux sœurs. Marie est nommée la première à cause du trait du v. 2 qui lui a donné une gloire incomparable ; mais dans le reste du récit Marthe se met plus en avant, comme c'est le cas dans Luc. Renan a imaginé et Loisy ne désapprouve pas que le nom de Lazare ait été emprunté à la parabole de Le. xvr, 49-31, dans laquelle Lazare n'est pas autorisé à ressusciter : Lucus anon lucendo, un Xñpos d’après Origène. Le nom était frès commun : Josèphe connaît vingt-trois ’EXeéCapos d'après la table de Niese, et aussi un Aëapos (Bell. V, x, 7), forme apocopée, comme en hébreu VYON (Dieu a secouru) avait donné aussi MY2. — fBnôavlx doit représenter en hébreu ay n'a (cf. Comm. Mc. p. 269); d'après Loisy : « maison de douleur » ou « maison d’exaucement », ce qui conduirait à une signification symbolique. On pourrait avec Albright (Bulletin of the American School of Oriental Researches, Feb. 4923, p. 8 ss.) reconnaître ici la 1131ÿ de Neh. x1, 32, dans la tribu de Benjamin ce qui conviendrait bien. La contraction du nom s’expliquerait d’autant mieux que Néhémie connaît comme noms d'hommes 13 (Vnr, #3 x, 23) aussi bien que n122ÿ (ut, 23). Quant à la situation du village, le P. Vincent ( RB. 1914, p. 438 ss.) conclut que dès le milieu du deuxième millénaire il existait un village
qui s’est perpétué jusqu’au premier siècle de notre ère à quelques centaines de
mètres à l'ouest du village actuel d’el-‘Azarieh, allant du couvent des Passion-
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