‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 260 sur 326 · ERA RAR PATES TU PME NET AY · texte numérisé non relu

ERA RAR PATES TU PME NET AY

Menhaerese

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, x111, 48-49. 337

les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver

les pieds les uns aux autres. 1Car je vous ai donné un exemple,

afin que vous agissiez vous aussi comme j'ai agi envers vous. {En vérité, en vérité je vous [le] dis : un serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni un envoyé plus grand que celui qui l'a envoyé. 17Si vous savez cela, heureux êtes-vous si vous le faites. 18 Je ne dis pas [cela] de vous. tous; je sais quels ils sont, ceux que j'ai choisis : d’ailleurs c'est pour que l’Écriture soit accomplie : « Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. » 1Je vous

qu’il faudra appliquer à l’occasion. («iré). C'est quelque chose. de comprendre cette leçon, mais on.n’en retire le fruit qu’en. la mettant en pratique. On rapproche, pour l’expression decette maxime chère à. tous les maîtres dela: morale, Hésiode (Upera… 826 s.) : eldatpwy te xat GXG0s, d Téde révra eldis Épyétnre, — et avec le présent, en tablant sur la connaissance; ëéy avec le subjonctif, dans l'hypothèse de la pratique; cf. I Cor. vu, 36.

18) Jésus n’a pas exclu Judas de son office charitable ; maïs le traître s’exclura lui-même de sa société — il n’en est déjà plus par le cœur — et par conséquent la leçon qui regarde l’avenir ne s'adresse pas à lui. L'expression est toujours: très vague : v. 10 oùyi névrec, ici où zept révtwv. Mais elle va se préciser sur une: seule personne. Le style est. extrêmement concis, et à fait difficulté. Il ne faut pas ajouter yée après &yw comme N À... syr., ni le sous-entendre, ni mettre(Zahn) êyu-#teetépuny entre parenthèses, mais regarder ëyw x, t. À. comme une réponse à Vobjection tacite : alors pourquoi tous ceux qui sont ici ont-ils été choisis par le

Maître? Il sait très bien quels ils sont, et quelsil les a choisis, mais s’il & passé

par-dessus. le scandale possible, c’est qu’il a voulu laisser place à l'accomplissement d’une Écriture. Lire tivas et non oës, et dans Le sens indiqué par Origène : ris Éoriv Exaotos dy éEeletéunv. Cette écriture est Le v. 40 du Ps. xz (heb. xx), entendu de David, lequel y confessa son péché : ce n’est donc pas une prophétie directe sur le Messie : mais la trahison est la même, et en cela comme en d’autres traits, David figure le Messie. La prophétie est donc accomplie spirituellement. Le texte des LXX. est.ô écdiwv &prous pou, Eueydkuvev ër” êuè nrepvtomév (m’a donné un grand eroc-en-jambe ou un coup de talon). On peut toujours supposer que Jo. a connu une autre version, mais l'hypothèse la plus naturelle est qu’il a traduit plus littéralement l’hébreu 25ÿ by STE «il à levé le talon contre moi », comme ferait un cheval. La leçon mov, d’après l'hébreu et les Septanfte, quoique peu appuyée (BCL), doit être: préférée à uer’ èuoù qui vient probablement de la tradition synoptique (Me. xiv, 48; cf. Lc. xxx, 24).

— Quoique Jo. n'ait pas dit que les disciples présents étaient les Douze, on Le: conclut aisément de la comparaison de ce verset avec vr, 70.

19) àr’ &ou, nan pas « désormais », mais « dès maintenant », comme vüv (xrv, 29) dans une tournure toute semblable; cf. Apoc. xiv, 43. La: prophétie, lorsqu'elle se réalise, s’il s’agit d'un fait qu'aucune prévision humaine ne permettait d'affirmer, ne peut émaner que de Dieu. (Is. xznt, 40 : « afin que vous com-

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rob yevéoar, (vx muorelnre étav vévnrar dre Eyo el. aus uv Aéyw dpi, 6 Aapfavoy dy tiva réphw EUÈ AauBdver, 6 DÈ Eu AauBévoy hau- Baver rdv méphavré pe. HTodra eirov ’Inooës érapéyôn rù

preniez que c’est moi. ») Mais Jésus ne pouvait-il pressentir la trahison ou être informé des desseins du traître? Il n'entend donc pas fournir à ses disciples une preuve de sa divinité; d'autant que les disciples croyaient déjà en lui (vi, 68); mais plutôt leur permettre de reconnaître que l'Écriture parlait de lui (Aug.). Les mots 6e ëyw eiut (vint, 24. 28, cf. vu, 58), vagues en eux-mêmes, doivent être interprétés d’après la situation. Au moment de la trahison — venant d’un disciple choisi et mis au rang des Douze, — la foi des autres sera mise à l'épreuve touchant l'omniscience de Jésus; mais prévenus par lui que ce choix était nécessaire dans l'ordre de la Providence souligné par l'Écriture, et qu’il avait donc été fait en pleine lumière, les disciples conserveront leur foi, la renouvelleront en lui, tel qu’il est pour eux, Maître, Seigneur, Messie, Fils de Dieu.

