‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 246 sur 326 · L'ixrervenxTION pe CaïPse · texte numérisé non relu

L'ixrervenxTION pe CaïPse

45 s.) Le sens des deux versets a paru douteux à Origène, et les interprètes sont encore partagés. D'après les uns (Schanz, Zakn, Tillm.), tous ceux qui étaient présents ont cru; et si quelques-uns sont allés raconter le fait aux Pharisiens, c'était dans l'intention de les échairer; il n'y avait pas matière à dénonciation, puisque le miracle n'avait violé aucune loi. D'autres (Orig., Bauer, Leisy, etc.) pensent que ces messagers avaient mauvaise mtention. Cela résulte de la conséquence immédiate, qui est une convocation hostile (Qrig.). Si les % avaient agi par zèle, pourquoi s'adresser seulement aux Pharisiens? C’est bien aussi une opposition d'attitude que marque à après rw. La difficulté c'est que la première phrase est universelle; oi Eiérces « à savoir ceux qui étaient venus » et non pas -&v Eëérzuv {correction de D!}; donc les zx£ en faisaient partie; avaient-ils si vite perdu la foi? — Mais Origène a très hien yu que ces

Aïnsi beaucoup de Juifs, [de] ceux qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu’il avait fait, crurent en lui; i cependant quelques-uns d’entre eux se rendirent auprès des Pharisiens et leur Th dirent ce qu'avait fait Jésus. {Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent donc une assemblée, et ils disaient : « Que faisons-nous, alors que cet homme fait beaucoup de miracles? #Si nous le laissons :

ruée n'étaient pas des témoins oculaires. Parmi les Juifs, ceux qui étaient venus ee et avaient vu crurent; quelques-uns, non pas des témoins, mais des Juifs en général, ayant appris ce bruit allèrent le faire connaître. Ils savaient la haine des Pharisiens; le miracle n’était pas l’objet d'un grief, mais par son succès même une menace : il fallait aviser; ce qu’on fi. — Pourquoi Marie seule +; (car la Vg.-Clém. est sûrement fautive)? Probablement à cause du rôle de Marie dans l’onction (xn, 3), qui l’avait déjà fait mettre en vedette (xr, 1. 2). CHE 47) Les Pharisiens sont saisis les premiers, comme plus intéressés dans la question, mais quand il faut agir officiellement les grands prêtres prennent le premier rang, exactement comme dans vu, 32. Notez ouvédpuv sans article, que les synoptiques mettent toujours quand il s’agit du Sanhédrin officiel. Ce n’est donc pas un terme technique, mais simplement une assemblée, une réunion, comme souvent en grec. En fait on dirait bien d’une réunion des principaux membres du Sanhédrin; les anciens ne sont pas nommés, car ce n’est pas eux qui menaient le jeu : peut-être quelques-uns étaient-ils présents. Ceux qui parlent ne se placent pas sur un terrain étroit de controverse religieuse. Ce n’est pas une réunion de rabbins discutant la licéité de tels actes, mais une assemblée de l'élite de la nation, el il importe de gagner la partie laïque en montrant la portée politique des faits. Il n’est pas étonnant que les orateurs aient reconnu la réalité des miracles; ils étaient constatés. L'orateur ne se demande pas ce qu’il faut faire, mais se plaint qu’on ne fasse rien; wi. rotoèuev n’est donc pas délibératif, ce qui exigerait normalement le subjonctis ou le futur: C’est une question oratoire qui invite à réfléchir sur l'attitude prise pour voir si elle ne serait pas blâmable; cf. PLAT. Symp. 214 A (mais-non B) rc robe; Épicr. I, #, 2 ti rotoïpsv ; (Bauer, Asorr, Jo. Gr. p. 358 s., Deb. 8 366). — tt dans le sens de « alors que »; cf. m1, 18; vu, 35; vint, 22; IX, 17. __ Dans notre cas la réunion de ce rl rowduev et de ü: décèle une tournure sémitique; cf. les exemples cités par Schlatter; 791 AMON AU FÈVYN 57 « Que dois-je faire, du moment que la Loi a

(Mekil. sur Ex. xx, 1, 100 à) :

dit »… etc.

