‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 248 sur 326 · L'oncrion A BÉTaante (Mc. xiv, 3-9; Mt, xxvi · texte numérisé non relu

L'oncrion A BÉTaante (Mc. xiv, 3-9; Mt, xxvi

4) oëv ne se rattache pas à ce qui précède. Ce n’est pas parce qu'on doit saisir

| Jésus qu'il vient, mais simplement parce que son heure est venue; le sens est

. donc très vague, comme souvent dans Jo. — L'indication de la date est parfaitement dans la tradition grecque, ionique (Hippocrate) et dorique : xp duspäv déxa +&v uvormpluv (Inscr. d’Andania, 1er s. av. J.-C.) : dans ce cas le génitif indique le point de départ comme ferait un ablatif (Mourron, Prol., p. 101). Ici il faut donc compter six jours à partir du vendredi soir (Jo. xvin, 28) 14 Nisan. On était donc au samedi soir 8 nisan, mais on peut supposer que la date porte plutôt sur le repas que sur le moment précis de l'arrivée. Il serait étonnant que Jésus ait marché tout le jour du sabbat. Mais peut-être avait-il passé la nuit à la belle étoile, comme font si souvent les caravanes, pour achever une dernière et très courte étape le matin, et arriver en ville avec le jour.

Cette date ne paraît pas concorder avec celle qui est insinuée par Me. x1v, 1 et Mt. xxvi, 2; mais il nous a semblé que Mc. et Mt. ont comme enchâssé le festin de Béthanie entre l'embarras des prêtres et la trahison de Judas parce qu’on avait le sentiment que le mécontentement de Judas, quoiqu'il n'ait pas été nommé à propos du festin, avait eu quelque influence sur sa résolution. C’est un des cas où Jo. semble avoir à dessein précisé et mis en meilleure lumière la tradition synoptique, et il n’y a aucune raison de récuser son autorité. Loisy prétend qu’il a changé la date pour aboutir à un sabbat qui fit pendant au sabbat de la Sépulture. Alors pourquoi ne pas noter plus clairement ce symbolisme, en nommant ici au moins l’un des deux sabbats? On dirait aussi bien avec Bauer que Jo. n'a pas pris garde au jour de la semaine. — D'ailleurs rien n’empéchait de faire un repas même assez soigné le jour du sabbat (cf. Le. x1v, 1-3). À la nuit du samedi le sabbat était terminé.

| Jésus arrive donc à Béthanie; en venant d'Éphraïm il a pu passer par | Jéricho:; Jo. ne dit pas qu’il est descendu chez Lazare : il rattache seulement

ce nouveau récit au précédent. — 6 vebvmxis pourrait être authentique, . quoique ce mot soit ici redondant, car ’Insoë à la fin de la phrase l’est encore

davantage.

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. oùy Mo RAäBoïoa AMrpav ppou vapdou moote TohvTIpLoU Re rédac voù ’Inooù nat EÉépaber vais Opréiy abrc rodc Todac abroù’ à à | & cixla mAnpOON Ex The boue Toù mipou. #Aéyer D Toidac 6 Toxa= l puvrns Etc Tüv pabnrüv abroë, 6 péAAWY adrèv rapaddévor 5 Arù ti toto

4. e (TH) plutôt que ovv (SV). — Louôas … aurou (THV) plutôt que etç ex tov pa. I.

2) Qui a donné le diner? Jo. ne le dit pas, car toute son attention se porte sur la famille de Lazare. Il est du moins très clair que le festin n’a pas lieu chez Lazare. Dans ce cas on eût pu dire que Marthe servait (Lc. x, 40), mais nulle- ment que Lazare était un de ceux qui prenaient part au repas. Il eût pu céder la présidence au Maître, mais il n’en eût pas moins été chez lui. D'après Mc. et Mt. le repas était chez Simon le lépreux, où Lazare pouvait figurer comme hôte. Il semble seulement dans Jo. que Lazare a été invité à cause de Jésus, et que Von comptait sur les bons offices de ses sœurs. F = 3) Marie est nommée, tandis que Me. et Mt. avaient tu son nom. Et cependant % ils avaient fait dire à Jésus — ce que Jo. n’a pas — que son action serait racontée dans le monde entier en mémoire d'elle. Ils savaient donc qui elle était et avaient sans doute des raisons de ne pas la nommer, ce que Jo. fait sans difficulté. IL semble avoir emprunté à Mc. pépou vépdou risrñs, remplaçant rokvre- … Aoû par rokvripou (qui se rapporte à mipou plutôt qu’à vépdov), sans avoir besoin . pour cela de recourir à Mt. (qui lit plutôt Bapurtpou), et lui-même avait des. souvenirs précis puisqu'il donne le poids du parfum, Atpa, soit le latin libru, pesant 327 grammes 1/2. — L'action de Marie est regardée par Loisy comme un … compromis assez maladroit entre le récit de Le. (vn) et celui de Mt. et de Mc. Et il faut reconnaître que chacune de ces deux manières est plus facile à com- … prendre que celle de Jo. D’après Mc. et Mt., la femme répand le parfum sur la tête, et n’a donc rien à essuyer. D’après Le. (vir, 38), la pécheresse arrose les pieds de Jésus de ses larmes et les essuie de ses cheveux avant de les oindre. 1 Tout est dans l’ordre. Mais pourquoi essuyer l’huile répandue sur les pieds? C’est à se demander si Jo. n’a pas voulu dire qu’elle a oïnt les pieds qu’elle avait essuyés avec ses cheveux après les avoir lavés. Mais ce serait une inversion étrange et l’action n'aurait pas déjà été formulée (x1, 2) dans cet ordre contraire aux faits. 11 faut donc reconnaitre que l’acte de Marie est peu naturel, qu’il a paru extraordinaire, si bien qu’il la désignait déjà suffisamment (x1, 2). | Passant sous silence l’onction de la tête, qui allait de soi, Jo. note l’onction __— “des pieds, hommage plus extraordinaire, et, la quantité du parfum étant considérable, il coule en telle abondance sur les pieds sacrés, que Marie aussitôt dénoue sa chevelure pour l’essuyer, ce qui la parfume elle-même et contribue à répandre l’odeur dans toute la maison. Quand on lit les textes en synopse,

© ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xIt, 4-5. CSD ENS

Lazare, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. ?On lui donna donc à diner en cet endroit, et Marthe servait, Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc prit une livre d’un parfum de nard authentique d’une grande valeur et oïgnit les pieds de Jésus et essuya ses pieds avec ses cheveux; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. 4Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : ÿ« Pourquoi ce parfum n'a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qui auraient été donnés

on est porté à voir dans le dernier une combinaison ; mais Jo. n'en avait sûrement pas à son usage.

Si son texte était isolé, on ne le trouverait pas si étrange; en somme Marie à pu songer à préserver les tapis et les coussins. Mais c'est surtout la pensée de Jo. qui nous importe ici : il a voulu montrer la prodigalité du don, et l’ardeurde l'hommage qui oblige Marie à un geste peu ordinaire et dont le souvenir était resté attaché à sa personne. Cela explique suffisamment la réflexion sur la bonne odeur répandue, dernier trait caractéristique, qu'on retrouve ailleurs, : cf. PLuT. Alex. xx: Ddder Dè Oeoréoto ofov, x’ dpuydtuv xal Wpwv & 0Ïx0ç, où il n'a rien de symbolique. Paul ayant dit (II Cor. ur, 45) Xpiotod e0wdla Equèv t® de5, il était assez naturel de voir dans l'odeur répandue le symbole de la foi préchée dans le monde (Théodore d'Héraclée, Cyr., Aug.). Pour l’attribuer à l’auteur, il faudrait admettre, comme semble le faire Origène (Comm. I, x1, Pr., p. 16), que Jo. a mis en forme de symbole la réflexion de Me. Mt. surla prédication de l’onction dans le monde entier, ce qui serait vraiment bien subtil. On voit dans Aug. comment le passage a dù se faire du texte de Paul au sens. symbolique pour Jo. D'abord : mundus impletus est fama bona, puis : nomen Christi annuntietur, odore optimo mundus impleatur. I faut encore être plus féru d’allégorie pour voir ici « comment Marie, l'Église de la gentilité, a recueilli aux pieds de Jésus le parfum de l'Évangile » (Loisy, p. 362), car c'est Marie qui à donné le parfum avant de l’essuyer !

4) Dans Mc. quelques personnes s'indignent intérieurement ; elles n'avaient pas besoin d’un porte-parole. Mt. avec son pluriel vague met en scène les disciples, ce qui suppose bien qu'un d'eux a parlé au nom de tous : celui-là fut Judas, dont Jo. prononce ici le nom. Le texte de D är0 Kapvurov semble une explication de Tsxapwbrns, CÊ. vi, 71. Opposition frappante : un des disciples, et la trahison.

5) La trahison de Judas vendant son maitre, d’après les synoptiques, prouve assez qu'il aimait l'argent. Sa réflexion a cependant les apparences de la charité; ce ne pouvait être que la dissimulation d'un avare, contrastant avec la prodigalité de Marie et sa manière ingénue de dénouer ses cheveux sans se préoccuper du qu’en dira-t-on. Au lieu de dire : on aurait pu vendre (Mt. Mc.), Judas blôme plus nettement : pourquoi n’a-t-on pas vendu? Avec cette tournure il ne pouvait guère dire comme Mc. « plus de » trois cents deniers. Jo. s'en 4ient à ce chiffre, environ 225 francs. UE

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