20) On a vainement multiplié les tentatives pour rattacher logiquement ce verset à ce qui précède ou à ce qui suit. I serait mieux placé après le v. 16, si l'on se contente d’un pur appel de mots sans lien logique dans la pensée.

Faut-il donc conclure à une interpolation d’après Mt. x, 40? Mieux vaudrait supposer que Jésus allait commencer un discours sur l’apostolat et sur sa dignité. Nous avons déjà estimé (x, 1) que dur auÂv x. v. À. pouvait introduire !

‘ une idée nouvelle, quoique non pas étrangère au thème qui précède. Mais ce nouveau discours fut interrompu par l'émotion qui s'empara de Jésus à la pensée de la trahison d’un de ses apôtres, et ses recommandations comme ses consolations prirent un autre cours.

Loisy voit dans ce verset une précieuse conformation de son symbole eucharistique : « Le symbole du lavement des pieds finit ainsi par s'expliquer en termes suffisamment clairs (?!) Recevoir l’envoyé de Jésus, tout fidèle du Christ (cf. Mt. x, 40) est recevoir le Christ, c'est communier avec tous les chrétiens au Christ lui-même et à Dieu dans et par l'agapé, amour-eucharistie » (p. 394). La première édition ajoutait : « Un peu de confusion se produit dans l'esprit du lecteur » (p. 722). Certes!

CARACTÈRE HISTORIQUE DU LAVEMENT DES pres. Nous ne revenons pas sur la question posée au début sur le sens de ce morceau. Si l’on y voit un symbole de l'eucharistie, une manière différente de celle des synoptiques d'inculquer l'agapé, c'est afin d’attaquer de cette autre façon le caractère réel de l'Eucharistie. Il serait beaucoup moins fantaisiste d'y voir un symbole de la pénitence parfaite, mais ce ne serait qu'une interprétation pieuse, sans fondement dans le récit, et non sans l'inconvénient d'ouvrir la porte à un symbolisme factice. La réalité du fait n’en serait d’ailleurs pas atteinte. On l’a attaquée seulement parce que ce récit a paru une mise en action des paroles de Jésus dans Le.

HU, 27 tie yap heltuv, 6 &vaxeluevos À 6 DLaxovüy ; oÙYÙ à dvaxeluevos ; Eyi DE y Léo buiv eut &s 6 Gaxovv, C'est bien le même thème, comme Origène l'avait déjà vu, mais il en avait seulement conclu que Jésus a réellement donné alors cette leçon en l'accompagnant d’un exemple. Il n’y a rien à opposer au témoignage de Jo., que l’on prétend peu enclin à insister sur les humiliations du Christ.

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le dis dès maintenant, avant que cela n'arrive, afin que vous croyiez, lorsque cela sera arrivé, qui Je suis.

2 En vérité, en vérité je vous [le] dis : quiconque reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et quiconque me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. »

Avant dit ces choses, Jésus fut troublé en esprit, et il

Le récit est d'ailleurs extrêmement naturel. Le calme de Jésus, persistant dans son dessein charitable sans aucune ostentation, et la vivacité de Pierre, impressionnable et changeant, forment un contraste saisissant, mais qui répond bien au caractère des deux personnes. Le dialogue se déroule sans obscurité, à moins qu'on n’y sous-entende des mystères. Il n’y a rien dans Jo. qui ressemble plus à une page de Mc.

Le rapprochement avec Le. xxr, 27 n'oblige pas à placer le lavement des pieds après l'institution de l'Eucharistie. Nous avons noté à propos de Luc (p. 547) qu'il à probablement rattaché aux discours de Jésus l'annonce de la trahison, ne séparant pas les deux repas qu'il a pourtant distingués. On peut très bien (cf. sur v. 2) supposer une première partie du repas qui fut lé repas pascal, puis une seconde partie qui suivit le lavement des pieds. Cette seconde partie a pu commencer par la dénonciation du traître, suivie de l'institution de l’'Eucharistie, d'après l’ordre de Mc. et de Mt. Alors Judas était sorti. L’intention de Jo. paraît assez nette de l'exclure des discours confidentiels relatifs à l'avenir; qu'avait-il à faire dans l'institution du rite qui devait être l'instrument de l'union de Jésus ressuscité avec les siens demeurés sur la terre? Ce qui d’ailleurs est positif, c'est que Judas sortit aussitôt qu'il eut pris la bouchée (30) qui n'était pas l'Eucharistie. Or l'Eucharistie suivit le repas; en particulier, d’après Paul et Le., la coupe fut distribuée aprés.