48) Loisy : Cette crainte n'a aucune raison d’être « dans notre évangile, où

la foi au Christ lumière du monde, résurrection et vie, ne saurait, en se | répandant, prendre la forme d’un soulèvement politique » (p. 356). — Mauvaise chicane : l’homme politique qui parlait n’ignorait pas que les idées les plus hautes, quand elles se répandent dans la foule, y éveillent des passions qui le sont moins. Si lon croyait au Christ ce n'était pas pour sa doctrine, mais, comme il est dit ici, pour $es miracles : Jésus une fois reconnu comme

nai Eheücoyrot où ‘Puyator xa &poëoi OV xai Tèv Troy xat vb 7 f\. L = : A en = “vos. els Dé ms £E arov Kadouc, doepedc dy roù évrauroë ÉxelvVou, eîtey ædroic Mysis oùx oldare obdéy, 50 03e Aoyibeofe O7 CERN [YA e HA > é DEEE: en mm \ 4 el \ cumpéper dpiv iva eîs dvBpwros amobdvn brèo ToÙ Aoû Hat Wh ÉAov rd » " x en 3 A éOvos améAnrar. 1 Toëro Dè do’ éœuroë oùx eîmev, GANG dpyrepeds dv en » 2 .s To éviautou éxelvou émpoghreusey Tr EueN Ney Inooëc àmofvéoxe drèp

Christ ne pouvait être pour la masse que le Christ héros national que l’on attendait. — L'avenir est entrevu en raccourci : après un soulèvement d'autant plus dangereux qu’il aura paru d’abord réussir, les Romains viendront en force. Il n’y a pas dans ces craintes, du moins en apparence, d’autre égoïsme que l'égoïsme national : l'indépendance est le bien de tous; l’orateur ne déplore pas uniquement l'échec d’une caste. Le réros pourrait être Jérusalem, ou même tout le pays juif, mais à côté d’#âvos qui est très général, c'est, semble-t-il, le foyer religieux de la nation, le Temple; cf. II Macch. v, 19 OÙ à Toy Térov to Éfvos, aXAX dx vd Eûvos tbv tÜrov.…. éEeléaro, en hébreu Ep, le lieu par excellence.

49) « L'un d’eux », et non pas comme président du sanhédrin, nouvel indice d’une réunion non officielle, car le grand prêtre était sans conteste président. Sur Caïphe, cf. Comm. Le. p. 153. IL fut grand prêtre de 18 à 36 ap. J.-C. Il est incontestable que : dpyxuepebs dv toë évraurod Enetyou (répété v. 51 et xvin, 13 6< 9) peut en soi signifier que Caïphe exerçait un sacerdoce annuel, et c'est pour justifier Jo. que Jérôme (sur Mt. XXVI, 57) à imaginé : Refert Josephus istum Caipham unius tantum anni Pontificatum ab Herode pretio redemisse, ce qui ne peut être qu’une confusion de mémoire; cf. Chrys., Théod., Aug., etc. Mais cette interprétation n’est pas nécessaire. On peut penser, avec Origène, au grand prêtre de cette année exceptionnelle entre toutes de la mort du Sauveur : ô6 4v doxuepebs toë Eviaurod Exeivou Bre à SuTho AuGv Thv v tro Rdoyev dép dvlouruy Emteker oixovouiav. Le premier sens serait tout indiqué, s’il était de notoriété publique que la charge était annuelle, comme le consulat, mais Jo. aurait-il conçu le souverain sacerdoce des Juifs à la manière du grand prêtre de l'Asie ou d'un asiarque, plutôt que d'après la Bible, qui le supposait à vie? Le caprice d'Hérode ou des Romains en avait abrégé la durée, mais Jo. eût été le seul à s’imaginer le sacerdoce comme une magistrature annuelle, plus ou moins élective, lui qui n’ignore pas qu'il était encore fixé dans certaines familles (xvnr, 13). Tout israélite Sachant bien que le sacerdoce n’était pas annuel, il faudrait supposer que Jo., imbu de cette erreur, aurait tenu à l'enseigner en notant que Caïphe n’était prêtre que précisément cette année-là. Il est beaucoup plus simple d'entendre que Jo., indifférent au temps qu'a duré le pontificat de Caïphe, a seulement voulu associer son nom à celui de l'année de la mort de Jésus : dans ce sens il est l'éponyme, et c’est peur

cela que Jo. le dit trois fois. D'ailleurs Zahn à noté non sans raison que pour indiquer un sacerdoce annuel il eût été plus naturel d'écrire 4 apytepebs Toù Evtautoÿ Exelvou : en mettant trois fois &v ou %v, Jo. insiste sur le Synchronisme, non sur la limite du pontificat.

