LX INTRODUCTION
un article sous ce titre : Caïus de Rome, le seul Aloge connu (1), et dom Chapman a dit avec humour des Aloges : there is no proof whatever that they were a sect in Asia Minor. I am inclined to think that the best name for them is Gaius and Co (2). Heitmüller conjecture que les Aloges sont un nom pour Gaius (3). Schwartz pense qu'Épiphane a tissé la secte des Aloges de l’ancien auteur qu’aurait suivi Caïus (4).
Le seul indice qu'il y ait eu des Aloges en Asie Mineure, c’est la connaissance qu'avaient leurs polémistes du fait de Thyatire (5). Mais on pouvait en être informé à Rome. Quoi qu'il en soit, s’il y a eu un ou plusieurs Aloges en Asie, ils ont dû disparaître rapidement. C'était le terrain le moins disposé à les recevoir, exposés qu'ils étaient à avoir contre eux les Montanistes et les Quartodécimans, sans parler de la masse catholique habituée à lire le nom de Jean en tête du quatrième évangile. De cela les « Aloges » eux-mêmes convenaient, car Épiphane les cite en ces termes : +ù dè eüayyéhov rù siç dvoua Twdvvou, paot, Vebderar : « l’évangile inscrit au nom de Jean est mensonger, disent-ils » (6), et ils disaient encore « l’'évangile selon Jean n'est pas canonique » : Aéyouor d rd xt ’ludvvnv sdayyéliov dduxdérov ever (7). Une fois d’ailleurs le nom de Jean l’Apôtre rejeté, ils n’ont pas songé à se rabattre sur un autre Jean. : Néanmoins la témérité était forte, et dès la fin du quatrième siècle elle est taxée d’hérésie. On s’étonne qu'Eusèbe ait nommé OCaïus êxxAncraotixds dvip (8), ce qui ne veut pas dire « prêtre », mais est favorable à son orthodoxie. Il semble donc qu'il ne fut pas condamné. Peut-être tint-on plus de compte des services rendus contre le montanisme que du détestable argument qu’il y employa. Peut-être aussi son Dialogue contre Proclus ne contenait-il pas d’altaques contre le quatrième évangile. Il a pu commencer par attaquer l’Apocalypse; Hippolyte aura répondu. Gaïus aurait répliqué en s’attaquant aussi au quatrième évangile : d’où le second ouvrage d'Hippolyte, Mais ces conjectures importent
peu : ce qui est sûr c’est que l’Église romaine ne se laissa pas ébranler (De
(1) Dans les Mélanges Godefroid Kurth, Liége, 1908. - (2) John the Presb., p. 53, n. 1!
(3) Vermuilich nur ein Name Gaius, dans ZRrW, 1914, p. 191.
(4) Zn W, 1914, p. 218.
(5) Épiph. LI, 33, voir plus haut, p. Lvmt, n. 5.
(6) Haer. LI, 18, 1, mensonger parce que non conforme aux synoptiques.
(7) LE, 18, 6 &ôuadérov d’après Zahn « mal ordonné ». Plutôt « non canonique ». L'évangile était reconnu comme canonique, mais s’il était avéré qu'il était l'œuvre d'un faussaire, on ne pouvait plus le regarder comme tel.