Les Pères qui ont admis que Judas avait communié : Éphrem, Chrysostome, Ambroise, Augustin, Jérôme, etc. ne sont pas d'accord sur le moment, et ne peuvent être cités que comme exégètes, non comme témoins de la tradition.

21-30. ANNONCE DE LA TRAHISON. JupAs SORT POUR LA CONSOMMER (Mt. xxvi, 21- 25; Me. xiv, 48-21; LC. xxu, 21-23). Jo. se rencontre ici avec les synoptiques, mais il donne beaucoup plus de détails, et, pour la première fois, il en insinue la raison en mettant en scène le disciple que Jésus aimait.

21) Sur ce trouble, cf. x1, 33; xt, 27. Au second de ces cas, Jésus change son discours. Il n’y a donc pas à se préoccuper du lien logique avec ce qui précède, Au moment où il allait instruire ses disciples de leurs privilèges, Jésus, qui à déjà poussé si Loin la mansuétude envers le traître, est envahi par la tristesse, et, s’il s'agissait de nous, nous dirions par une répugnance intolérable. Le trouble en l'esprit et le trouble de l'âme (x, 27) ne sont probablement que des manières différentes d'exprimer un mouvement intérieur. Le datif est instrumental, mais cet instrument est ici la partie de l’âme par laquelle et dans laquelle le sujet est affecté. — La désignation du traître comme dans Mt., en doublant uv selon l'usage de Jo. — paprupéw renforce l'affirmation : c'est comme la déposition d'un témoin contre un accusé.

eu A 1 1 REA \ : CN - d 2 . nvebpart xat ÉpaprÜpnoes xot eimev ’Apwnv dur Aéyu buiv 6m ec CA dpüy rapadwoer pe. 2EPheroy els GXAhovS of pabnrat dropolmevor rep | rivos Aéyer. y Gvanclmevos ec Ex Tôv palprov aroÿ Ev Tà rw E 700 ’Inoco, dy ydre à "Tnooëc” PEyeñer oûy roûre Efuwv Hérpos nai Réyer. adr® Eine vis êonuv mepl où Aéye. Sévormecwv Exeivos oûtus rt và ES : 22. om. ovv p. e6)exov (TH) plutôt que add. (SV). I 23. om. de p. nv (TH) plutôt que add. (SV). à ET Si 25. avarescwv (HV) plutôt que emmecwv (TS); 0%. ouv (Hi) on add. (TV) mais non add.

te (S).

22) Même ignorance des apôtres que dans les synoptiques. Judas avait donc bien su cacher san jeu! La pénétration de Jésus n’en est que plus extraordi- naire : elle est surnaturelle dans la pensée des évangélistes; il arrive même ; ne assez souvent que les diseiples se connaissent mieux entre eux qu'ils ne sont

connus de leur maître. Dans l'expression de leur étonnement il y a des nuances: assez sensibles entre les synoptiques. D’après Mt. et Mc. chacun prétend obtenir une justification, implorée timidement, comme s'ils n’étaient pas assez sûrs de leur conscience; dans Le. ils commencent une enquête; dans Jo. ils s’interrogent du regard.

23 s.) Jo. avait déjà indiqué (x, 2; x, 12) que Jésus prenait ces derniersrepas couché à la manière gréco-romaine. Mais plusieurs commentateurs (West. Schanz, etc.) ont sans doute exagéré en concluant de ce verset et du suivant que Pierre était à gauche de Jésus, c’est-à-dire à la place d'honneur, et que pourcette raison il n’avait pu lui parler. Le protocole romain n’était guère de saison dans sa rigidité officielle après le lavement des pieds, et il ne pouvait même pas. s'appliquer. Le dîner romain n’admettait que neuf convives et les apôtres étaient plus nombreux, Si l'usage des Hits avait pénétré en Orient parmi Îles classes élevées, il est très probable que les disciples ont mangé simplement sur des tapis ou tout au plus des matelas étendus par terre. Élagabale qui à introduit cette pratique à Rome (Lampride, 25) l'a sûrement apportée d'Orient. Les convives étant couchés appuyés sur le bras gauche, le bras droit demeurait libre pour manger; si l'on considère séparément un groupe de deux, la tête du second devait arriver tout au plus au niveau de Ja poitrine du premier, pour lui laisser: les bras libres. Le second convive était donc légèrement en avant du premier: vers les plats déposés à terre, et lui tournait le dos, mais il lui était facile de Se s’entretenir avec lui à voix basse, en retournant un peu Ja tête. C'était la place S du disciple que Jésus aimait (cf. Introduction, p. xtv). La divine pureté avec