[faire] ainsi, tous croiront en lui, et les Romains viendront et ils détruiront et notre lieu [sacré] et notre nation. » Or un d’entre eux, Caïphe, étant grand-prêtre cette année, leur dit : « Vous n’y entendez rien, et vous ne réfléchissez pas qu’il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour Le peuple, et que toute la nation ne périsse pas. » 50r il ne dit pas cela de lui-même, mais étant grand prètre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour sa

50) On était d'accord pour mettre un terme à un messianisme dangereux. Les Pharisiens qui se seraient peut-être risqués avec un autre Messie, — comme l’a fait R. Agiba pour Bar-Cochébas, — ne voulaient pas de celui-là. La raison d'État était en jeu. Caïphe dit tout haut et avec un certain emportement qu'il faut alors procéder par voie de salut public. Que Jésus soit un novateur, un blasphémateur, ou un pieux halluciné, ou même un patriote sincère, il n'importe, le salut de la nation exige sa mort. Les partisans de Jésus eux-mêmes doivent le sacrifier. C'était éviter les discussions antérieures (vu, 50; x, 46). Mirabeau n’est qu'un écho dans son discours sur la banqueroute : «immolez sans pitié ces tristes victimes », etc. Si la mort de celui qu’on sacrifie sauve la nation, on peut dire d’une certaine façon qu’il meurt pour le peuple, quand ce ne serait pas son intention : Aude et {vos sont ici synonymes.

31) Cette pensée sortait bien de l'âme basse de Caïphe, mais les termes renfermaient un sens plus haut dont il n'avait pas conscience. Plusieurs exemples analogues dans Schlatter : les Pères, Pharaon, la fille de Pharaon (Sota 42b) ont prophétisé sans le savoir. Ce n’est pas le cas de Balaam, contraint à prophétiser autre chose que ce qu’il voulait, mais l’explication typique d’une parole qui avait son sens historique : Gaïphe ne visait que ce dernier, Dieu avait en vue le sens plus haut. Cyr : &€ ävépou pèv obv ire yvouns 8 Kadpucs Ô einev, Buws 6 Xdyos yéyovs mpéyuatos &Anbobs £punveurexôs, ds Ev Te roocevex Bet roopnteias. Donc, d'après Cyrille, ce n'est point là proprement un charisme prophétique, et il n'y pas à supposer une action spéciale de l'Esprit-Saint, quoique la malice de Caïphe ait été ordonnée par Dieu à l'expression d'une vérité surnaturelle. C’est sous ce rapport seulement qu'il n’a pas parlé &p” Eavroë, et non dans le sens de personnes subornées (Anpocme, Or. Il, # oëtot obx ap” abtüy Taÿta xpéttouawy) OÙ qui ont reçu une inspiration divine élevant leurs facultés ordinaires, comme le croyaient tes juifs des prophètes, et aussi les païens : Pod tivos, 6 Éouxev, ei voëv E6xX6vroc r@ avépeirew (PLUT. Timol. III, p. 237). — Ge qui est ici particulier, c’est que cette prophétie inconsciente est attribuée à Caïphe comme grand prêtre. Il ne peut être question de l’Ourim et Toummim (Ex. xxvut, 30; Num. xxvir, 21 ; cf. I Regn. xiv, 4i hébreu supposé par les LXX), qui avaient disparu depuis la captivité (Esdr. 11, 63; Neh. vu, 65) et non pas seulement deux cents ans avant Josèphe (Ant. VI, vi, 3), mais le grand prêtre était en quelque façon l'organe de Dieu, et Philon, qui attribuait d'ailleurs assez aisément l'inspiration divine, lui reconnaît le don de prophétie, du moins s’il était digne de son titre par sa vertu (de spec. leg. IV, 192; IL, 367 8.) Eneudn xaÙ 6 mpos aXhOeray ispeds edOÛs Éatt mpophtne, où yéver

x ÿ évouc, x oÙùY brèp Toù

eBoueboavro va éroxtefvwory adTév. des à 4 sk # 7 12% xFA : TS:

'O oùv ’Incoûs obxért Tappnoix mepiemdrer Ev rois Lovubalors, GX

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le a mâoya Îva yvlowoiv Exuroûs. 56Eérouy où rdv ’ncoëy xat EAeyoy per” | for Ëv to ep® éornubres Ti Doxet Dpiv, Ov où un EA0n eic rhv Éoprhy ; 57 Ssddxerauy OÈ où apyuepetc na où Paptoator évrohxc Îvx dy Te vo ROÙ ÉoTiy pmYÜon, rw Tidowoty adtéy. ;

| 52. om. &e p. eîvouc (THV) et non add. (S). 53. eéoukeucavro (TH) plutôt que ovvebov}eucavto (SV). 54. Gierpuéev (TSV) ou eucivev (H).

; u&\)oy A apetf rapeAnkolde Ent tv rod dvruc ëvros Osparelar… Jo., lui, ne fait aucune

théorie, il constate seulement que le grand prêtre de cette année unique qui

‘causa le salut du monde, croyant donner comme grand prêtre un conseil utile

à sa nation, se trouva sans le vouloir, et par un dessein de Dieu, avoir employé

. des termes qui annonçaient le salut spirituel d’un nouveau peuple. = Au moment où l’ancien sacerdoce va disparaître, il se manifeste à la fois

Comme une institution qui ne servait plus au bien et qui, parce: qu'elle est.

| encore au service de Dieu, annonce un nouvel ordre de choses,

32) Étant acquis que Caïphe ne savait même pas dans quel sens Jésus devait mourir pour sa nation, Jo. pouvait développer librement le sens de sa prophétie involontaire. Quoique mort il réunira en un seul troupeau ceux d'Israël qui le: voudront, et ceux, dispersés partout, qui choisiront d’être enfants de Dieu : allusion à x, 16 et aussi à 1, 43. ouvéyety, cf. Den. Hal. IL, 45 ovvé£erv ec y à

. at rouroetv prAlay. |

53) On a beaucoup trop insisté (même Schanz, mais non Zahn)

formel et définitif de cette décision. Loïsy va jusqu’à dire que Jo. aurait anticipé

« même la séance de condamnation » de Mc. XIV, 64; Mt. xxvi, 66, « notre évangile ne faisant suivre d'aucune sentence linterrogatoire de Jésus par le

grand prêtre » (p. 359). Ainsi la condamnation aurait précédé l’interrogatoire.

C’est bien ce que Jo. veut dire quant à l'intention; mais elle ne dispensera pas

d’une apparence de voies de droit; on affectera même de les suivre avec d'autant

plus de ponctualité. Seulement Jo. ne s’est pas arrêté à ces détails. Il a voulu frapper d'avance denullité toute cette procédure, en montrant que les meneurs n'envisageaient que l'opportunité, une opportunité que Dieu rendrait actuelle

d'une autre manière. Sans aller jusqu’à dire (Holtz,) que désormais il se tiendra

Presque une session permanente, on reconnaitra dans n° éxsiyns x. t. À. l’inten-

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sur le caractère

BeoD r2 dieoxopriouéva ouvayéyn ei Ev. 53?Ar” Eneivns oùv The huépas

dmÿhôev Encilev eic Thv Ybpav Eyyds The Éphpov, elc Egpaiy. Acyouéynv ue. ré, Aènet DétpiBey pero Toy malnrov. 55 Hy 3e ÉVYdS TD mécyx Tv Tovdatoy, vai avéBnrav moAdcl ele Tepochhuux Ex TS XUpas TEù Toù

mation, Bet non pas seulement pour sa nation, mais aussi afi d'amener à V’unité les enfants de Dieu qui sont dispersés. 53 C'est done de ce jour que fut prise leur résolution de le faire mourir. #Jésus donc s'abstenait d’aller et venir en public parmi les Juifs, mais il s’en alla dans la contrée voisine du désert, dans une ville nommée Éphraïm, et il y passait quelques jours avec ses disciples. 55 Cependant la Pâque des Juifs était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem avant la Pâque, afin de se purifier. S6Ils cherchaient donc Jésus, et se disaient les uns aux autres, étant dans le Temple : « Que vous en semble? Qu'il ne viendra pas 4 4 ne | Ja fête? » 57Car les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres, afin que si quelqu'un savait où il était il le dénonçât

afin qu'ils se saisissent de lui.

tion de laisser du jour pour les séances officielles et les procédures légales. sp ‘où, CONVAINCUS par Caïphe, et suivant un plan divin. — {va finalité très atténuée. — La leçon é6oukeboavto (K B D W) est moins favorable que quvevÉouhsoavto | à une réunion formelle. Ce verbe peut signifier non seulement délibérer, mais s'arrêter à un parti; cf. les exemples cités dans MM. ke

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