: laquelle cela est dit n’a rien à souffrir des citations où l’on voit que c'était une | place réservée à un ami particulier ou à quelqu'un qu'on voulait honorer es (Prato, Conv. 475. 213). — Où se trouvait Pierre? S'il avait été à la gauche ET du Sauveur, il aurait eu à son tour Jésus « dans son sein », et il lui eût été

L plus facile de lui parler que de faire signe à Jean placé plus loin de lui.

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rendit témoignage et dit : « En vérité, en vérité, je vous [le] dis : un d’entre vous me livrera. » ?Les disciples se regardaient les uns les autres, incertains de qui il parlait. #Un des disciples de Jésus, celui que Jésus aimait, était couché sur son sein. Simon Pierre lui fait donc signe et lui dit : « Dis quel est celui dont il parle. » 2% Celui-ci, étant placé à table de la sorte sur la poitrine de Jésus, lui

Puisqu'il parle en secret à Jean comme celui-ci parle à Jésus, c'est donc qu'il est placé à la suite, et en somme dans le sein de Jean, s’il n'y avait pas entre eux un peu plus d'intervalle, ce qu'il faudrait supposer si les disciples étaient couchés sur des lits, où, pour l'ordinaire, il n’y avait que deux convives. On ne saurait rien conclure contre la dignité de Pierre si par hasard il n'oceupait pas une position officielle, la seconde en dignité. On n’imagine pas que les diseiples, mangeant souvent à terre au hasard des voyages, se soient habitués à un ordre protocolairé. — Du v. 23 on rapproche Pline (1v, 22) : cenabat Nerva cum paucis; Veiento proximus atque etiam in sinu recumbebat.

24) D'après le texte des critiques (au lieu de veÿer oùv tobtw 2. IL rubéoflar tls &v ln rep à Xéya, correction élégante de À D Syrr. sah.), Pierre fait signe et il parle cependant, c’est-à-dire qu'il appelle d'abord l'attention de Jean sur ce qu'il va dire, sans doute à voix basse. Présumant que Jean est au courant ow jugeant qu'il lui est facile de s'informer, il s'adresse à lui plutôt qu’au Maitre dont il ne pourrait être entendu en particulier. D'après Le. xxn, 23, cette curiosité fut générale; peut-être Jo. at-il voulu donner un caractère précis à une formule un peu vague. Pierre, le plus ardent de tous, ne pouvait supporter une incertitude aussi angoissante.

25) On peut hésiter entre dvaxeouiy (Orig. BC) et értresbv (N AD etc.). Le premier peut être entendu de deux façons : a) dans son sens ordinaire de se mettre à table (cf. v. 42), comme dans la locution tout à fait semblable de xxr, 20. Alors oëtus signifie : « de la facon qu’on vient de dire », expliquant y ré x0kzw (23) par ërt <d otédos. Il n’y a rien à objecter à celte interprétation, sinon une certaine redondance de style qui n’est pas étrangère à Jo. b) Mais Origène a pensé que Jean s'était alors rapproché du Sauveur; il monte d'un degré dans son intimité, et en effet il était assez naturel de supposer que Jo. a voulu indiquer un changement de situation. Alors oùrus signifiera « dans cette nouvelle position », « comme cela » (cf. 1v, 6).

Mais, à supposer que évarirtw ait jamais été employé dans le sens de « s’incliner sur, s'appuyer contre », ce qui me paraît plus que douteux, il était étrange de rencontrer ce nouveau sens aussitôt après celui du v. 42. On a donc eorrigé-en ëmureobv, qui donnait la nuance souhaitée d’un changement de position, que les mss. secondaires (A et Antioehe) ont renforcée par dé au lieu de oëv (n D etc.). Cet oùv est omis par B © Orig. mais peut-être parce qu'il figure aux vv. 24 et 26. Il est ici assez en situation. LA

Le disciple s'associe à la sollicitude affectueuse de Pierre; mais il n’est pas dit comment il lui a communiqué ce qu'il avait appris. Peut-être a-t-il suffi d’un signe.

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